C. Arbre à ecorce subéreuse
Feuilles entières ou dentées-épineuses, grises-tomenteuses en dessous. — Cupule à écailles apprimées ; les inférieures légèrement prismatiques et
réfléchies à leur base. . . . C. occidental 10
C. Arbrisseau à ecorce non subéreuse ; feuilles toujours dentées-épineuses, vertes, glabres et .luisantes en dessous. ~ Ecailles de la cupule généralement prolongées en pointes courtes et rigides^ presque vulnérantes C. Kermès 11
Section I. — Chênes à feuilles caduques et à maturation annuelle.
FeuUUi s'muéeS'lobéet ou parlUes, à loàe$ arrondis ou aigus ; glands à cupule lisse ou, au plus, tuberculeuse,
1. Chêne pédoncule. Quercus pedunculata. Ehrh. Q. robur. Lin, Q. racemosa, Lam. Duhamel. Chêne blanc (Gironde. Landes, Picardie) ; Chêne à grappes ; Chêne femelle ; Graveiin ; Châgne (France centrale) ; Chêne noir (dans le Blaisois).
Feuilles brièvement pétiolées ou subsessiles, obovalesoblongues, dont le plus grand diamètre correspond aux deux tiers du limbe, rarement symétriques, se rétrécissant insen-
346 CUPULIFàRES.
siblement jusqu'à la base, toujours formée de 2 petites oreillettes échancrées et contournées, sinueuses ou pennatilobées, à 4-5 lobes entiers, irréguliers, arrondis, obtus ou même légërement'échancrés au sommet, mutiques ; de consistance herbacée, d'un vert clair, mat ou à peine luisant en dessus, un peu glauques en dessous, rougeâtres dans la première jeunesse, presque toujours entièrement glabres sur les deux faces, même aux aisselles des nervures qui sont irrégulières et rameuses. Fleurs femelles éparses sur un axe allongé, grêle, souvent coudé, glabre ; chacune d'elles terminée par un style cylindrique, en colonne, entouré vers son milieu d'un anneau formé par les dents libres du périgone et surmonté par de^ stigmates d'un rouge-noirâtre, généralement au nombre de 3, assez profondément séparés, dressés, d'égale largeur et dont l'extrémité seule est réfléchie en dehors sous foi*me de bourrelet. Glands variables, mais le plus souvent ovoïdesoblongs, de 20-40 mill. de long sur 7-24 mill. de large, revêtus d'un péricarpe mince, lisse, luisant, parfois longitudinalement rayé de brun, insérés au nombre ae 1-5, sur un axe commun, allongé, grêle, généralement pendant. Cupule hémisphérique, plus ou moins embrassante, à écailles planes-apprimées, relativement peu nombreuses, largement triangulaires, brusquement rétrécies et émoussées à l'extrémité, brunes et glabres ou très faiblement et courtement grisâtres-tomenteuses. Arbre de très grande taille, dont la cime est composée de quelques grosses et longues branches principales, plusieurs fois et irrégulièrement coudées, garnies de rameaux peu nombreux, sur lesquels le feuillage, d'une teinte générale claire, glauque et mate, est ramassé en touffes que séparent de grands espaces vides. Commun dans tout le nord, l'est, l'ouest, le sud-ouest et le centre de la France, où il forme des forêts importantes, rarement des futaies pures ; se platt particulièrement dans les plaines à sol frais ou même humide ; se trouve en mélange avec le chêne rouvre dans les pays accidentés de coteaux et de collines, s'élève même dans les régions montagneuses quand le climat et le sol sont suffisamment humides. Flor., Un d'avril et commencement de mai. Fructif., annuelle, fin de septembre à mi-octobre.
Var. a. Chêne pédoncule pyramidal, Q. fastigiata. Lam, Chêne Cyprès. Rameaux grêles et redressés contre la tige, qu'ils garnissent presque depuis la base, en formant une longue cime étroite, analogue à celle du peuplier d'Italie. Fréquemment cultivé (1).
(1) Le chêne pyramidal n'est certainement qu'une variété du chêne pédoncule. Une trentaine de glands que j'ai recueillis sur des chênes pyramidaux et mis en terre, n'ont reproduit qu'une douzaine de ces derniers ; tous les autres ont donné des chênes à rameaux étalés.
