‹ Flore du MorbihanChapitre 22 sur 156 · MAUVE. MALVA L · texte numérisé non relu

MAUVE. MALVA L

Calicule à 3 folioles. Calice à divisions assez profondes. Pétales soudés par leur base, échancrés au sommet. Étamines très nombreuses. Carpelles nombreux , verticillés, monospermes, s’ouvrant par la partie interne.

M. musquée. M. moschata L. — Plante moyenne, quelquefois assez grande, vivace, à racine bien rameuse et très dure. Tige droite, plus ou moins rameuse, poilue, rarement presque glabre; poils simples, étalés, souvent tuberculeux à la base. Feuilles radicales et parfois les caulinaires très inférieures arrondies-réniformes , lobées à lobes nombreux, dentés; les autres orbiculaires - anguleuses dans leur forme générale, multipartites, à dernières divisions lancéolées ou linéaires-pointues , dentées ou entières ; toutes à pétiole plus ou moins poilu et à limbe peu velu ou presque glabre. Fleurs pédonculées , assez grandes, rosées, odorantes-mus-

quées , les premières solitaires , distantes , les supérieures rapprochées ; calicule à folioles linéaires, poilues ; calice poilu , devenant vésicuieux pendant la maturation du fruit. Carpelles hispides. — La plante est quelquefois multicaule, à tiges ascendantes.

Var. — laciniata. Toutes les feuilles multipartites, à dernières divisions linéaires.

Eté. Bords des champs, coteaux secs. AC.

Obs. La Mauve alcée, Malva alcea L. pourrait bien se trouver à Belle-île. Cette espèce, voisine de la mauve musquée, offre les caractères suivants : Racine vivace; tige haute de 5 à 9 äécimètres, peu rameuse , couverte de poils assez courts, fasciculés, rayonnants ; feuilles pubescentes , les radicales arrondies-réniformes , lobées, à lobes crénelés, les caulinaires palmatipartites, à divisions plus ou moins étroites , écariées, lobées ou dentées ; fleurs solitaires, distantes , parfois rapprochées au sommet de la tige, grandes et rosées ; calicule à folioles ovales, aiguës, pubescentes ; calice aussi pubescent , à divisions ovales, aiguës. Carpelles glabres ou seulement hispides au sommet. Été. Lieux buissonneux.

M. sauvace. M. sylvestris L. — Moyenne, quelquefois assez grande , vivace ou seulement bisannuelle , à racine fusiforme , blanchâtre. Une ou plusieurs tiges droites ou ascendantes , rameuses , chargées de poils simples, étalés. Feuilles arrondies-cordiformes , découpécs en 5 ou 7 lobes ; les inférieures à lobes très obtus, crénelés, souvent peu prononcés ; les supérieures à lobes moinsobtus, crénelés oudentés, souvent profonds; toutes à pétiole poilu et à limbe presque glabre. Fleurs bien pédonculées , disposées en bouquets axillaires , assez grandes , purpurines , très rarement blanches ; ca-

licule poilu, à folioles oblongues ; calice aussi poilu , à divisions largement ovales , un peu pointues. Carpelles glabres , réticulés-rugueux. — Mai-octobre. Champs, haies , bords des chemins, décombres. TC.

M. A FEUILLES RONDES. M. rotundifolia L. — Moyenne ou assez pelite, vivace, pubescente. Tiges ascendantes ou couchées , peu rameuses. Feuilles très longuement pétiolées , orbiculaires-cordiformes , à 5 ou 7 lobes peu prononcés , très obtus, crénelés-dentés. Fleurs longuement pédonculées , assez médiocres, blanches ou carnées , disposées en petits bouquets axillaires ; calicule à folioles lancéolées-linéaires ; calice à divisions larges, pointues; l'un et l’autre chargés de poils rameux, courts. Pédoncules fructifères rétrofléchis. Carpelles pubescents , nullement réticulés ou rugueux. Été. Bords des chemins , bas des murs , décombres. AC.

