Bryinées. À 3 Bryacées
“al Riceciacees.
Les Sphaignes sont remarquables par la facilité qu’elles ont d’absorber les eaux des pluies, des orages et de les répartir ensuite pendant les jours de sécheresse. M. l’abbé Boulay a calculé que les mousses de l’arrondissement de Saint-Dié, sur une surface de 30.000 hectares, absorbent, après quelques jours de sécheresse, au moins 1.500.000 mètres cubes d’eau. Ce
seul chiffre indique qu’il serait imprévoyant de détruire les mousses des plateaux et surtout des collines. Non seulement, les Sphaignes répartissent, après les pluies, les eaux accumulées dans leurs cellules, mais elles les. filtrent, les clarifient. — En plongeant dans un verre d’eau ou de tout autre liquide des tiges de Sphaignes, et les recourbant extérieurement, ces petits végétaux font l'office de siphon et de filtre, expérience que chacun peut facilement vérifier. L ë
Les Sphaignes vivent dans les tourbières, et la tourbe n’est, en presque totalité, que la partie ancienne de ces végétaux mi-décomposée et mélangée à quelques débris de plantes des marécages.
Les espèces les plus robustes de ce genre, à feuilles obtuses ou peu aiguës et assez bien imbriquées, appartiennent en généralité aux Gymbifoliées dont le Sph. cymbifoliumHedw. est le type. A ce type, se rattachent les sous-espèces Sph. medium Limpr., papillosum Lindb., Austini, Sulliv., et une infinité de variétés et de formes. Les espèces les plus communes, à feuilles plus étroites, acuminées, parfois un peu homotropes, se rangent ordinairement dans les Subsecundées dont le Sph. subsecundum Nees. est le type, auquel serattachent les Sph. tenelluim Ehrh., luricinum Spruce, Pylaiei Brid. Enfin, on compte en Belgique quinze espèces de Sphaignes et plus de cent formes
et variétés. Pour les étudier, il faut être muni d’un bon microscope el d’une certaine perspicacité.
Classe IL. — HÉPATIQUES.
Dans le langage ordinaire, les Hépatiques sont confondues avec ‘les Mousses; elles sont d’ailleurs relativement plus rares et généralement moins apparentes.
Au point de vue végétatif, on les divise en deux sections : les Frondacées etles Foliacées.
Par Frondacées, on entend les Hépatiques membraneuses s’étalant sur la terre, plus rarement sur les rochers et les troncs d'arbres, sous forme d’expansions foliacées vertes, plus ou moins adhérentes, désignées sous le nom de frondes.
Les Hépatiques foliacées se rapprochent le plus des Mousses. Comme elles, elles sont munies de tiges garnies de feuilles petites; elles en diffèrent déjà toutefois par l'appareil végétatif : la texture est plus uniforme, les cellules sont généralement hexag'onales, enfin, les feuilles ne sont jamais munies de nervure; leur disposition sur la tige rappelle celle des Fissidens et de toutes les Mousses à feuilles distiques. Gomme chez les Mousses, les feuilles des Hépatiques sont composées d’une seule épaisseur de cellules. . — Il y a quelques termes spéciaux : on dit qu’une feuille est succube,
lorsque la supérieure recouvre partiellement la feuille inférieure, Elle est …
incube dans le sens opposé, c’est-à-dire quand la feuille inférieure recouvre partiellement la feuille supérieure. Gomme chez les Mousses, les feuilles des
Hépatiques sont sessiles, mais de forme ovale-arrondie (cas plus our
moins exceptionnel chez les Mousses); leur limbe n’est pas toujours entier, souvent il est divisé en deux ou plusieurs lobes. Ges lobes sont égaux ou inégaux, parfois eiliés, linéaires et atteignant la base de la feuille, L'examen de celle-ci est donc d’une grande utilité.
Amphigastres (am, f. 3). — A la partie inférieure des jeunes rameaux, et plus particulièrement sur ceux portant des fructifications, on rencontre, chez quantités d'espèces foliacées, des petites feuilles supplémentaires différant des autres, d’abord par leur position (face inférieure des rameaux), ensuite par leurs dimensions et leurs formes. Parfois elles sont très réduites, mais toujours composées de plusieurs cellules, ce qui les fait différer des radicules — celles-ci formées d’une seule cellule. Ges organes supplémentairés ont reçu le nom d’amphigastres.
Les Hépatiques frondacées sont réduites, au point de vue végétatif comme nous l'avons dit, à une expansion foliacée-membraneuse, verte, ce qui fait différer celle-ci du thalle de certains Lichens. (On dit {halle chez les Lichens, et fronde chez les Hépatiques.) — Gette fronde, munie d’une nervure ou non, est plus ou moins élargie, lobée et formée de plusieurs couches de cellules. Plusieurs genres offrent des stomates à la partie supérieure de la fronde.
Organes de la reproduction. — Les fleurs des Hépatiques ont les plus grands rapports avec celles des Mousses; elles sont également très petites et peu visibles sans le secours des instruments optiques, parfois elles sont en châtons comme chez les Sphaignes.
Fructification. — La fructification des Hépatiques diffère assez bien cependant de celle des Mousses; c’est ce qui les caractérise et les distingue des deux classes précédentes. Chez les Jungermanniacées, la capsule (u, f. 5), ordinairement sphérique, se développe dans l’archégone, et, arrivée à la presque complète maturité, se trouve assez rapidement élevée par un pédicelle hyalin, faible et plus ou moins allongé. Le pédicelle (p, f. 5) des Hépatiques foliacées est, dans la généralité des genres, entouré de trois enveloppes : involucre, périanthe, coiffe.
. L’involucre est l'enveloppe la plus extérieure : elle est formée des feuilles caulinaires transformées, généralement plus grandes, plus dentées, parfois soudées inférieurement.
Le périanthe (per, f. 5) est formé d’une enveloppe monophylle (soudée en.
une pièce), oblongue ou subeylindrique, comprimée ou anguleuse, lisse où plissée. Le sommet offre une ouverture différant selon les genres : large ou rétrécie, entière ou lobée, dentée ou ciliée. Le périanthe a une teinte plus pâle que celle des feuilles; il dépasse l’involuere, excepté dans les genres Sarcoscyphus et Alicularia; il fait généralement défaut chez les Hépatiques frondacées.
La coiffe (ec, f. 5) reconnaît la même origine chez les Mousses et les Hépatiques : c’est la partie supérieure de l’archégone développé; chez ces der”