CUPULIFÈRES. 347
[Var. p. Chêne pédoncule tardif. Q, pedunculata tardissima (Simonkai), Cime plus pointue, ramification plus régulière fournissant un couvert plus régulier que le type. Foliaison de 5 semaines à 2 mois plus tardive. Assez répandu dans la vallée de la Saône, de Pontaillier à Saint-Amour (de Béer) (1)].
Le chêne pédoncule est une espèce nettement Taille, caractérisée, qui atteint les dimensions les plus considérables. Il présente, dans sa jeunesse et jusque vers 40-50 ans, une tige irrégulière, anguleusement dressée ; plus tard, le lût devient droit, cylindrique et parvient quelquefois, sous branches, à une hauteur de 20 mètres. Cet arbre peut arriver à une élévation totale de 40-45 mètres, et même de 58 mètres, et acquérir une énorme circonférence, grâce à une longévité très élevée. Le chêne de Montra vail, près de Saintes (Charente-Inférieure), a 6-7 mètres de diamètre à hauteur d'homme ; ses branches principales mesurent 1 mètre de diamètre à leur base ; la hauteur totale est de 20 mètres, Tenvergure de 40 mètres ; on porte son âge à 2,000 ans.
La ramification du chêne pédoncule présente un Port, cachet particulier qui permet souvent de le distinguer de loin. Au heu d'être composée d'une succession de branches d'un ordre décroissant, qui passent insensiblement des plus fortes aux plus faioles et, par l'allongement des entre-nœuds, assu rent une égale répartition du feuillage, la cime du chêne pédoncule n'est formée que de quelques
(1) [Cette variété, des plus remarquables, basée surtout sur des caractères d'ordre physiologique, mérite de fixer l'attention même au point de vue pratiijue, sa foliaison très tardive la mettant à l'abri des gelées prin tanières, ce qui est cause, sans doute, de la croissance plus active, plus régulière qui a été constatée chez elle. M. le conservateur de Béer l'a signalée le premier en 1877 dans la région gu'elle habite en France. En 1805, M. l'inspecteur Gilardoni lui a consacré une fort intéressante étude sous ce titre : Le Chêne de Juin. Il y a déterminé en particulier, avec le plus grand soin, l'étendue et les conditions de son habitat] .
grosses branches irrégulièrement coudées et contournées, portant sans transition des ramules rapprochés et peu allongés, un feuillage très inégalement réparti par touffes entre lesquelles on aperçoit de larges et nombreuses trouées. L'avortement fréquent des bourgeons terminaux, rallongement qui se continue en zigzag par les latéraux, le faible développement des entre-nœuds et l'agglomération des bourgeons et des jeunes pousses, qui en est la conséquence, produisent cette ramification caractéristique.
Couvert. Le couvert est par ce motif incomplet, inférieur
encore à celui du chêne rouvre.
Feuilles. La feuille du chêne pédoncule, plus caduque que
celle du chêne rouvre, se dessèche à la fin de l'automne et tombe immédiatement, si ce n'est celle des rejets de taillis et des branches gourmandes des vieux arbres qui est marcescente. D'un vert clair,
{)arfois rougeâtre ou jaunâtre au commencement de 'été, elle est peu luisante ou tout à fait mate, et présente, dans son ensemble, une teinte glauque assez prononcée ; elle est fréquemment ondulée, plus rarement plane ; enfin sa consistance est herbacée et devient à peine coriace lors de son développement complet. A l'état vert et cueillie en septembre, son poids est en moyenne à celui des feuilles du chêne rouvre, pour des surfaces égales, comme 34 : 40 (A. Mathieu). Employée comme engrais en agriculture, on estime (T. Hartig) que, bien desséchée, il en faut 300-350 kilogr. pour équivaloir à lOOkilogr. de paille.
Le chêne pédoncule est, d'après ce qui précède, bien moins propre que le chêne rouvre à former des peuplements sans mélange, puisqu'il a, d'une part.
CUPULIFÈRES.
aspect satisfaisant (1). Cette espèce paraît éminemment propre aux futaies sur taillis en sols argileux, humides, et aux futaies mélangées d'essences à couvert complet ; mais il faut lui préférer le chône rouvre toutes les fois que, par une dérogation aux règles de culture sur les essences à couvert léger et à détritus faibles, on procède à des travaux de repeuplement en chêne sans y introduire de mélange.
