AM
utricules aussi longs: ou, moins longs que l’écaille, ovoïdes-coniques, branâtres, à nervures nombreuses, à bec assez court,;ebifide. Akène obovoïde-trigone, jaunâtre.— Printemps. Marais, bord des eaux, douves humides. C.
B. Utricules scabres , hispides ou velus.
C. GLAUQUE. C. glauca Scop. — Assez petit ou moyen, glauque, à racine rampante, très dure. Tiges droites ou penchées, obscurément trigones, rudes seulement entreles épis. Feuilles plus ou moins longues, roides, linéaires-aiguës, étroites, un peu rudes. Feuilles florales peu ou point engaînantes, la première atteignant le sommet du dernier épi ou le dépassant. Epis mâles 2-4, plus ou moins rapprochés, cylindracés, bruns et souvent rayés de vert ou de blanc ; écailles oblongues, très obtuses. Epis femelles 2'ou 3, médiocrement distants, pédonculés, cylindriques , d’abord dressés, puis penchés ou même pendants ; écailles ovales-aiguës, d'un brun rougeâtre ou très foncé, à nervure jaunâtre ; utricules égalant à peu près l'écaille, ovoïdes ou obovoïdes, un peu trigones, verdâtres ou roussâtres, dépourvus de nervures, faiblement hispides ou seulement scabres, quelquefois presque glabres , à bec très court, tronqué ou sans bec. Akène obovoïde-trigone, brun, avec les angles blanchâtres. — Le port de ce Carex est assez variable. On le trouve quelquefois rabougri , n'ayant qu'un épi mâle et qu’un épi femelle. Ses feuilles sont tantôt aussi longues que la tige, tantôt beaucoup plus courtes. $es épis restent quelquefois dressés pendant la maturation des fruits. — Les aspérités de l’utricule se réduisent quelquefois à des points purpurins. On trouve même, mais très rarement, des utricules tout à fait lisses. — Print. Marécages, landes humides. C.
Var. — microcarpa. — Epis mâles à écailles moins obtases , presque oblongues-lancéolées. Epis femelles très compactes, les inférieurs courtement pédonculés , les supérieurs sessiles ; utricules heaucoup plus petits que ceux du type et globuleux-trigones ; akènes aussi plus petits et moins colorés. — Lieux sablonneux humides. R.
C. HÉwSSÉ. C. hirta L. — Assez petit ou moyen, à racine longuement rampante, très dure. Tiges droites, trigones, rudes seulement au sommet. Feuilles linéaires-aiguës , étroites ou assez étroiles, un peu canaliculées, poilues, à gaine velue-pubescente, à carène et bords rudes. Feuilles florales engaînantes, longues : mais ne dépassant pas l’épi termipal. Epis mâles 2 ou 3, assez rapprochés, cylindracés, pointus, d'un brun pâle mêlé de vert et de blanc; écailles oyales-oblongues très brièvement mucronées, poilues. Epis femelles. 2 ou 3 très distants, dressés, bien pédonculés ou presque sessiles , oblongs- cylindriques ou cylindracés ; écailles ovales-acuminées. et comme aristées, glabres, ou presque glabres, à pointe ou arêle rude, brunes ou brunâtres, à carène verte; utricules dépassant un peu l’écaille, ovoïdes-coniques, légèrement trigones, multinervés, velus-hispides, à bec assez long, bien bifide. Akène obovoïde-trigone, jaunâtre.— Mai, juin. Lieux sablonneux humides , bords des étangs. AC.
Var. — spuria. C. hirtæformis Pers. —F euilles glabres ou seulement pourvues de quelques poils au sommet de la gaîne. Ecailles des épis mâles quelquefois ulabres ou presque glabres. — Mêmes lieux. AR.
C. FILIFORME. C. filiformis L. — Moyen ou assez grand , à racine rampante. Tiges droites, obscurément irigones, rudes vers le haut. Feuilles très longues, linéaires-aiguës, étroites, canaliculées-roulées et comme filiformes, un peu rudes. Feuilles florales très
brièvement engainantes ou dépourvues de gaine, la première dépassant l'épi terminal. Epis mâles 1-3 eflilés, pointus, bruns, à écailles oblongues-lancéolées. Epis femelles 2 ou 3 , médiocrement distants, dressés, pédonculés ou presque sessiles, oblongs-cylindriques ou cylindracés; écailles ovales, mucronées, brunes, à nervure dorsale d'un vert jaunâtre; utricules dépassant l’écaille, ovoïdes-oblongs, un peu trigones, nervés, velus-hispides, brunâtres, à bec court, très bifide. Akène ovoïde-trigone, jaunâtre. — Mai, juin. Marais tourbeux. TR. Saint-Dolay (M. l'abbé Dela- Jande;.
