‹ Flore élémentaire des cryptogamesChapitre 10 sur 195 · ORGANES DE LA FÉCONDATION · texte numérisé non relu

ORGANES DE LA FÉCONDATION

La connaissance des fleurs chez les Mousses est une découverte toutes moderne. Les définitions les plus bizarres et les plus absurdes ont été émises sur la sexualité supposée de certains organes, mais toutes ces fausses théories ont fait place actuellement à la vérité. |

Si, sous le nom de fleur, on entend des étamines et des pistils entourés" d’une corolle aux riches couleurs, cet organe composé n'existe pas chez les“ Mousses. Si on réduit même la fleur, comme dans certaines apétales, à une” ou plusieurs étamines, à un ou plusieurs ovaires, les fleurs n’existent pas encore chez les Museinées. |

Il n’y a, chez les fleurs des Mousses, ni ovaire, ni pollen. Il y a plus que du pollen, il y a moins qu’un ovaire. S'il n’y à pas de pistil, ni d’étamine, il y à des organes qui y correspondent. L'étamine est remplacée par lanthéridie; l'ovaire par l’archégone.

La fleur peut être, comme chez les Phanérogames : monoique, divique, hermaphrodite, parfois Rnre .

Fleurs femelles (PI. 1, f. 21, 22) — A l'œil nu, la fleur femelle est un petit bourgeon peu dévelonpés naissant à l’aisselle d’une feuille chez les“ pleurocarpes, terminant la tige chez les acrocarpes. Les archégones (ar) sont entourés de feuilles acquérant, après la fécondation, un certain développenient et différant par là des feuilles végétatives; elles sont dites feuilles périchétiales et embrassent la base du pédicelle.

Les archégones correspondent, comme nous l’avons dit, aux pistils des. Phanérogames : ce sont de petits corps de couleur ordinairement rougeître, A — sous la lentille du microscope — la forme d’une bouteille

f. 22), prolongée en un long col (c). Plusieurs archégones sont réunis,

ordinairement au nombre de dix à vingt dans la fleur femelle; ils sont entremélés de filaments portant le nom de paraphyses (p), organes dont le rôle n'est pas bien défini.

Fleurs mâles (f. 18, 19, 20). — Les fleurs mâles sont gemmiformes (en forme de petits bourgeons), comme les fleurs femelles; quelquefois elles sont discoïides, c'est-à-dire disposées sur un plan plus ou moins horizontal; dans ce dernier cas, elles sont ordinairement apparentes, les Anium et particulièrement les Polytrichum nous en fournissent de beaux exemples. La fleur mâle est entourée également de feuilles particulières dites feuilles périgoniales. Ghez les fleurs discoïdes, les folioles sont, sinon plus grandes, du moins plus larges que les feuilles caulinaires et se disposent généralement dans un plan horizontal; assez souvent même elles sont colorées.

Les anthéridies (a) —rappelant les anthères chez les Phanérogames— sont de petits corps oblongs, subeylindriques, obtus, portés sur des pédicules variant de grandeur suivant les espèces. Chacun de ces corps se subdivise en une quantité excessivement variable (2 à 200, mais de 20 à 30 dans la généralité des espèces) de cellules rectangulaires ou hexagonales (f. 19-a, b). Les paraphyses (p) existent aussi dans les fleurs mâles et leur variété est bien plus grande que chez les fleurs femelles.

. A l'époque de la floraison, l’archégone, la bouteille au long col, est remplie de mucilage, ou tout au moins une gouttelette très fine en ferme l'extrémité. L'anthéridie arrivée à l’état adulte, par la pluie, la rosée du matin, se trouve en contact avec le liquide, s'ouvre et laisse échapper un nuage — tel est le terme employé par les bryologues —- de poussières qui ne sont autres que les cellules carrées ou oblongues, renfermées dans l’anthéridie. Ces petits corps, ou mieux ces petites cellules également en contact avec le liquide, laissent dissoudre leur enveloppe et un être animé s'échappe de cette demeure microscopique : c'est l’anthéroxoïde (PI. I, f. 20).