M. DE nice. M. nicæensis AN. — Moyenne, annuelle, peut-être vivace. Tiges couchées, plus ou moins rameuses , chargées de poils roides, étalés, souvent tuberculeux à la base. Feuilles très longuement pétiolées, pubescentes , un peu arrondies-cordiformes , à 5 lobes très prononcés ; les radicales ou très inférieures à lobes arrondis , crénelés ; les autres à lobes ovales, pointus, dentés. Fleurs courtement pédonculées , disposées en bouquets axillaires , assez petites, rosées , passant au bleu ; calicule à folioles ovales-lancéolées ; calice un peu hispide comme le calicule , à divisions très larges , pointues. Carpelles réticulés-excavés , tantôt velus ou pubescents, tantôt glabres. Axe central très grêle. — Été , automue. Bords des chemins , pied des murs, décombres. TR. Belle-ile (M.me Cauvin) ; Quibéron, au village de St.-Pierre , au bourg et environs (N) ; Port- Louis (M. Thépault).

GUIMAUVE. ALTH ÆA L.

Calicule à 6 - 9 folioles. Calice, coroile , étamines et carpelles du genre précédent.

G. OFFICINALE. À. officinalis L. — Moyenne ou assez grande , vivace , cotonneuse-soyeuse , blanchâtre. Racine longue , pivotante. Tiges droites , simples ou très peu rameuses , dures. Feuilles un peu en cœur ou largement ovales, à 3 ou 5 lobes peu prononcés, inégalement dentés ; stipules linéaires-subulées. Fleurs courtement pédonculées ou presque sessiles, assez grandes, carnées ou rosées , disposées en petites panicules axillaires ou comme en glomérules ; calicule à folioles lancéolées-linéaires ; calice à divisions ovales , aiguës. Carpelles cotonneux-pubescents. Été. R. Quelques marais et lieux rocailleux humides du littoral ; Sarzeau , Belle-ile , Houat , etc.

G. HÉRISSÉE. À. hirsuta L.— Assez petite ou moyenne, annuelle , entièrement chargée de poils longs, roides , étalés. Tige droite ou ascendante, rameuse. Feuilles inférieures arrondies-cordiformes, à 5 ou 7 lobes courts, arrondis , crénelés ; les supérieures palmatipartites , à 3 ou 5 divisions oblongues , dentées ; stipules ovales, aiguës. Fleurs solitaires, longuement pédonculées , carnées ou rosées , passant au bleu par la dessication ; calicule à folioles lancéolées; calice à divisions fort allongées, pointues. Carpelles rugueux, glabres. — Été. Champs sablonneux. TR. Belle-ile ( M.me Cauvin, M. Lloyd).

LAVATÈRE. LAVATERA L.

Calicule monophylle, à 3 ou 6 divisions. Calice, corolle, élamines, carpelles du genre mauve.

L. EN ARBRE. L. arborea L. — Plante grande, bisannuelle, pubescente. Tige très épaisse, nue et simple

inférieurement, feuillée et rameuse vers le haut. Feuilles longuement pétiolées, grandes, molles, cordiformesarrondies, à 5 ou 7 lobes, larges, obtus ou peu pointus, crénelés ou dentés. Fleurs courtement pédonculées, assez grandes, d’un rouge violet, disposées en petits bouquets axillaires ; calicule à 3 divisions ovales, obtuses, dépassant et couvrant le calice; celui-ci pubescent, un peu tomenteux. Carpelles ridés, pubescents. — Été. Terrains rocailleux près de la mer. TR.— Cette plante a été trouvée jadis à Belle-île par le célèbre naturaliste Bory de St.-Vincent. Je l'ai eue de l’île Théviec, voisine de Quibéron.

Fam. XVI.°—TILIACÉES DC.

Calice de 4 ou 5 sépales rapprochés en préfleuraison. Corelle régulière, rarement nulle; 4 ou 5 pétales alternes avec les sépales. Étamines généralement nombreuses , hypogynes, libres ou faiblement polyadelphes à la base; anthères biloculaires, à 2 fentes longitudinales. Ovaire simple, supère; un style; 2 à 5 stigmates. Capsule pluriloculaire, polysperme, parfois uniloculaire et monosperme par avortement. Embryon droit entouré d'un périsperme charnu; cotylédons planes, inégalement lobés. — Végétaux généralement ligneux, à feuilles alternes , simples, munies de stipules.

TILLEUL. TILIA L.

