Fleurs rougeâtres ou blanches, à calice glabre
T. RAMPANT. 7. repens L.— Assez petit, vivace, glabre ou presque glabre. Tiges rampantes, peu rameuses, fermes. Feuilles longuement pétiolées, à fo-
lioles obcordiformes ou largement obovales, dentéesciliées, souvent tachées au centre ; stipules engaînantes, scarieuses , ovales-acuminées. Pédoncules axillaires , très longs, portant une tête lâche de fleurs ; cellesci ordinairement blanches, quelquefois rosées ou rougeâtres , pendantes après l’anthèse ; calice nerveux , à tube maculé de violet dans sa partie supérieure, à lobes lancéolés , inégaux. Gousses oblongues , à 3 ou 4 graines. T. album Aubry. — Mai-septembre. Prairies , pelouses, dunes. TC. — Dans un terrain gras, les tiges sont un peu redressées et portent des feuilles plus grandes , formées quelquefois de 4 ou 5 folioles. Il arrive aussi parfois que les pédicelles s’allongent beaucoup, et les fleurs, alors, semblent disposées en bouquet.
T. DE micueLt. T. michelianum Savi. — Moyen, annuel, glabre. Tiges ascendanies , rameuses, fistuleuses, striées. Feuilles très longuement pétiolées , à folioles obovales ou oblongues, dentées, un peu échancrées au sommet; stipules herbacées, ovales-acuminées, étalées. Pédoncules axillaires, longs, sillonnés, portant des fleurs blanchâtres, réunies en tête fort lâche, presque en bouquet; pédicelles réfléchis après l’anthèse; calice à dents un peu inégales, longues, subulées. Gousses obovoïdes, dispermes. — Eté. Prés humides. TR. Vallons de Sauzon et de Bangor, à Belle-Isle (M. Taslé).
T. AGGLOMÉRÉ. T. glomeratum L. — Petit ou assez petit, annuel, glabre ou légèrement poilu. Tiges couchées ou ascendantes, peu rameuses. Feuilles médiocrement pétiolées, à folioles obovales ou obcordiformes, finement dentées , à stipules membraneuses, ovales, très acuminées. Capitules globuleux , sessiles , axillaires et terminaux. Calice strié, à lobes égaux, ovalessubulés, enfin réfléchis. Corolle carnée ou rosée,
petite , mais dépassant le calice. Gousses mono ou dispermes. — Mai, juin. Lieux secs et pierreux. AR. Vannes, Hennebont, Pontivy, etc.
Obs. Le trèfle roide. T. strictum Waldst., appartenant à cette division et trouvé sur la côte méridionale du Finistère , ne sera peut-être pas vainement cherché sur le littoral du Morbihan. Il est annuel, glabre, à tige courte ou assez courte, dressée, roide, peu rameuse , à rameaux ouverts. Les feuilles ont des folioles oblongues ou lancéolées , étroites, finement dentées. Les capitules sont longuement pédonculés et globuleux. Le calice est sillonné , à lobes lancéolés-subulés; la corolle est rosée.
Les gousses contiennent deux graines et dépassent bien le tube calicinal.
2 — Fleurs rouges, rosées ou blanches , à calice non accrescent , plus ou moins chargé de poils.
T. érourré. T. suffocatum L. — Très petit, annuel, glabre. Tiges nombreuses, raccourcies, dures, rapprochées en toufle. Feuilles à pétiole plus long que les tiges ; à folioles obovales ou en cœur renversé, finement dentées au sommet. Capitules petits, sessiles , axillaires et terminaux, rapprochés et presque cachés par les feuilles. Corolle blanche ou carnée, plus petite que le calice ; celui-ci à tube un peu poilu , à lobes lancéolés , très pointus, enfin recourbés. Gousses oblongues, dispermes. — Avril-juin. Pelouses sèches près de la mer. R. Lorient, Quibéron, Port-Louis, Sarzeau (N), Vannes (M. Taslé).
