‹ Flore et Blanchefleur. Berthe aux grands pieds. Texte adaptéChapitre 3 sur 33 · AV ANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AV ANT-PROPOS

autour de ces récits d’interminables poèmes, que l’on appela Chansons de geste.

Le petit volume que voici vous présente deux de ces poèmes. Vous ne sauriez comprendre le très vieux langage dans lequel ils furent écrits, c’est pourquoi nous vous les offrons en français presque moderne, et, parce qu'ils sont très longs, nous les avons abrégés quelque peu. Un jour vous apprendrez, nous osons l’espérer, la langue de nos aïeux, ce vieux français si souple, aux mots naïfs, aux tours vifs et gracieux. Vous lirez alors ces deux Chansons, soit, si vous en avez le loisir et la patience, dans les manuscrits anciens conservés précieusement à la Bibliothèque Nationale, soit dans les belles éditions modernes qui les transcrivent exactement; vous en sentirez mieux ainsi la fraîcheur et le charme pénétrant.

La première, celle de Flore et Blanchefleur, fut composée à la fin du xm° siècle, nous ignorons par qui. La seconde, celle de Berthe aux grands pieds, par Adenet ou Adam le roi, né dans le duché de Brabant vers 1240. IL n’était point roi et l’on ne sait pas au juste d’où lui vint cet étrange surnom : peut-être lui fut-il donné pour marquer la considération dont l’entouraient ses contemporains.

Bien que les événements légendaires retracés par les deux poètes soient censés se dérouler au

Page 1