‹ Flore du MorbihanChapitre 16 sur 156 · ROSSOLIS. DROSERA L · texte numérisé non relu

ROSSOLIS. DROSERA L

Calice à cinq divisions profondes. Pétales ovales, obtus, marcescents. Trois à cinq styles souvent bifides. Capsule uniloculaire. Graines très petites, nombreuses. — Feuilles plus ou moins chargées de poils glanduleux, fort remarquables.

R. À FEUILLES RONDES. D, rotundifolia L. — Petite plante vivace ou bisannuelle, dépourvue detige. Feuilles étalées en rosette, à long pétiole stipulé, poilu, à limbe court, arrondi, chargé en dessus et sur les bords de Jongs poils glanduleux, rougeâtres. Une ou quelques hampes, trois à quatre fois plus longues que les feuilles, droites, cylindracées, glabres, terminées par un épi de fleurs et quelquefois par deux épis inégaux. Fleurs courtement pédicellées, petites, blanchâtres ; calice glabre, à divisions ovales-oblongues, un peu dentéesciliées ; stigmates entiers, blanchâtres, en massue. Capsules dressées , ellipsoïdes , lisses, à peine plus longues que le calice. Graines presque linéaires, à test lâche, et lisse. — Été. Marais, lieux tourbeux. AC.

R. INTERMÉDIAIRE. D. intermedia Drev. et Hayne. D. longifolia L. ex Smith. — Plante petite, vivace, acaule, quelquefois un peu caulescente. Feuilles

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redressées, à pétiole long, stipulé, glabre, à limbe oblong, obtus, chargé en dessus et sur les bords de poils glanduleux, rougeâtres. Une ou quelques hampes ascendantes , seulement plus longues que les feuilles, rarement bien plus longues, terminées par un ou deux épis. Fleurs courtement pédicellées, petites, blanchàtres; calice glabre, à divisions oblongues-spatulées , bien nervées; stigmates échancrés, rougeâtres. Capsules dressées, obovoïdes, un peu plus longues que le calice, glabres, sillonnées. Graines oblongues, à test bien formé, tuberculeux, noirâtre. — Été, aut. Lieux. tourbeux, prairies et landes très humides. C.

Obs. Une variation ou forme de cette plante, ayant des feuilles à limbe un peu plus allongé et des hampes 2 à 3 fois plus longues que les feuilles , a été prise pour le Rossolis anglais, Drosera anglica Huds., D. longifoha Drev. et Hayne, dont l'existence en Bretagne est fort douteuse. Cette dernière plante, qu'il faut chercher, offre des feuilles à pétiole médiocre, glabre et à limbe cunéiforme-allongé. Ses hampes sont droites et toujours bien plus longues que les feuilles. Les fleurs ont des stigmates entiers, en forme de massue. Les capsules , qui sont anguleuses , contiennent des graines oblongues, à test lâche. — Été. Lieux tourbeux.

Fam. XI.°— POLYGALÉES. Juss.

Calice persistant ou caduc, à 5 sépales inégaux , imbriqués en préfleuraison. Corolle généralement irrégulière, à 3-5 pétales plus ou moins soudés inférieurement. Huit étamines hypogynes, monadelphes ; tube staminal adhérent aux pétales et les soudant, divisé vers le haut en deux parties portant chacune 4 anthères; celles-ci uniloculaires et généralement déhiscentes par

= (ur — le sommet. Ovaire supère ; style simple; stigmate bilobé. Capsule biloculaire, disperme, bivalve, à cloison médiane ; ou drupe, tantôt biloculaire, disperme , tantôt uniloculaire et monosperme par avortement. Graines souvent arillées ; embryon droit, placé dans un périsperme charnu ou privé de périsperme. — Herbes ou sous-arbrisseaux à feuilles généralement alternes, toujours simples, entières, et à fleurs très souvent en grappes simples ou en épis.

POLYGALA. POLYGALA L.

Calice persistant, formé de sépales très inégaux , les deux intérieurs plus grands, en forme d’ailes et plus ou moins colorés. Corolle irrégulière à 3 pétales libres seulement par le limbe, l’un d’eux en forme de carène et souvent pourvu d’une houppe ou crête à son sommet. Capsule comprimée, elliptique, obovale ou en cœur renversé, s’ouvrant par les bords. Graines arillées, velues.

P. commun. P. vulgaris L.— Plante moyenne, vivace, glabre, à racine dure, presque ligneuse. Tiges nombreuses, ascendantes, peu rameuses. Feuilles inférieures elliptiques, plus courtes que les supérieures ; celles-ci lancéolées-linéaires. Grappes allongées, lâches, unilatérales , à bractées courtes et très caduques. Fleurs courtement pédicellées, assez petites, ordinairement bleues, quelquefois rosées ou blanches ; ailes du calice ovales, bien veinées , un peu mucronées, moins longues que la corolle, plus longues et plus larges que la capsule, d'abord colorées, puis devenant vertes; carène surmontée d'une houppe. Capsules en cœur renversé, ou obovales-échancrées. — Été. Prairies, lisières des bois, bords des champs. C.

Var.—oxyptera.— Tiges moins longues et feuilles un peu moins étroites. Ailes plus courtes que la corolle et aussi plus courtes et plus étroites que la capsule. P. oxyptera Reich.—Le Polygala de 5-7 centimètres, qui croît dans nos dunes, tient le milieu entre la variété et le type : les ailes très obtuses couvrent, sans la dépasser, la capsule en maturité. Les feuilles inférieures sont obovales et les supérieures oblongues-lancéolées.

