‹ Flore élémentaire des cryptogamesChapitre 176 sur 195 · Cellules tilamenteuses · texte numérisé non relu

Cellules tilamenteuses

a. Cellules cylindriques, indistinctement articulées, non contournées en spirale.

aa. Filaments simples, courts, articulés, isolés, parfois par paires

ou en petit nombre . . . . ee To Daoulus:

bb. Filaments simples, très grêles et ‘allongés ce: DODODIOLUNTIR:

b. Cellules filamenteuses, contournées en spirale. aa. Filaments courts, spiralés, raides . . . . . . Spirillum. Obs. — Se rangent ici les Vibrio, filaments courts, facilement

ondulés; les Spirochaete, filaments longs, spiralés, flexibles; et

les Myconostoc, filaments réunis en masse mucilagineuse. B. Cellules se divisant en croix, les cellules secondaires restant réunies, ressemblant à des paquets liés par des cordons en croix . . Surcina.

Les microbes Schizomycètes étant d’une ténuité inconcevable, on a dû, pour faire connaître leurs dimensions, avoir recours à une unité spéciale; celle-ci est le 5; du millimètre que l’on nomme micron, mot grec qui signifie petit et que l’on abrévie par la lettre grecque p. — Lorsque la cellule est globuleuse ou subglobuleuse, on indique le diamètre (D.); lorsqu'elle est allongée, on ne fait connaître ordinairement que la longueur (L.).

Micrococeus.

Cellules immobiles, sphériques, réunies en chapelets, formant ordinaire-*

ment des colonies mucilagineuses amorphes. — Ces petites Cryptogames renferment un grandnombre de germes, d'agents de maladies, — de microbes, tels que le peuple entend ce mot. Les microbes ne doivent cependant inspirer de crainte que lorsqu'ils se rangent dans la section des Schizomycètes pathogènes. Plusieurs de ces microorganismes sont utiles et même le plus grand nombre des espèces sont indifférentes.

Quant aux microbes pathogènes, on sait tous les essais tentés pour annihiler leurs effets malfaisants : la vaccination, les inoculations. Contre la petite vérole, le moyen préventif de cette maladie épidémique et contagieuse — la vaccination — semble être d’une efficacité relativement satisfaisante. Aussi, les autorités obligent, autant qu’il est en leur pouvoir, toutes les personnes à se soumettre à la vaccination. Pour les autres maladies épidémiques, les effets de l’inoculation semblent plus contestés.

SCHIZOMYCÈTES. — MICROCOCCUS: 195

PLANCHE XII. — MICROBKS-SCHIZOMYCÈTES,

1. Bactérium Termo. — 1a Le même, sous un puissant objectif. — 2. Bucillus tuberculosis. — 3. Bacillus typhosus. — 4. Spirillum volutans. — 5. Spirillum Cholerae Asiaticue, d’une culture artificielle; au centre on remarque les bâtonnets courbes attachés en une chaîne formant des S.— 6. Formes du Bacterium aceti. — 7. Cludothrix

dichotoma. — 8. Sarcina. — Au microscope.

La semence du froment, par exemple, projetée sur un sol dénudé se dessèche, perd ses propriétés germinatives et finalement pourrit. Dans un sol maigre, mal préparé, cette graine germe et se développe en une plante rachitique. C’est seulement dans le sol bien fumé et avec le concours de conditions favorables — chaleur, eau en quantité suflisante, etc. — qu'elle se développera entièrement et donnera un rapport rémunérateur.

De même, les germes ambulants des microbes ne se développent que là où le terrain, plus exactement le milieu, est bien préparé. Ce milieu, c'est un corps usé, fatigué, un sang impur, une constitution lymphatique, mais, à d’assez rares exceptions près, le microbe qui s'engage dans l'organisme de l’homme réellement sain est dans le cas de ce grain de froment qui tombe sur le roc aride, il y meurt ou du moins ne s’y développe pas.

Ce n’est donc pas le microbe en lui-même que nous devons surtout craindre, mais bien la formation, la préparation de ce milieu où il pourrait se multiplier.

196 SCHIZOMYCÈTES, — MICROCOCCUS.

Après avoir consommé dans notre organisme toutes les matières qui leur sont nutritives, les microbes meurent ou du moins se reposent, dorment si l’on veut, et attendent pour revivre, pour renaître, la réapparition de nouveaux aliments, de nouvelles matières nutritives pour eux. De là certaines maladies périodiques ou intermittentes.

Comment les microbes pathogènes opèrent-ils des ravages dans notre organisme ?

Très probablement de diverses manières : 4° en empâtant le sang et divers autres organes de mucus, mucus qu’ils se créent aux dépens de nos organes, des fluides nourriciers; 2 en opérant dans notre Corps diverses fermentations (certaines fièvres), diverses réactions chimiques. C’est done chimiquement qu'ils nous livrent la guerre, et non en attaquant les tissus comme le ferait un insecte avec ses mandibules. Le microbe Schizomycète est d’ailleurs une cellule sphérique ou allongée, fermée de toutes parts et arrondie généralement à ses extrémités.