Obs. On trouve parfois dans certains carex, à la base des épis femelles , des fleurs en quelque sorte prolifères. Un pédicelle naît entre l'utricule et l'ovaire, sort de l’utricule avec le style et produit une ou plusieurs fleurs. J'ai surtout remarqué ce fait dans les Carex hornschuchiana, vesicaria , hirta.
Fam. XCVI°. — GRAMINÉES Juss.
Fleurs hermaphrodites ou unisexuelies, privées de périanthe , mais protégées par des bractées-écailles , et dites glumacées ; du reste, tantôt solitaires, tantôt réunies en certain nombre et formant des épillets distiques. Bractées des fleurs solitaires ordinairement 4 et géminées, rarement 2 ou 3. Epillets munis à la base de 2 bractécs, rarement d’une seule, et chaque fleur munie de 2 bractées. Au-dessous de l'ovaire, presque toujours 2 ou 3 écailles membraneuses ou charnues, fort petites et parfois peu visibles. Etamines hypogynes, ordinairement 3, rarement 1,2,4,6, très rarement en nombre indéfini: anthères fixées au filet par le dos, à loges linéaires, divergentes aux deux bouts. Ovaire supère , très souvent marqué d'un sillon
longitudinal; deux styles terminés chacun par un stigmate , rarement un style à 2 sligmates ou 3 styles ; les stigmates ordinairement plumeux ou poilus. Fruit sec indéhiscent , monosperme, à péricarpe soudé avec la graine. Périsperme épais, farineux ; embryon très petit, extérieur , latéral. — Plantes presque toujours herbacées, à tiges cylindriques ou peu comprimées, très souvent simples et fistuleuses, offrant d'espace en espace des nœuds solides ; à feuilles alternes, entières, généralement allongées, munies d'un pétiole engainant (gaîne fendue) ; à fleurs ou épillets formant tantôt un épi ou des épis, tantôt une grappe, tantôt une panicule plus ou moins développée.
La tige des Graminées, eelle au moins des Graminées herbacées a recu le nom de chaume. On appelle ligule l'appendice membraneux qui, dans les feuilles, occupe le sommet de la gaine. Des noms particuliers assez divers ont été donnés aux bractées-écailles, dont Ja division en glumes et glumelles paraît suffisante pour faciliter les descriptions. Les glumes sont les bractées qui se trouvent à la base des épillets et celles qui forment un premier rang sous les fleurs solitaires ; les glumelles sont les braclées qui protégent immédiatement les fleurs. Comme les glumes ne sont que presque opposées, il y a une glume inférieure et une glume supérieure. Ainsi des glumelles.
On est convenu d'appeler épillets uniflores les assemblages de bractées qui protègent îes fleurs solitaires.
I. Epillets uniflores ou biflores-imparfaits, comprimés par le dos. Glumelles cartilagineuses , renfermant le fruit et difficilement séparables.
PANIC. PANICUM L.
Epillets à 2 fleurs, l’une hermaphrodite, l’autre rudimentaire. Glume inférieure plus petite que la supéricure. Fleur rudimentaire souvent réduite à une glu-
melle qui semble une troisième glume. Ficur hermaphrodite à glumelles peu inégales, enfin coriaces, l'inférieure convexe, embrassant la supérieure; celleci moins convexe ou plane. Deux styles; stigmates
plumeux, sortant par le haut de l'enveloppe. Cariopse oyoïde ou semi-ovoïde.
P. miLLeT. P. miliaceum. L. Vulgairement Mi. — Assez grand, annuel. Chaumes droits, cylindracés, un peu sillonnés, poilus, quelquefois rameux près de la base. Feuilles lancéolécs-linéaires, poilues, à bords rudes ; gaîne velue, à ligule tronquée, très courte et même presque nulle. Epillets glabres, d’un vert jaunâtre, rarement d'un violet foncé, disposés en panicule terminale, ample, très lâche, plus ou moins courbée ; glume inférieure largement ovale, acuminée: glume supérieure ovale-mucronée , à nombreuses nervures ; glumelle de la fleur rudimentaire ovale-aiguë, nervée; fleur hermaphrodite à slumelles toutes deux convexes, luisantes, enfin jaunes, rarement brunes ou noirâtres. Cariopse presque ovoïde. — Juillet, août. Cultivé en grand sur le littoral. On le rencontre quelquefois sur des terrains sablonneux assez distants des habitations, mais il ne s'y maintient pas longtemps. Il est originaire de l'Inde.
