à SCHIZOMYCÈTES. — BACILLUS
Bacillus.
Cellules filamenteuses, simples, courtes, articulées, isolées, parfois unies par paires ou en petit nombre.
A. — Espèces pathogènes.
B. anthracis Plur. auct. (Bacille du charbon, pustule maligne, maladie des trieurs de laine). — En abondance dans le sang de la rate des animaux morts du charbon. Ces Bacilles sont excessivement redoutables tant pour l’homme que pour les animaux. — L. 5 à 20 u.
B. mallei Plur. auct. (B. de la morve). — Dans le poumon, la rate, le foie, les nodules de la muqüeuse nasale, etc., des chevaux et des moutons atteints de la morve.
B. malariae Klebs (B. de la fièvre intermittente). — Dans les urines des personnes atteintes de la fièvre intermittente, — L. 2 à 7 L.
B. oedematis maligni Koch (Septicéemie de Pasteur). — Ges Bacilles sont très répandus dans la nature : terre arable du sol, poussière du foin, liquides putrescibles, et tout spécialement dans les corps en décomposition des animaux asphyxiés. — L. 8 i L.
B. septicus Klein (B. septé). — Dans le sang, les vaisseaux de l’homme et des animaux après la mort.
B. tuberculosis Koch (B. de la tuberculose, B. de la phthisie), fig. 2. — Ces microbes affectent souvent un aspect perlé comme l'indique le dessin. Dans les tissus, les expectorations, le sang, l’urine des tuberculeux. Les cellules géantes des tubereules en sont tapissées. — L. 2 à 4 et parfois 8 2.
B. typhosus Eberth (B. de la fièvre typhoïde), fig. 3. — Dans le sang, les tissus des malades atteints de la fièvre typhoïde 1.
1 Dans un village du sud de la province de Namur, une partie de l’agglomération présentait de nombreux cas de fièvre typhoïde. Un botaniste de nos amis, ayant remarqué que toutes les personnes de cette partie du village s’alimentaient d'eau à la même source, eut l’idée de nous transmettre une bouteille de cette eau. Pendant le temps du trajet du flacon, il s'était déjà fait un petit dépôt de mucosités blanchâtres un peu filandreuses. L'observation microscopique de ces mucosités nous fit découvrir une quantité de microbes différents, mais dont les plus nombreux avaient la forme du Bucterium Termo.
Cette eau, provenant de drainage, au moyen de tuyaux en poterie à manchons, alimentait cétte partie élevée de la commune depuis de nombreuses années, et cependant on n’y avait jamais observé de cas de typhus. Quel pouvait être la cause de l’insalubrité subite de cette eau ? — Une visite des lieux fit reconnaitre que l’euu des fumiers parvenait à s'infiltrer dans ces tuyäux défectueux, ce qui explique assez bien la présence du Bacterium Termo et de ses semblables.
SCHIZOMYCÈTES. — BACILLUS. k 204
B. — Espèces non pathogènes.
B. acidilactici (B. du lait acide). — Dans le lait aigre. — L. 1 à 3 1.
B. cyanogenus Fuchs (B. du lait bleu). — Donne une couleur bleue au lait; cette couleur devient d’un bleu intense lorsque ce Bacille vit avec le précédent. —L.21à31u.
B. panificans Laurent (B. du pain). — Ces microbes se développent dans le pain et lui communiquent, lorsqu'ils sont abondants, une odeur particulière en même temps qu'il devient gras et impropre à la consommation (pain qui file).
Le pain préparé uniquement au levain (c’est-à-dire sans levure) doit son développement à ce Bacille. Sans levain, en laissant pendant quelques heures la farine humectée à une température de 35°, le microscope fait voir, sous un grossissement de 400 à 500 diamètres, des petits bâtonnets très étroits, six fois plus longs que larges,et mobiles dans l’eau de la préparation : c’est le Bacillus panificans. Il est surtout remarquable lorsque l’on ajoute à la préparation une goutte de solution d’iode. Ce microorganisme préexistait dans la farine; en effet, de nombreuses observations l'ont fait reconnaître sur les grains des épis de seigle, d’épeautre et de toutes les céréales, pendant l’époque de la moisson. Il est tout aussi répandu au nord qu'au midi. M. Laurent estime qu'il peut y en avoir 500.000 dans 1 gramme de pain, ce qui fait un minimum de 250.000.000 de microbes par livre de mie de pain 1. «Ces chiffres, ajoute ce physiologiste, peuvent faire frémir les personnes pour qui les microbes sont d’affreux croque-mitaines; elles auraient tort : ces Bacilles né sont pas seulement inoffensifs, ils nous aident puissamment dans la digestion des aliments. »
Les microbes du pain ne sont pas détruits par la euisson, puisqu'ils ne sont pas tués à une température de 100, prolongée pendant au moins dix minutes, ce qui permet de conclure qu’à partir d’une profondeur de 7-8 m/m dans la mie, ils restent parfaitement intacts. Ces microbes ne sont: pas même détruits par l’estomac. On les retrouve en quantité énorme dans les selles et même dans les fosses d’aisances, où ils sont encore nécessaires en rendant les résidus organiques utilisables au profit des céréales, des plantes maraîchères, etc.
