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II. Corolle bilabiée

SCROPHULAIRE. SCROPHULARIA L.

Calice à 5 divisions ou lobes. Corolle à tube ventru, à lèvre supérieure bilobée, à lèvre inférieure plus petit? el trilobée. Étamines #, didynames; souvent.une cinquième élamine avortée, en forme d'écaille, sous la lèvre supérieure; anthères uniloculaires., Stigmate bilsbé. Capsule ovoiïde ou globuleuse, souvent, acu-

— Of — minée, à loges polyspermes, à valves entières ou fendues au sommet ; graines ovoïdes , rugueuses.

S. Nouguse. S. nodosa L.—Moyenne ou assez grande, vivace, à racine noueuse tuberculeuse. Tige droite, simple ou peu rameuse, quadrangulaire, glabre, d'un brun rougeâtre. Feuilles opposées, pétiolées, ovaleslancéolées, échancrées ou arrondies à la base, doublement dentées en scie, glabres. Fleurs assez petites, disposées en panicule terminale lâche ; calice à lobes arrondis, peu membraneux sur les bords ; corolle d’un brun rouge en dehors et d’un brun olivâtre en dedans, à tube presque globuleux; écaille largement orbiculaire. Capsules ovoïdes-globuleuses, acuminées. — Les dernières feuilles sont alternes et les inférieures sont quelquefois ternées.— Mai-juillet. Bord des fossés, chanps humides, lieux frais. C.

S. AQUATIQUE. S. aquatica L.— Assez grande, vivace, glabre. Racine fibreuse. Tige droite, simple ou peu rameuse, à # angles très aigus, membraneux. Feuilles opposées, pétiolées, cordiformes-ovales, peu aiguës, crénelées-dentées, les dernières oblongues et souvent très obluses; pétiole ailé, quelquefois muni à la base d'une ou deux oreillettes. Fleurs assez petites, disposées en panicule très interrompue ; lobes calicinaux arrondis, à bords largement membraneux ; corolle d'un rouge brun, à tube presque globuleux ; écaille orbiculaire ou obcordiforme. Capsules à peu près globuleuses, acuminées. — Été. Fossés aquatiques, marécages, bords des eaux. C.

S, GERMANDRÉE. S. scorodonia L. — Moyenne ou assez grande, vivace. Tige droite, un peu rameuse, quadrangulaire, pubescente. Feuilles ovales-lancéolées, en Cœur à la base, doublement dentées, un peu scabres

en dessus, pubescentes en dessous. Fleurs très médios cres, en lungues panicules interrompues et feuillées ; calice pubescent-scabre, à lobes ovales-arrondis, en partie scarieux et érodés; corolle d’un brun rouge assez pâle, à tube fort large; écaille orbiculaire. Capsules ovoïdes-globuleuses, acuminées. — Mai-septembre. Bord des haies, bas des talus dans la région maritime. AC.— C'est probablement cette plante que M. Aubry a mentionnée sous le nom de Scrophularia vernalis. La vraie scrophulaire printanière ne se trouve pas en Bretagne. Elle se distingue surtout de nos espèces par ses feuilles largement cordiformes et par ses fleurs d’un jaune verdâtre.

S. VOYAGEUSE. S. peregrina L.— Moyenne, vivace, glabre. Tige simple ou peu rameuse, à 4 angles aigus. Feuilles opposées, pétiolées, cordiformes-ovales, for: tement dentées; les florales alternes, plus pointues. Fleurs assez petites, d'un rouge obscur ; pédoncules axillaires pauciflores ; calice à lobes ovales-lancéolés , très aigus; corolle à tube fort large: écaille orbiculaire. Capsules globuleuses. — Mai-juillet. Lieux frais ombragés, bords des prairies. TR. Trussac, près de Vannes (M. Taslé).

EUPHRAISE. EUPHRASIA L.

Calice à % lobes. Corolle tubuleuse, à lèvre supérieure concave, échancréc, à lèvre inférieure trilobée, à lobes entiers ou bilobés, presque égaux. Étamines 4, didynames; anthères mucronées inférieurement , au moins 2. Style long, à stigmate entier. Capsule oblongue , s’ouvrant par deux valves; loges polyspermes ; graines striées.