P. piED DE COQ. P. crus galli L. Echinochloa crus galli Beauv. — Assez pelil ou moyen, quelquefois assez grand et même grand, annuel. Chaumes droits ou ascendants-géniculés , un peu comprimés, glabres, parfois rameux inférieurement. Feuilles lancéolteslinéaires ou linéaires-aiguës assez larges , glabres, à bords ondulés et scabres; point de ligule, mais une tache brune ou jaunâtre au bas du limbe. Epi composé, à rameaux alternes ou opposés, les inférieurs souvent étalés ; axe commun très anguleux, un peu scabre ; axes partiels moins anguleux, plus scabres. Epillets
unilatéraux, hispides ou rudes, verdâtres ou brunâtres, entremêlés de quelques soies roides ; glume inférieure fort courte, ovale-orbiculaire ; glume supérieure ovale-acuminée ; glumelle inférieure de la fleur rudimentaire longuement aristée ou fortement mucronée ; fleur hermaphrodite à glumelles lisses, luisantes, d'un brun jaunâtre à la maturité, l'inférieure ventrue, la supérieure plane. Cariopse semi-ovoïde, c’est-à-dire ovale avec un côté convexe. — Juillet-septembre. Fossés humides, bords des eaux, terres cuitivées fraiches. C. — Le Panic pied de coq se montre quelquefois avec des glumelles ouvertes et un ovaire bien saillant, obovoïde, d'un vert sombre. Cet état paraît causé par une maladie, car l'ovaire fendu offre, au lieu d’un ovule, une multitude de petits grains brunâtres.
P. verTicILLÉ. P. verticillatum L. Setaria verticillata Beauy.—Moyen ou assez grand, annuel. Chaumes droits ou ascendants-géniculés, souvent rameux inférieurement, grêles, un peu comprimés et en partie sillonnés, glabres, à sommet rude. Feuilles lancéoléeslinéaires, un peu scabres, à gaine poilue-ciliée, à ligule remplacée par des poils courts. Panicule spiciforme, accrochante, verdâtre, souvent interrompue à la base, cylindracée, à rameaux presque verticillés , très courts. Epillets fort petits, glabres , pourvus de 2-4 soies dures, dentelées, à denticules dirigées en bas; glume inférieure largement ovale, la supérieure trois fois plus longue, ovale, bien nervée; glumelle de la fleur rudimentaire à peu près semblable à la glume supérieure; fleur hermaphrodite à glumelles presque lisses, blanchâtres, la supérieure plane. Cariopse semiovoïide. — Eté. Champs cultivés, jardins, bord des chemins. C.
P. vert. P. viride L. Setaria viridis Beauv. — Cette espèce diffère de la précédente par ses chaumes
généralement moins longs; par ses feuilles un peu plus étroites ; par sa panicule un peu plus dense, non interrompue, non accrochante, d'un vert gai; par ses soies ordinairement plus longues, moins dures, à denticules dirigées de bas en haut. — Les soies, d’abord vertes, deviennent souvent rougeâtres ou violacées. — Eté. Champs cultivés, jardins. C.
Var.— gracillimum.— Chaumes très grêles. Feuilles linéaires-aiguës , larges de 3 à 5 millimètres ; les supérieures rapprochées, dépassant longuement la panicule. — Vieux talus, sables R.
Obs. Le Panic glauque, Panicum glaucum L. (Setaria glauca Beauv.) , n’a pas encore été recueilli dans le Morbihan. Ilsedistingue surtout des deux espèces précédentes par sa couleur, qui est glauque ou jaunâtre , et par les rides transversales très visiblesque présentent les glumelles. Les gaines des feuilles ne sont poilues qu’au sommet. La panicule est non accrochante comme celle du Panic vert, mais les soies sont roides et roussâtres. — À chercher dans les champs sablonneux.
DIGITAIRE. DIGITARIA Scop.
Epillets biflores imparfaits, disposés d’un seul côté sur les rameaux linéaires d’un épi digité. Glume inférieure très pelite, comme avortée, ou seulement une glume. Fleur rudimentaire presque toujours réduite à la glumelle inférieure, qui est souvent prise pour la glume supérieure. Fieur hermaphrodite à glumelles peu inégales, assez coriaces, l'inférieure embrassant la supérieure. Styles et stigmates comme dans le genre précédent. Cariopse ovoïde ou ellipsoïde, un peu comprimée.
Plusieurs botanistes pensent que le genre Digitaria est aussi mal caractérisé que le genre Setaria créé par M. Palisot de Beauvyois. Quelques-uns admettent ce
dernicr genre, fondé uniquement sur la disposition des soies, ct rejettent le premier , malgré la Gisposition très remarquable des épillets et l'avortement plus ou moins complet de l’une des glumes.
