Frêne commun. Fraxinus excelsior. Lin
Feuilles de 9-13 folioles oppositi-impari-pennées, sessiles, ovales-lancéolées, atténuées à la base, acuminées au sommet, aigument dentées, glabres et vertes en dessus, plus pâles et pubescentes auprès de la côte en dessous. Fleurs paraissant avant les feuilles, complètement nues, en panicules latérales dressées ; anthères d'un pourpre-noirâtre. Samares pendantes, oblongues, arrondies à la base, tronquées ou écnancrées à l'extrémité. — Grand arbre représenté par des pieds de trois sortes : hermaphrodites, mâles et femelles ; à ramification peu serrée, à branches étalées-dressées, à rameaux et ramules dressés ; ceux-ci robustes, à gros bourgeons d'un noir-velouté.
Var. a. Frêne commun à une feuille. F. excelsior, mono-
PHYLLA.
Feuille représentée par la foliole terminale seulement, qui ■ est très développée. Cette variété se rencontre parfois spontanée (forêts de Champenoux, de Haye aux environs de Nancy) et se produit assez souvent dans les semis, ainsi qu'une foule d'intermédiaires entre elle et le type (frênes à 3-5-7 feuilles) ; elle est souvent cultivée.
Bois de plaines, de collines ou de montagnes peu élevées, particulièrement dans les sols frais et fertiles. Flor., avrilmai. Fructif., septembre. Dissémination, hiver et printemps.
Le frêne est un grand arbre qui, dans de bonnes Tuille. conditions, peut atteindre et dépasser 33 mètres de hauteur sur 3 mètres de circonférence (un frêne coupé vers 1535, dans la Frise, à Cabaso, mesurait 8 mètres de circonférence), bien que son aptitude à croître dans des terrains très divers, même dans les sols secs, le fasse souvent rester en-dessous de ces dimensions. Sa tige est droite, cylindrique, éle- Pon. vée s'il croit en massifs ; peu droite et ramifiée à 6-8 mètres s'il est isolé. La cime, peu branchue et à rameaux redressés, est, dans la jeunesse, ovalepyramidale, souvent ramifiée dans le genre de celle des sapins, par faux verticilles; plus tard, elle s'arrondit. La tige s'y prolonge, à moins d'accidents, jusqu'à l'extrémité.
Le feuillage est léger, le couvert faible. Feuillage.
L'écorce, lisse et d'un gris-verdâtre ou jaunâtre Êcorce.
OLÉACÉES.
d'abord, a le liber non feuilleté, constitué par des faisceaux épars. Ce n'est qu'à un âge assez avancé qu'il se forme dans son intérieur des plaques de périderme, donnant naissance à un rhytidome persistant, semblable à celui du chêne, mais plus densément gerçure. Les portions extérieures du liber qui le composent se transforment en une sorte de liège granuleux-pierreux.
EDraciDement. La racine s'enfonce profondément dans la jeunesse et forme une soucne considérable, de laquelle partent quelques racines latérales, parfois drageonnantes, qui ne tardent pas à prendre le dessus et à se développer beaucoup en longueur et en grosseur. La totalité du bois souterrain équivaut à 14-15 p. 100 du volume entier.
Fruciificaiion. La fructification du frêne se produit assez régulièrement chaque année dans les pays de plaines ou de collines (1), mais dans la montagne, elle devient intermittente; à une année très productive succèdent une ou plusieurs années pendant lesquelles il serait souvent difficile de se procurer une seule semence. Elle a lieu en automne ; la dissémination ne se fait habituellement qu'au printemps suivant.
Germination. Récoltée en automne et semée immédiatement, la graine germe quelquefois en partie dès le printemps suivant, le plus souvent au bout de 18 mois ; semée au printemps, elle ne germe jamais que l'été d'après. Le mieux est de conserver les fruits du frêne en silos pendant une année avant de les semer; la levée des plants est alors rapide et complète. Le kilogramme contient 13,000 — 15,000 fruits, généralement de bonne qualité.
Le jeune plant parait en soulevant hors de terre la samare, dont l'albumen épuisé forme une coifite qui réunit ses deux cotylédons, comme chez les co-
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lève fort peu dans les premières années, et toute l'activité de la végétation est concentrée sur la racine, qui pivoté alors profondément. Vers 5 ans il Êrend son essor et le frêne peut être placé au nomre des essences à bois dur dont la croissance est la plus active et la plus soutenue.
