‹ Flore forestièreChapitre 180 sur 295 · Mûrier noir. Morus nigra. Lin · texte numérisé non relu

Mûrier noir. Morus nigra. Lin

Feuilles plus grandes que celles du mûrier blanc, à pétiole 4-5 fois plus court que le limbe ; largement ovales-aiguës, régulièrement et profondément cordiformes à la base, inégalement dentées, mais plus rarement incisées-lobées ; fermes, d'un vert foncé et pubescentes-scabres sur les deux faces. Epis femelles presque sessiles ou courtement pédoncules; sépales à bords hérissés. Fruits noirs, plus gros, aciduléssucrés. — Arbre de même taille que le précédent, originaire de la Perse septentrionale et de l'Arménie et cultivé comme fruitier. Flor., avril-mai. Fructif., août-septembre.

Le bois est entièrement semblable à celui du mûrier blanc. Il a pour densité, complètement desséché à rair, 0,672-0,820 {Coll. Éc. For,).

FAMILLE XLVIIL

CELTIDÉES. ENDL.

Fleurs hermaphrodites, exceptionnellement polygames, solitaires et axillaires ou en petites grappes, qui proviennent d'un rameau raccourci à fleurs solitaires, axillaires, à feuilles peu ou point développées; périgone caduc, à 5 divisions profondes ; 5 étamines opposées, à filets courbés, se redressant avec élasticité au moment de*la floraison; à anthères introrses, biloculaires, s'ouvrant en fentes longitudinales plus ou moins prolongées ; ovaire libre, uniloculaire, uniovulé ; 1 stigmate bifide. Drupe à

CELTIDÉES. 293

peine charnue, contenant un noyau monosperme. Graine albuminée. — Arbres à feuilles simples, alternes, aigument dentées, rudes et scabres, inéquilatérales, à stipules cadu(|ues ; nervures pennées, rameuses, les 3-5 de la base palmées. Sucs aqueux.

Bois, — Tissu fibreux dominant, à çarois épaisses, ordinairement plus serré et plus coloré vers le bord externe de chaque couche annuelle ; ra^rons peu serrés, sensiblement inégaux, moyennement épais-fins. — Vaisseaux associés à un parenchyme ligneux abondant, inégaux, gros — assez gros et rapprochés dans le bois de Srintemps, où ils forment une zone poreuse, devenant ns et très fins et de plus en plus disséminés dans le bois d'automne, où ils dessinent avec le parenchyme qui les réunit des lignes fines, ondulées, concentriques, souvent continues sur l'extrême limite des accroissements. — Bois blanc, blanc-grisâtre, quelquefois verdâtre (par commencement d'altération), sans aubier distinct; lourd, nerveux et très élastique.

GENRE UNIQUE. — MICOCOULIER. CELTIS. Lin,

Mêmes caractères que ceux de la famille.

Micocoulier de Provence. Celtis australis. Lin. Fabre-coulier ; Fanabrigou ; Alisier (dans certaines parties du Midi).

Feyilles distiques, pétiolées, ovales-lancéolées, inéquilatérales à la base, très longuement et finement acuminées au sommet, aigument dentées presque dès la base ; d'un vert foncé et scabres en dessus, mollement pubescentes, subtomenteuses et d'un vert-grisâtre en dessous. Fleurs vertes, solitaires, naissant à l'aisselle des feuilles et en même temps qu'elles, longuement pédonculées, hermaphrodites et quelquefois mâles ou femelles par avortement suivant les pieds. Drupe globuleuse, de la taille d'un gros pois, presque sèche, brunâtre, supportée par un pédoncule grêle, 2-3 fois aussi lonç que les pétioles. — Arbre de moyenne taille, à tige droite, cannelée, peu élevée, recouverte d'une écorce mince, grisâtre, lisse, même à un âge avancé, rappelant celle du hêti*e par la structure et les cellules pierreuses de son parenchyme

CELTIDEES.

Taille. Le micocoulier atteint 25 mètres de hauteur sur

3 mètres de circonférence ; il peut même dépasser ces dimensions et Ton en cite un pied, sur la place d'Aix, qui s'élève au-dessus de tous les édifices qui l'environnent, mesure 5",61 de circonférence à 1 mètre du sol et dont l'âge est d'environ 500 ans.

Enracinement. L'enracinement est puissant, pivotant et traçant. Les racines drageonnent; les souches produisent des rejets abondants, d'une grande vigueur. Le couvert est léger.

Fructification. Le micocoulier fructifie assez jeune, mais par intermittences, et reste quelquefois deux années sans rien produire.

Germination.

Station et sol.

Bois.

La graine, semée en automne, germe dès le printemps ; si l'on attend cette dernière saison pour le semis, le fruit reste généralement un an en terre et le jeune plant ne paraît qu'au printemps suivant. Ce jeune plant, pourvu de deux grosses feuilles cotylédonaires, écnancrées au sommet, atteint dans la première année 15-20 centimètres de hauteur. Sa croissance est rapide dans les années suivantes.

Cet arbre prospère en plaine, en coteaux et même en montagnes [mais au maximum jusgu'à 900 mètres], à toutes les expositions, réussit bien dans tous les terrains, pourvu qu'ils ne soient ni trop légers, ni humides ou marécageux ; on le voit végéter jusque dans les pierrailles ou sur les ruines ; ce sont néanmoins les sables gras et frais au'il préfère. Il supporte diflScilement le climat au Nord de la France ; il a besoin d'y être abrité pendant la jeunesse.

Le bois de micocoulier, qui a été caractérisé plus haut, ressemble beaucoup à celui du frêne ; il en a toutes les qualités, à un degré plus élevé encore, mais il n'en a pas le satiné ; il est mat, d'un blancgrisâtre ou verdâtre et présente un groupement beaucoup çlus prononcé de ses vaisseaux.

Sa densité, comme celle de tous les bois à gros vaisseaux dans la zone de printemps, varie avec

CELTIDEES. -^ ULMACÉES.

l'épaisseur des accroissements, suivant que cette zone est plus ou moins dominante, ou, ce qui est la môme chose, que la végétation est moins ou plus active. Elle va de 0,605 à 0,788 {Coll. Éc. For.). Le retrait, par la dessiccation, est de 18 p. 100 du volume primitif.

Le micocoulier est essentiellement un bois d'in- Emplois, dustrie, particulièrement recherché pour tous les usages qui exigent de la souplesse et de la ténacité. Il occui)e le premier rang pour avirons, gournables ou chevilles aes vaisseaux, cercles, échalas, baguettes de fusils, fourches, attelles, gaules, cannes et surtout manches [d'outils, de fourches américaines notamment] et de fouet, ces derniers bien connus sous le nom de Perpignan ; on le cultive souvent en taillis, qui se maintiennent très serrés, pour la production de tous ces menus objets. C'est un excellent bois de charronnage, dont tirent aussi parti les tourneurs, sculpteurs, luthiers et menuisiers; un très bon combustible, dont le charbon est estimé.

Les drupes sont comestibles, mais fades et à peine Produits charnues. Les graines renferment une huile analo- accessoires, gue à l'huile douce ; les racines et les écorces donnent une matière tinctoriale jaune; les feuilles, enfin, forment un bon fourrage pour le bétail.

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