‹ Flore du MorbihanChapitre 38 sur 156 · RONCE. RUBUS L · texte numérisé non relu

RONCE. RUBUS L

Calice persistant à 5 divisions. Corolle pentapétale. Étamines nombreuses. Carpelles nombreux, monospermes pulpeux, réunis en têle sur un réceptacle hémisphérique ou conique, non charnu , et formant

ensemble une sorte de baie caduque, concave en dessous.

R. FRUTESCENTE. R. fruticosus L. — Arbrisseau médiocre, très armé d’aiguillons forts et crochus. Tiges nombreuses, inférieurement dressées , puis recourbées en arc, rarement couchées, souples, rameuses, très anguleuses , presque pentagones , glabres ou devenant glabres ; les derniers rameaux dressés, plus ou moins

pubescents. Feuilles pétiolées, palmées à 5 ou seulement à 3 folioles inégales , plus ou moins pétiolulées, ovales ou ovales-oblongues, acuminées, quelquefois arrondies, avec ou sans pointe, assez irréguliérement dentées, glabres ou presque glabres et bien vertes en dessus, blanches et à duvet très ras en dessous, ou grisâtres et à duvet plus apparent; pétioles poilus ou pubescents ; stipules linéaires-subulées. Fleurs assez médiocres, rougeâtres ou rosées , rarement blanches, disposées en thyrses terminaux, allongés ; pédoncules tomenteux-blanchâtres; calice aussi tomenteuxblanchâtre, à divisions ovales, plus ou moins acuminées, étalées ou réfléchies ; pétales obovales. Fruits d'un noir luisant à la maturité et alors d’une saveur douce; carpelles très serrés. R. discolor Weïhe. — Parfois toutes les feuilics ne sont pas à deux couleurs; quelques-unes sont entièrement vertes, seulement un peu pâles et pubescentes en dessous. — Juillet, août. Haies, talus. TC.

Var. —rufescens. Tiges plus courtes, moins dressées, souvent couchées, médiocrement anguleuses ; derniers rameaux assez grêles, un peu flexueux, poilus-pubescents. Folioles ovales ou ovales-oblongues, acuminées, très irrégulièrement dentées, vertes et légèrement poilues en dessus, pubescentes-roussâtres en dessous, rarement grisâtres , les latérales sessiles ou presque sessiles. Fhyrses courts, peu fournis ; fleurs ordinairement blanches ; pédoncules velus; calice . tomenteux-brunâtre ; pétales ovales-oblongs. — Lieux arides , lisières des bois. C.

R. A FEUILLES DE COUDRIER, À. corylifolius Smith. — Arbrisseau fort médiocre, armé d’aiguillons assez grèles, droits ou peu courbés. Tiges inférieurement dressées, puis recourbées-arquées, parfois couchées,

rameuses, cylindracées, poilues. Feuilles pétiolées, palmées, à 3 ou 5 folioles grandes, arrondies ou ovales-arrondies , acuminées, très irrégulièrement dentées, entièrement vertes , presque glabres en dessus, plus ou moins poilues en dessous, les latérales sessiles ou presque sessiles ; pétioles pubescents ; stipules lancéolées-linéaires ou linéaires-subulées. Fleurs assez médiocres, blanches, rarement un peu rosées, en thyrses courts ou en corymbes ; pédoncules velus, avec quelques poils glanduleux ; calice étalé, enfin réfléchi, tomenteux-brunâtre , à divisions ovales-oblongues, très acuminées ; pétales obovales. Fruits d’un pourpre noir à la maturité et encore légèrement acide; carpelles ordinairement peu serrés. — Juillet. Haies, talus, bois. C.

Var. — hirtus. Rameaux, pétioles et pédoncules hérissés de poils très rapprochés, les uns simples, les autres glanduleux. Folioles ovales-arrondies ou ovalesoblongues, acuminées. Thyrses assez longs; calice tomenteux-poilu , chargé de quelques petits aiguillons. — Talus frais, bois. AC.

Obs. Dans les deux espèces qui viennent d’être décrites, les folioles latérales des feuilles seulement trifoliolées sont assez souvent lobées au bord extérieur. Les feuilles tout-à-fait supérieures se trouvent quelquefois réduites à une foliole simple ou trilobée. J'ai vu, mais rarement, les jeunes rameaux , les feuilles supérieures, les pédoncules , les calices et même les carpelles se couvrir de poils très serrés, fins, courts, luisants. Ce velouté très remarquable n’est dû peutêtre qu'à un état maladif de la plante.