A. — Espèces pathogènes.

M. pyogenes aureus Rosenbach (M. du pus orangé). — Dans le pus des furoneles et dans les abcès des fièvres puerpérales, etc.

Ce microbe est un bon fabricant d'alcool. Cultivé dans un liquide glycérique, le Micrococcus du pus jaune fournit presque 24 kil. d'alcool éthylique par 100 kil. de glycérine.— Ce mode de distillation, ou mieux de fabrication d’aleool, n’a rien de bien appétissant, mais il est peu probable, malgré cela, que l'industrie laisse tomber dans l'oubli un résultat théorique aussi éloquent! — Les linges d'hôpitaux premiers éléments de la fabrication des liqueurs spiritueuses, il y a là à dégoûter les a/coolophiles les plus endurcis.

M. pyocyaneus Gessard (M. du pus bleu). — Dans le pus bleu des blessures et dans les bandages tachés de suppuration.

Camme le précédent, ce microbe est aussi un fabricant d'alcool, du moins lorsqu'on le cultive sur un liquide glycérique. Sa Spécialité, cependant, est de produire une matière colorante bleue : la pyocyanine ! En outre, il fournit de l'acide butyrique et même, mais en petites quantités, de l’alcool butyrique, de l'acide succinique et de l'acide acétique.

M. choierae gallinarum Past. (M. du choléra des poules). — Dans le sang et les organes des poules mortes du choléra. — D. 2 à 3 p.

M. diphtericus Cohn (4. de la diphtérie). — Dans les membranes de la diphtérie. C’est un des microbes les plus redoutables.

M. vaccinae Cohn (M. du vaccin) 1. — En colonies dans la lymphe fraîche

1 Vacciner, inoculer, c’est introduire par une plaie légère, dans l’organismé animal, des microbes dont la virulence a été atténuée, soit naturellement, soit par des cultures spéciales, comme c’est le cas, par exemple, pour le microbe du choléra, etc.

SCHIZOMYCÈTES. — MICROCOCCUS. 197

de la variole humaine, de celle de la vache et de la vraie petite vérole. C'est le principe actif du vaccin. On rencontre également des Micrococcus dans le sang, les tissus, et parfois aussi dans les expectorations des personnes atteintes de typhus, scarlatine, rougeole, coqueluche, méningite, gangrène, érysipèle, fièvre puerpérale, fièvre jaune, ete.

Dans les vers à soie atteints de la flacherie, on observe la présence du M. bombycis Béch. — D. ; p.

B. — Espèces chromogènes (D. souvent de + à 4H).

M. prodigiosus Cohn (Champignon du lait rouge). - On le rencontre dans le lait, aussi sur le riz bouilli, la pâte d’amidon, le pain, etc.

M. auriantiacus Schrôter (M. orangé). — Forme des taches d’un jaune orangé sur les pommes de terre, sur le blanc d'œuf.

M. chlorinus Cohn (M. verdätre). — Sur le blanc d'œuf et autres aliments, formant une couche d’un jaune vert.

M. violaceus Schrôter (M. violacé). — Taches d’un bleu violacé sur les pommes de terre bouillies exposées à l’air.

M. luteus Schrôter (M. jaune). — Taches jaunes sur le$ pommes de terre bouillies, ox formant une peau jaune, assez épaisse, ridée, à la surface des liquides nutritifs.

M. hoematodes Zopf (M. sanguin). — Observé dans la sueur humaine, principalement dans celle des aisselles. — Il se cultive sur le blanc d'œuf bouilli, où il forme une couche d’un rouge de sang.

M. cyaneus Cohn (M. bleu). — Taches d’un bleu vif, sur les pommes de terre.

c. — Espèces provoquant la nitrification.

M. nitrificans Schloes. et Muntz (M. de la nitrification).— Latransformation de l’ammoniaque en nitrites, puis en nitrates, dans les eaux, est due à l’action oxydante de ce microbe aérobie.

MM: Sechloesing et Muntz l'ont cultivé sur de l’eau d’égout stérilisée. L'optimum de la température est 37°, sa fermentation s'arrête à 550, il est tu À à 900. — Ge Micrococeus n'aime pas la lumière, aussi la nitrification ne s’opère-t-elle bien que dans l’obscurité.

D. — Æspèces provoquant la fermentation de l’urée.

M. ureae Cohn (M. de l’urée). — Aérobie, Dans toutes les urines devenues ammoniacales. — La température la plus convenable à son développement est de 30-330, — On rencontre parfois dans les urines une forme en baëille :

198 Ù SCHIZOMYCÈTES. — BACTERIUM.

Bacillus ureae Miquel (Bacille de l’urée). — Anaréobie. Ce microbe résiste plusieurs heures à une température de 95-960. On se procure ce ferment, à l'état pur, en ajoutant à l'urine neutre stérilisée (bouillie pendant un temps assez long) quelques gouttes d’eau d’égout et soumettant ensuite ce mélange, pendant deux heures, à une température de 80° à 90°, ce qui détruit les microbes moins résistants.

Le M. ureaeetle B. ureae transforment l’urée en carbonate d’ammoniaque.