Pain visqueux ou pain qui file. — Le pain visqueux est produit par le B. panificans lorsque la mie est insuffisamment acide et que la température ambiante est élevée; aussi suffit-il d’ajouter à la pâte un peu de:
1 Le travail du Saccharomyces où Levure de bière n’empèche pas celui du Bacillus panificans, comme le démontre très bien le cas de « pain qui file », puisque cette maladie de notre premier aliment survient aussi dans le pain prépare au moyen de Levures.
202 SCHIZOMYCÈTES. — LEPTOTHRIX, SPIRILLUM.
vinaigre pour que cette maladie du pain soit prévenue(1-2 litres de vinaigre par 400 kil. de farine).
B. subtilis Fitz, Bacillus aethylicus Kitz (Bacille du foin). — C'est un des Bacilles les plus répandus, il existe dans toutes les décoctions de foin et d’autres matières végétales. — [. 6 L.
C’est ce microbe qui résiste le mieux à la chaleur. — On peut utiliser ce Bacille pour la fabrication de l'alcool éthylique en suivant le procédé de Fitz. D'après ce savant, le B. subtilis provoque la fermentation d’un liquide contenant trente parties de glycérine, une partie d'extrait de viande de Liebig et cinq parties de carbonate de calcium précipité. Ge liquide est ensemencé avec de l’eau de lavage du foin, porté à l’ébullition — ébullition qui peut être prolongée pendant trois à cinq minutes — et abandonné à l'étuve dans un récipient fermé par un tampon de ouate, et à une température.de 400, Au bout de quelques jours, une goutte de ce liquide peut servir à ensemencer une nouvelle portion de la liqueur glycérique, que l'on aura soin de stériliser auparavant en la maintenant à une température de 1100,
Le travail de ce Bacille est assez lent; la fermentation n’est complètement achevée qu'après sept semaines, alors les Bacilles ou leurs spores forment
un dépôt au fond du liquide qui contient près de 13 d’alcool pour 100 de glycérine.
Leptothrix.
Cellules filamenteuses très grêles et allongées, mais non ramifiées. — Lorsque les filaments sont bifurqués, ramifiés, ils appartiennent aux Cladothrixæ. Nous avons figuré le C{. dichotoma. CGohn, fig. 7. — En masses flottantes sur les eaux stagnantes et les infusions des Algues en décomposition.
L. bucalis Robin (Z. de la bouche). — Dans la matière qui recouvre la base des dents.
L. Kuhniania Raben. (L. de Kuhnian). — Dans les puits en petites touffes
blanches ou brunâtres et dans les tuyaux de conduites d’eau qu'ils obstruent parfois.
Spirillum.
Cellules spiralées, raides.
S. Finklerii (S. de Finkler, Bacille du choléra nostras). — Dans les déjections des personnes mortes du choléra nostras.
S. cholerae asiaticae Koch (Bacille du choléra asiatique, Bacille en virgule), fig. 6. — Les cellules sont isolées ou attachées l’une à l’autre de manière à former des S$. Elles sont très mobiles. — Dans les déjections des personnes atteintes du choléra. — Ces microbes sont détruits par la sécheresse et par les antiseptiques, du moins ceux des cultures; on les cultive sur gelée nutritive, où ils s’enfoncent en formant de petites excavations.
SCHIZOMYCÈTES. — SARCINA. 203
S. volutans Gohn (S. en volute), fig. 4. — Dans diverses infusions et dans l'eau des marais. La figure indique que chaque extrémité de ce microbe est munie d’un eil mobile désigné sous le nom de flagellum. — L. 25 à 30 1.
Sarecina, fig. 8.
Cellules se dissociant en cubes ou si l’on veut se divisant en croix, les cellules secondaires restant réunies, et ressemblant à des paquets liés par des cordons en croix.
S. urinae Welker (S. de l'urine). — Dans la vessie. Réunies en colonies de 8 à 64 cellules.
S. ventriculi Goodsir (S. de l'intestin). — Se trouvent en petits paquets de forme cubique à coins arrondis, dans l’estomac de l’homme et des animaux. On en a observé aussi dans les matières vomies. — D. 4 1.
Sous ce titre on désigne quantité de Champignons ne parvenant pas à l’état fructifère, ou des états (spermogonies, pycnides, conidies) d’autres espèces classées antérieurement, tout particulièrement chez les Ascomycètes.
Parmi les Champignons imparfaits, plusieurs auteurs rangent même les Saccharomyces qui sont certainement les Ascomycètes les plus rudimentaires.
A. Spores (spermaties ou stylospores) libres, c’est-à-dire non renfermées dans des asques mais Contenues dans un pere qui n’est autre qu'une spermogonie ou un pyenide. . . + - : SPHAEROPSIDÉES Sacc.
