AJONC. ULEX L
Deux petites bractées à la base du calice. Celui-ci à deux divisions très profondes, carénées, la supérieure à 2 dents, l’inférieure à 3. Pétales inférieurs non soudés, seulement connivents. Etamines monadelphes. Gousse renflée, courte et contenant peu de graines.
A. »'Europr. U. europœus L. — Arbrisseau ‘assez grand , droit, touffu, à rameaux peu ouverts, sillonnés, plus ou moins velus, hérissé d'épines fortes et longues. Feuilles très petites, simples , lancéoléeslinéaires, d’abord assez molles , velues ou pubescentes, puis dures, piquantes et glabres. Fleurs axillaires, solitaires ou géminées, pétiolées, médiocres, d'un jauoe pur et brillant ; bractéoles calicinales lâches, ovales, tomenteuses ; divisions du calice aussi tomenteuses , à dents fort petites et conniventes ; étendard beaucoup plus long que le calice ; ailes plus longues que la carène et courbées au sommet. Gousses oblongues, velues, dépassant un peu le calice. — Fin de l'automne, hiver , printemps. Terrains en friche,
talus, landes. TC.— Cet ajonc, qui, dans une terre un peu profonde, s'élève jusqu'à 2 et 3 mètres, se montre raccourci et diffus, lorsque le sol est très mauvais.
A. DE PROVENCE. U. provincialis Lois.—Arbrisseau de 4 à 7 décimètres , toujours un peu diffus, ayant les rameaux et presque les feuilles de l'ajonc d'Europe. Fleurs axillaires pétiolées , très médiocres, d’un jaune mat ; bractéoles calicinales appliquées , un peu larges, courtes, pubescentes; calice pubescent, à divisions manifestement deritées au sommet ; étendard un peu plus long que le calice ; ailes de même longueur que la carène. Gousses ovoïdes-oblongues, velues-hispides , excédant à peine le calice. Septembre-décembre. Landes du littoral AC. — On est d’abord disposé à regarder cet arbrisseau comme une variété à moindres dimensions et à fleurs précoces de l’ajonc d'Europe, variété qui serait due au voisinage de la mer ; mais l’ajonc d'Europe se développe bien sur le littoral et sa fleuraison ne s'y trouve aucunement hâtée. D'ailleurs les fleurs de la première plante ne sont pas seulement plus petites que celles de la seconde; elles sont différentes et se rapprochent beaucoup des fleurs de l'Ulex nanus. L'idée d'hybridité ne saurait être mieux accueillie, bien que l’ajonc de Provence ait les rameaux de l’ajonc d'Europe et presque les flenrs de l’ajonc Nain. Ces deux derniers ajoncs ne fleurissent pas à la même époque ; l’un est en pleine fructification, lorsque l’autre se couvre de fleurs. Il faut ajouter que la probabilité d'un croisement est très faible dans un genre où les étamines restent renfermées dans la corolle. Enfin, pourquoi la prétendue plante hybride serait-elle particulière au littoral, lorsque l’ajonc d'Europe et l’ajonc Nain couvrent ensemble de vastes espaces dans l'inté-
rieur du département? Suivant M. Loiseleur, les rameaux de l'ajonc de Provence sont presque glabres ; ils sont velus dans la plante que nous possédons. Cette différence semble peu importante et pourrait tout au plus conduire à l'établissement d’une variété. Un autre point mérite peut-être plus d'attention : c'est en automne que fleurit notre plante ; or M. Loiseleur dit que la sienne fleurit en avril, et, suivant M. De Candolle cette même plante offre encore ses fleurs au mois de juin. Fleurirait-elle à deux époques, en automne et au printemps ? | A. NAIN. U. nanus Smith. — Petit arbrisseau à rameaux tombants ou même couchés, sillonnés , velus, “hérissés d’épines assez courtes et un peu grêles. Feuilles linéaires , dures, piquantes, bien poilues. Fleurs axiljaires , pétiolées , assez petites , d’un jaune pâle , bractéoles calicinales appliquées, étroites, peu visibles ; calice faiblement pubescent, presque glabre, à dents apicilaires bien écartées; étendard un peu plus long que le calice ; ailes plus courtes que la carène. Gousses : ovoïdes-oblongues , velues-hispides n’excédant pas le calice. — Août-octobre. Lieux stériles, landes TC. — L’ajonc nain, lorsqu'il a peu de place, se montre avec des rameaux dressés et passablement eflilés. Suivant quelques flores ses rameaux seraient glabres ou presque glabres , et ses pédoncules n’auraient pas, comme ceux de l’ajonc d'Europe, une bractéole à leur base. En Bretagne, cet ajonc a des rameaux constamment velus, et toujours ses pédoncules offrent une petite bractée à leur base. Seulement , cette bractée n’est point apparente comme celle qui se trouve dans l’ajonc d'Europe ; elle est très appliquée et couverte entièrement par la partie inférieure de la feuille florale.
Obs. Dans les trois espèces qui viennent fera dé-
rites, le caractère tiré de la connivence ou de l'écar: tement des dents calicinales se trouve parfois en défaut. Ïl en est de même du caractère tiré de la grandeur relative des parties florales. Il faut donc, dans la détermination des ajoncs, examiner plusieurs fleurs, afin de n'être pas induit en erreur par une fleur qui serait mal conformée.