‹ Flore du MorbihanChapitre 92 sur 156 · MARRUBE. MARRUBIUM L · texte numérisé non relu

MARRUBE. MARRUBIUM L

Calice cylindracé, strié, à dents nombreuses, au moins 10, souvent inégales. Corolle à tube court ou assez court ; lèvre supérieure dressée, presque plane, généralement bifide; lèvre inféricure trilobée, à lobes latéraux obtus, à lobe intermédiaire bien plus large, ordinairement échancré. Étamines renfermées dans le tube de la corolle. Nucules oboyales-trigones.

M. commun. M. vulgare L.— Moyen, vivace, à odeur forte. Tige droïte, rameuse inférieurement, dure, cotonneuse-blanchâire. Feuilles pétiolées, largement ovales, quelquefois un peu échancrées à la base, inégalement crénelées, très rugueuses, tomenteuses-grisâtres, surtout en dessous. Fleurs petites, blanches, en faux verticilles écartés, compactes, globuleux ; calice à tube cotonneux, à dents glabres, subulées, recourbéces en crochet; lèvre supérieure de la corolle à lobes rapprochés. — Été. Lieux incultes pierreux , bords des chemins, décombres. AC.

BALLOTE. BALLOTA L.

Calice en entonnoir , pentagone, à 5 nervures, à 5 dents égales. Corolle à tube court, muni en dedans d’un anneau de poils; lèvre supérieure dressée, concave, entière ou échancrée ; lèvre inférieure trilobée, à lobes latéraux obtus, à lobe intermédiaire plus grand, en cœur renversé. Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure; anthéres à lobes s’ouvrant par ane fente commune. Nucules oblongues.

B. noie. 2. nigra L. B. fœtida Lam.— Moyenne et quelquefois assez grande, vivace, pubescente, d'un vert sombre et d'une odeur assez fétide. Tige droite, rameuse, dure. Feuilles pétiolées, largement ovales, presque cordiformes, inégalement crénelécs, assez rugueuses. Fleurs médiocres, purpurines, très rarement blanches, en petits corymbes axillaires; calice pubescent, à dents ovales, carénées et mucronées. — Été. Bords des chemins et des haies, bas des murs. TC.

LÉONURE. LEONURUS L.

Calice camparulé, pentagone, à 5 dents un peu inégales, Corolle à tube court, plus ou moins courbé,

muni en dedans d'un anneau de poils ; lèvre supérieure dressée, concave, parfois un peu voütée en casque, entière ou presque entière; lèvre inférieure tritobée,, à lobes obtus, inégaux, s'enroulant en dessous..tamines d'abord toutes parallèles sous la lèvre supérieure, puis les 2 grandes fléchies en dehors; anthères” parsemées de points brillants et à lobes s'ouvrant par une fente commune. Nuculces trigones, tronquées et poilues au sommet, |

L. carpiaque. L. cardiaca' KL. Vulg:t Agripaume. — Assez grande, vivace, plus ou moins pubescente, d'une odeur désagréable. Tige droite, robuste, rameuse. Feuilles pétiolées, un peu rugueuses, d’un vert sombre en dessus ; les inférieures palmées, à 5-7 divisions inégalement incisées-dentées ; les supérieures bien moins larges, cunéiformes , à trois lobes ; ou lancéolées, avec quelques dents. Fleurs petites, en faux verticilles très denses, écartés: calice légèrement pubescent, à dents triangulaires-spinescentes, enfin bien divergentes ; corolle rosée ou presque blanche, à lèvre supérieure très velue, à lèvre inférieure tauhée de brun.— Cette plante n'est peut-être que naturalisée.— Été. Haies, buissons, décombres. R, Lorient, Auray, Ploërmel, Maiestroit , etc.

MÉLITTE. MELITTIS L.

Calice en cloche, irrégulièrement découpé et comme à deux lèvres inégales. Corolle à long tube; lèvre supérieure dressée, presque plane, large, entière; lèvre inférieure étalée, trilobée, à lobes très obtus, l'intermédiaire plus grand. Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure; anthères rapprochées par paires en forme de croix, à lobes s'ouvrant chacun par une fente. Nucules ovoïdes-globuleëses.