Bacterium.

Cellules mobiles, un peu allongées ou en forme de courts bâtonnets, réunies, à l’état de repos, en colonies mucilagineuses amorphes.

B. aceti Zopfet Hansen (Mycoderma aceti, Bacille acide) f.6. — Les dimensions de ce Mycoderme varient entre 1,5-3 L.. Le B. aceti forme une espèce de voile à la surface du liquide et transforme l’alcool en acide acétique. 11 vit sur les milieux renfermant 10 0}, d'alcool au maximum et une petite quantité de substances nutritives (décoction d'orge, de seigle, de levure, etc.). Pour empêcher l’éclosion des germes étrangers, il est bon d’ajouter préalablement un peu de vinaigre à ce mélange. — Le milieu, une fois transformé en vinaigre, le microbe continue à vivre aux dépens de ce dernier qu’il finit par absorber complètement. — La température convenable pour le développement du Mycoderma aceti se trouve entre 35 et 400.

B. decalvans Thin. (B. de la calvitie). — Dans les racines des cheveux, dans les cas d’Atopeciu areata.

B. ureae Cohn (B. de l’urée). — Agent de la fermentation urinaire ammoniacale. Synonyme de Micrococcus ureue, dont il a été parlé plus haut.

B. Termo Duj. (Ferment de la putréfaction). Fig. 4, 1 a. — Dans toutes les substances animales en décomposition, sur la viande conservée sous l’eau dans une pièce chaude.

Les microbes de la fermentation putride sont nombreux en espèces. — Gette fermentation débute par un dégagement d’acide carbonique et d’hydrogène, les albuminoïdes se transforment en albuminates et en peptones, lesquels se dédoublent ensuite en acides amidés : c’est la peptonisation. est la digestion des albuminoïdes opérée par des microbes aérobies.

Ge premier acte accompli, de nouveaux microbes — mais anaérobies — apparaissent et agissent par réduction en dégageant de l'azote. En ce moment, le milieu devient fortement alcalin et il se fait une dissociation de plusieurs composés chimiques avec dégagement d’ammoniaque et d'acide carbonique; le corps en putréfaction se trouve alors transformé en acides gras, phénols et autres corps nombreux.

L’acide phénique, le fer et le permanganate de potasse enraient bientôt la fermentation putride, tandis que l’acide sulfureux et l'acide salycilique ne l’arrêtent nullement, comme on serait tenté de le supposer.

SCHIZOMYCÈTES. — LEUCONOSTOC. 199

Ces quelques explications des ‘ferments étant bien comprises, nous pouvons poser et résoudre cette question : Qu'est-ce qu'un cadavre en putréfaction ?

Un cadavre en putréfaction, c’est un fourmillement plein de vie, c’est un chantier où des millions d'ouvriers — pour la plupart microscopiques et chimistes — extraient, atome par atome, les parcelles que la Nature, que les êtres réclament avec instance. Et au milieu de ce gaz délétère qu'ils dégagent, il se trouve cependant les matières premières : des riches perles d'émeraude (chlorophylle) qui orneront bientôt une végétation riante, des fards qui pareront la rose séduisante, des essences parfumées qui s’exhaleront de mille corolles éblouissantes.

Les seuls corps organiques réellement morts sont ceux dits « embaumés, momifiés, » conservés sans vie de n'importe quelle manière.

En effet, par l’'embaumement que veut-on obtenir? N'est-ce pas d’empêcher la vie microbique 1 de se développer, de retirer, autrement dit, la matière organique de la vie courante.

La terre privée de microbes finirait done bientôt par n'être plus qu’une vaste nécropole. Aussi, est-il rigoureusement exact ce dicton populaire :

On à souvent (toujours) besoin d’un plus petit que soi.

B. Pffugeri Ludwig (B. de Pffuger). — Ge microbe produit la phosphorescence sur le poisson et la viande putrides.

B. synxanthum Ehrbg. (B. du lait jaune). — Produit une couleur jaune dans le lait, lequel devient d'abord acide et ensuite fortement alealin. La couleur de ce microbe est soluble dans l’eau.

B. fœtidum Thin. (B. fétide). — Dans la sueur des pieds.

B. lactis Plur. auct. (B. du lait). — Ces microbes prennent naissance dans le lait et convertissent, par fermentation, le sucre élémentaire en acide lactique.

Leuconostoc (D, 2 p).

Leuconostoc mesenteroides Cienk. (Gomme de sucrerie). — Cellules simples, en chaînes, entourées d’une enveloppe gélatineuse et. épaisse, formant des spores rondes ou ellipsoïdes. Elles forment des masses d’une consistance parfois cartilagineuses, présentant une structure ressemblant au frai de grenouille. Ce microbe fait les plus grands ravages dans les sucreries; il transforme en moins de douze heures, — tant son développement est rapide, — le jus de betterave et la mélasse en masses gélatineuses.

1 Le développement des vers n’est qu'accessoire; d’ailleurs, ceux-ci n'apparaissent qu'après que le travail des microbes est fortement avance.

Page 1