‹ Flore du MorbihanChapitre 135 sur 156 · AGROSTIS. AGROSTIS EL · texte numérisé non relu

AGROSTIS. AGROSTIS EL

Epillets uniflores, quelquefvis biflores-imparfaits , disposés en panicule. Glumes généralement presque égales, ventrues-carénées, aiguës, minces. Glumelles presque toujours plus courtes que les glumes , munies de quelques poils à leur base; l’inférieure dentée ou comme ciliée au sommet, tantôt mutique, tantôt aristée; la supérieure tronquée ou émarginée, mulique; plus petite que linférieure et parfois peu visible ou nulle. Styles 2, très courts; stigmates plumeux. Cariopse ovoïde ou cllipsoïde.

A. COMMUNE. À. vulgaris With. — Assez petite ou moyenne, vivace, à racine plus ou moins rampante. Chaumes glabres et lisses, droits ou ascendants, à partie couchée souvent radicante. Feuilles toutes linéairesaiguës , planes ou peu enroulées, rudes, à gaine lisse, à ligule courte tronquée. Panicule bien développée , large, à rameaux capillaires, scabres, divergents , étalés , encore ouverts après la fleuraison. Epillets fort petits, ordinairement violacés, quelquefois verdâtres ou grisâtres ; glumes presque égales , à carène scabre; glumelles 2, mutiques, sensiblement plus courtes que les glumes. — Eté, Prés secs , bords des champs et des chemins. TC. — C'est sans doute l'agrostis capillaris Aubry , cat. morb.

Var. — ericetorum. — Petite ou assez petite, à feuilles roides, déjà enroulées lors de l’anthèse. Epillets violacés, encore plus petits que ceux du type, à glumelle inférieure aussi longue ou presque aussi longue que les glumes. — Landes sablonneuses. C.

— — aristata. — Epillets à glumelle inférieure munie d'une arête peu longue et presque droite , insérée à son milieu ou plus près du sommet. — Lieux secs, sablonneux. R.

La plante rapportée par les auteurs à l’Agrostis pumila L. , et désignée comme variété naine de l’agrostis vulgaire, est une plante rabougrie, malade. L'ovaire attaqué par un uredo devient globuleux et les stigmates deviennent persistants. Les chaumes, très courts et très feuillés, sont rapprochés en touffe ; les feuilles s’enroulent de bonne heure ; les rameaux de la panicule sont courts et peu ouverts; la glumelle inférieure égale à peu près les glumes. — Pelouses humides. AR.

Dans les lieux couverts, l’agroslis commune devient quelquefois vivipare; un bourgeon prend la place de l'ovaire. La plante, dans cet état anormal, à passé pour une espèce; c'est l’agrostis sylvatica de Pollieh. AR.

À. BLANCHE. À. alba L. — Assez petite ou moyenne, vivace, à racine fibreuse ou peu rampante. Chaumes ascendants, souvent radicants à la base, glabres et lisses. Feuilles toutes linéaires-aiguës, rudes, planes ou ne s’enroulant que tard, à gaîne lisse, à ligule ovale, souvent déchirée. Panicule plus ou moins étroite, à rameaux généralement courts, scabres, s'ouvrant au moment de la fleuraison, puis dressésresserrés. Epillets fort petits, ordinairement blanchâtres, quelquefois grisâtres ou violâtres; glumes presque égales, à carène scabre ou même hispide ; glumelles 2, mutiques, bien plus courtes que les

glumes. — Eté. Lieux frais, champs, bords des chemins. C.

Var. — Siolonifera. Agrostis stolonifera L. —

Moyenne ou assez grande , à rejets traçants. Chaumes un peu robustes, rameux dans leur partie inférieure. — Terrains sablonneux humides, bords des bras de mer et des étangs salés. AC. — Plusieurs botanistes adoptent comme espèce l'agrostis stolonifera L,, et lui donnent pour variété l'agrostis alba.

— — aristata. — Epillets à glumelle inférieure portant près du sommet une arête droite, courte ou assez courte. — Terrains sablonneux humides. R.