M. À FEUILLES DE MELISSE. M. melissophyllum L. — Moyenne, vivace, à odeur forte. Tige droite, généralement simple, velue ou poilue. Feuilles pétiolées, ovales et quelquefois cordiformes-ovales, un peu pointues, crénelées-dentées, parsemées de poils courts. Fleurs grandes, solitaires ou géminées à l'aisselle des feuilles ; calice large, en partie poilu, à découpures finement ciliées; corolle blanche, à lèvre inférieure plus ou moins rougcâtre. — Été. Bois. AR. Auray, Pontscorff, Baud, Arradon, Lanvaux, etc.

GLÉCHOME. GLECHOMA L.

Calice cylindracé, strié, à 5 dents assez inégales. Corolle à long tube; lèvre supérieure dressée, plane ou presque plane, échancrée ; lèvre inférieure à 3 lobes obtus, l'intermédiaire plus grand, souvent en cœur renversé. Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure; anthères rapprochées par paires, à lobes divergents formant la croix et s'ouvrant chacun par une fente. Nucules ovoides.

G. LIXRRE-TERRESTRE. G&. hederacea L.— Plante assez pelite, rarement moyenne, vivace, à odeur pénétrante, agréable. Tiges faibles, simples ou peu rameuses, pubescentes ou velues ; Ics unes stériles, couchées et radicantes , les autres florifères, ascendantes. Feuilles pétiolées, réniformes ou cordiformes-obtuses, fortement crénelées, presque glabres. Fleurs assez médiocres, géminées à l’aisselle des feuiiles ou disposées cn demi-verticilles très Jâäches, bien distants; calice pubescent, à dents triangulaires, finement spinescentes ; corolle triple ou quadruple da calice, d’un bleu clair ou d'un violet pâle, à 1er térieurs tachée de pourpre, — La longueur des fleurs cest ordinairement au-

dessous de 2 centimètres; elle s'approche quelquefois de 3.— Print. Talas frais, bords des haies, bois humides. TC,

NÉPÉTA. NEPETA L.

Calice cylindracé, strié, à 5 dents presque égales. Corolle à tube plus ou moins long, courbé, étroit ; lèvre supérieure dressée, presque plane, échancrée ou bilobéc; lèvre inférieure trilobée, à lobes latéraux fort courts, réfléchis, à lobe intermédiaire arrondi, très concave, généralement crénelé. Étamines d’abord toutes parallèles sous la lèvre supérieure, puis les deux grandes fléchies en dehors; loges des anthères s’ouvrant par une fente commune. Nucules ovoïdes.

N. cHATAIRE. N. cataria L. Vulg.t herbe aux chats. — Plante moyenne ou assez grande, vivace, à odeur pénétrante, peu agréable. Tige droite, rameuse, pubescente-grisâtre. Feuilles pétiolées, cordiformes-ovales, pointues, très fortement dentées, légèrement pubescentes et vertes en dessus, tomenteuses-blanchâtres en dessous. Fleurs assez pelites, en faux verticilles bien fournis, les uns écartés, les autres rapprochés en épis; calice pubescent ou tomenteux, à dents lancéolées-subulécs; corolle blanche ou légèrement rosée, à lobe intermédiaire de la lèvre inférieure ponctué de rouge.—Juillet-septembre. Lieux pierreux. TR. Pointe St.-Jacques en Sarzeau (M. Taslé).

BRUNELLE. BRUNELLA Tourn. PRUNELLA L.

Calice campanulé-bilabié, à lèvres se rapprochant après la fleuraison, la supérieure large et tridentée, l'inférieure bifide. Corolle à tube muni en dedans d’un anneau de poils ; lèvre supérieure dressée, bicn voûtée

en casque, entière; lèvre inférieure à 3 lobes, les latéraux oblongs, réfléchis, l'intermédiaire arrondi, concave, crénelé ou finement denté. Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure, à filets divisés en deux pointes, l’une stérile, l'autre portant l'anthère. Nucules oblongues-trigones.

B. commune. B. vulgaris Auct. Prunella vulgaris L. — Petite ou assez petite, vivace. Tige ascendante, souvent radicante à la base, généralement simple, pubescente, un peu scabre. Feuilles pétiolées ovalesoblongues ou oblongues , entières ou peu dentées, parsemées de poils courts. Fleurs assez pelites ou très médiocres, violettes ou purpurines, rarement rosées ou blanches, disposées en épi terminal; bractées larges, arrondies, fortement mucronées, poilues-ciliées ; calice poilu ou presque glabre, à dents de la lèvre supérieure très courtes, à lobes de la lèvre inférieure lancéolés, très aigus; tube de la corolle dépassant un peu le calice; pointe stérile des filets staminaux dressée ou peu courbéc. — Été. Prairies, pelouses, bords des champs et des chemins. TC.