Le chêne pédoncule fructifie vers 60-100 ans, Fruciificaiion, suivant qu'il est isolé ou en massif ; les rejets de souche portent des glands dès Tâge de 20 ans ; [et même avant cet âge] ; mais les glandées abondantes n'apparaissent aue tous les 3-4 ans et même 8-10 ans, suivant que le climat est plus ou moins convenable. Il est rare néanmoins qu'il y ait manque absolu de glands, comme cela arrive pour le hêtre dans l'intervalle des faînées ; l'on en trouve toujours quelques-uns sur les arbres isolés et de lisière .
La germination des glands est prompte et se pro- Germînaiion. duit sous une basse température (3<*-4® au-dessus de 0**) ; la conservation en est difficile, même jusqu'au printemps. L'hectolitre pèse en moyenne 50 kilogr. et contient environ 22-26,000 de ces fruits.
La racine du chêne pédoncule est essentiellement Enracinement pivotante dans la jeunesse ; à un an, elle atteint souvent 0'**,30 de longueur. Vers 6-8 ans seulement, elle produit quelques racines latérales ; à 60-70 ans, ces dernières prennent le dessus et, plus tard, le pivot n'est que la moindre partie de l'enracinement total, qui dépasse rarement 1-1™,50 de profondeur. Le bois de souches et de racines, en coupant à 0°*, 30 du sol, est de 14-17 p. 100 du volume total.
Les bourgeons proventifs se maintiennent longtemps vivants et assurent aux souches une grande puissance de reproduction, même à un âge avancé ;
Rejets et branches gourmandes.
350 CUPULIFÈRES.
en revanche, ils exposent les réserves des taillis à se garnir de nombreuses branches gourmandes après chaque exploitation. Le chêne pédoncule est bien plus sujet que son congénère, le rouvre, à cet inconvénient.
Les bourgeons adventifs ne se forment que rarement, dans les sols très fertiles seulement ; ils produisent des rejets mal attachés, que le vent, la neige, le givre cassent facilement.
Le rejet de souche a un enracinement superficiel et n'exige pas un sol profond.
Ëcorce. L'écorce du chêne pédoncule est lisse, brillante
et d'un gris-argenté jusqu'à l'âge de 20-30 ans ; elle est alors formée d'une enveloppe subéreuse très mince (périderme externe), de l'écorce primaire et de couches de liber qui s'accroissent pendant toute la vie du végétal. Mais, passé cet âge, il se produit dans l'intérieur de ces dernières des lames ae périderme interne, qui font mourir et repoussent au dehors tout ce qui les recouvre. Il se forme alors un rhytidome brun, longitudinalement gerçure, qui s'épaissit de. plus en plus, parce que, tout en s'accroissant par le dessous, il se détruit peu par l'extérieur.
Distribution L'aire du chêne pédoncule est fort étendue. Elle géographique, occupe, dans la direction de l'Est à l'Ouest, 65<* de ^"*- longitude, du pied de l'Oural et des rives de la mer Caspienne au littoral de l'Océan Atlantique. Elle a
{)our limite équatoriale une lime qui, partant de 'Espagne méridionale, dans la Sierra-Morena, passe au sud de la Sicile, de l'Italie, de la Grèce, pour de là traverser l'Asie-Mineure et aboutir au Caucase oriental. Sa limite polaire part de l'Ecosse, s'élève en Norwège jusqu'au 63® degré, puis, s'infléchissant vers le Sud-Est, se dinge par Saint- Pétersbourg jusqu'à Orenbourg, dans l'Oural. L'écart entre les stations extrêmes est ainsi, du Sud au Nord, d'environ 26° de latitude.
Sution. Dans cette aire, le chêne pédoncule recherche les
plaines et le fond des vallées ; il se retrouve néan-
CUPUUFÈRES. 351
moins dans les régions de collines et s'élève même dans les montagnes, mais à Tétat de dissémination, jusqu'à 1,000 mètres (Pyrénées-Orientales) [où il est d'ailleurs très rare], s'il y trouve l'humidité nécessaire.
Il ne manifeste aucune préférence pour la nature SoL
minérale du sol, pourvu que celui-ci soit humide ou tout au moins frais et suflSsamment profond. Les sols argilo-sablonneux, fussent-ils submergés en certaines saisons, lui sont particulièrement convenables ; c'est souvent une faute grave d'en poursuivre l'assainissement.