D. sanGuinE. D. sanguinalis Scop. Panicum sanguinale L. Paspalum sanguinale Lam. — Moyen où assez grand, annuel. Chaumes ascendants-géniculés, cylindracés, un peu sillonnés, glabres , souvent rameux près de la base. Feuilles courtes, au moins les inférieures, lancéolées ou lancéolées-linéaires, molles, plus ou moins poilues , devenant généralement rougeûtres, à gaines poilues-glanduleuses, à ligule courte, frangée. Epi à 3-6 rameaux , naissant du même point ou à peu près, dressés ou médiocrement ouverts. Epillets fort petits, géminés, oblongs-lancéolés, un peu scabres, souvent rougeâtres ou violätres, l’un presque sessile, l’autre bien pédonculé ; glume inférieure ovale, à peine longue d’un millimètre ; glume supérieure de moitié plus courte que les glumelles, oblongue-lancéolée , un peu ciliée ; glumelle de la fleur rudimentaire oblongue, pointue, bien nervée , à bords légèrement velus ; fleur hermaphrodite à glumelles lisses, passant du blanc sale au gris et au violet clair. — Juin-septembre. Terrains sablonneux ou pierreux, jardins, bords des chemins. C. — Dans les terres bien engraissécs, les rameaux cessent quelquefois d'être simples, mais les divisions sont courtes et n'offrent guère que 3-6 épillets. Sur un sol maigre, les épillets ne sont pas tous géminés ; les supérieurs sont alternes.
D. rutFoRME. D. fiiformis Kæl. Panicum glabrum Gaudin. Paspalum ambiquum DC. — Petit, assez petit ou moyen, annuel. Chaumes couchés ou ascendants , très grêles, un peu sillonnés , glabres et lisses. Feuilles courtes ou assez courtes, lancéolées au lan-
céolées-linéaires, entièrement glabres, ou n'ayant qu’un petit nombre de poils à l'entrée de la gaine; celle-ci un peu renflée; ligule obtuse , entière. Epi à 2-4 rameaux, ordinairement à 3, grêles, un peu distants, plus ou moins ouverts. Epillets fort petits, géminés ou alternes, pédonculés ou sessiles, ovalesoblongs , pubescents, passant du vert au violet ; une seule glume oblongüe-lancéolée, presque aussi longue que les glumelles, mais moins large; glumelle de la fleur rudimentaire ovale-oblongue, à plusieurs nervures; fleur hermaphrodite à glumelles lisses, d’un violet noir. — Dans cette espèce, comme dans la precédente;, les feuilles deviennent rougeâtres. — Aouùtoctobre. Terres sablonneuses légères, sommet des vieux talus, dunes. AR. Auray, Lorient, Gàvre.
Var.— elongatum.— Tiges presque droites. Feuilles longues de 7 à 10 centimètres et linéaires-aiguës. Premier rameau de l'épi bien distant des deux autres rameaux. — Vieux talus, pelouses sèches. TR.
MILLET. MILIUM L.
Epillets uniflores, seulement un peu comprimés par le dos. Glumes égales, dépassant les glumelles. Cellesci inégales, du moins en largeur, convexes, enfin coriaces, l’inférieure embrassant la supérieure. Styles 2, courts; stigmates plumeux sortant par les côtés de l'enveloppe. Cariopse ellipsoïde, atténuée à la base.
M. ÉrTaLé. M. effusum L. — Assez grand ou même grand , vivace, à racine fibreuse. Chaumes droits ou presque droits , assez grêles, striés, glabres. Feuilles lancéolées-linéaires ou linéaires-aiguës assez larges, molles, un peu rudes, à ligule oblongue, grossièrement dentée. Fleurs en panicule pyramidale, très lâche, à rameaux veriicillés, filiformes, flexueux, étalés. Glumes ovales-pointues, un peu scabres,
vertes; glumelles lisses et luisantes, d'un blanc ver: dätre passant au brunâtre. Cariopse ponctuée-rugucuse, brune, — Mai-juillet. Bois frais. AR. Le Plessis près d'Auray, forêt de Lanvaux et de Pont- Kallec (N.), tour d’Elven {M. Taslé).
11, Epillets uniflores ou bi triflores-imparfaits, plus ou moins comprimés par les côtés. Glumelles ordinairement membraneuses, rarement’ cartilagineuses et , dans ce cas, encore facilement séparables. Quelquefois une seule glumelle.
«+ CHIENDENT. CYNODON Rich.