Var.— pinnatifida. Feuilles inférieures dentées , les supérieures pinnatilobées ou pinnatipartites. Prunella pinnatifida Pers. — Terrains pierreux , dunes. AR. Plæmeur, Gâvre.

SCUTELLAIRE. SCUTELLARIA L.

Calice court, campanulé, entier, se fendant bientôt jusqu'à la base en deux lèvres presque égales, la supérieure portant une écaille concave sur le dos, s’abaissant pour fermer le calice après la fleuraison et tombant à la maturité des graines. Corolle à long tube, à lèvre supérieure comprimée, voülée en casque,

ayant à sa base deux lobes aigus ou deux dents; à lèvre inférieure large, entière ou seulement échancrée: Étamines toujours parallèles sous la lèvre supérieure: Nuacules oblongues ou ovoïdes,, lisses ou tubereuleuses:

N: On pourrait regarder les lobes ou denits quiise trouvent à la base de la lèvre supérieure de la corolle comme distraits de la lèvre inférieure, qui ne serait entière qu’en apparence.

S. TOQUE. S. galericulata L.— Assez petite ou moyenne, vivace, pubescente ou presque glabre. Tige droite ou ascendante, assez faible, rameuse, cateure simple. Feuilles courtement pétiolées, oblongues-lan: céoléés , échancrées à la base , lâchement crénclées ou déntées. Fleurs solitaires à l’aisselle des fouilles, unilatérales , assez médiocres , bleucs ou d'un violet pâle; calice pubescent; tube de la corolle très courbé à la base. Nucules ovoïdes , bien tuberculeuses, brunâtres. — Été. Bord des eaux, lieux pierreux humides. TC.

S. NAINE. S. minor L.— Pelite, vivace, légèrement pubescente, presque glabre. Tige droite, rameuse et souvent dès la base, à rameaux grêies. Feuilles presque sessiles ; les très inférieures cordiformes-ovales, les autres oblongues-lancéolées, échancrées ou tronquées à la base, entières ou seulement dentées inférieurcement. Fleurs axillaires, solitaires, unilatérales, pelites, purpurines ou rosées ; calice hispide ; tube de la corolie entièrement droit, un peu ventru à la base. Nacules ‘fort petites, ovoïdes, tubcreuleuses, noirètres.-dinllet-septembre. Marécages, bords des étangs ; lieux inondés pendant l'hiver. C. \E QU

Obs. Le genre Lavande, Lavandula X.., et: le genre Basilic,; :Ocymum L., ont un caractère coinmun qui les distingue bien des genres précédents. Les éfamines

offrent des filets déclinés et des anthères unilobées, au moins en apparence; ces anthères s'ouvrent par uve fente demi-circulaire ct prennent la forme d'un plateau.

Dans le genre Lavande, le calice est un peu ovoïde, bien strié, à 5 dents inégales. Les étamines sont incluses dans le tube assez long de la corolle, dont la lèvre supéricure cst bilobée et l'inférieure trilobée, à lobes presque égaux.— On voit souvent dans les jardins la Lavande spic, Lavandula spica L., et la Lavande vraic, Lavandula vera DC. ‘Foutes deux sont sousfrutescentes, très aromatiques, à feuilles oblongues ou linéaires, un peu roulées en dessous, pubescentesgrisâtres, et à fleurs très médiocres, bleues ou bleuätres, disposées en longs épis interrompus. Le principal caractère distinciif se trouve dans les bractées : celles Jde la Lavande spic sont linéaires, presque sétacées ; celles de la Lavande vraie sont ovales-acuminées.

Dans le genre Basilic, le calice est bilabié, à lèvre supérieure entière, à lèvre inférieure quadridentée. Le tube de la corolile est court; l'une des lèvres est enlière ou seulement crénciée, l'autre est à 4 lobes. Deux des étamines ont un petit appendice à la base. — Le Basilic commun, Ocymum basilicum L., est

assez généralement cultivé dans les jardins. C'est une

plante annuelle, originaire de l'Inde et de la Chine. Sa tige est haute de 3 à 4 décimètres, ramcuse, pubescente vers le haut, garnie de feuilles pétiolées, ovaleslancéolées , obscurément dentées, un peu charnues. Ses fleurs sont médiocres, légèrement purpurines ou blanches, en faux verticilles écartés ou rapprochés en épis. — Le Basilic nain, Ocymun minimum L., se distingue du B. commun par sa taille presque toujours au-dessous de 2 décimètres; par sa tige glabre, à rameaux

très nombreux el formant touffe; par ses feuilles pe: ‘tites, ovales-entières ; enfin par ses fleurs. de moitié moins grandes. -—Ces deux plantes exhalent une odeur pénétrante et très suave.