Le chêne pédoncule a le tempérament robuste et Tempérament, réclame, dès la première jeunesse, l'accès de la lumière directe. Il exige, pour croître, quatre mois au moins de végétation non interrompue, avec une température moyenne de 12^25, à la condition que, pendant ce temps, il n'y aura pas de sécheresses prolongées ; pour mûrir ses fruits, une somme de chaleur, qui varie du Sud au Nord, de 2,875^ à 2,029° lui est nécessaire. Les températures extrêmes auxquelles il résiste sont, vers le Sud, 44°, et vers le Nord, 37°. Une fois entré dans la phase active de sa végétation, il est très sensible aux froids, et souvent il perd ses jeunes pousses, ses feuilles et ses fleurs pour peu qu'au pnntemps le thermomètre descende au-dessous de 0°.
Le chêne pédoncule produit plutôt un bois de * Bois, construction que de travail ; cependant, il n'y a rien d'absolu à cet égard, car c'est lui qui fournit les beaux merrains de la Hongrie.
L'aubier en est blanc, nettement limité, d'autant
Slus abondant et formé d'un nombre de couches 'autant moins considérable que la végétation est {)lus active. Les limites relevées sur la collection de 'Ecole forestière sont : pour l'épaisseur totale de l'aubier, 16-76 millimètres ; pour le nombre des couches, 36-7.
La densité, à l'état de complète dessiccation à l'air, va de 0,647 (forêt de Haye, Nancy, avec des
CUPÙLIFÈRE8.
Valeur calorifique.
accroissements annuels moyens de 1™"*,360) à 0,906 (chêne de TAdour, avec des accroissements annuels moyens de 4"*"*,736).
Usages. Le bois de chêne pédoncule est Tun des plus
employés, en raison de son abondance, de ses qualités et des grandes dimensions qu'il atteint ; on peut lui appliquer tout ce qui a été dit à ce sujet dans les généralités sur le genre. (Voir page 338.) C'est lui qui, planté en Normandie autour des propriétés, fournit ces bois courbes très nerveux, si recherchés pour la membrure des vaisseaux sous le nom de chênes de haies ou de chênes champêtres. Le chêne dit de Bayonne, très apprécié dans les arsenaux maritimes est aussi du chêne pédoncule qui provient des rives submersibles de TAdour.
Employé comme combustible, il ne conserve point son rang, quoique, en réalité, il vaille mieux que sa réputation. Sa puissance calorifique, à poids égaux, est en moyenne à celle du hêtre, comme 91 : 100, d'après G. L. Hartig ; comme 85 : 100, d'après Werneck. Cependant la valeur vénale de son bois de chauffage est généralement en-dessous dé ce rapport, parce qu'il a l'inconvénient d'éclater beaucoup en brûlant, d'exiger un tirage actif et de
})roduire un charbon qui s'éteint aisément [touteois ainsi qu'il a été dit plus haut, il y a de fortes différences de qualité suivant les provenances]. La vieille écorce, au contraire, a une puissance calorifique très élevée, qui est à celle du bois du hêtre comme 108 : 100 ; elle brûle lentement et avec une flamme courte, il est vrai, mais elle produit un charbon ardent qui se consomme entièrement.
Le charbon de chêne est estimé ; il est en poids à celui du hêtre comme 91 : 1(X).
Usages L'écorce fournit du tan de bonne qualité, généra-
CUPULIFÊRES. 353
8. Chône rouvre. Quercus sessiliflora. Smith. Chêne mâle ; Chêne noir (dans quelques contrées) ; Durelin ; Roure ; Drille ou Drillard (Compiègne) ; Chêne blanc (Blaisois et midi de la France).
Feuilles à pétiole assez allongé, atteignant du 5' au 8' de la longueur du limbe ; celui-ci obovale-oblong, offrant en son milieu la plus grande largeur, insensiblement atténué en coin, plus rarement échancré en deux petites oreillettes à la base, symétrique, sinué-lobé ou pennatipartite, à lobes plus ou moins nombreux, arrondis, oblongs ou triangulaires, entiers ou sinués-lobés, obtus, aigus, souvent apiculés par un léger.