— — marilima. À. maritima Lam. — Chaumes très rameux. Feuilles roides, de bonne heure enroulées, un peu glauques. Panicule très serrée; glumes à carène faiblement scabre. — Dunes. AR. |

A. DE CHIEN. À canina. L. — Moyenne, vivace, à racine fibreuse ou peu rampante, et souvent à rejets traçants. Chaumes presque droits ou ascendants-géniculés, un peu rameux à la base, très grêles, lisses. Feuilles radicales fasciculées, roulées-sétacées; les caulinaires linéaires-aiguës, planes ou peu enroulées ; toutes assez rudes , à ligule oblongue, souvent fendue. Panicule plus ou moins fournie, à rameaux capillaires, scabres, étalés ou bien ouverts pendant la fleuraison, puis dressés-resserrés. Epillets très petits, violacés, rarement blanchâtres, luisants, passant au roux assez vite; glumes sensiblement inégales, à carène un peu hispide; une seule glumelle, bien plus petite que les glumes et pourvue au dessous du milieu d’une arête genouillée, ordinairement saillante. — Eté. Prairies basses, bois et landes humides, marécages. TC.

Var. — mutica. — Glumelle dépourvue d'arête. — Licux frais. R.

Dans nos landes, l'Agrostis canina est quelquefois une assez petite plante, à panicule peu longue, peu fournie, se resserrant assez lentement après la fleuraison. — Comme l'Agrostis commune, l'Agrostis de chien est parfois très rabougrie, à chaumes fasciculés entièrement couverts par les gaines des feuilles, Alors, aussi, les ovaires sont attaqués par un uredo. — On trouve, mais très rarement, l’Agrostis de chien à l'état vivipare.

Obs. L’Agroslis rouge, Agroslis rubra L., est une espèce assez douteuse. Suivant l'auteur allemand, Koch, elle aurait les feuilles de l'A. vulgaris, la ligule de l'A. alba et la glumelle de l'A. canina. M. De Candolle, flore française, lui accorde deux balles (glumelles) dont l’une porte une barbe grêle, allongée, recourbée, souvent tordue, Mais M. Duby, Bot. Gall., bien qu'il présente la plante comme celle de la flore française, ne lui donne qu'une glumelle et la rapproche de l'Agrostis canina. M. Loiseleur Deslonchamps, fl. gall. 2e édit. , mentionne deux paillettes (glumelles), et dit que l’extérieure, généralement aristée, est trois fois plus grande que l'intérieure. Avant de connaître l'opinion de Koch sur l'A. rubra L., je rapportais à celle espèce une agrostis dont les feuilles , la Jigule et la panicule sont celles de l'A. vulgaris, mais dont la glamelle inférieure, presque trois fois plus longue que la supérieure, est chargée d'une arête au-dessous de son milicu, arête genouillée et saillante. Il faudrait voir dans cette plante une espèce non décrite, si on ne la faisait pas rentrer dans la variété aristée de l’Agrostis commune, en indiquant comme caractère de cette variélé une glamelie arislée, soit au-dessus, soit au-dessous du milieu. La plante se trouve dans nos prairies , mais elle n’y est pas commune.

A. SÉTACÉE. À. setacea Curt. — Assez petite ou moyenne, vivace, à racine fibreuse, touffue. Chaumes droits ou presque droits, grêles, fermes, lisses, feuilles sétacées, très fines, au moins les radicales, assez rudes et d’un vert glauque; ligule lancéolée, un peu déchiré. Panicule assez longue, à rameaux scabres, ouverts pendant la fleuraison, puis dressés-resserrés. Epillets petits verdâtres-violacés ; glumessensiblementinégales, à carène scabre; glumelle inférieure de moitié plus courte que les glumes, bimucronée ct pourvue à sa

base d’une arêle genouillée, longue, saillante; glumelle supérieure fort petite, à peine visible.—Eté. Landes. C.

Var. — debilis. — Chaumes assez débiles, même après la dessication. Panicule peu longue. Epillets blanchâtres, à glumelle inférieure d'un tiers seulement plus courte que les glumes. — Vieux taillis. R.

A. JOUET DU VENT. À. spica-venti L. Apera spicaventi Beauv. — Moyenne ou assez grande, annuelle. Chaumes droits, assez robustes, lisses. Feuilles linéairesaiguës , planes, scabres, à ligule oblongue, déchirée. Panicule ample, à rameaux ascendants, capillaires, rudes. Epillets très petits, biflores-imparfaits ; verdätres ou bruns, luisants ; glumes inégales , l’inférieure plus petite que la supérieure ; fleur rudimentaire réduite au pédoncule; glumelles de la fleur fertile un peu inégales, l’inférieure plus grande, scabre, portant près du sommet une arête très fine, trois ou quatre fois plus longue que l’épillet. Anthères étroiles. — Eté. Parmi les blés. TR. Pontivy, champs au sud de St.-Niel. (M. Lemée Boisleard). — Ce beau gramen est mentionné dans le catalogue de M. Aubry, mais sans doute par erreur. L'indication de sa station, le bord des champs, s'appliquerait mieux à lAgrostis canina, plante très commune et qui pourtant n'est pas inscrite au catalogue.