Cinq sépales caducs, pubescents-soyeux. Autant de pétales parsemés de glandes diaphanes. Ovaire à 5 loges et à 10 ovules. Capsule indéhiscente relevée de côtes, monosperme par avortement, rarement disperme. Fleurs disposées en petits bouquets ou en corymbes, à pédoncule commun, axillaire et soudé en partie à la côte d’une bractée membraneuse, allongée.

T. À PETITES FEUILLES. Z. parvifolia Ehr. T. sylvestris Lam. T. macrophylla Vent. T. europæa var. L. — Arbre élevé, à rameaux divergents, à jeunes pousses glabres. Feuilles arrondies-cordiformes, acuminées, souvent inéquilatérales, larges de 4 à 5 centimètres; inégalement dentées en scie , assez vertes et tout-à-fait glabres en dessus, un peu glauque en dessous et chargées de poils roux à l’aisselle des nervures; pétiole glabre. Fleurs très médiocres, peu odorantes et d'un jaune fort pâle. Capsules petites , ordinairement ovalesglobuleuses, crustacées, fragiles, tomenteuses-roussâtres, à côtes peu marquées. — Juillet. Bois, coteaux frais. TR. Lanvaux, Hennebont. — Cet arbre, suivant quelques indications, se trouverait dans la forêt de Camors; mais j'ai parcouru une assez grande partie de cette forêt sans l'y rencontrer. Est-il indigène ou seulement naturalisé ?

T. À GRANDES FEUILLES. T. grandifolia Ehr. T. platyphyllos Scop. T. europæa var. div. L. — Arbre élevé, à rameaux assez divergents, à jeunes pousses pubescentes. Feuilles arrondies-cordiformes ou seulement arrondies, plus ou moins acuminées, inégalement dentées en scie, souvent inéquilatérales , larges de 7 à 19 centimètres, bien vertes et presque glabres en dessus, moins verles et pubescentes en dessous; pétiole pubescent. Fleurs médiocres, odorantes, jaunâtres. Capsules petites, ordinairement globuleuses ou presque globuleuses, coriaces, tomenteuses-blanchâtres, à côtes plus ou moins prononcées. — Juin. — Cet arbre, introduit dans le département et cultivé comme arbre d'ornement, s'y est naturalisé. On le trouverait souvent spontané, si la place qu’il prend ne paraissait pas presque toujours mal occupée. C’est sans doute en

k — 106 — vue des plantations exécutées que M. Aubry a signalé le tilleul d'Europe comme étant commun dans le Morbihan.

Fam. XVII.°— HYPERICINÉES DC.

Calice presque toujours persistant, à 4, 5 divisions ou à #, 5 sépales en préfleuraison imbricative. Corolle de #4 ou 5 pétales , alternes avec les divisions ou pièces du calice, et souvent contournés avant leur évolution. Étamines nombreuses , hypogynes, ordinairement réunies par la base des filets en 3 ou 5 faisceaux, rarement monadelphes ou libres; filets capillaires ; anthères petites, vacillantes, biloculaires. Ovaire unique, supère; 2 à 5 styles, parfois soudés entre eux; autant de stigmates simples. Capsule à 2-5 loges polyspermes, à 2-5 valves et à cloisons marginaires; quelquefois une baie uni ou pluriloculaire. Graines cylindracées ou comprimées ; point de périsperme; embryon généralement droit. — Plantes herbacées ou ligneuses à feuilles très souvent opposées, sessiles ou courtement pétiolées, simples , entières ou seulement crénelées.

ANDROSÈME. ANDROSÆMUM AN.

Calice à 5 divisions très inégales. Corolle à 5 pétales caducs. Etamines réunies par la base en 5 faisceaux, Styles 3. Baic uniloculaire à 3 placentas pariélaux.

À. OFFICINAL. À officinale AN. Hypericum androsæmum L. — Sous-arbrisseau de 5 à 8 décimètres, entièrement glabre. Tiges droites, peu rameuses, faiblement ancipitées. Feuilles sessiles, assez grandes, ovales, très entières , bien ner‘ées et veinées , un peu glauques en dessous, parsemées de glandes vésiculaires très petites. Fleurs assez médiocres, d’un beau jaune, dis-

posées comme en ombelle au sommet des rameaux. Calice un peu coriace, à divisions profondes , ovales, enfin réfléchies ; pétales légèrement naviculaires. Baie globuleuse, peu charnue, devenant sèche et noirâtre à la maturité. — Été. Lieux frais, lisières des bois. TR. Auray , bois du Plessis; Hennebont, taillis près du Blavet (N). Lorient, île de Groix (M. Lloyd). Taillis près Vannes (M. Taslé).

