Frêne à petites feuilles. Fraxinus parvifolia. Lam
Feuilles à pétiole commun pubescent en dessus, de 7-13 folioles sessiles, petites, ne dépassant ps en général 3-4 centimètres de long, ovales-lancéolées, à i)ase cunéiforme, dentées dans leur moitié supérieure, minces, d'un vert pâle et pubescentes en dessous. Samares étroites, linéaires-oblongues, non cunéiformes à la base, tronquées ou faiblement échancrées au sommet. — Arbrisseau de 2-3 mètres d'élévation, sans aucune importance forestière, à bourgeons petits, glabres, d'un brun-ferrugineux. Littoral des environs de Montpellier. Flor. mars-avril. Fructif., juin-juillet (2).
(1) [Pour le motif indiqué dans la préface, je n'ai pas effacé cette espèce, mais l'étude d'échantillons d'herbier, des arbres, dans la région qui s'étend de Montpellier à Narbonne, m'a conduit à la même opinion que Winzig qui la réunit au frêne précédent (in EnglerBoL Jahrh,, IV, p. 174); c'est à peine s'il y a lieu de la considérer comme en étant une variété.]
(2) L'Algérie produit un frêne qui ne se rencontre point en France.
Frêne dimorphe. Fraxinus dimorpha. Coss. et Dur.
Feuilles variables; celles des premiers rameaux et des sujets mal venants petites, composées de 2-3 paires de folioles suborbiculaires ou obovales-oblongues, à dents obtuses, écartées ; celles des rameaux supérieurs florifères plus grandes, à 3-5 paires de folioles oblongues- lancéolées, aiguës, dentées en scie. Fleurs hermaphrodites, apétales, mais pourvues d'un calice, brièvement pédicellées, groupées en ombelles simples. Samares oblongues, un peu aiguës, entières et obtuses ou légèrement échancrées au sommet, accompagnées du calice persistant et
OLÉACÉES.
Bois.
Taille. Port.
DislribulioD et sol.
GermiDation et jeune plant.
§ II. Fleurs à périgone double, en thyrses terminaux. Filets des étamines allongés.
4. Frôneà fleurs. Fraxinus Ornus. Lin. Omuseuropœa. Pers. F. Florifera, DC. FI. fr.
Feuilles de 7-9 folioles sessiles, ovales ou elliptiques lancéolées, atténuées aux deux extrémités, dentées ; vertes et glabres en dessus, un peu plus pûles et légèrement pubescentes sur la côte en dessous dans la jeunesse. Fleurs paraissant avec les feuilles, généralement hermaphrodites à corolle blanche, bien plus longue que le calice et divisée presque jusqu'à la base en 4 lobes étroits, linéaires. Samares longuement oblongues-elliptiques, atténuées à la base, échancréesau
4 fois aussi longues que leur pédicelle. Arbre à tige tantôt buissonnante, tantôt simple et droite, s'élevant à 8-lz mètres. — Vallons des régions montagneuses de l'Algérie (Batna, Djebel-Tougour, mont Aurès), à une altitude de 1,200-1,800 mètres, où il est assez commun ; Djurjura et montagnes du Sud oranais vers la frontière marocaine où il est rare. Flor., avril-mai. Fructif., juin-août.
Les échantillons de ce bois, que possède la collection de l'Ecole forestière, sont d'une végétation excessivement lente (corps ligneux de 13 centimètres de diamètre à 180 ans environ). Le bois en est très dur, très lourd, satiné, blanchâtre, largement coloré au cœur de brun-jaunâtre clair.
Comme il a été dit dans la description, ce frêne se présente, tantôt sous forme arbustive, tantôt en arbres : sous le premier état, il garde souvent jusqu'à un âge assez avancé ses petites feuilles, et reste stérile, semble-t-il ; il a la ramification très serrée ; ses rameaux naturellement divariqués, très rigides, sont parfois vulnérants à l'extrémité. Il mérite parfaitement le nom de frêne épineux qui lui est donné par les forestiers algériens. Il porte souvent des broussins.
Comme ses congénères européens, ce frêne n'est point un^ espèce sociale ; il est distribué fort irrégulièrement, faisant, même dans les régions qu'il habite, défaut sur de larges surfaces. On le rencontre tantôt en terrain sec et c'est là qu'on observe ces sujets buissonnants dont il a été question plus haut, tantôt un sol frais, au boixl des ruisseaux notamment^ où il acquiert ses plus belles dimensions.
