‹ Flore et Blanchefleur. Berthe aux grands pieds. Texte adaptéChapitre 2 sur 33 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Autrefois, mes amis, il y a bien des siècles, au pays que l’on nommaïit alors volontiers la « douce France », les grandes personnes aimaïent les belles histoires, — récits héroîques, ou contes merveilleux, autant que vous, peut-être même davantage. Lorsque s’interrompaient la guerre, la chasse ou les tournois, la vie s’écoulait monotone et triste dans les châteaux ; elle l'était plus encore sous le chaume des pauvres villages blottis au pied de leurs tours. Même dans les villes, les distractions manquaïient. Aussi conteurs et ménestrels étaient-ils accueillis partout avec joie, avec reconnaissance. Leurs récits demeuraient dans les mémoires. Colportés dans toute la France, ils s’en allaient souvent réjouir des contrées lointaines : nous les retrouvons jusque dans la Suède et l’Islande, déformés parfois il est vrai, mais bien vivants encore. Plus tard, du wi au xurr° siècle, des trouvères, inconnus pour la plupart composèrent

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