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ORDRES ET FAMILLES DES CHAMPIGNONS

Les champignons se divisent en sept ordres et vingt-deux familles de première importance. Les mieux connus de tout le monde sont ceux du premier ordre (Basidiomycètes); on les désigne sous le nom de gros Champignons où de « Champignons à chapeau !. »

Distribution des sept ordres des Champignons.

I. Basidiomycètes. — Spores naissant sur des basides. Get ordre comprend les plus communs des gros Champignons.

IT. Ascomycètes. — Spores renfermées dans des asques ou thèques (£. 4, PI. IV). Cet ordre renferme encore quelques gros Champignons mais moins répandu toutefois que ceux de l’ordre précédent. La grande majorité des espèces sont de petite taille et vivent sur le bois, les feuilles, etc. — Les asques sont souvent accompagnées ou précédées de conidies (f. 1, 2, 3, PI. X), de spermogonies ou de pycnides. Ces différents états paraissent pour chaque plante autant d'espèces bien distinctes.

111. Urédinées.— Champignons se développant dans le tissu des plantes, et formant à la surface des parties attaquées, des pustules ou des amas poussiéreux jaunes, rougetres ou bruns. Ges Cryptogames offrent aussi plusieurs phases de végétation. Ils sont assez connus sous le nom de «rouille ».

IV. Ustilaginées. — Champignons se développant dans le tissu des plantes. souvent dans les ovaires des graminées. Ges Champignons sont désignés sous le nom de «charbon ».

1 Dans l’'énumération des familles, des genres, des espèces des différentes classes ou ordres, nous n’avons pas, pour des raisons diverses, toujours suivi le mème système : pour les Mousses, nous sommes partis du simple au composé, pour les Hépatiques du composé au simple, pour les Algues du simple au composé, pour les Champignons et les Lichens du composé au simple. Les Algues se soudent par les Chlorophycées aux Mucorinées, par les Cyanophycées aux Schizomycètes, c'est-à-dire par les familles inférieures des deux embranchements. — Dans l’embranchement des Mousses, le passage se fait le plus naturellement des Andrééacées aux Hépatiques feuillées, c'està-dire des Mousses les moins caractérisées, ou si l'on veut, les plus inférieures de la classe, aux Hépatiques les plus perfectionnées.

CHAMPIGNONS. — BASIDIOMYCÈTES. 147

V. Oomycètes. Phycomycèles, Moisissures. — Champignons à mycélium uniceliulaire, pouvant former des œufs, mais se perpétuant le plus souvent par des conidies contenues préalablement dans un sporange. — Vivent habituellement sur les matières organiques dites moisies, sur le papier humide, etc.

VI. Myxomycètes. — Champignons dépourvus de mycélium, lequel est remplacé par une masse plasmique, nue, mobile, de forme changeante et donnant finalement naissance, ou mieux, se transformant en appareil immobile, de forme déterminée et variée contenant les spores.

VII. Schizomycètes. Microbes. — Organismes microscopiques — dont chaque individu est constitué par une cellule, — se multipliant par divisions transversales et se développant dans les matières organiques où ils provoquent

la fermentation et la putréfaction.

Ordre I. — BASIDIOMYCÈTES.

Le mycélium des espèces de cet ordre est filandreux, blanc ou blanchâtre (d’où le nom de blanc de Ghampignon, PI. VI, fig. 4) ou peu coloré. Il vit ordinairement dans la terre riche en humus ou dans les organes végétaux en voie de décomposition. Le mycélium est assez souvent vivace et se développe pendant des années, en produisant tous les ans de nouveaux réceptacles fructifères. Son développement est centrifuge, c’est-à-dire qu'il s’écarte du point où il a pris naissance et forme, chaque année, un cercle plus grand. Les réceptacles fructifères (ou Champignons dans la langue vulgaire) se développent à la circonférence où la végétation est plus active, meurent peu à peu, ce qui explique le phénomène connu sous le nom de rond de sorcières.

Les réceptacles fructifères affectent les formes les plus variées, mais ils ont tous des Spores naissant sur des basides, PI. VI, fig. 6, d’où le nom de Basidiomycètes. ;

Voici les définitions de certains termes spéciaux.