D'après des observations faites à la pépinière de Bellefontaine, le jeune plant est pourvu de deux feuilles cotylédonaires elliptiques ; au nout de la première année, il a un pivot très prononcé avec de fortes racines latérales ; la tige se développe assez fortement, puisqu'elle peut atteindre 288 millimètres au dessus des feuilles cotylédonaires ; les feuilles sont les unes simples, les autres et en plus grand nombre d'abord à trois puis à cinq folioles.
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sommet. — Arbre de 7-8 mètres, à ramification bien plus fournie que celle des précédents, à inflorescences terminales dressées, formant des panaches très élégants, feuilles à la base ; dont les bourgeons sont bruns, saupoudrés de gris.
Var.a. Frêne à fleurs, argenté. Feuilles blanchâtres-argentées en dessous. F, argentea, Loisel,
Alpes-Maritimes et Corse où se trouve aussi la variété argentée et où il est commun dans les endroits frais. Cultivé en outre comme arbre d'ornement jusque dans le Nord. Flor., mai-juin. Fructif., août-septembre.
Complètement desséché à l'air, le bois pèse 0.78 {Coll. Ec. For.).
C'est du frêne à fleurs qu'on obtient, dans l'Italie méridionale, la substance connue sous le nom de manne.
GENRE II. •— LILAS. lllAC, Toumef.
Fleurs hermaphrodites; calice persistant, 4-denté; corolle tubuleuse, 4-partite; capsule presque ligneuse, biloculaire, loculicide, dont chaque loçe est bisperme. — Arbrisseaux à feuilles simples, entières, caduques, à nervation secondaire pennée-rameuse; dont les Dourgeons sont gros, aigus, revêtus d'écaillés imbriauées presque herbacées, opposées-croisées, et dont les âeurs sont en thyrses terminaux. Le bourgeon terminal du lilas avorte souvent, de sorte que chaque rameau présente à son sommet 2 gros bourgeons floraux axillaires.
Bots. — Tissu fibreux très serré et à parois épaisses, plus compact et un peu plus coloré dans le bois de printemps que dans celui d'automne ; rayons nombreux, très minces, égaux ; vaisseaux fins et très fins, les premiers disposés en une zone poreuse très étroite au commencement de chaque couche; les seconds isolés ou réunis par 2-3 et uniformément répartis dans la zone moyenne et dans l'externe. Bois très dur et lourd, dont les accroissements se distinguent assez aisément.
liilas commun. Lilac vuloaris. Lam. Syringa vulgaris. Lin.
Feuilles pétiolées, fermes, lisses et glabres, cordiformes à la base, ovales-orbiculaires, acuminées au sommet. Fleurs odorantes, lilas ou blanches, à corolle infundibuliforme, dont les lobes sont concaves. — Arbrisseau de 3-5 mètres, rameux dès la base. Originaire d'Orient, mais très fréquemment cultivé et subspontané çà et là. Flor., avril-mai. Fructif., septembre.
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Le bois du lilas a le grain fin, très homogène, mais il est très raide et sujet à se gercer largement et profondément ; la fibre en est le plus souvent torse. Contrairement à ce qui s'observe dans la
Elupart des bois, il est sensiblement plus coloré au ord interne qu'au bord externe de chaque accroissement. Blanc dans l'ensemble, il devient irrégulièrement brun clair au cœur, veiné de brun-rougecramoisi. Complètement desséché â l'air, il pèse 0,991 {Coll. Éc. For.).
GENRE m. — TROENE. LIGUSTRUM. Tounief.
Fleurs hermaphrodites ; calice très courtement 4-denté ; corolle infundlDullforme, à limbe 4-partite; étamines non saillantes; baie à 2 loges 2-4 spermes. — Arbrisseaux à feuilles simples, entières, caduques, à fleurs en thyrses terminaux et à bourgeons ovolaes-aiçus, petits, dont les écailles sont imbriquées, opposées-croisées, presque herbacées.
Bois, — Tissu fibreux très serré, fortement épaissi; rayons nombreux, égaux, très minces; vaisseaux inégaux, fins et très fins, formant, associés à du parenchyme ligneux, une zone poreuse dans le bois de printemps, décroissants en nombre et en dimensions jusqu'au bord externe. Accroissements annuels distincts.
Troène commun. Liqustrum vulgare. Lin. Frésillon ; Bois noir ; Raisin de chien ; Puine, en Normandie ; Puin, dans la Somme.