{)rolongement de la nervure ; fermes et presque coriaces dans eur entier développement, glabres, luisantes et d'un vert foncé en dessus ; plus claires, ou même glauques, mates et toujours plus ou moins pubescentes, au moins aux aisselles, parfois grises-tomenteuses, en dessous ; poils simples ou étoiles ; nervation plus ou moins serrée, formée de 5-8 paires de nervures régulières, pennées. Fleurs femelles sessiles, agglomérées aux aisselles des feuilles ; stigmates d'un brunrougeàtre, ordinairement presque sessiles, triangulaires, étalés dès la base. Glands solitaires ou agglomérés, insérés contre les rameaux ou portés par un axe velu ou tomenteux, dressé, robuste, dont la longueur excède rarement celle du pétiole ; de forme très variable, subglobuleux, ovoïdes, cylindi-iquesoblongs ; de taille très diverse, 15-40 millimètres de long sur 10-25 de large ; terminés par une pointe courte, sur laquelle on reconnaît souvent encore la structure caractéristique des stigmates, et contenus dans une cupule hémisphérique dont les écailles sont serrées et nombreuses, apprimées, planes ou tuberculeuses à la base, triangulaires-allongées et obtuses à l'extrémité ; plus ou moins grises-pubescentes ou tomenteuses. — Arbre de taille et de port non moins variables que ses feuilles et ses fruits, dont la cime est plus régulièrement ramifiée que celle du chêne pédoncule, dont le feuillage, plus coriace et d'un vert plus sombre, est assez uniformément réparti et produit un couvert plus complet. Commun dans toute la France, soit mélangé avec le chêne pédoncule, le hêtre et même le sapin, soit en peuplements purs et constituant à lui seul des futaies considérables. Flor., fin d'avril et commencement de mai. Fructif., fin de septembre et commencement d'octobre.
Var. a. A larges feuilles, Lam, — Feuilles grandes, sinuéeslobées, à lobes arrondis ; atténuées et prolongées à la base sur le pétiole ; planes, luisantes, à peine pubescentes en dessous aux aisselles, lorsqu'elles sont complètement développées. Glands sessiles, réunis par 2-3 ou isolés ; cupule presque glabre, à écailles apprimées. — Arbre de première grandeur, à tige droite, élevée, nue. Sol frais. Type de l'espèce.
Var. p. A trochets. Q. ro6ur {//omera^a. lam. Chône rouvre
354 CUPULIFÈRES.
à petits glands. — Feuilles de taille moyenne, mollement pubescentes en dessous. Glands petits, ramassés par bouauets, sessiles ou agglomérés en grappes légèrement pédonculées ; cupule lisse, grise-tomenteuse. — Arbre médiocre, à cime ample, étalée. Sols secs, particulièrement sur les collines calcaires.
Var. Y. Lacinié, Lam. — Feuilles petites, plus ou moins pubescentes en dessous^ élégamment et profondément découpées en lobes ondulés, habituellement aigus, crispés sur les bords ; ramassées par touffes sur des ramules effilés, droits, grêles. Glands petits, agglomérés, sessiles, souvent peu sail- •lants hors de la cupule. — Arbre médiocre, ou, plus souvent, arbrisseau très rameux. Lieux pierreux et montueux, surtout sur les sols calcaires.
Var. 8. Pubescent. Quercus ptibescens. Willd. Chêne blanc (en Provence, en Languedoc et dans toute la France méridionale). — Feuilles sinuées-lobées, à lobes obtus, entiers ou peu dentés, tomenteuses en dessous dans la jeunesse, fortement pubescentes dans leur entier développement. Glands subsessiles, à cupule grise-tomenteuse, souvent tuberculeuse. — Arbre tortueux, peu élevé. Sols secs, principalement sur le calcaire jurassique, surtout dans le Centre et le Midi.
Var. e. Des Apennins. Q, Apennina. Lam. Chêne bâtard (Gironde). — Feuilles semblables à celles du chêne pubescent, mais plus courtement pétiolées. Glands agglomérés snr un axe épais, gris-tomenteux, plus long que le pétiole ; cupule grisetomenteuse, à écailles apprimées. — Arbre peu élevé, à feuillage touffu, d'un vert foncé. Terrains secs du Sud.