Fam. LVI°— VERBÉNACÉES Juss.

Calice tubuleux ou campanulé , à 4 ou 5 découpures égales ou inégales. Corolle caduque, un peu irrégulière, à 5 lobes, ou presque bilabiée, à lévres lobées. Préfleuraison imbriquée. Quatre étamines didynames ou seulement 2 élamines. Ovaire supère, ordinairement quadriloculaire, quelquefois à 2 loges ; un style terminal, à stigmate simple ou bifide. Fruit assez charnu ou presque sec, à 2 ou 4 loges monospermes, restant unies ou se séparant à la maturité. Graines dressées, dépourvues de périsperme ; embryon droit. — Plantes herbacées ou ligneuses, à tige tétragone, à feuilles généralement opposées.

VERVEINE. YERBENA L.

Calice cylindracé, à 5 dents, dont une plus courte. Corolle presque bilabiée , à tube généralement courbé, à lèvre supérieure bilobée ou très échancrée, à lèvre inférieure trilobée. Étamines 4, incluses dans le tube de la corolle, toutes fertiles ou 2 seulement. Fruit

presque sec, à 4 loges monospermes enfin disjointes.

V. OFFICINALE. V. officinalis L.— Moyenne ct quelquefois assez grande, annuelle ou vivace. Tige droite, parfois ascendante, rameuse, dure, striée, scabre sur les angles ; rameaux eflilés. Feuilles opposées, rétrécies en pétiole, pubescentes-scabres , ovales-oblongues'ou oblongucs en leur forme générale, pinnatipartites ou pinnatilobées, à découpures inégales, obtuses, un peu

incisées-dentées. Fleurs petites, d’un lilas clair lavé de bleu , disposées en épis terminaux très effilés, lâches, formant, par leur ensemble, une sorte de panicule; bractées très courtes, ovales-aiguës; calice pubescent-scabre; corolle poilue à l'entrée du tube. — Juin-octobre. Bords des chemins et des champs, lieux incultes, décombres. TC. ;

Fam. LVII.—LENTIBULARIÉES Rich.

(UTRICULINÉES Link ).

Calice irrégulier, plus ou moins découpé. Corolle bilabiée, éperonnée, caduque. Étamines 2, incluses ; anthères unilobées. Ovaire supère, uniloculaire; un style court, à stigmate bilamellé. Capsule uniloculaire, polysperme, à placenta central et libre. Graines très petites, non périspermées ; embryon à cotylédons très courts ou même indistincts. — Herbes marécageuses ou aquatiques.

GRASSETTE. PINGUICULA L.

Calice à 5 lobes inégaux, les 2 inférieurs divergents. Corolle à tube court, à éperon dirigé en arrière, à lèvres ouvertes, la supérieure plus courte, bilobée ou échancrée , l'inférieure trilobée, à lobe intermédiaire plus grand. Anthères s’ouvrant par une fente transversale. Capsule bivalve, ovoïde ou globuleuse.

G. pu PorTucaz. P. Lusitanica L.— Petite, vivace. Feuilles toutes radicales, étalées en rosette, tendres et comme grasses au toucher, glabres, d’un vert jaunâtre, ovales ou ovales-oblongues, très obtuses, entières, à bords roulés en dessus. 5 Aer très grêles, pubescentes-glanduleuses, uniflores, à sommet d'abord

courbè. Fleur petite; calice fort court, pubescent ; coroile à éperon médiocre, cylindracé, obtus, droit ; à toberoussâtre, rayé de pourpre; à lèvres blanchàtres ou carnées. Capsule globuleuse.— Été. Marécages, landes: très humides. AC.— M. Aubry a rapporté suecessivement cette plante à la Grassette commune, Pinguicula vulgaris, et à la Gr. des Alpes, P. Alpina KE. Cette double erreur est relevée par M. De Candolle, dans le supplément de la Flore française, page 405. Il y cite comme synonyme de la Grassette de Portugal le Pinguicula vulgaris Aubry Morb., et dit que le Pinquicula trouvé en Bretagne n'est point le P. Alpina, mais le P. Lusitanica.