Feuilles courtement pétiolées, elliptiques-lancéolées, un peu coriaces, parfois persistantes en partie pendant l'hiver, entières, vertes et glabres sur les deux faces ; nervure médiane dominante, les latérales à peine visibles. Fleurs blanches, odorantes. Baie globuleuse, noire, persistante jusqu'au printemps. — Arbrisseau de 2-3 mètres, à rameaux droits, allongés, flexibles, à écorce d'un gris-brunâtre, un peu verruqueuse. Très commun dans les haies et dans les bois, surtout sur les sols secs et pierreux des plaines, des collines et des basses montagnes ae France. Flor, mai-juin. Fructif., septembre.
Le troène, en raison de ses dimensions restreintes et de la lenteur de son accroissement, n'a qu'une très faible importance forestière, quoique son bois, lourd, dur, tenace, élastique, ait de bonnes quali-
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tés. Ce bois est blanc, flambé et veiné de brunâtre Bois, au cœur. Il pèse complètement desséché à Tair, 0,92 (Coll. Éc. For).
On plante fréquemment le troène dans les jardins Usages et on en fait de jolies haies et bordures, qui restent accessoires, bien fournies et supportent très facilement la taille.
Les jeunes pousses servent à la vannerie fine ; les baies renferment une matière tinctoriale d'un noir-violacé, utilisée par les chapeliers, gantiers, teinturiers ; les graines peuvent produire une bonne huile à brûler.
GENRE IV. — OLIVIER. OLEÀ. Toumef.
Calice 4-denté ; corolle courtement tubuleuse, à limbe 4-partite ; étamines saillantes. Nuculaine ovoïde, à noyau osseux 1-2 sperme. — Arbres à feuilles simples, entières, persistantes, à fleurs en petites grappes axillaires dressées.
Bois. — Tissu fibreux très fin, à ,'parois très épaisses; rayons très minces, égaux, nombreux; vaisseaux assez al>ondants, égaux, fins, isolés ou réunis 2-7 en groupes irréguliers, principalement rayonnants, uniformément répartis ou ayant une tendance à se disposer en zones concentriques ; parenchyme ligneux en relation avec les vaisseaux et les entourant, eux ou les groupes qu'ils forment. Bois sans aubier apparent, extrêmement dur, homogène, compact, dont il est à peu près impossible de distinguer les accroissements.
Olivier d'ESurope. Olea EUROPiCA. Lin.
Feuilles simples, coriaces, persistantes, ovales-oblongues, atténuées en un court pétiole ; pointues ou mucronées, très entières et enroulées sur les bords ; glabres, vertes et ponctuées de blanc en dessus, blanches-écailleuses en dessous ; nervure médiane seule apparente. Fleurs blanches ; calice en coupe, à 4 dents larges, peu profondes ; corolle à 4 lobes arrondis. Nuculaine ovoïde, verte. — Arbre souvent rameux dès la base, inerme ou épineux, à rameaux d'un blanc-grisâtre, feuillage d'un vert cendré, écorce formant à un certain âge un rhytidome jaune-brunâtre, rugueux-écailleux, densément crevassé en long et en travers. France méridionale méditerranéenne, où il caractérise une région très naturelle, la région des oliviers ; Corse ; très commun en Algérie. Flor., mai. Fructif., septembre-octobre.
L'olivier [parait être originaire de la Syrie, de Origine. TAnatolie et des lies voisines, il] est cultivé en France
OLÉACiES.
Taille.
Croissance.
StalioD et sol.
Bois.
Fruit.
SOUS un grand nombre de variétés et [s'y est naturalisé de môme qu']en Corse et en Algérie ; [dans ce dernier pays il est très commun, il se comporte si bien comme une espèce spontanée que son indigénat a été admis par plusieurs botanistes de grande compétence]. Il forme souvent un buisson de 3-7 mètres, mais il peut devenir un arbre de 10-15 mètres d'élévation et de 1-6 mètres de circonférence. La végétation en est lente, le tempérament très robuste ; il ne supporte ni le couvert, ni l'état de massif. Il repousse vigoureusement de souche.
Il recherche les sols secs, légers, les expositions chaudes des pays de collines.
Le bois est l'un des plus compactes et des plus homogènes que l'on connaisse ; il est de couleur chamois-jaunâtre ou olivâtre, très irrégulièrement marbré au cœur de veines fines, nombreuses, entrelacées d'un brun-noirâtre. Il est susceptible d'un très beau poli, se travaille bien, se tourne encore mieux ; est très recherché en ébénisterie, marqueterie, tabletterie, sculpture, etc. Il pèse, complètement desséchéà l'air, 0,836-1,117 (Co//. Ec. For.). C'est un des meilleurs bois de chauflEage connus ; il produit un charbon de première qualité.