E. oFriciNaALe. E. officinalis L.— Petite ou assez pelite, annuelle, poilue-pubescente, à poils glanduleux.

Tige droite, plus ou moins rameuse, rarement simple, cylindracée. Feuilles opposées et altcrnes, presque sessiles, ovales ou ovales-oblongues , incisées-dentées. Fleurs axillaires, solitaires, très courtement pédonculées, médiocres, rapprochées et comme en épis au sommet des rameaux ; lobes calicinaux lancéolés , très aigus; corolle plus que double du calice, blanche et jaune, striée de violet, quelquefois en partie bleuâtre, à lèvre supérieure échancrée et crénelée, à lèvre inférieure ayant ses lobes bilobés ; authères barbues. Capsules oblongues-tronquées, comprimées, mucronées, poilues et ciliées. — Été. Prairies, pelouses fraiches. C.

Var.— nemorosa. E. nemorosa Reich. — Tige pubescente, à poils crépus, réfléchis, non glanduleux. Feuilles presque glabres, les supérieures à dents très aiguës , mucronées. Fleurs assez petites, ne dépassant pas les feuilles ; corolle à peine double du calice. Capsules presque glabres, ciliées au somniet.—Bords des bois, dunes. AC.—Dans les dunes, la plante se trouve souvent réduite à 2-4 centimètres. Ses feuilles alors sont un peu épaisses et quelquefois arrondies.

E. opoNTALGIQUE. E. odontites L. Odontites rubra Pers.—Assez petite, rarement moyenne, annuelle, pubescente-scabre, souvent rougeätre au sommet. Tige droite, quadrangulaire, rameuse , à rameaux dressés. Feuilles opposées et alternes, sessiles, lancéolées, plus ou moins étroites, dentées en scie, à dents écartées. Fleurs presque sessiles, unilatérales, très médiocres, rougeûtres, disposées en épis terminaux, feuillés ; calice velu-hispide , à lobes lancéolés ; corolle pubescente-scabre en dehors; lèvre supérieure entière et l'inférieure à lobes oblongs, en-

— 40% — tiers ; anthères un peu barbaes en dessous. Capsules vblongues, assez comprimées, poilues.—Eté, Champs, prés éievés, bords des bois. C.

BARTSIE. BARTSIA L.

Calice à % lobes. Corolle tubuleuse, à lèvre supérieure en casque, entière ou légèrement échancrée ;'à ièvre inférieure convexe ou gibbeuse près de sa base et trilobée. Étamines 4, didynames ; anthères mucronées à la base. Stigmate entier ou faiblement échancré. Capsule assez variable, à loges polyspermes , à valves débiscentes.

B. A LARGES FEUILLES. Z. latifolia Sibth. B. purpurea Daby. Euphrasia latifolia L. Eufragia latifolia Griseb. — Petite et quelquefois très petite, annuelle, poilucglandulease. Tige droite, simple ou seulement rameuse à Ja base, cylindracée, rougeâtre. Feuilles opposées , sessiles, ovales, palmatilobées ; les très inférieures moins larges et fortement crénelées. Fleurs axillaires, sessiles, assez petites, celles du sommet très rapprochées et comme en tête; calice à lobes lancéolés ; corolle d'un rouge pourpre, légèrement poilue en dehors, à lèvre supérieure un peu plus courte que l'inférieurc; anthères glabres. Capsules oblongues-pointues, glabres, contenant, des graines très fines, à peine striées. — Juin, juillct. Danes. TR. Quibéron, entrele bourg etla pointe de Couguel (N.)

B. visqueuse. B. viscosa L. Eufragia viscosa Griseb. — Assez petite ou moyenne, annuelle, chargée de poils glanduleux et visqueux. Tige droite, :simple ou peu rameuse, Feuilles sessiles ovales-lancéolées où lancéolées, grossièrement Centées en scie, très

nervées ; les inférieures opposées, les supérieures alternes. Fleurs axillaires très courtement pédonculées, assez médiocres, jaunes, les dernières souvent rapprochées et comme en épi ; lobes calicinaux profonds, égaux , lancéolés-linéaires ; corolle double du calice, légèrement pubescente-glanduleuse , à lèvre supérieure cutière , un peu moins longue que la lèvre inférieure, et celle-ci à lobes ovales très obtus ; anthères velues ; style long et velu. Capsules ellipsoïdes, poilues , à graines très fines peu sensiblement striées. — Juillet septembre. Champs en friche, prés, terrains sablonneux humides. AC. ,