UTRICULAIRE. UTRICULARIA L.

Calice à 2 divisions ou lèvres peu inégales, entières ou presque entières. Corolle à tube très court et à éperon dirigé en avant, à lèvre supéricure dressée, entière ou échancrée, à lèvre inférieure beaucoup plus grande , renflée à sa base et offrant ainsi un palais. Étamines embrassant l'ovaire; filets dilatés, courbés ; anthères s'ouvrant par une fente longitudinale. Capsule globuleuse ou ovoïde, indéhiscente ou s’ouvrant circulairement près de la base.

Les plantes qui composent ce genre vivent dans l'eau et sont pourvues de vésicules remplies d'air! à l'époque de la fleuraison. Elies ont des rameaux florifères bien émergés, dénués de: feuilles, et regardés comme des hampes.

U. comuuxe. U, vulgaris L.-— Moyenne, vivace, glabre, Tige grêle , rameuse, à rameaux stériles submergés, très feuillés. Vésicuies nombreuses, globuleuses ou coniques, naissant sur les feuilles, Celles-ci éparses,

pinnées-mullipartites, à divisions sétacées , lâchement dentées,, à dents très fines ct spinescentes. Hampes longues, droites, très lâchement écailleuses, portant ordinairement 5-8 fleurs, quelquefois un peu moios, rarement plus. Fleurs assez médiocres, disposées en grappe lâche, à bractées fort courtes, ovales; calice à division supérieure ovale-acuminée , à division inférieure ovale-arrondie, un peu échancrée ; corolle d'un beau jaune, à lèvres entières ou presque entières ; la supérieure courte, seulement égale au palais ou Île dépassant faiblement, à bords réfléchis, à palais assez étroit, connivent avec ja lèvre supéricure, et marqué de quelques stries orangées; éperon conique, obtus, de moitié plus court que la lèvre inférieure; anthères un peu cohérentes ; stigmate frangé-cilié. Capsules globuleuses, à pédoncule étalé ou même recourbé. — Été. Eaux tranquilles an peu profondes. AC.

Obs. Une Utriculaire longtemps confondue avec l'Utriculaire commune a été trouvée en Bretagne par M. Lloyd. Elle était déjà connue en Anjou et portait dans l'herbier de M. Bastard le nom d'Utricularia andegavensis. M. Lioyd rapporte là plante angevine et bretonne à l'Utr. neglecta Lehm., mais en conservant quelque doute sur Fexactitude du rapport. Voici la description qu'il a bien voulu m'adresser : Feuilles de l'Utricularia vulgaris, mais moins grandes et à divisions plus fines. Hampe et calice d'un rouge pâle. Calice sous la fleur ouverte strié ; à division supérieure ovale-oblongue, à division inférieure largement ovale. Corolle jaune, à lèvre inférieure large, étalée, plane; la supérieure dépassant une demi-fois le palais large, preéminent, à 2 bosses parallèles, marqué de stries orangées nombreuses. Éperon conique, dirigé en avant. Pédoncule de la capsule droit, — La corolle vue de

côté n'offre pas un carré, comme celle de l’Utr. vulgaris; le palais vu aussi de côté, au lieu de paraître en coin étroit, paraît obovale en coin.— Juillet et août. Dép.t de la Loire-Inférieure ; marais de la Loire et de l'Erdre.— Si la plante était nouvelle, M. Lloyd l'appellerait volontiers Utricularia Bastardi. L'épithète andegavensis lui semble peu convenable.

L'Utriculaire intermédiaire, Utricularia intermedia Hayne, n’a pas été encore vue dans le Morbihan. Elle est plus grêle que l'Utriculaire commune. Les feuilles sont distiques, courtes, tripartites, à divisions dichotomes, linéaires-filiformes , iâchement et très finement dentées-épineuses; celles qui porient les vésicules sont mal developpées, rudimentaires. Les hampes se terminent par 2 ou 3 fleurs aliernes, médiocres, d'an jaune soufre, avec des stries orangées aux deux lèvres. La lèvre supérieure est entière, double du palais, l'inférieure est arrondie, à palais connivent avec le bas de l’autre lèvre; l'éperon est conique , aigu, presque aussi long que la cerolle. Les anthères ne sont point cohérentes. Les pédoncales restent dressés après la fleuraison.— Eté. A chercher dans les flaques des marais.