T. D£ Boccoxe. T. Bocconi Savi. T. collinum Bast. T. gemellum Lapeyr. — Petit, annuel. Une à 4 tiges droites , simples, ou peu rameuses , couvertes de poils courts, mous, peu étalés, Feuilles inférieures à pétiole
assez long, poilu, à folioles obovales, à stipules droites; les supérieures courtement pétiolées, à pétiole velupubescent, à folioles allongées-cunéiformes , à stipules courbées ; toutes les folioles dentées au sommet, glabres en dessus , un peu poilues en dessous et sur les bords ; toutes les stipules engaiînantes, membraneuses , lancéolées-subulées, poilues. Capitules terminaux, sessiles, ovoïdes , ordinairement au nombre de 2, très rapprochés et se confondant. Calice à tube strié, velu-pubescent, à dents inégales roides, subulées, poilues, passant du vert au brun ; corolle d’un blanc rosé et à peu près de la longueur du calice. Gousses ovoïdes, monospermes. — Mai, juin. Rochers, lieux rocailleux. TR. La découverte de ce trèfle, dans le département, est due à M. Taslé, qui l’a cueilli près du village de Coëtsurrho , à l'embouchure de la Vilaine, rive droite.
T. strié. T. striatum L. — Assez petit, quelquefois moyen, annuel, plus ou moins velu. Tiges droites ou ascendantes, généralement peu rameuses. Feuilles longuement pétiolées, à folioles obovales ou oblongues-en coin , finement dentées au sommet, à stipules membraneuses , ovales-acuminées , bien veinées. Capitules axillaires et terminaux , sessiles, ovoïdes ou oblongs, ordinairement solitaires, rarement géminés. Calice à tube assez ventru , fortement strié, bien velu, à dents inégales , roides, subulées , avec la pointe blanchâtre ; corolle rougeûtre ou rosée, dépassant un peu le calice. Gousses ovoïdes, contenant une seule graine. — Mai juillet. Prairies hautes , pelouses sèches , lieux arides, dunes. C.— Près de la mer ce trèfle est souvent réduit à 3 ou # centimètres. |
T. ruDE. T. scabrum EL, — Petit, annuel, velupubescent. Tiges couchées, quelquefois ascendantes , rameuses , dures, Feuilles assez longuement pétiolées,
à folioles obovales, obscurément dentées, à stipules membraneuses , ovales-acuminées. Capitules axillaires et terminaux, ovoïdes. Calice bien velu, à tube sillonné, à lobes inégaux , lancéolés , piquants , recourbés après la fleuraison ; corolle blanchâtre, dépassée par les dents calicinales, inférieures. Gousses ovoïdes, monospermes. — Eté. Lieux rocailleux près de la mer et dunes. R. Lorient, Auray, Quibéron, Belle-Isle, etc.
T. mariTime. T. maritimum Huds. T. irregulare Pourr.— Assez petit ou moyen, annuel, plus ou moins velu. Une seule tige droite ou plusieurs tiges ascendantes ; rameaux assez ouverts, quelquefois étalés. Feuilles assez longuement pétiolées, les florales opposées et parfois presque sessiles ; folioles oblonguescunéiformes, presque entières; stipules longues, lancéolées-linéaires, à partie supérieure herbacée. Capitules ordinairement pédonculés, terminaux, ovoïdes, Calice sillonné, seulement velu dans sa partie supérieure, à lobes lancéolés, étalés après l’anthèse, l'inférieur plus grand, trinervé ; corolle carnée ou rosée, beaucoup plus longue que le calice. Gousses ovoïdes , monospermes. —Mai-juillet. Prés et marécages voisins de la mer. AR. Auray, Lorient, Quibéron, etc.
T. nes prés. T. pratense L.—Moyen, vivace. Tiges ascendantes, peu rameuses plus ou moins poilues, rarement bien velues ou tout-à-fait glabres. Feuilles pubescentes ; les inférieures longuement pétiolées , à folioles ovales , très obluses ou même émarginées; les supérieures généralement à court pétiole et à folioles oblongues, obtuses, un peu mucronées, quelquefois lancéolées, pointues ; ces folioles diverses obscurément dentées, presque entières, souvent tachées au centre; stipules membraneuses ovales, aristées, très veinées . poilues sur le bord externe et sur l'arête, rarement
couvertes de poils ou tout-à-fait glabres. Capitules terminaux , Courtement pédonculés ou sessiles, globuleux ou ovoïdes. Calice à tube strié, pubescent, à dents très inégales, subulées , fines, ciliées, toujours droites; corolle presque triple du calice, très tubuleuse par soudure , ordinairement rougeâtre, quelquefois rouge , carnée ou blanche, à long étendard. — Maiseptembre. Prés, lieux marécageux, bords des chemins, landes. TC. — Ce trèfle, par la culture, devient robuste et s'élève jusqu'à 5 ou 6 décimètres. Souvent , alors, il offre des capitules géminés, et quelquefois des capitules terminaux et axillaires assez longuement pédonculés. T. sativum Reich. — Il est probable que Île T. maicrophyllum Desv., indiqué à Belle-Isle par Mme Cauvin, rentre dans le trèfle des prés, comme simple variation due à la nature du sol ou au voisinage de la mer. Sur les coteaux secs, les tiges sont grêles, les feuilles petites et les capitules sessiles, très médiocres.