Epillets uniflores ou biflores-imparfaiis, disposés unilatéralement sur les rameaux linéaires d’un épi digité. Glumes plus courtes que les glumelles, un peu inégales, carénées, ouvertes. Glumelle inférieure large, naviculaire ; la supéricure étroite, incluse, marquée d'un sillon sur le dos. Styles 2, stigmates plumeux. Cariopse ellipsoïde-comprimée. Fleur rudimentaire seulement indiquée par le pédoncule.
C. commun. €. dactylon Pers. Panicum dactylon L. Digitaria dactylon AU. — Assez petit ou moyen, vivace, à racine très dure et très longuement rampante. Chaumes ascendants-génieulés, glabres et lisses, rameux dans leur partie inférieure et produisant souvent des bourgeons allongés , à écailles courtes, obtuses et très imbriquées. Feuilles courtes, lancéolées-linéaires ou linéaires aiguës, roides, roulées vers le haut, poilues ou sculement scabres, un peu giauques; ligule presque nulle et comme remplacée par des taches et par un faisceau de poils. Epi à 3-5 rameaux naissant du même point ou de points très rapprochés. Epillets alternes , presque sessiles, petits, passant du vert au rouge-violct ; glumes lancéolées, à carène scabre ; glumelles un peu cartilagineuses, mutiques, l'inférieure à
carène pubescente ; stigmale de couleur pourpre. — Eté. Endroits pierreux et bords des talus près de la mer. C. — Je n'ai point vu la plante dans l'intérieur du département.
CHAMAGROSTIS. CHAMAGROSTIS Borkh.
Epillets uniflores, disposés en épi ou en grappe simple.Glumes dressées, médiocrement carénées, tronquées , l’inférieure un peu plus courte que la supérieure. Une seule glumelle à tissu très lâche, moins longue que les glumes, entourant l'ovaire, érodée au sommet. Styles 2 ; stigmates filiformes , médiocrement poilus. Cariopse ellipsoïde.
Quelques botanistes veulent substituer au genre Chamagrostis le genre Mibora Adans. Si le nom de Mibora a pour lui l'ancienneté, celui de Chamagrostis a le grand mérite d’avoir été généralement admis. Il semble convenable de le maintenir. — Les anciens observateurs n’attribuaient qu'une glumelle au genre Chamagrostis; maintenant on lui donne deux glumelles, l'une à 5 nervures, l’autre à deux. C’est vainement que j'ai cherché à les distinguer.
C. ExiGuEe. C. minima Borkh. — Mibora verna Beauv. Agrostis minima L. — Très petite, annuelle, gazonnante. Chaumes droits, capillaires, glabres et lisses, feuillés seulement à la base. Feuilles linéaires , très étroites , canalicalées, glabres, à gaine large, à ligule obtuse , bifide. Epillets très courtement pédonculés, dressés , formant plutôt un épi qu’une grappe ; glumes lisses , un peu luisantes, ordinairement d’on rouge-violet mêlé de vert, rarement d’une seule couleur , d'un vert pâle; glumelle blanchâtre, poilue et comme en feutre. Cariopse finement ponctuée et d’un brun rougeâtre. — Février-avril. Pelouses sèches et
talus découverts du littoral, dunes. C, A l’intérieur TR. 29"
SPARTINE. SPARTINA Schreb.
Epillets uniflores, bien comprimés , disposés unilatéralement sur les rameaux plus ou moins longs d'un épi. Glumes coriaces, allongées, naviculaires ; l'inférieure plus étroite et moins longue que la supérieure ; celle-ci terminée en pointe dure. Glumelles membrapeuses, inégalement allongées, naviculaires , à sommet bifide ou érodé. Anthères seulement échancrées à la base. Un style court, à 2 stigmates effilés, poilus. Cariopse irrégulièrement oblongue.
S. ROIDE. S. stricta Roth. Trachynotia stricta DC. — Assez petite ou moyenne, vivace, à racine très rampante. Chaumes droits, fermes , glabres , feuillés dans presque toute leur longueur. Feuilles linéairesaiguës, pius ou moins enroulécs, roides, presque piquantes, coriaces, glabres, profondément striées en dessus, à gaîne resserrée, bien plus persistante que le limbe , à ligule remplacée par des poils membraneux très courts. Epi à rameaux dressés, se joignant par ie côté nu des axes et se prolongeant en pointe, tantôt deux seulement , partant du même point, tantôt 3-8, partant de points différents. Epillets alternes, apprimés , blanchâtres, lavés de violet ; glumes pubescentes , à carène scabre; glumelles presque glabres. — Quelquefois la plante , par épuisement sans doute, se montre avec un épi simple. Dans ce cas, les épillets sont encore unilatéraux ; le côté nu de l'axe est convexe au lieu d'être plat. — Août, septembre. Bords yaseux de la mer. C.
FLÉOLE. PHLEUM. L.