B. rrixaco PB. trixago VL. Trixago apula Siev.— Assez pelite, annuelle. Tige droite, simple, dure, cylindrique, très poilue, à poils courts, étalés ou réfléchis. Feuilles opposées et à paires croisées, pubescentes-rudes , lancéolées ou lancéolées-linéaires, fortement dentées, presque pinnatilobées, à dents écartées, obtuses; les feuilles très inférieures oblongues , sans pointe. Fleurs médiocres, disposées en épi terminal compacte, à bractées avales-lancéolées et cordiformes-ovales acuminées, velues-glanduleuses ; calice un peu bilabié, velu, légèrement visqueux, à lobes courts, obtus ; corolle presque triple du calice, un peu poilue-glanduleuse, d’un blanc jaunâtre ou même assez blanche ; lèvre supérieure entière, l'inférieure plus longue, à lobes presque égaux, ovalesarrondis ; anthères barbues, à poils articulés plus ou moins caducs ; style pubescent et stigmate faiblement échancré. Capsules égales au calice, ovoïles-comprimées , coriaces, velues ; graines fines, très sensiblement striées. — Juin, juillet. Coteaux ct pelouses sèches près de la mer. TR. Groix (M, Thépault), Eerpape en Plæmeur (N.)

B. B:COLORE. B. bicolor DC.—Cette plante diffère de l'espèce précédente par sa tige tantôt simple, tantôt rameuse ; par ses bractées moins acuminées ; par sa corolle à tube blanc, à lèvre supérieure violette ou rougeâtre , à lèvre inférieure blanche ayant ses lobes sensiblement inégaux, celui du milieu plus prolongé que les deux autres; enfin par sa capsule un peu plus courte que le calice. Juin-août. Coteaux et champs sablonneux près de la mer. TR. Belle-île. M. De Candolle a trouvé cette Bartsie près le village de Donnan ; on l'y trouve encore, mais elle se montre en plus grande quantité sur les coteaux à l’est de l’île, — On peut avoir du doute sur le mérite des caractères qui viennent d'être indiqués. Déjà quelques botanistes réunissent à la Bartsie trixago la B. bicolore et même la B. changeante. Bartsia versicolor Pers.

RHINANTHE. RHINANTHUS L.

Calice ventru-comprimé , resserré vers le haut , à 4 dents. Corolle à tube cylindracé, à lèvre supérieure en casque, comprimée, entière, mais ayec 2 appendices ou lobes près du sommet, à lèvre inféricure trilobée, plus ou moins étalée. Elamines didynames; anthères mutiques, barbues. Style filiforme à stigmate entier. Capsule comprimée, orbiculaire , mucronée, incluse, s'ouyrant par 2 valves; loges polyspermes ; graines presque planes, à contour ailé.

R.GLapre. R. gluber Lam. R. crista-galli L. pro parte. — Plante assez petite où moyenne, annuelle. Tige droite, simple ou un peu rameuse vers le haut, tétragone, glabre, souvent tachetée de brun. Feuilles opposées , sessiles , lancéolées ou lancéolées-linéaires, bicn dentées en scie et scabres. Fleurs très courtement

pédonculées, médiocres, jaunes, disposées en épi terminal, à bractées ovales acuminées ou ovalespointues, incisées-dentées, d'un vert jaunâtre ; calice glabre , légèrement coloré; coroile d'un tiers seulement plus longue que le calice ; appendices de la lèvre supérieure largement ovales, obtus, presque toujours violets ou bleuâtres. Graines à large rebord. — Mai, juin. Prairies. TC.

Obs. Des botanistes rapportent le Rhinanthus glaber au R. major Erh. , et préfèrent ce dernier nom ; mais d'autres botanistes rapportent ce même Rhinanthe au R. minor Erh. et mentionnent comme synonyme du R. major le R. hirsutus de Lamarck. La première de ces plantes, le Rhinanthe à petites fleurs, serait glabre ou presque glabre, à corolle longue de six lignes, ne dépassant que d'un tiers le calice, ayant le tube droit et les appendices de la lèvre supéricure plus larges que longs. La seconde, le Rhinanthe à grandes fleurs , serait velue, surtout au sommet, et posséderait une corolle longue de 8 à 10 lignes, double du calice, à tube légèrement courbé , à lèvre supérieure munie d'appendices plus longs que larges. — Le R. hirsutus n'a pas été vu dans le département. C'est le R. Alectorolophus de Pollich.—Le mot Rhinantus a longtemps passé pour être du genre féminin ; on lit dans plusieurs flores R. glabra, R. hirsuta.

