II. — Pas de paraphylles
* Feuilles seulement dressées, étalées, et non homotropes ni recourbées en dehors.
H. triquetrum Sch. — Tige robuste (15-20 cent.), dénudée à la base, dressée, raide, rougeâtre, émettant des rameaux simples en tous sens, sou- vent arqués en dehors, ordinairement atténués. Gazon lâche, étendu, d’un vert jaunâtre, décoloré à l’intérieur. Feuilles caulinaires (5-5 : X 3 m/m) largement ovales-deltoïdes, assez longuement rétrécies-acuminées, très étalées en tous sens, munies de 3, 4 plis peu profonds. Feuilles supérieures des rameaux beaucoup petites, lancéolées-oblongues acuminées, sans plis. — Print. — Sur la terre : bois, buissons, haies, broussailles. C.
‘* Feuilles squarreuses non homotropes, mais étalées recourbées.
H. squarrosum Sch. — Tige de 8 à 15 cent., plus grêle, moins rigide que dans l'espèce précédente; sommet des branches principales obtus-étoilés. Gazon lâche, mou, d’un vert jaunâtre terne. Feuilles caulinaires (3 X 1 ? m/m) largement ovales, concaves à la base, rapidement contractées, lancéolées linéaires, finement acuminées, recourbées en tous sens. — Print. — Prairies un peu humides, endroits gramineux fortement ombragés ou exposés au nord. CC.
** Feuilles homotropes falciformes.
H. loreum Sch. — Tige robuste, ligneuse, de 10-20 cent., ne se dénudant pas, à branches irrégulièrement pennées; rameaux simples, inégaux, généralement arqués, atténués et se fixant par des radicules au contact du sol. Tapis étendu, lâche, d’un vert jaunâtre terne. Feuilles caulinaires (3 1-4 X 4 5-1 5 m/m) largement ovales, concaves, étroitement imbriquées, plissées à la base, rapidement contractées, lancéolées, longuement et très finement acuminées, lâchement homotropes. — Print. — Sur la terre à la base des troncs d'arbres dans les bois, sur les rochers. AR., bassin de la Meuse, R. ou RR., bassin de l’Escaut.
SPHAIGNES. 85
Classe I. — SPHAIGNES.
Les Sphaignes forment une classe de l’embranchement des Muscinées; elles ressemblent beaucoup aux Mousses avec lesquelles elles sont confondues par le vulgaire.
Une fois prévenu, l'observateur le moins minutieux les distinguera aisément par leur port, leur couleur et aussi par les lieux qu’elles recherchent.
PLANCHE 11, — SPHAIGNES,
1. Port d’une Sphaigne, #. capsule. — 2. Fragment de la tige grossi, portant deux châtons mâles, » et une fleur femelle, j. — 3. Châton dégarni de feuilles inférieures pour montrer les anthéridies; les trois anthéridies inférieures ayant laissé échapper leurs anthérozoïdes. —- 4, A. coupe d’un fragment d’une feuille de Sphaigne, B. face supérieure de cette feuille; dans l’une et l’autre figure : c. grandes cellules hyalines cloisonnées, ch. cellules chlorophylleuses (au microscope).
86 À SPHAIGNES.
Les Sphaignes habitent ordinairement les marais; on en trouve dans les
fossés marécageux et sur les montagnes humides. En Belgique, elles sont
particulièrement communes dans la Campine et dans l’Ardenne. Ces végé-
taux sont généralement d’un vert glauque ou blanchâtre, parfois rougeâtres
ou pourpres; leurs tiges molles se terminent par des faisceaux de rameauæ simples, rapprochés au sommet (fig. 1), mais se distançant au fur et à mesure
de l'allongement de la tige. Ge caractère les fera distinguer à première vue
des Mousses proprement dites. Les feuilles des Sphaignes sont {oujours
énerves et composées de deux sortes de cellules : les unes, petites (ch, fig. 4),
chlorophylleuses ; les autres (€, fig. 4), plus allongées et munies de plusieurs
cloisons; mais ces deux derniers caractères sont du ressort de la micro-
graphie. L'organisation de la tige est aussi particulière et différente de celle
des Mousses. La fécondation a des rapports très grands avec celle des Mousses
et des Hépatiques.Toutefois, le développement de la fructification diffère assez
bien : la capsule, plus ou moins sphérique, est portée par un pseudopode que
l’on ne doit pas confondre avec le pédicelle de la capsule des Mousses. Ge pied,
comme chez les Hépatiques, s’allonge après le développement de la capsule,
et la coiffe (ou débris de l’archégone) se trouve entre l’extrémité supérieure » du pseudopode et la capsule, position différente de celle adoptée par les
Mousses, et les Hépatiques comme nous le verrons plus loin. — La capsule est munie d’un opereule et dépourvue de péristome.
En somme, les Sphagnum sont peu éloignés des Mousses; aussi, un éminent botaniste les rapproche-t-il des Andrééacées et forme, par la réunion de ces deux genres, l’ordre des Sphagninées. L’embranchement des Muscinées, selon ce naturaliste, se divise comme suit :