U. À PETITES FLEURS. ÜU. minor L.— Pelite ou assez petite, vivace, glabre. Tige et rameaux très grèles. Feuilles éparses, munies de vésicules, au moins la plupart, courtes, tripartites, à divisions dichotomes, linéaires-filiformes. Vésicules ovoïdes-aiguës. Hampes peu longues, filiformes, terminées par 2 ou 3 fleurs assez pelites, à bractées fort courtes et cordiformesovales ; calice à divisions larges, obtuses ou faiblement acuminées; corolle d'un jaune pâle, avec des stries ferrugineuses au palais ; lèvre supérieure courte, échancréc, presque plane; lèvre inférieure à palais

fort peu saillant:et non connivent avec l'autre lèvre ; éperon très court, conique, un peu caréné, obtus ; stigmate tout à fait glabre. Pédoncules fructifères plus ou moins réfléchis; capsules .ovoïdes-globuleuses. — Eté. Mares des landes et des bois, fliques dans les marais. R. Auray (N.), Vannes (MM. Taslé et Pontarlier), Ploërmel (M. Sachet).

Fam. LVHI®. — PRIMULACÉES Vent.

Calice persistant, presque toujours régulier, à 4—7 découpures, le plus souvent à 5. Corolle monopétale régulière et offrant en général autant de découpures que le calice, très rarement irrégulière ou nulle. Etamines en même nombre que les découpures de la corolle et opposées à ces découpures. Ovaire supère, très rarement semi-infère; style unique, à stigmate simple. Capsule uniloculaire, polysperme, rarement disperme , assez diversement déhiscente, à placenta central, libre. Graines plus ou moins peltées ; embryon droit, placé dans un périsperme charnu. — Plantes herbacées, à feuilles opposées ou verticillées, rarement alternes.

HOTTONE. HOTTONIA L.

Calice à 5 divisions. Corolle en soucoupe, à tube court, à »s lobes profonds, très obtus ou même échancrés. Elamines 5, à filets plus où moins courts. Capsule globuleuse, mucronée par le style persistant, à » valves se disjoignant fort tard et restant cohérentes par la base et par le sommet; placenta globuleux. Graines tres nombreuses. — Plantes aquatiques.

. H. pes marais, À. palustris L. — Moyenne, viyace, glabre, Tige en partie submergée, en partie émer-

gée : la portion submergée ascendante, garnie de feuilles; la portion émergée moins longue, droite, non feuillée, florifère. Feuilles verticillées, profondément pinnatipartiles et comme pinnées, à divisions Hinéaires-aiguës un peu épaisses. Fleurs pédonculées, médiocres, disposées en 3—6 verticilles écartés; brac- {ées linéaires ; pédoncules assez longs, plus ou moïns glanduleux , recourbés après la fleuraison ; calice égal ou presque égal au tube de la corolle, glanduleux , à divisions linéaires-pointues ; corolle carnée ou très faiblement violette , à gorge orangée ; élamines tantôt insérées au milieu du tube, tantôt au sommet ; style plus long que ce tube ou de même longueur. — Mai— juin. Eaux tranquilles un peu profondes. AC. .

PRIMEVÈRE. PRIMULA L.

Calice cylindracé ou presque campanulé à 5 lobes ou dents. Corolle en forme de soucoupe ou d'entonnoir, à tube dilaté au point d'insertion des étamines , à 5 lobes profonds très obtus ou échancrés. Etamines 5, incluses dans le tube, à filets courts. Capsule ovoïde , à 5 valves se disjoignant seulement au sommet. Graines petites, nombreuses.

P. À GRANDES FLEURS. P. grandiflora Lam. P.

acaulis Jacq. P. veris acaulis L., vulgairement fleur de lait. — Basse, acaule, vivace , à souche garnie de longues fibres. Feuilles en touffe, rétrécies à la base et comme pétiolées, oblongucs-obovales ou oblongues, très obtuses, souvent obscurément crénelées, toujours denticulées, ondalées , rugueuses, glabres ou presque glabres en-dessus , pubescentes ou velues en-dessous. Pédoncules radicaux assez nombreux, plus courts que les feuilles, velus-laineux, uniflores. Fleurs assez médiocres, mais relativement grandes, un peu odorantes,