Epillets uniflores ou biflores-imparfaits , disposés en panicule spiciforme. La fleur rudimentaire seulement
indiquée par le pédoncule. Glumes presque égales, naviculaires, tronquécs-acuminées, ou seulement acuminées. Glumeiles membraneuses, incluses, tronquées ou très obtuses. Styles 2; stigmates longs, poilus Cariopse ovoïde ou ellipsoïde.
F, pes pRÉs. P. pratense L. Vulgairement Timothy. 4 Moyen ou assez grand, vivace, à racine fibreuse. Chaumes droits ou presque droits, glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës, rudes , à gaine lisse, à ligule ovale , plus ou moins obtuse. Panicule très contractée, simulant un épi cylindrique bien compact. Epillets uniflores, verts et blancs ; glumes tronquées-acuminées, à pointe médiocre souvent un peu divergente, à carène hispide-ciliée ; glumelles fort petites, blanchâtres, l’inférieure créneléc et brièvement mucronée. Cariopse ovoïde. Juin, juillet. Prairies, bords des champs humides. TC.
Var. — nodosum. Phleum nodosum L. — Chaumes ascendants, à base renflée en forme de bulbe. Panicule spiciforme moins longue que dans le type. — Lieux secs. C. — On trouve quelquefois cette variété dans des endroits rocailleux près de la mer, mais la plante y est rabougrie. Sa tige , réduite à 10-15 centimètres, porte une panicule spiciforme cylindracée ou même oblongue. Dans l’un de mes échantillons, la tige se termine par deux panicules.
Fèwes saBLes. P,. arenarium L. Phalaris arenaria Wild. Chilochloa arenaria Beauv. — Petit ou très petit, annuel. Chaumes droits ou ascendants-géniculès, glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës, un peu larges , assez molles, rudés, à gaine très lâche, striée, à ligule ovale-pointue. Panicule spiciforme très compacte , oblongue-cylindrique. Epillets biflores-imparfaits, d’un vert gai; glumes seulement acuminées , à bords munis de quelques cils, à carène ciliée-hispide
dans sa moitié supérieure; glumelles fort petites, enfin brunâtres , l'inférieure tronquée, crérelée, mutique. Cariopse ovoïde, de couleur brune. — Eté. Dunes, champs sablonneux près de la mer. C.
VULPIN. ALOPECURUS 1.
Epillets uniflores, disposés en panicule spiciforme. Glumes plus ou moins soudées inférieurement , égales et naviculaires. Une seule glumelle, membraneuse, large , tubulée à la base, généralement munie d'une arête genouillée, basilaire ou dorsale. Un style long, à 2 stigmates poilus. Cariopse de forme assez diverse.
V. pes Prés. À pratensis L. — Moyen ou assez grand, quelquefois grand , vivace, à racine un peu rampante. Chaumes droits, fermes , glabres et lisses. Feuilles lancéolées-linéaires, très aiguës, rudes, à gaine fort longue, lisse, à ligule courte, très obtuse. Panicule spiciforme, très compacte , un peu épaisse, cylindrique et comme soycuse. Epillets blanchâtres rayés de vert; glumes soudées dans leurs tiers inférieur, aiguës, légèrement pubescentes, à carène ciliée, à cils longs et rapprochés ; glumelle presque aussi longue que les glumes , un peu carénée, pointue, munic d'ane longue arête basilaire. Cariopse ovoïde. — Mai, juin. Prairies, bord des fossés humides. TC.
V. pes cHamps. À. agrestis L. — Assez petit ou moyen, annuel. Chaumes droits ou presque droits, glabres , rudes au sommet. Feuilles linéaires-aiguës , glabres , un peu scabres, à ligule tronquéc. Panicule spiciforme, méritant peut-être le nom d'épi, assez grêle, cylindracée, atténuée aux deux extrémités. Epillets verdâtres ou violâtres ; glumes soudées dans leur moitié inférieure, pointues, faiblement pubescontes ou glabres, à carène scabre; glumelle aussi
longue que les glumes, pointue, à base munie d’une longue arête. Cariopse ovoïde-comprimée. — Printemps, été. Champs cultivés. C.
LA BULBEUX. A. bulbosus L.— Assez petit ou moyen, vivace , à racine fibreuse. Chaumes renflés en bulbe à la aie cheminee glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës , étroites, glabres, à bords un peu rudes, à ligule ovale. Panicule spiciforme compacte, cylindracée. Epillets fort petits, verdätres ou grisâtres ; glumes soudées seulement à la base , un peu pointues, presque glabres, à carène brièvement ciliée; glumelle sensiblement plus courte que les glumes, obtuse , à longue arête basilaire. Cariopse ellipsoïde, un peu comprimée. — Printemps. Prés salés. R. Lorient, Carnac (N.), Vannes , Surzur, Sarzeau (MM. Taslé et Pontarlier). L’Alopecurus bulbosus, inscrit au catalogue de M. Aubry, doit être rapporté à l'Alopecurus pratensis L.