B.. Spores libres non ROUES sas un nérithèces 1. Spores (conidies) formant des amas d’abord sous-épidermiques puis érumpants.
MÉLANCONIDÉES Sace.
2. Spores (conidies) portées sur des filaments plus ou moins développés. Espèces
superficielles ou subsuperficielles. . . . . . HYPHOMYCÈTES Sacc. C. Filaments subsimples, presque diaphanes, agrégés, en dE à la face inférieure des feuilles, et toujours stériles (Erineum) . . . . . . . PSEUDOo-MYcÈTEs.
D. Masses souvent cornées, cutinisées et toujours stériles, RHIZOMORPHES et SCLÉROTES.
La légion des Æyphomycètes comprend le groupe très important des MUCÉDINÉES, lequel renferme les Moisissures non Oomvycètes les plus communes : Penicillum, Aspergillus, PI. X, f. 2, Sterigmatocystis, PI. X, f. 3, Monilia, Oidium, Tubercularia, Pilacre, qui, à l’état parfait, se rangent dans l’ordre des Ascomycètes.
Tuberculariées. — Les espèces de cette catégorie sont les états coni-
diens d’autres genres (Ascomycètes généralement). Le Tubercularia vulgaris Tode, ressemblant à des têtes rouges d’allumettes, est assez commun sur les branches et les rameaux morts.
Le Pilacre Petersii B., qui appartient cependant à une autre catégorie de Champignons imparfaits, ressemble à vue, sinon la teinte plus brune, au Tubercularia vulgaris. Ge Ghampignon se rencontre sur les branches mortes,
‘les troncs abattus du charme.
Oïdium Link.—Les espèces de ce genre (?) sont des conidies d’Erysiphées, famille des Périsporiacées. Ce sont des filaments simples ou rameux, très petits, couchés ou dressés, distincts ou en touffes, à peine entrecroisés, en un mot de très petites moisissures venant sur les feuilles, les fruits putréfiés : O. fructigenum Kunze, sur les poires et les pêches gâtées; O0. Chartarum Lk, petites taches noires sur le papier gardé dans les lieux humides; ©. erysiphoïdes Fries, sur les feuilles vivantes du houblon, du groseillier; ©. leuconium Desm., commun sur les feuilles vivantes des Rosacées. — L'Oidium le plus redoutable est l'O. Tuckeri Berk. Il se développe sur les feuilles et surtout sur les fruits de la vigne et produit la désorganisation des grains de raisin.
Erineum Pers. — Ce sont de petites moisissures également, agrégées en groupe à la face inférieure des feuilles. On rencontre très souvent des Erineum sur les feuilles des tilleuls, noyers, aulnes, ronces, vignes, fauxplatanes, aubépines, etc.; ils portent le nom spécifique de l'arbre sur lequel on les observe : Æ. tiliaceum, E. juglandinum, E. alneum, E. rubi, E. vilis, E. pseudo-platani, E. oxyacanthae, etc.
Rhizomorphes. — Si le champignon se développe sous forme de cordon plus ou moins gros, çà et là ramifié, ressemblant à des racines, cetétat est désigné sous le nom de rhizomorphe. L’Agaricus melleus fournit souvent un des exemples les plus connus; sous cette forme, il attaque ordinairement les racines, celles des pins particulièrement, occasionne une maladie rapidement mortelle et dévaste ainsi les forêts. C’est entre le bois et le liber que serpentent les cordons de cet Agaric. En se ramifiant, en s’anastomosant, ils enveloppent enfin le bois d’une sorte de manteau; la mort de l’arbre est tellement rapide que le Ghampignon lui-même ne peut s'élever à plus de 0m,50 au-dessus du sol, faute de nourriture. L'arbre mort, cette Crypto-
.game traverse l'écorce, s’allonge en forme de stolons et va à la recherche de nouvelles racines; ainsi la maladie gagne de proche en proche tous les arbres de la forêt. À la longue, ces rhizomorphes se cutinisent, mais avant, les intra-radicaux sont phosphorescents au contact de l'air, tandis que les terrestres ne luisent pas dans l'obscurité. On peut cultiver l’Agaricus melleus, à partir des spores, dans une décoction de pruneaux, et produire par suite ce beau phénomène de phosphorescence. Les espèces suivantes produisent aussi des rhizomorphes phosphorescents : Lenailes betulinus, Trametes pini, Polyporus ignarius.
Selérotes. — Certaines espèces — appartenant à différents ordres — amassent des substances de réserve qui cutinisent, colorent leur couche périphérique, passent de suite à l’état de vie latente, et constituent des corps de consistance dure, cornée, désignés sous le nom de selérotes. Au retour de conditions favorables, ces selérotes germent en quelque sorte et produisent de nouveaux thalles, ou directement des spores. Le sclérote le mieux connu est l’Ergot du seigle (Claviceps purpurea), PI. X, fig. 5. On trouve aussi des sclérotes sur les feuilles du peuplier et d’autres arbres.