Obs. Le trèfle jaunâtre, T. ochroleucum L., ne paraît pas avoir été trouvé dans le Morbihan, mais peut s’y trouver. Il est vivace, velu-pubescent et de moyenne longueur. Ses tiges sont ascendantes, peu rameuses où même simples. Ses feuilles ont des folioles oblongues , entières ou seulement un peu échancrées, et des stipules longues, lancéolées-subulées. Les capitules sont terminaux , en général courtement pédonculés ou presque sessiles, ovoïdes-oblongs. Le calice offre un tube sillonné, médiocrement velu et des dents inégales , subulées , droites, poilues. La corolle, relativement fort longue, est d’un blanc-jaunâtre.— Juin, juillet. Prés secs, bords des champs.
T. pes cHames. T7. arvense L. — Assez petit ou moyen, annuel, velu ou pubescent, souvent rougeâtre. Tige droite rameuse, grêle; quelquefois
plusieurs tiges. Feuilles courtement pétiolées ou presque sessiles, à folioles oblongues-linéaires, légèrement dentées au sommet, un peu mucronées ; stipules ovales lancéolées , longuement et finement acuminées. Capitules ovoïdes , devenant des épis cylindriques ; ces épis terminaux , pédonculés , blanchâtres, doux au toucher. Calice à tube très velu, à dents égales, longues , subulées , très fines et plumeuses ; corolle blanche ou rosée, bien plus courte que le calice. Gousses ovoïdes, monospermes. — Été. Champs, lieux arides sablonneux. TC.
Var.—gracile. — Petit, très grêle, à tige presque simple, pubescente, à feuilles poilues ou presque glabres. Épis courts. Calice assez médiocrement velu , à dents rougeâtres , seulement poilues ou ciliées, dépassant peu la corolle. Celle-ci ordinairement rougeûtre. — Lieux rocailleux près de la mer. TR. Port-Louis, Plouharnel.
— — abbreviatum.— Très petit (3 à 8 centimètres), parfois tout-à-fait nain (1 ou 2 centimètres). Une seule tige droite ou quelques tiges ascendantes. Folioles obovales ou oblongues-cunéiformes, légèrement dentées au sommet, souvent échancrées. Épis très courts ou plutôt capitules ovoïdes sessiles ou presque sessiles. Corolle blanche, à peu près égale au calice. — Pelouses sèches près de la mer. R. Ile de Groix, Gavre, Quibéron, Belle-île.
On trouve quelquefois dans les dunes une monstruosité du trèfle des champs, par ramification de l'axe de l'épi. Les petits épis produits sont tantôt presque sessiles, tantôt longuement pédonculés.
T. À FEUILLES ÉTROITES. T. angustifoliumE..—Moyen, annuel, poilu. Üne ou quelques tiges droites, dures, simples ou très peu rameuses. Feuilles dont ju pé-
liolées , à folioles très longues, lancéolées-linéaires ou linéaires-pointues , entières, à stipules aussi très longues, lancéolées-subulées , nerveuses. Épis terminaux bien pédonculés, oblongs-coniques. Calice à tubestrié, velu , à dents inégales , subulées, roides, très poilues ; corolle rosée, dépassant à peine la plus longue dent calicinale. Gousses monospermes. — Été. Prairies à fond sablonneux, coteaux arides. TR. Sarzeau (M. Taslé).