CALAMAGROSTIS. CALAMAGROSTIS Adans.

Epillets uniflores, quelquefois biflores-imparfaits, disposés en panicule lâche ou contractée. Glumes presque égales, ventrues-carénées, aiguës ou même acuminées-subulées. Glumelles généralement plus courtes que les glumes et entourées de poils soyeux ; l'inférieure plus grande que la supérieure, arislée au dessous du sommet ou même au sommet. Styles 2, très courts; stigmates plumeux, Cariopse à sillon peu marqué.

C. TERRESTRE. C. epigeios Roth. Arundo epigeios L. — Assez grande ou même grande, vivace, à racine rampante. Chaumes droits, assez robustes, rudes vers le haut.Feuilles très longues, linéaires-acuminées, scabres, un peu coupantes, glauques , à ligule oblongue, ordinairement déchirée. Panicule allongée, assez lâche, à rameaux très grêles, scabres, plus ou moins dressés. Epillets petits, uniflores, violâtres ; glumes étroites, acuminées, à pointe comprimée, subulée, à carène scabre; glumelles fort petites, dépassées par les poils ; l'inférieure bifide au sommet et portant vers le milieu une arête peu longue, très fine. — Juillet, août. Vignobles, bois taillis. R. Presqu'île de Sarzeau (N), Salarun en Theix. (M. Taslé).

C. pes saBLes. C. arenaria Roth. Ammophila arenaria Link, Psamma crenaria Rœm. et Sch. Arundo arenaria L. — Moyenne ou assez grande, un peu glauque, à racine très longuement rampante. Chaumes droits ou presque droits, bien roides, lisses. Feuilles très longues, dressées, linéaires-aiguës, enroulées et presque piquantes, pubescentes en dessus, lisses en dessous ; ligule allongée, bipartite, à divisions aiguës. Panicule spiciforme compacte, cylindracée. Epillets biflores-imparfaits, médiocres, jaunâtres, glumes étroites, aiguës, à carène rude ; fleur rudimentaire réduite en un pédoncule très velu ; fleur fertile à glumelles seulement un peu plus courtes que les glumes ; l’inférieure entière, rude, très brièvement aristée au dessous du sommet; poils soyeux trois fois plus courts que l'épillet. — Eté. sables maritimes. AR. Gâvre, Quibéron, Hædic. — Au lieu de propager ce gramen qui fixe les sables mobiies, on arrache ses longs rhizomes pour composer des balais.

GASTRIDION. GASTRIDIUM Bcauv.

Epillets uniflores, disposés en panicule contractée, Glumes inégales, ventrues à la base, du reste comprimées-carénées, acuminées. Glumelles fort courtes, inégaies, nues, l'inférieure ventrue, tronquée, dentée, arislée au-dessous du sommet. Styles 2, très courts ; stigmates plumeux. Cariopse comprimée.

G. VENTRU. G. lendigerum Gaud. G. australe Beau. Milium lendigerum L. sp. Agrostis australis L. Mant Agrostis lendigera DC. fl. fr. — Assez petite ou moyenne, annuelle. Chaumes droits, souvent rameux inférieurement , lisses, devenant rougeâtres. Feuilles linéaires-aiguës, rudes, à gaînes lisses, à ligule ovale, très obtuse, déchirée, Panicule spiciforme, cylindracéepointue, longtemps incluse dans la gaine de la dernière feuille. Epillets petits, verdâtres-argentés, luisants ; glumes étroites à carène et bords scabres ; glumelles un peu cartilagineuses, l’inférieure à 5 dents fines ; arête égalant ou dépassant un peu les glumes, quelquefois courte ou presque nulle, — Eté. Champs cultivés, terrains sablonneux. C. — On trouve la plante un peu rabougrie dans quelques lieux rocailleux voisins de la mer.

LAGURE. £ZAGURUS L.

Epillets uniflores , disposés en panicule contractée. (lumes presque égales , linéaires-subulées, très velues et comme plumeuses. Glumelles plus courtes, inégeles; l'inférieure ventrue, à trois arêles, savoir deux terminales et une dorsale ; la supérieure étroite, aiguë, bidentée. Styles 2, courts, stigmates plumeux. Cariopse oblonguc.

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