L'huile d'olive est extraite du péricarpe du fruit ; ses qualités et sa valeur rendent l'olivier très précieux et en font, dans les contrées méridionales, un arbre de grande culture. On peut également obtenir de bonne huile de l'olivier à l'état sauvage, mais en moindre quantité.
GENRE V. - PHILARIA. PHILLYREA, Toumef.
Fleurs hermaphrodites ; calice 4-denté ; corolle 4-partite, à tube court et limbe étalé; étamlnes saillantes; drune fi'lobuleuse. à novau monosDerme(DaravortGmGnt).
OLÉACÉES. 251
Bois. — L*un des mieux caractérisés. Tissu fibreux très fin, à parois très épaisses; rayons égaux, très minces, moyennement serrés ; vaisseaux nombreux, égaux, très fins, réunis par du parenchyme ligneux et complètement groupés, ae manière à produire sur la section transversale des lignes rayonnantes ondulées et rameuses, blanchâtres, formant dans leur ensemble un réseau très nettement accusé ; une ligne simple de vaisseaux semblables, espacés au commencement de chaque couche. — Le bois des philarias est très dur, homogène, blanchâtre ou légèrement jaunâtre, coloré et veiné au centre des vieux pieds de brunâtre ou de brun-noirâtre. Les accroissements se distinguent difficilement quoique séparés par des lignes mates très fines.
A. Feuilles jamais cordiformes à la base. Fruit surmonté par une pointe.
B. Feuilles étroitement elliçti-
3ues, entières ou à peine entées au sommet P. a feuilles étroites. 1
B*. Feuilles ovales-lancéolées, entières ou dentées P. intermédiaire 2
A'. Feuilles, au moins les inférieures, légèrement cordiformes à la base, toujours dentéesépineuses. Fruit ombiliqué, non surmonté d'une pointe. . P. a larges feuilles . . 3
1. Philaria à feuilles étroites. Phillyrea angusti- FOLiA. Lin.
Feuilles courtement pétiolées, persistantes, étroitement elliptiques-lancéolées, entières ou avec quelques traces de dentelures vera l'extrémité, glabres, luisantes en dessus, vertes sur les deux faces. Fruits apiculés. — Arbrisseau de 1-2 mètres d'élévation. Commun dans la région des oliviers, notamment en Corse, dont il peuple les maquis, en compagnie des chênes yeuses, lentisques, myrtes, arbousiers, etc. Remonte vers l'Ouest jusqu'à l'île d'Aix; vers l'Est jusque dans la Drôme; Algérie. Flor., avril-mai. Fructif., août-septembre.
Le bois a pour densité, 0,936-1,027 (ColL Éc. Far.).
2. Philaria intex*médiaire. Phillyrea média. Lin. Feuilles ovales ou ovales-lancéolées, entières ou dentées ;
fruit apiculé au sommet. -- Arbrisseau voisin du précédent, dont il n'est peut-être qu'une variété ; croit dans les mêmes lieux, remonte dans l'Ouest jusqu'en Vendée. Flor., avril-mai. Fructif., août-septembre.
Le bois a pour densité, 0,963-1,115 (ColL Ec. For.).
252 OLÉACÉeS. — JA8MINÉES.
3. Philarta à largee feuillee. Phxlltrea i.atifolia. Lin. P, stricta, BertoL
Feuilles ovales-lancéolées ou ovales-oblongues, dentées-épineuses ; les inférieures légèrement cordiformes à la base. Fruit non apiculé, obtus, ombiliqué. — Arbrisseau et petit arbre de 6-8 mètres de hauteur sur 1 mètre à 1",50 de circonférence. Corse; Algérie. Flor., avril-mai. Fructif., août-septembre.
Le philaria à larges feuilles, la plus grande espèce du genre, ressemble beaucoup au nerprun alaterne par le feuillage persistant, par le port et môme par le bois ; mais il a les feuilles opposées et non alternes, et le bois n'a pas la teinte chaude et jaune de celui de Talaterne.
SiatioD et sol. Cet arbrisseau, particulièrement commun en Algérie, se plaît dans les sols légers et rocailleux des pays de collines ou de montagnes peu élevées. Il croît lentement, vit très vieux, repousse bien de ï^îs» souche, produit un bois très lourd, très dur, d'un grain serré, sujet à se tourmenter. Complètement desséché à rair, il pèse 0,746-1,051 {ColL Éc. For.).
Il pourrait probablement remplacer le gayac en beaucoup de ses emplois s'il n'avait l'inconvénient d'éclater comme du verre sous l'outil du tourneur ; il sert de menu bois de charronnage et donne un combustible et un charbon de première qualité.