P. DÉPRIMÉ. P. depressa Wender. P. serpyllacea. Weihe. — Plante petite, vivace, glabre. Racine effilée, dure. Tiges couchées, grêles, rameuses, à rameaux partant de points rapprochés et comme distiques, les inférieurs souvent plus longs que les autres. Feuilles inférieures petites, elliptiques, alternes et opposées, celles-ci placées au-dessous des rameaux; feuilles supérieures plus grandes, ovales-lancéolées, quelquefois fort étroites, toutes alternes. Grappes courtes, peu fournies. Fleurs courtement pédicellées, petites, blanches ou bleuâtres ; ailes elliptiques, bien veinées, au moins égales à la corolle et plus courtes que la capsule; carène surmontée d’une houppe. Capsules obovales-échancrées. — Print., été. Coteaux humides, landes. AC.

Obs. Cette plante, bien qu’elle ne soit pas amère, a été souvent rapportée au Polygala amara L., qui se reconnait surtout à ses feuilles inférieures obovales, un peu épaisses, plus grandes que les supérieures, lancéolées-linéaires ; puis aux ailes du calice dont les veines sont peu ramifiées.

Famille XII.°—FRANKÉNIACÉES. S.'-Hil.

Calice persistant, à 4 ou 5 sépales dressés, soudés à leur base et formant un tube sillonné. Corolle de

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4 ou 5 pétales égaux ou inégaux, onguiculés, alternes avec les sépales. Étamines hypogynes, en même nombre que les pétales ou plus nombreuses, à filets libres, à anthères biloculaires , s'ouvrant par deux fentes ou par deux pores. Ovaire supère ; style grêle, bifide ou trifide ; stigmates très petits. Capsule uniloculaire , polysperme, à 2—% valves portant chacune un placenta sutural. Embryon droit, placé dans un périsperme charnu. — Herbes ou sous-arbrisseaux à feuilles alternes ou verticillées, entières ou dentées, à fleurs souvent axillaires.

FRANKÉNIE. FRANKENIA L.

Corolle régulière; onglets des pétales canaliculés et surmontés d'une petite écaille. Étamines 5 à 6 ; anthères arrondies s'ouvrant par deux fentes. Style trifide, à stigmates latéraux. Capsule à 3 ou 4 valves. Graines nombreuses.

F. uisse. F. lœvis L.— Plante vivace, assez petite ou moyenne , à racine ligneuse. Tiges couchées, quelquefois rampantes à la base, dures, un peu sous-ligneuses, très rameuses, cylindriques, légèrement pubescentes. Feuilles nombreuses, verticillées, petites, oblongueslinéaires, roulées en dessous, glabres , seulement ciliées à leur base. Fleurs assez nombreuses, axillaires , solitaires, presque sessiles, d’un rouge violet ou de couleur rose. Calice à peu près glabre; pétales irrégulièrement dentés. — Été. Pelouses quelquefois bai-

gnées par la mer, chaussées des étangs marins, salines, dunes. AC.

Obs. Jusqu'à présent la Frankénie intermédiaire , Frankenia intermedia DC. Prodr., a été vainement cherchée dans le département. Ses tiges sont chargées

QD — de poils courts, roides et grisâtres. Les feuilles ont dé longs cils à leur base. Lesfleurs, souvent rapprochées, ont des calices très hispides.

Fam. XIII.—CARYOPHYLLÉES, Juss.

Calice généralement persistant, tantôt monosépale par soudure, lobé ou denté, tantôt formé de 3 à 5 sépales un peu soudés par la base ou tout-à-fait libres. Corolle régulière, à 3—5 pétales, rarement nulle. - Étamines hypogynes en même nombre que les pétales ou en nombre double; filets subulés , quelquefois soudés par leur base ; anthères à deux loges. Ovaire supère, souvent stipité; 2 à 5 styles et autant de stigmates latéraux. Capsule polysperme , uni ou pluriloculaire, à cloisons médianes, à plusieurs valves entièrement déhiscentes ou seulement déhiscentes au sommet, à placenta central ; très rarement une baie. Embryon entourant, au moins en partie, un périsperme farineux. — Plantes herbacées, à tiges articulées-noueuses , à feuilles opposées presque toujours sessiles, souvent connées, entières ou seulement denticulées ; à fleurs terminales ou axillaires , quelquefois aggrégées.

Section I. — SiLÉNÉES.

Le Calice est d'une seule pièce.

GYPSOPHILE. GYPSOPHILA L.

Calice nu ou muni d’écailles à Ja base, campanulé, anguleux , à cinq lobes plus ou moins profonds , un peu membraneux. Cinq pétales à peine onguiculés. Dix étamines. Deux styles. Capsule uniloculaire à 4 valves seulement déhiscentes au sommet.

EN, je

G. pes murs. G. muralis L. — annuelle, petite, entièrement glabre. Tige droite , trèsrameuse , à rameaux diffus, fort gréles. Feuilles linéaires , pointues , planes. Fleurs longuement et très finement pédonculées, petites, rosées ou rougeâtres, rayées ; calice à lobes courts, obtus; pétales crénelés.—Été, aut. Champs sablonneux. TR.— Cette plante est indiquée sur l'autorité de .M. Aubry (exerc. an IX), qui la dit commune, en automne, dans les champs parmi les chaumes. On pourra la retrouver surtout au sud-est du département, car elle est assez commune dans le département de la Loire-Inféricure.

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