T.incaRNaT. T°. incarnatum L. — Moyen, annuel, mollement pubescent. Tiges droites, simples ou peu rameuses. Feuilles bien pétiolées, à folioles obovales, plus ou moins larges, finement dentées dans leur partie supérieure , à stipules ovales, un peu aiguës, veinées, souvent tachées de rouge au sommet. Calice très velu , à tube fortement strié, à lobes presque égaux , lancéolés-subulés, piquants , ouverts après l'anthèse ; corolle plus longue que le calice, et d'un rouge foncé. Gousses monospermes. — T7. rubens Aubry, ex DC. F1. fr., sup.t p. 556.
Var. — Molineri. Fleurs carnées ou rosées. T. Molineri Balbis.
Le type paraît seulement cultivé dans le département; cependant M. Aubry l'indique , dans les prés secs, sous ie nom de T7. rubens. La variété croît naturellement sur quelques parties du littoral.— Maï- juillet. Prairies hautes, champs sablonneux. R. Vannes, Auray, Gavre. (N.)
3. — Fleurs rougeûtres ou blanches, à calice velu se renflant après la fleuraison.
T. semeur. T. subterrancum L. — Petit ou assez
petit, annuel, velu. Tiges couchées , très appliquées au sol, rameuses. Feuilles longuement pétiolées , à
folioles larges, obcordiformes, presque entières, à stipules demi-membraneuses , ovales , un peu aiguës. Capitules axillaires et terminaux , longuement pédonculés, très lâches et d'abord réduits à 2-5 fleurs par le tardif développement des autres ; celles-ci stériles, incomplètes. Calice velu dans sa partie supérieure, à tube cylindrique, devenant ovoïde après l’anthèse, à dents inégales , droites, subulées , fines; corolle bien plus longue que le calice, en grande partie tabuleuse , tout-à-fait blanche, ou bicolore à étendard un peu rosé. Fruits réfléchis, couverts par les calices allongés et endurcis des fleurs stériles, et formant, avec ces calices , une boule qui s'enfonce dansla terre, Gousses monospermes ; graine assez forte, noire. —Mai, juin. Pelouses , terrains sablonneux. C.
Var. — rubellum. Ficurs plus petites, entièrement rougeâtres. — Lande sablonneuse près de Larmor en Plœmeur. (N.)
T. FRAISE. T. fragiferum L. — Pelit ou assez petit, vivace, souvent gazonnant. Tiges rampantes , glabres ou chargées de quelques poils. Feuilles à pétiole long, poilu, à folioles obovales ou oblongues,. faiblement échancrées , très finement dentées, glabres ou presque glabres, à stipules membraneuses , lancéolées-subulées, entières. Capitules axillaires, très longuement et assez fortement pédonculés, involucrés, à peu près hémisphériques, devenant bien globuleux à la maturation et prenant un peu l'apparence d'une fraise. Calice d'abord oblong, strié, à 5 dents subulées, presque égales, puis, après la fleuraison, vésiculeux, obovoïide, membraneux, réticulé, poilu et seulement bidenté; corolle rosée, double du jeune calice. Gousses ovoïdes-comprimées, ordinairement à 2 graines.— Été. Pelouses fraîches, bords des chemins. AC.
T. RENVERSÉ, T. resupinatum L. — Moyen, quelquefois petit, annuel, glabre. Tiges ascendantes, rameuses. Feuilles en général médiocrement pétiolées, à’ folioles ovales où oblongues dentées en scie, et à stipules demimembraneuses lancéolées-subulées. Capitules axillaires, médiocrement et finement pédonculés, hémisphériques pendant la fleuraison , puis globuleux, anguleux. Calice jeune à tube oblong, faiblement strié, plus ou moins velu, à dents inégales, 2 très subulées, les 3 autres lancéolées-acérées ; calice fructifère grand, vésiculeux, ovoïde-conique, membraneux, réticulé, pubescent, fendu dans toute sa longueur, à 2 dents courbées. Corolle purpurine renversée, c’est-à-dire ayant l’étendard en bas et la carène en haut. Gousses ovoïdesglobuleuses contenant 2 graines. — Mai - juillet. Prairies et pelouses fraiches au bord de la mer. R. Marzan (M. Aubry), Belle-île et Quibéron (M. Taslé), Lorient, Etel (N). —Le Trèfle renversé, croissant sur les pelouses, offre presque toujours des tiges courtes et couchées. Les capitules fructifères sont petits.