PÉDICULAIRE. PEDICULARIS L.

Galice plus ou moins ventru , à 2-5 lobes inégaux. Corolle à tube cylindrique, à lèvre supérieure en forme de casque, comprimée, obtuse ou prolongée en bec, entière ou bidentée, à lèvre inférieure plane, ordinairement étalée, trilobée. Étamines didynames. Style filiforme, à stigmate obtus. Capsule oblique,

comprimée, ovale ou oblongue, acuminée ou mucronée, bivalve ; loges plus ou moins inégales, polyspermes; graines ovoïdes-comprimées , généralement rugueuses.

P. pes Bois. P. sylvatica L.—Pctite ou assez petite, glabre, bisannuelle ou vivace, à racine presque fusiforme. Tige rameuse à la base; rameaux presque toujours simples, anguleux, le principal droit, très garni de fleurs, les autres couchés ou ascendants, n'ayant des fleurs qu'au sommet. feuilles radicales pétiolées, oblongues-incisées ou pinnatipartlites ; les caulinaires alternes , presque sessiles, pinnées, à folioles ovales incisées ou dentées. Fleurs axillaires, très courtement pédonculées , allongées, rouges ou rosées, rarement blanches, les dernières rapprochées en épi ; calice anguleux, glabre, d’abord oblong, puis bien renflé, à lobes incisés; corolle plus que double du calice, à lèvre supérieure obtuse, ayant 2 dents près du sommet, à lèvre inférieure étalée ct presque également trilobée. Capsules ovales-acuminées, incluses ; graines presque lisses.—Print, Bois et landes humides, pelouses fraîches. TC.

P. pes marais, P, palustris L.—Moyenne, parfois assez pelite, vivace, à racine fibreuse. Tige droite, rameuse, un peu poilue, rougeâtre ; rameaux, angulcux, dressés. Feuilles alternes, rarement opposées, presque sessiles, glabres, pinnées et même quelquefois bipinnées, à folioles oblongues ou oblongues-finéaires, pinnalipartites ou seulement incisées. Fleurs axillaires courtement pédonculées , assez allongées , rosées, très ‘arement blanches, les supérieures rapprochées ; calice anguleux , poilu-pubescent, renflé après la fleuraison, à lobes plus ou moins soudés entre eux, incisés et formant comme deux crêtes ; corolle double du calice ;

lèvre supérieure obtuse ou faiblement apiculée, à 2 dents subulées situées près du sommet, à 2 autres dents bien plus petites vers son milieu ; lèvre inférieure étalée, inégalement trilebée ; capsules ovales-acuminées, à pointe courbée se montrant hors du calice ; graines Striées-rugueuses.—Mai-juillet. Marais et prairies très humides. AC. |

MÉLAMPYRE. MELAMPYRUM L.

Calice à # lobes profonds , inégaux, très aigus. Corolle tubuleuse, un peu évasée , à lèvres presque de même longueur; la supérieure comprimée , courbée en casque, à bords repliés ; l’inférieure médiocrement étalée, plane, à 3 lobes courts ou à 3 dents. Étamines didynames ; anthères un peu mucronées à la base. Sligmate obtus. Capsule ovoïde ou oblongue, acuminée, assez comprimée , oblique s'ouvrant par

deux valves, à loges monospermes ou dispermes, à graines lisses.

M. pes prés. M. pratense KL. — Moyen, annuel; tige droite, faible, tétragone, glabre ou très légèrement poilue, rameuse, à rameaux étalés. Feuilles opposées , presque scssiles , lancéolées, tantôt assez larges , tantôt étroiles, un peu scabres; les inférieures généralement très entières , les moyennes dentées ou incisées à la base, les dernières raccourcies et comme palmatifides. Fleurs axillaires unilatérales, médiocres ; calice scabre , bien moins long que le tube de Ja carolle , à lobes linéaires-subuiés ; corolle à tube blanchâtre, à lèvres jaunes, quelquefois lavées de rose ; la supérieure velue en dedans, l'inféricure tridentée. Capsules ovoïdes-oblongues, à pointe souvent courbée. Été. Bois, bords des prés. TC.

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