Mûrier blanc. Morus alba. Lin
Feuilles longuement pétiolées, largement ovales-aiguês, obliquement cordiformes a la base, bordées de crosses dents inégales ou très diverseinent incisées-lobées, à sinus arrondis entiers et à lobes dentés ; minces, herbacées, d'un vert clair et glabres sur les deux faces, à l'exception des nervures et des aisselles qui sont légèrement pubescentes, surtout en dessous. Epis femelles égaux à leurs pédoncules qui sont prèles, ou plus longs qu'eux ; sépales glabres aux bords. Fruits petits, blancs, rosés ou noirs, de saveur fade et sucrée. — Arbre de taille moyenne; cultivé. Flor., avril-mai. Fructif., aoûtseptembre.
Origine. Le mûrier [longtemps considéré comme] originaire
de la Chine [parait y être venu de la Mongolie, être aussi indigène aux] Indes, [cultivé de temps immémorial en Chine], en Perse, il a été importé ensuite dans TEurope méridionale et arriva en France à la fin du XV® siècle ; il est cultivé sur une grande échelle pour ses feuilles, qui forment la nourriture des vers à soie ; on en connaît un grand nombre de variétés.
MOHÉES. 291
Abandonné à lui-même et croissant dans de TaiUe. bonnes conditions, le mûrier peut atteindre 15 à 18 mètres de hauteur sur 1 mètre à 1°*,50 de diamètre. Il a la croissance assez lente, une longévité assez élevée ; recherche les sols légers, redoute ceux qui Sols, sont humides et tenaces. Dans les contrées du Nord, où il craint les gelées pendant la jeunesse, il demande des situations abritées.
Malgré la distance qui sépare le mûrier du robi- Bois, nier en nomenclature, le premier produit im bois presque exactement semblable à celui du second
gir la texture, la couleur et les qualités supérieures, ependant le bois du mûrier peut encore se reconnaître aisément au réseau mieux accusé et beaucoup plus fin que dessinent sur la section transversale les petits vaisseaux associés à du parenchyme de la zone médiane et externe de chaque couche ; d'ailleurs, ce bois, d'un jaune clair à l'état frais, acquiert, avec le temps, une teinte d'un brun-rougeâtre, tandis que celui du robinier devient brunjaunâtre.
Comme dans le robinier, l'aubier est peu abondant, réduit à 3-5 couches ; il est blanc, nettement tranché.
Très propre à la boissellerie, au charronnage, ce bois fournit de bons échalas et d'excellents gournables (chevilles) pour les constructions navales ; sa couleur jaune et le beau poli qu'il reçoit le font aussi rechercher pour meubles. Il pèse, complètement desséché à Pair, 0,583-0,772 (ColL Ec, For,). Il prend un retrait de 15 p. 100 en se desséchant. [La récolte des feuilles exerce sur le bois du mûrier blanc, une influence considérable ; non seulement la largeur des couches annuelles est très sensiblement réduite, mais celles-ci sont formées surtout par du bois de printemps ; il en résulte que le bois a une densité plus faible. Dans la collection de l'Ecole forestière, celle des bois provenant d'arbres soumis à la cueillette des feuilles ne dépasse pas 0,652, densité atteinte par un échan-
MORÉES. — CELTIDÉES.
tillon du Var, alors que sous un climat beaucoup moins chaud, à Nancy, un échantillon fourni par un arbre normal en présente une de 0,712]. Écopce. L'écorce, à un certain âge, forme un rhytidome
épais, gris-brun, largement gerçure, subécailleux, persistant, composé de Tenveloppe subéreuse qui s'accroît et entre les lames de laquelle il se développe irrégulièrement, comme dans les vieux bouleaux, des plaques de tissu cellulaire extrêmement dur et presque pierreux. Le liber, qui présente aussi de semblables amas de cellules pierreuses, est formé de faisceaux très déliés qui ne sont ni groupés, ni anastomosés, et qui, par leur isolement, peuvent fournir des matières textiles d'une grande nnesse.