MILLEPERTUIS. ÆAYPERICUM L.

Calice à 5 sépales, quelquefois un peu soudés à la base. Corolle de 5 pétales planes, étalés, presque toujours marcescents. Étamines réunies par la base en 3 ou 5 faisceaux. Styles 3. Capsule cartilagineuse, trigone, ordinairement à 3 pointes, toujours à 3 loges et à placenta central.

Ï. — Tige anguleuse ou aïlée; sépales entiers, non ciliés.

M. A % aizes. Æ. tetrapterum Fries. H. quadrangulum DC. Prodr., Duby Bot. gall., excl. var. b. — Plante moyenne , glabre , vivace , à racine rampante. Tige droite , rameuse . quadrangulaire, avec les arêtes saillantes et membraneuses. Feuilles ovales-oblongues ou seulement oblongues , obtuses , bien nervées , mais peu veinées , parsemées de glandes translucides , faiblement ondulées et ponctuées de noir sur les bords. Fleurs très médiocres, d’un jaune clair, disposées en petites panicules terminales, ordinairement bien fournies ; sépales lancéolés, très aigus ; pétales oblongs, entiers, dépassant médiocrement le calice. Capsules ovoïdes-coniques , finement striées en longueur.—Été, Bois humides, bord des eaux. C.

EE

M. TÉTRAGONE. H. quadrangulum L. H. dubium Leers. — Plante moyénne, parfois assez grande, vivace, glabre. Racine rampante, à turions d’un rouge très vif. Tige droite, rameuse vers le haut, quadrangulaire, mais à deux des arêtes peu sensibles. Feuilles ovales-oblongues ou oblongues, très obtuses, bien nervées et veinées , privées de glandes translucides, un peu scarieuses et ponctuées de noir sur les bords. Fleurs médiocres, d’un beau jaune, disposées en panicules terminales courtes et peu fournies. Sépales elliptiques, obtus; pétales triples des sépales, oblongs, chargés de quelqnes raies noirâtres surtout en dessous, à sommet crénelé-denté et ponctué de noir. Capsules ovoïdes-coniques, finement striées: la plupart des Stries verticales, quelques-unes obliques. — Juillet, août. Lieux buissonneux frais. R. Ploërmel, Hennebont , etc.

M. commun. A. perforatum L. — Plante moyenne, vivace, glabre. Racine rampante. Tige droite, rameuse, cylindracée-ancipitée. Feuilles oblongues, obtuses, nervées, à peine veinées, parsemées de glandes translucides bien visibles, ponctuées de noir sur les bords. Fleurs assez médiocres, d’un beau jaune, disposées en panicules terminales, un peu allongées, lâches; sépales lancéolés-linéaires, (rès aigus, pétales à peine doubles du calice, ovales-oblongs, à côtés très inégaux, le plus grand denté et bordé de points noirs. Capsules oblongues-coniques, irrégulièrement striées. — Été. Champs, bords des chemins, haies, bois. TC.

Var. — microphyllum. Tige beaucoup plus grêle. Feuilles plus petites, ordinairement oblongues-linéaires, très obtuses, à bords roulés en dessous, quelquefois oblongues, un peu pointues, à bords plus ou moins enroulés, — Lieux arides, landes. AC.

M. coucaé. A. humifusum L. Plante petite, vivace, glabre. Plusieurs tiges couchées, rameuses , grêles , comprimées, un peu ancipilées. Feuilles oblongues, obtuses, bordées de points noirs et plus ou moins parsemées de glandes translucides. Fleurs solitaires, courtement pédonculées, assez petites, jaunes ; sépales oblongs, fort inégaux, différant peu des feuilles ; pétales oblongs, entiers, bordés de points noirs. Capsules ovoïdes, finement striées en longueur. — Maiseptembre. Champs sablonneux , pelouses sèches. C.

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