Si quelques botanistes élèvent au rang d'espèces diverses variétés du R. fruticosus et du R. corylifolius,

quelques autres ne voient dans cette dernière plante qu'une simple variété de la première. Il faut convenir que toutes deux se montrent parfois avec des formes qui semblent autoriser leur réunion; mais on doit songer aux Cas d'hybridité, puisque ces deux ronces

vivent très rapprochées et entrelacent souvent leurs rameaux fleuris.

On a vainement cherché dans le département la Ronce bleuâtre, Rubus cæsius L. Cette espèce est surtout remarquable par ses tiges couvertes d'une poussière glauque, et seulement armées d'aiguillons courts et grèles ; par ses feuilles presque toutes trifoliolées ; par ses fleurs peu nombreuses, blanches, à calice relevé après la fleuraison ; enfin, par ses fruits d'un noir bleuâtre, à carpelles assez Canin" août. Lieux ombragés, bois.

FRAISIER. FRAGARIA L.

Calice à 10 divisions, dont 5 extérieures plus étroites. Corolle à 5 pétales. Étamines nombreuses. Carpelles nombreux, secs, monospermes, insérés sur un réceptacle très accrescent, charnu, ayant l'apparence

d'une baie et se détachant à la maturité. — Feuilles à 3 folioles.

F, comEsTIBLE. F. vesca L.— Plante vivace, munie de coulants longs et gréles. Tiges droites, courtes, velues , à poils étalés. Feuilles longuement pétiolées , à pétiole couvert de poils étalés, à folioles ovales, profondément dentées, légèrement pubescentes en dessus, soyeuses en dessous. Fleurs terminales très médiocres, d’un blanc pur ; pédoncules assez longs, velus, à poils peu ouverts ou apprimés ; calice très élalé ou réfléchi après la fleuraison ; pétales arrondis,

aussi courts que le calice; étamines peu longues. ceptacle ovoïde-oblong, rouge, odorant, à a 1 13 agréable. — Mai -juin. Coteaux ombragés, bois. AC.

COMARET. COMARUM L.

Calice coloré à 10 divisions, dont 5 beaucoup plus petites. Corolle pentapétale. Étamines nombreuses. Carpelles nombreux, secs, monospermes, placés sur un réceptacle accrescent, spongieux, poilu, persistant.

C. Des marais. C. palustre L. — Assez ‘petit ou moyen, vivace, à racine rampante. Tige ascendante, presque simple, glabre à la base, pubescente dans sa partie supérieure. Feuilies pinnées, à 5 ou 7 folioles rapprochées, oblongues, très fortement dentées , bien vertes et glabres en dessus , blanchâtres et pubescentes en dessous; pétiole long, pubescent ; stipules des feuilles inféricures allongées, membraneuses et toutà-fait adhérentes au pétiole; celles des feuilles supérieures largement ovales, foliacées, en partie libres. Fleurs terminales et axillaires, pédonculées, assez médiocres; calice pubescent, d'un vert rougeâtre en dehors, d'un pourpre foncé en dedans, les 5 grandes divisions ovales-acuminées, les 5 petites lancéolées ; pétales bien plus courts que le calice, ovales-oblongs , acuminés, d’un pourpre foncé. — Été. Marais tourbeux. TR. Lannenec en Plæœmeur , Camors (N).

POTENTILLE. POTENTILLA L.

Calice à 10 divisions, dont 5 extérieures plus petites. Corolle de 5 pétales. Étamines nombreuses. Carpelles nombreux, secs, monospermes, réunis en tête sur un réceptacle convexe , sec, persistant, glabre ou chargé de poils.