V. GenouILLÉ. À. geniculatus L. — Assez pelit , rarement moyen, vivace. Chaumes ascendants-géniculés, quelquefois radicants près de la base, un peu rameux, glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës, glabres, rudes ct glauques, les supérieures souvent courtes, un peu larges ; gaines renflées, lisses, à ligule ovale, très obtuse. Panicule spiciforme bien compacte, cylindrique. Epillets fort petits, verdâtres, rarement violàtres ; glumes soudées seulement à la base, obtuses, un peu poilues , à carène velue-ciliée; glumelle très obtuse, aristée au-dessous du milieu ou même bien près de la base ; arête de longueur assez variable. Cariopse irrégulièrement ovoïde, comprimée. — Maiaoût. Marécages, fossés humides , bord des eaux. C. — La plante devient un peu nageante, lorsque l'eau abonde. Dans un terrain qui se desséche, elle offre un renflement à la base de sa tige, mais alors même elle se distingue encore bien de l’espèce précédente.
V. FAUVE. À. fulvus Smith.— Cette espèce ne diffère de l'espèce précédente que par l'insertion de l’arête au milieu de la glamelle , par le peu de longueur de cette arête, qui dépasse à peine la glumelle ou même ne légale pas; enfin par la couleur fauve ou orangée des anthères. — Quelques botanistes pensent que ces caractères ne sont bons que pour établir une variété : A. geniculatus fulvus. Un fait vient à l'appui de cette opinion : l’arête qui ne dépasse pas ou qui dépasse à peine la glumelle est quelquefois insérée bien au-dessous du milieu. — Eté. Bords des mares et des étangs, endroits marécageux. AC.
ALPISTE. PHALARIS L.
Epillets bi ou triflores-imparfaits , disposés en panicule contractée, rarement en panicule lâche. Glumes presque égales, naviculaires, à 3 nervures. Fleurs rudimentaires constituées chacune par une glumelle fort petite. Fleur parfaite à glumelles inégales , cartilagineuses, mutiques. Styles 2, courts ; stigmates plumeux. Cariopse ovoïde, plus ou moins comprimée.
À. FLUET. P. minor Retz. — Moyen, annuel.
Chaumes droits, assez grêles , glabres et lisses. Feuilles lancéolées-linéaires, glabres, à bords rudes; ligule oblongue. Panicule spiciforme , ovoïde ou ellipsoïde. Epillets blanchâtres, rayés de vert; glumes acuminées, glabres, à carène ailée dans sa partie supérieure, à membrane érodée-dentée; fleur rudimentaire unique, à glumelle lancéolée; fleur parfaite à glumelles de moitié plus courtes que les glumes et chargées de poils appliqués ; l'inférieure pointue, la supérieure obtuse. Cariopse ovoïde-comprimée, brunâtre.--Eté. Champs sablonneux du littoral. R. Larmor en Plæmeur (N.), Belle-Isle (M. Lloyd), Gâvre(M.Thépault), Sarzeau, Vannes (M. Taslé).
A. ROSEAU, P. arundinacea L, Calamagroslis colo-
rata Sibth. — Grand ou assez grand, vivace , à racine tracante. Chaumes droits, fermes, glabres et lisses. Feuilles longues , lancéolées-linéaires, glabres, rudes en dessous, à bords scabres un peu coupants; ligule large, obtuse. Panicule assez lâche , allongée, à rameaux courts, dressés avant et après l'anthèse. Epillets blanchâtres, avec du vert et quelquefois du violet ; glumes acuminées, glabres, un peu rudes, à carène non ailée; deux fleurs rudimentaires et chacune à glumelle fort étroite, poilue; fleur parfaite à glumelles plus courtes que les glumes, pointues, poilues à la base, luisantes. Cariopse ovoïde-pointue, un peu comprimée, très luisante. — Juin, juillet. Bord des rivières et des étangs, prairies marécageuses. C. — Une variété de cette plante se voit souvent dans les jardins et y reçoit le nom d'herbe à rubans. Les feuilles sont
rayées de blanc ou de jaune très pâle : P. arundinacea albo-lineata.
FLOUVE. ANTHOXANTHUM L.