à odeur douce; calice’ cylindracé-anguieux, pubescent-blanchâtre, à lobes profonds, lancéolés-acuminés: cuorolle en soucoupe, ordinairement jaunâtre, quelquefois blanche, rarement purpurine, à lobes largement ovales, échancrés, presque toujours (tàchés de jaune-foncé à la base. — Print. Bords des haies , talus ombragés, bois humides. TC. — Les botanistes sont peu d'accord sur le nom qui doit être définitivement attribué à celte Primevère. Elle est aussi souvent mentionnée sous le nom de Primula acaulis que sous celui de Primula grandiflora. La première dénomination est moins ancienne, mais elle a le mérite d'offrir l'épithète par laquelle Linné désignait la variété sans hampe de son Primula veris. — Suivant la plupart des auteurs , l'absence de hampe n’est pas un caractère essentiel, mais seulement un cas assez général. — P. scapo plerumque abortivo, pedunculhis radicalibus unifloris.

P. varIABLE. P. variabilis Goupil. — Assez basse, vivace, à souche épaisse. Feuilles toutes radicales, atténuées en pétliole, oblongues , très obtuses , denticulées, rugueuses, légèrement pubescentes en-dessous. Pédoncules radicaux , plus ou moins nombreux, velus, uniflores, avec une ou deux hampes assez courtes , pubescentes , à fleurs en ombelle simple , allongée, à folioles de l'involucre linéaires-aiguës. Fleurs médiocres, presque inodores; calice cylindracé-anguleux, verdâtre et velu sur les angles, blanchâtre et presque glabre dans les sinus , à lobes ovaleslancéolés, très aigus ; corolle en soucoupe , jaunâtre ou purpurine, tachée de jaune orangé près de la gorge, à lobes larges échancrés. — Cette primevère n’est probablement que naturalisée dans le département. On la trouve dans quelques prés ou bouquets voisins des habitations. Je l'ai surtout cueillie dans certaines parties,

encore ombragées, de l’ancien-bois du château près de Lorient. Printemps. TR.— La Primevère variable, abstraction faite des pédoncules radicaux, ressemble beaucoup à la Primevère qui se cultive depais longtemps dans les jardins. Celle-ci pourrait être la Primevère variable à l'état de culture , état qui la priverait des pédoncules radicaux , en favorisant le prompt développement des hampes. Echappée du jardin, redevenue sauvage, elle produirait, avant les hampes, des pédoncules radicaux. — Les botanistes, qui ne regardent pas l'absence de hampe comme un caractère essentiel de la Primevère à grandes fleurs, n'’admettent pas l'espèce qui vient d'être décrite. Cependant, en laissant de côté les hampes , elle se distingue encore de la Primevère à grandes fleurs par divers caractères, notamment par les lobes de son calice moins profonds, plus larges , et par sa corolle moins grande.

Obs. La Primevère élevée, Frimula elatior Jacq. P. veris elatior L., qui croît en Bretagne, n'a pas encore été vue dans le Morbihan. Ses feuilles ressemblent à celles de la Primevère à grandes fleurs. La plante n'offre point de pédoncules radicaux. Du collet, partent une ou deux hampes, velues-pubescentes, plus longues que les feuilles, terminées par des fleursen ombelle simple et souvent peu fournie. Cette ombelle.est pourvue d'un involucre court, à folioles lancéoléesacuminées. Les fleurs sont médiocres ; leur calice est cylindracé-anguleux , verdätre et légèrement velu sur les angles, blanchâtre et presque glabre dans les sinus, à lobes ovales-lancéolés très aigus; la corolle est presque en soucoupe, inodore , d'un jaune soufre, à lobes non tachés. — Printemps. A chercher sur les coteaux ombragés. — Quelques botanistes pensent qu'il faut rapporter à cette espèce la Primevère généralement cultivée dans les jardins et remarquable par la

variété de ses couleurs. Cette opinion paraît peu fondée.

P. orricinace. P. officinalis Jacq. P. veris officinalis L.— Assez basse, vivace. Feuilles toutes radicales, brusquement rétrécies en pétiole, ovales, très obtuses, un peu crénelées , denticulées , ondulées , rugueuses, presque glabres ou légèrement pubescentes en-dessus, bien pubescentes et parfois un peu tomenteuses endessous. Une ou plusieurs hampes pubescentes, bien plus longues que les feuilles et terminées par une ombelle simple, courte , presque toujours penchée, invo- }ucre très court , à folioles lancéolées-subulées. Fleurs très médiocres, odorantes; calice cylindracé-renflé, un peu campanulé, pubescent-(omenteux, entièrement blanchâtre , à lobes courts, ovales, presque obtus; corolle en forme d'entonnoir d'un beau jaune, avec cinq taches orangées , à lobes largement obovales et d'ord'naire faiblement échancrés. — Print. Prés, bords des haies, bois taillis. TC.