P. ANSÉRINE. P. anserina L. — Assez petite, quelquefois moyenne, vivace. Tiges stolonifères, rampantes, rameuses, grêles, poilues , rougeâtres. Feuilles pinnées-interrompues , à folioles nombreuses , oblongues, incisées-dentées. pubescentes en dessus, soyeuses-argentées en dessous; stipules engaînantes , lancéolées, entières ou découpées. Fleurs axillaires , solitaires , Jonguement pédonculées, assez médiocres, d'un très beau jaune ; divisions calicinales extérieures souvent incisées ; pétales obovales, beaucoup plus longs que le calice. Réceptacle poilu ; carpelles un peu rugueux. — Mai-octobre. Bords des eaux, pelouses humides, terrains desséchés. C. — Cette Potentille a quelquefois ses feuilles soyeuses en dessus comme en dessous. Je l'ai trouvée une fois avec un calice à 8 divisions et une corolle à 4 pétales.

P. ARGENTÉE. P. argentea L. — Assez petite, vivace. Tiges ascendantes, rameuses au sommet, tomenteuses, à épiderme rougeâtre. Feuilles vertes et légèrement pubescentes en dessus, blanches et tomenteuses en dessous, digitées, à 5 folioles allongées-cunéiformes, lobées-incisées dans leur partie supérieure, à bords un peu enroulés; stipules lancéolées-linéaires. Fleurs assez pelites , jaunes, en corymbe terminal peu fourni; pédoncule et calice blancs-tomenteux ; pétales obovales, très obtus , à peine plus longs que le calice. Réceptacle velu; carpelles presque lisses. — Été. Coteaux arides. R. Hennebont, Plouharnel, etc.

P. RAMPANTE. P. reptans L. Vulgairement Quintefeuille. — Assez petite ou moyenne, vivace. Tiges rampantes, peu rameuses, grêles , plus ou moins chargées de poils couchés. Feuilles bien pétiolées , pubescentes , digitées, à 5 folioles obovales-oblongues

ou oblongues, fortement dentées ; stipules elliptiqueslancéolées , entières. Fleurs axillaires, solitaires, très longuement pédonculées, assez médiocres, d’un beau jaune; calice velu, bien moins long que la corolle, à divisions lancéolées, les intérieures un peu larges; pétales arrondis , très échancrés au sommet. Réceptacle velu; carpelles granuleux. — Juin-octobre. Champs, bords des chemins, sables. TC. — Dans les sables maritimes , la Potentille rampante se montre assez souvent avec des feuilles courtement pétiolées , des folioles un peu soyeuses et des pédoncules longs seulement de 8 à 15 millimètres.

P. rraisier. P. fragaria Poir. Fragaria sterilis L. — Petite ou assez petite, vivace, stolonifère, couverte de poils soyeux , blanchâtres. Tiges couchées, rameuses. Feuilles longuement pétiolées, à 3 folioles obovales-arrondies, fortement dentées ; stipules membraneuses, oblongues -lancéolées. Fleurs peu nombreuses, terminales, bien pédonculées, assez petites, blanches; divisions calicinales aiguës, aussi longues que la corolle; pétales en cœur renversé. Réceptacle velu ; carpelles légèrement ridés, blanchâtres.— Print. Revers des talus, bois. C.

TORMENTILLE. TORMENTILLA L.

Calice à 8 divisions , dont 4 extérieures plus petites. Corolle à 4 pétales. Étamines, carpelles et réceptacle du genre précédent.

T. DRESSÉE. T. erecta L. Potentilla tormentilla Nestl. — Assez petite ou moyenne, vivace, pubescente. Tiges ordinairement ascendantes, quelquefois droites, quelquefois couchées, dichotomes, grêles. Feuilles ternées, parfois un peu soyeuses en dessous ; les we bien

pètiolées, à folioles ovales-arrondies, fortement dentées ; les caulinaires très courtement pétiolées ou sessiles , à folioles oblongues ou lancéolées, incisées-dentées ; stipules grandes, plus ou moins palmatipartites, celles des feuilles très supérieures seulement dentées ou même entières. Fleurs solitaires, longuement et finement pédonculées, assez petites, d'un beau jaune; calice plus court que la corolle; pétales oboevales-arrondis, un peu échancrés au sommet. Réceptacle velu; carpelles un peu rugueux.— Eté. Bords des champs, prés, bois. C.