Epillets imparfaitement triflores, disposés en panicule spiciforme. Glumes carénées, fort inégales, la supérieure trinervée, plus longue que l'inférieure. Deux fleurs rudimentaires constituées chacune par une glumelle très obtuse, pourvue d'une arête dorsale. Fleur parfaite à glumelles très courtes, très obtuses, muliques , glabres; étamines 2 et autant de styles; stigmates effilés , poilus. Cariopse ovoïde ou ellipsoïde.
F. oporantTe. À. odoratum L. — Assez petite ou moyenne, quelquefois assez grande, vivace, douée d’une odeur aromatique très sensible pendant la dessication. Chaumes droits ou presque droits, glabres et lisses. Feuilles linéaires-aiguës , un peu larges, rudes et souvent poilues, à gaîne fortement striée, à ligule assez courte, très obtuse, parfois déchirée. Panicule spiciforme oblongue ou allongée, un peu lâche et quel-
quefois interrompue à la base. Epillets lancéolés, d'un vert jaunâtre; glumes acuminées-mucronées, plus ou moins ponctuées-scabres, tantôt glabres , tantôt poilues ou ciliées, l’inférieure de moitié plus courte que la supérieure ; glumelle de chaque fleur rudimentaire courte, très obtuse, brune, chargée de poils roux, appliqués; celle de la première fleur munie d'une arête insérée près de la base, longue, genouillée, enfin tordue; celle de la seconde fleur portant vers son milieu une arête assez courte et droite : fleur parfaite à glumelles fort petites, glabres, brunes, luisantes. Cariopse ellipsoïde un peu jaunâtre. — Avril-juin. Prés, pelouses, bords des champs et des chemins. TC.
E. ARISTÉE À. aristatum Boiss. A. Puelii Le Coq et Lans. À. odoratum ramosum N. Cat. morb. inéd. — Cette plante ne diffère de la précédente que par un petit nombre de caractères. Elle est assez petite ou moyenne, annuelle. Les chaumes, droits ou ascendantsgéniculés , sont rameux, à rameaux souvent fasciculés et très grêles. Les panicules sont en général peu fournies et se rapprochent beaucoup de la grappe simple ou de l’épi. Les glumes sont seulement un peu scabres sur les nervures, et la glume supérieure est presque toujours longuement dépassée par l’arête que porte la glumelle de la première fleur rudimentaire. La cariopse est plus petite que celle de la flouve odorante; sa couleur est plutôt rougeâtre que jaunâtre. — Mai, juin. Champs cultivés. AC.
Var.— nanum. — Plante de 2 à 35 centimètres, très gazonnante. Chaumes simples , rarement rameux, tout à fait couverts par les gaines renflées des feuilles. Panicule spiciforme ovoïde , compacte. — Comme annuelle, cette plante appartient à la flouve aristée. Si les chaumes, très courts, sont généralement simples , ils laissent voir qu'ils ont quelque tendance à se ramifier. — Dunes. AR. Quibéron, Belle-Isle , Plæmeur, Gâävre.
LEERSIE. LEERSTA Svwartz.
Epillets uniflores, disposés en panicule. Point de glumes ou seulement une glume réduite à l’état d'écaille. Glumelles naviculaires, mutiques, à peu près de même longueur , l’inférieure large, la supérieure étroite. Une, trois ou six élamines. Styles 2, courts ; stigmates plumeux. Cariopse comprimée , renfermée dans les glumelles.
L. À FLEURS DE RIZ. L. oryzoides Swarlz. Phalaris oryzoides L. — Moyenne ou assez grande , vivace , à racine rampante. Chaumes droits ou ascendants , souvent rameux inférieurement, glabres et lisses, mais à nœuds velus-hispides. Feuilles lancéolées-linéaires, très aiguës et très scabres, à nervure moyenne, épaisse et blanchâtre, à ligule oblique, courte, tronquée. Panicule bien développée, à rameaux filiformes, flexueux, scabres. Epillets oblongs, verdàtres, quelquefois bruns ; glumelles scabres , à carène ciliée-hispide ; étamines 3. Cariopse irrégulièrement oblongue, d'un brun rougeâtre, — Les feuilles sont d’un vert tendre et quelquefois tachées de brun ; elles se roulent en dessus lorsqu'elles sèchent. La panicule reste longtemps renfermée dans la gaîne de la feuille supérieure. La plante offre quelquefois, avec la panicule terminale, une ou deux petites panicules axillaires. — Août, septembre. Bords des rivières, des ruisseaux, des étangs. AR. Rivière du Blavet, au-dessus d'Hennebont et près de Baud, rivière d’Auray, au-dessus du point atteint par la mer, rivière d’Oust, au-dessus de Saint-Perreux (N.); ruisseau en Théhillac, étang du Roho en Saint-Dolay (M. l'abbé Delalande), Vannes (M, Taslé).