Si des anthérozoïdes rencontrent le sommet d’un archégone, ils s’en-

gagent dans le col de celui-ci et vont féconder la cellule germinative interne (oosphère) (f. 22-0).

La naissance de l’œuf est la fusion de l’anthérozoïde avec l'oosphère. - Nous avons vu que la fleur femelle est composée d’un nombre variable d’archégones. Il peut done se faire que plusieurs fructifient, c’est cependant le cas le plus rare; ordinairement, le premier archégone fécondé absorbe toute la nourriture, stérilise les autres; toutefois, quelques espèces offrent pour ainsi dire constamment des bourgeons à plusieurs fructifications (Dicranum undulatum,.

Le premier développement de l'œuf est dans le sens vertical; d’une part, la partie inférieure s'implante, se greffe dans la partie végétative pour y puiser

la nourriture, d'autre part, le sommet s'élève sous forme de soie.-Le ventre de l’archégone participe d’abord à cette croissance longitudinale, mais bientôt il se déchire cireulairement et se trouve emporté par l'allongement du pédicelle. Ce fragment, cette moitié d’archégone, se soude et un accroissement descendant s'opère dans ce dernier organe qui n’est autre que la coiffe ou calyptre, dont la fonction est de protéger la capsule ou sporogone, pendant tout son développement.

Quel admirable et merveilleux travail, quels soins maternels et ingénieux la Nature ne dévoile-t-elle pas à l’observateur, dans la vie, dans l’éntelligence intime des êtres les plus ignorés!

Le pédicelle ayant acquis tout son développement, son sommet se gonfle, la coiffe se dilate ou se déchire, c’est la formation de la capsule ou sporogone, organe renfermant les spores. Après un accroissement suffisant, la coiffese détache, tombe et la capsule est nue (PI. I, f. 2-c). L'époque de la dissémination n’est pas encore arrivée, un couvercle, l’opercule, pout employer le terme scientifique, ferme l’urne, c'est-à-dire la capsule ou SPOTO= gone; bientôt cette pièce se détache, mais les spores ne sont pas encore en liberté, un ou deux cereles de dents appliquées sur l’orifice de l’urne doivenr se dresser par un effet de dessiccation. En ce dernier état, les spores sont libres, elles n’attendent plus, pour se disséminer, que le concours du vent qui doit les transporter à des distances considérables.

Étudions chacun des organes de la fructification.

Pédicelle ou soie (f. 1, p). — La fleur femelle est, comme on sait, entourée È de feuilles périchétiales différant des feuilles caulinaires ; leur examen est J

même d’un assez grand secours dans la détermination de certaines espèces. Ces feuilles embrassent la base du pédicelle et celui-ci s’entoure d’un bourrelet nommé vaginule. Le pédicelle, de longueur variable, parfois presque” nul, est généralement long de 4 à 4 centimètres; chez certaines espèces (Polytrichum commune), il atteint 12 et même 13 centimètres de hauteur. Sa couleur, plus ou moins différente de celle de la capsulé, est rouge, purpurine, rarement jaunâtre. Sa direction varie également : assez ce droite, quelquefois courbée au sommet et rendant par ce fait la capsulem inclinée ou pendante (Bryum). Assez souvent, à l’état adulte, ou mieux après la dissémination, le pédicelle se tord sur lui-même. La torsion se fait tantôt à droite, tantôt à gauche. On la dit complète, si elle s'étend sur touts le pédicelle; elle est dite partielle, si elle n’affecte que le sommet. Certaines espèces ont le pédicelle tordu en un sens au pied et en sens contraire au sommet, le pédicelle est dit alors à double torsion. Le pédicelle peut être lisse ou papilleux, c’est-à-dire couvert de très légères rugosités; le Brachythecium rutabulum, espèce commune, fréquemment en fruit, offre cette dernière particularité. | Coiffe (f. 4, f. 3-c). — La coiffe est régulière ou asymétrique. On dit que la coiffe est régulière lorsqu'elle est conique (f. 4), en forme de cornet,

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