T. ramPANTE. T. reptans L. — La légitimité de cette espèce est contestée et paraît assez contestable. Plusieurs botanistes en font une variété de l’espèce précédente et la nomment T. erecta nemoralis. Elle diffère de la tormentille dressée par ses tiges toujours couchées, émettant quelques racines dans l’arrière-saison ; par ses feuilles toutes pétiolées, les radicales à 3 ou 5 folioles obovales, incisées-dentées, les caulinaires'à folioles obovales ou obovales-oblongues , incisées-dentées dans leur partie supérieure; par ses stipules assez petites, lancéolées entières, ou oblongues avec une ou 2 incisions ; enfin par ses fleurs un peu plus grandes. — Été. Landes humides, bois frais. R. Lorient, Pontivy, etc.

Obs. Dans cette espèce, comme dans la précédente, on trouve parfois, avec les fleurs normales , des fleurs à 10 divisions calicinales et à 5 pétales. Ce fait très exceptionnel ne pouvait guère sembler un retour à un type primitif ; il a pourtant conduit quelques botanistes à supprimer le genre Tormentille. Je. possède un échantillon de Tormentille offrant des fleurs à 5 et. 6 pétales, mais accompagnées d'autres fleurs seulement à # parties,

SEcrION IIL.e — Uno Lo ux où plusieurs ovaires QE pères. Carpelles non apparents, renfermés dans. le tube du calice.

AIGREMOINE. AGRIMONIA LI.

Calice turbiné, à 5 lobes connivents après l’anthèse et munis à leur base d’épines accrescentes. Corolle pentapétale. Étamines 10 à 15. Un ou 2 carpelles secs, monospermes, au fond du calice accru, endurci.

A. EUPATOIRE. À. eupatoria L.— Moyenne, vivace, à racine forte et comme noueuse. Tige droite, simple ou presque simple, très poilue. Feuilles pinnées avec impaire, interrompues ; les grandes folioles ovalesoblongues ou oblongues, les petites ovales; toutes incisées-dentées , pubescentes en dessus, velues-blanchâtres en dessous; stipules embrassantes, plus ou moins incisées. Fleurs très courtement pédonculées, assez petites, d’un beau jaune, disposées en épi terminal , très allongé, lâche ; pédoncules velus, garnis de 2 ou 3 bractées près du sommet ; calice à tube sillonné dans presque toute sa longueur, à épines crochues au sommet et les extérieures très étalées ; pétales obovales , échancrés. — Été. Bords des champs, lieux buissonneux , bois. AC. — La longueur de cette plante, vivant sur un sol pierreux près de la mer, se trouve parfois réduite à 8-15 centimètres.

ALCHÉMILLE. ALCHEMILLA L.

Calice tubuleux, à 8 lobes, dont # extérieurs fort petits. Corolle nulle. Une à # étamines. Un ou deux carpelles secs et monospermes au fond du calice.

A. DES cHAMPs. À, arvensis Scop. Aphanes arvensis L,-— Plante — annuelle, entièrement, pubes:

cente. Tiges ordinairement couchées , quelquefois droites, rameuses, grêles, cylindriques. Feuilles très courtement pétiolées, larges, un peu rétrécies à la base, arrondies au sommet, palmatipartites, à 3 divisions, et celles-ci subdivisées ou lobées ; stipules foliacées , semi-orbiculaires, incisées. Fleurs axillaires, sessiles, très petites, agglomérées et comme involucrées par les stipules ; calice poilu, non coloré, à tube anguleux ; une ou deux étamines. — Mai - septembre. CRARpe cultivés, lieux sablonneux. TC.

PIMPRENELLE. POTERIUM L.

Fleurs monoïques ou polygames. Calice accompagné de bractées, à tube contracté au sommet et à 4 lobes. Corolle nulle. Étamines nombreuses. Stigmate en pinceau. Carpelles 2 ou 3, au fond du calice endurci. .

P. saxGuisoRg8E. P. sanguisorba L. — PI. assez petite ou moyenne, vivace, glabre ou légèrement velue. Tige droite, peu rameuse, anguleuse. Feuilles allongées, pinnées avec impaire, à folioles arrondies ou ovales, incisées-dentées.. Capitules terminaux, composés de fleurs assez petites; les inférieures mâles, à longues étamines , les supérieures femelles ou hermaphrodites, à stigmates saillants, purpurins ; calice bordé de blanc et devenant rougeâtre. Carpelles quadrangulaires, ridés, à 2 graines. —Mai-septembre. Région maritime; coteaux, landes sablonneuses, prairies, dunes. AC.

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