Pédicule, ou stipe #, f. 2, 3). — C'est le pied du Champignon; il peut faire défaut, dans ce cas le réceptacle, c’est-à-dire le chapeau ou Champi-

gnon, est acaule. Chapeau. — Le chapeau se compose de deux parties, l’hyménophore et

l’'hyménium.

L'hyménium est la membrane qui supporte les cellules saillantes désignées précédemment sous le nom de basides, lesquelles se terminent par 1-6, plus souvent par 4 prolongements courts et pointus, portant chacun une spore à leur extrémité. La spore 1 se détache lorsqu'elle a atteint sa maturité.

1 Les spores sont unicellulaires, le plus souvent arrondies, globuleuses, ovoïdes ou

allongées, parfois incolores, tantôt colorées.

148 CHAMPIGNONS. — BASIDIOMYOÈTES.

L'hyménium se trouve généralement à la partie inférieure du chapeau et recouvre des rides, des lames, des tubes, des pores, des pointes, ou une surface unie. Il est supérieur et ambiant chez les Clavaires; chez les Trémellinées, il est plongé dans l’épaisseur du Ghampignon gélatineux.

Les Basidiomycètes nous offrent bien des gradations et des combinaisons ingénieuses pour développer la surface fructifère. Chez les Téléphorées, l’hyménium est lisse ou sans replis bien prononcés. Dans les Clavaires, la surface hyménifère est déjà plus compliquée par suite des ramifications du stipe, mais l'absence de chapeau laisse cette tribu dans un état d’infériorité.

Des Clavaires, on passe assez facilement aux Hydnes où la surface fruetifère est déjà très développée. L’hyménium des Polyporées est bien plus étendu encore !. Aussi ce principe a été adopté, cette structure a été copiée — à l'insu, nous voulons bien le croire — par les physiciens, les mécaniciens lorsqu'ils ont inventé la chaudière polyforée de la locomotive, dont la surface de chauffe est si ingénieusement développée. Gette heureuse disposition, il faut le reconnaître, les Bolets, les Polypores, l'avaient inventée bien des siècles avant la création des chemins de fer. La structure de l’hyménium des Agaries est tout aussi perfectionnée et n’est pas dépourvue d'élégance.

L’hyménophore est la chair proprement dite (h, fig. 2 et 7) du Champignon; en volume, c’est ordinairement la partie la plus importante du chapeau, c'est donc un réceptacle servant de base d'insertion à l’hyménium ; le plus souvent il est homogène avec le pédicule. S'il se prolonge dans l'épaisseur des lames, ou entre les pores des Polyporées, on désigne cette partie de l’hyménophore sous le nom de trame.

1 Dans un Bolet de 10 cent. de diam., soutenu par un pédicule de 2 cent. d'epais- (0,10? —

; 0,02?) , Da seur, on à la surface —? PTT 3,14 — 0m2,0075.

En supposant une Polyporée ayant des tubes de Ow,0)07 de diam., où en comptera 120 dans le diam. entier du Champignon (les épaisseurs des tubes déduites et estimées ensemble à Om,016) et, en supposant l'épaisseur moyenne de l’hyménium égale à 0,m015, on trouvera la surface développee suivante :

Pour la surface de la paroi interne d’un tube, on a : 0,0007 X 3,14 X 0,015 = Om2,000033.

Puisqu’il y a 120 diamètres de tubes en Om,10; en Om,02 — diam. du pédicule —

e à 0,02 il y aurait 120 X 010 — 24 tubes.

120? — 24? 4 Le nombre total reel des tubes est donc A X 3,14 — 10852. La surface développée est 10852 X 0,000033 = Om2,36. o e LE PES 2,30 : e E î La surface fructifère est ainsi augmentée de De — 48, soit environ 50 fois la 2,0075

surface inférieure de ce Champignon.

CHAMPIGNONS. — BASIDIOMYCÈTES. 149

Volve (voile universel) v, fig. 2 et 3. — C’est une membrane qui, dans la jeunesse du Ghampignon, renferme entièrement l’Agaric-Amanite, comme la coquille contient la substance de l'œuf. Par le développement de l’Amanite, il n’en reste plus que des traces à la base du pédicule et parfois, même assez souvent, sur le chapeau, fig. 3.

Anneau ou collier c, fig. 3. — Membrane partielle qui protège et couvre l’'hyménium et va du pédicule au rebord du chapeau; par le développement

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