Obs. Dans les Primevères ci-dessus décrites, la longueur du calice relativement au tube de la corolle est bien loin d'être constante ; on ne peut y voir un caractère vraiment distinctif. Les étamines de ces mêmes Primevères sont insérées (tantôt à la partie moyenne, tantôt à la partie supérieure du tube de la corolle : dans le premier cas, le style est aussi long que ce tube; dans le second cas, il est bien moins long. La Primevère à court style, Primula brevistyla DC., n'est qu'une forme assez ordinaire de la Primevère à grandes fleurs.

LYSIMAQUE. LYSIMACHIA E.

Calice à 5 divisions profondes. Corolle en roue ou presque en cloche, à 5 divisions. Etamines 5 , à filets

libres ou soudés entre eux à la base. Capsule globu: leuse, presque loujours polysperme , à 5 valves se disjoignant plus ou moins au sommet.

. L. commune. L. vulgaris L. — Assez grande, vivace. Tigedroite, rameuse, pubescente. Feuilles ordinairement opposées, quelquefois verticillées , rarement alternes, très courtement pétiolées , presque sessiles , ovales-lancéolées ou lancéolées, entières, un peu ondulées sur les bords , glabres en-dessus, pubescentes endessous. Fleurs médiocres, d’un jaune doré, en grappes terminales formant, par leur ensemble, une grande panicule ; bractées linéaires subulécs ; divisions ealicinales lancéolées, très aiguës, à bords pourprés, ciliés-glanduleux ; corolle en roue , à divisions ovales; étamines inégales , à filets dilatés et soudés inférieurement. Valves de la capsule bien disjointes au sommet. — Eté. Bords des eaux, marécages. TC.

L. NummuraiRe. L. nummularia L. — Assez petite ou moyenne, vivace, glabre. Tige rampante, simple ou peu rameuse, grêle , anguleuse. Feuilles opposées , courtement pétiolées , arrondies ou largement ovales , entières. Fleurs axillaires , solitaires, bien pédoneulées, assez médiocres, jaunes; calice à divisions cordiformes-ovales , aiguës ; corolle en roue , à divisions ovales , très obtuses ; filets des étamines soudés à la base. — Les feuilles offrent assez souvent au sommet une pointe très petite, plane. Le développement des capsules est incomplet ou, du moins, très rarement complet. — Eté. Bords des douves et des marées, talus humides , bois frais. C.

L. pes Bois. L. nemorum L. Lerouxia nemorum Mérat. — Assez pelite, vivace, glabre. Tige couchée, radicante à la base , simple ou presque simple , grêle, cylindracée. Feuilles opposées , courtement pétiolées, largement ovales, un peu pointues, très entières.

Fleurs axillaires , solitaires , longuement ét finement pédonculées , assez petites , jaunes ; calice à divisions linéaires-subalées; corolle en roue , à divisions ovales, obtuses; étamines à filets libres. Pédoncules fructifères recourbés ; capsules comme à 2 valves , l’une bifide et l'autre trifide.— Mai—juillet. Bois et coteaux humides. R. Elven, Lanvaux (M. Aubry); récemment à Lanvaux (MM. Pontarlier ct Taslé); Pont-Scorff, Hennebont (N).

L.un-éroisé. L. linum-stellatum Y. Asterolinum stellatum Link. — ‘Très petite, annuelle. Tige droite, plus ou moins rameuse, glabre. Feuilles rapprochées, opposées , sessiles, lancéolées, très aiguës , assez rudes sur les bords. Fleurs axillaires, solitaires, pédonculées , fort petites ; divisions du calice lancéolées , acuminées ; corolle bien plus courte que le calice , un peu campanulée , d’un blanc verdätre , à divisions ovalesarrondies ; étamines libres. Capsules s'ouvrant nettement en 5 valves et contenant 2 ou 3 graines arrondies et très rugueuses. — Print. Pelouses dans les dunes. R. Quibéron, près du Port-Maria (M. Aubry), Quibéron au Fort-Neuf (MM. Taslé et Pontarlier), île de Houat (M. Lloyd), Gâvre et Belle-île {N). — Ici, la Lysimaque lin-étoilé s'élève au plus à # centimètres ; elle est souvent de moitié moins haute, et sa tige alors est ordinairement simple ou presque simple.

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