Le frêne vient dans des conditions très diverses. Station et sol. C'est dans les plaines basses, dans les grandes vallées, dans les vallons à sol frais et fertile qu'on le rencontre le plus communément et qu'il atteint les plus belles dimensions ; il y est habituellement le compagnon de l'orme, de l'aune, du chêne pédoncule. Mais on le trouve aussi dans les montagnes, sans qu'il y atteigne cependant l'altitude du hêtre, et dans les sols secs des collines, pourvu qu'ils soient suffisamment meubles. Il ne refuse de croître que sur les terres compactes et tenaces.
Le bois de frêne est blanc, blanc légèrement rosé, Bois, nacré et onctueux au toucher quand il est travaillé, parfois flambé de brun au cœur; ses qualités essentielles sont l'élasticité et la ténacité; aussi est-il très recherché pour le charronnage (brancards, timons, etc.), pour la fabrication des rames, avirons, cercles de tonneaux, etc. Il se tourmente peu, n'est guère exposé à la vermoulure, reçoit un beaa
{)oli et peut servir à la menuiserie. Employé dans es constructions, il a une durée supérieure à celle du hêtre et du charme; néanmoins la pourriture l'atteint encore assez rapidement, surtout s'il est exposé à des alternatives de sécheresse et d'humidité.
Le frêne qui a été émondé forme quelquefois des broussins dont le bois est très ronceux ; on le recherche pour les ouvrages de tour et on le débite même en placage pour l'ébénisterie.
La densité du frêne, comme celle de tous les bois à vaisseaux fortement inégaux, est très variable et dépend beaucoup du mode de végétation. Si la croissance est lente, chaque couche est en majeure partie formée de la zone interne des gros vaisseaux
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et le bois qui en résulte est poreux, mou et léger ; si, au contraire, elle est active, chaque couche, sans oflErir une épaisseur notablement plus grande de cette zone poreuse, présente un développement beaucoup plus considérable de la zone externe, constituée par du tissu fibreux serré, dominant et des vaisseaux fins ; dans ce cas, le bois acquiert naturellement beaucoup plus de dureté et de pesanteur. Cependant, lorsque cet arbre croit dans un sol trop humide, malgré la rapidité de sa croissance, le bois qu'il produit perd beaucoup en densité, en ténacité et en souplesse.
Le frêne, complètement desséché à Tair, a une densité qui varie de 0,626 à 1,002 (Coll. Éc. For,),
Les recherches de T. Hartig sur la combustibilité du frêne de 100 ans, d'une densité de 0,69, comparé à du hêtre de 120, d'une densité é^le, l'un et l'autre à l'état sec, ont donné les résultats suivants :
Volumes et Poids égaux.
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Le frêne est, par conséquent, un bon combustible, mais il est bien inférieur au hêtre pour le chauffage à foyers ouverts des appartements, puisque sa chaleur rayonnante est peu élevée. Il fournit un bon charbon.
Produiis La feuille du frêne est, après celle de l'orme,
accessoires, l'une de celles qui produisent le meilleur fourrage. L'écorce ne contient presque pas de tannin, mais on y trouve une substance cristallisable encore peu connue, la fraxinine, qui est réputée fébrifuge.
2. Prône oxyphylle. Fraxinus oxyphylla. Bieb. Voisin du précédent, avec lequel on le confond souvent ;
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feuilles à folioles souvent moins nombreuses, 5-11, parfois même 3 seulement, plus étroites, prolongées en coin à la base, plus longuement acuminées, bordées de dents espacées et peu profondes, très aigués, très étalées et même réfléchies vers le sommet, dont chacune correspond à une nervure qui aboutit à son extrémité (dans le frêne commun chaque nervure correspond à 2 dents et aboutit à leur intervalle). Samares lancéolées-linéaires, atténuées aux deux extrémités, cunéiformes à la base, arrondies ou aiguës (F. rostrata Gms,), mais non échancrées et souvent mucronées au sommet. — Arbre moitié moins grand que le précédent, à bourgeons moyens et glabres, d'un brun-jaunâtre. Commun dans la France méridionale ; Algérie particulièrement commun dans le Djurjura où il s'élève jusqu'à 2,000 mètres. Flor., avril-mai.
Le bois est identique à celui de l'espèce précédente. Il pèse 0.756-0,869 {ColL Éc. For.),