Chêne rouvre Le chêne rouvre à larges feuilles, que Ton peut f considérer comme le type de Tespèce, offre des
urge^ feuilles, caractères assez constants et doit être cultivé de
{)référence aux autres variétés, toutes les fois que a nature du sol le permettra. C'est un bel arbre, 'qui, sans égaler le chêne pédoncule pour la taille et la longévité, est néanmoins Tun des plus grands. et des plus majestueux de nos contrées. La ti^e, qui en est plus droite, plus cylindrique, moms sujette à se garnir de branches gourmandes, produit un plus grand nombre de branches principales, qui se ramifient elles-mêmes, par une transition mieux ménagée, en branches secondaires, en rameaux et en ramules. Le feuillage, qui se distingue de loin par une teinte d'un vert plus foncé, est plus uniformément distribué et produit un couvert plus
Taille.
CUPULIFÈRES.
égal et plus complet. Suivant T. Hartig, la tige est moins exposée à se carier au cœur à un âge avancé.
On cite quelques pieds remarquables de chêne rouvre à larges feuilles, tels sont : le chêne des Partisans, des environs de Lamarche (Vosges), qui mesure 13 mètres de circonférence à la base, 35 mètres de hauteur, cube 40 mètres et dont l'âge est évalué à 650 ans ; le chêne Saint-Jean, de la forêt de Compiègne, qui a 6°',40 de circonférence à 0°',50 du sol, 35 mètres de hauteur, cube 85 stères et ne doit pas dépasser 300 ans.
Le feuillage du chêne rouvre persiste un peu plus Feuilles, de temps que celui du chêne pédoncule ; il n'est p»as rare de le voir sur les jeunes rejets, dans les situations abritées et pendant les hivers doux, se maintenir vert presque jusqu'aux feuilles nouvelles.
L'aire du chêne rouvre est assez semblable à celle du chêne pédoncule, mais elle est plus restreinte vers le Nord et vers l'Est. Dans ces directions, sa limite ne dépasse pas le 58® degré, en Ecosse, et de là elle s'infléchit assez régulièrement vers l'Est jusqu'au 53® degré sur le Volga, pour se recourber brusquement vers le Sud-Ouest à travers la Crimée et r Asie-Mineure.
Autant le chêne pédoncule est, dans son aire, Suiion. l'arbre des grandes plaines et des vallées, autant le chêne rouvre est celui des collines, des plateaux et des contré-forts des montagnes, où il s'élève assez pour pénétrer dans la région des sapins, à 1,000 mètres et au delà (1).
Les sols bas, humides, argileux, dont s'accommode Sol. si bien le chêne pédoncule, ne conviennent point au chêne rouvre ; celui-ci préfère les terrains plus meubles, graveleux, sablonneux, calcaires, pourvu
Aire d*habiiation.
(1) [Je l'ai rencontré jusqu'à 1,350 mètres dans la forêt d'ATtone en Corse. M. Bartet l'a trouvé jusqu'à 1,600 mètres dans les Pyrénées des environs de Bagnères-de-Luchon].
356 CUPULIFÈRES.
qu'une certaine quantité d'argile y maintienne la fraîcheur dont il ne p«ut se passer.
On ne saurait attacher trop d'importance, dans les travaux de repeuplement, à cette différence fondamentale, afin de placer chacune de ces deux essences dans la station qui lui est propre. Tempérament. Le tempérament du rouvre a beaucoup d'analogie avec celui du pédoncule ; toutefois, on peut conclure de sa moindre extension vers le Nord qu'il ne supporte pas aussi bien les grands froids de l'hiver.
Écorce. L'écorce du chône rouvre est très variable et pré-
sente une relation assez constante avec la qualité du bois qu'elle recouvre. Quand celui-ci est nerveux, de rapide végétation, l'écorce est dure, noirâtre, longuement et largement crevassée; elle persiste et acquiert une assez grande épaisseur. Lorsqu'au contraire il est tendre et de lente végétation, cette écorce est d'un brun-jaunâtre ou jaunâtre, finement gerçurée; le périderme, composé d'une matière subéreuse fragile, en produit 1 exfoliation superficielle ; elle n^cquiert pas dès lors l'épaisseur de la précédente.
Tan. Elle est en général supérieure à celle du chêne
Sédonculé pour le tannage ; c'est une conséquence e la faculté qu'a cette espèce de croître, avec vigueur encore, sur des sols moins humides et sous l'influence d'une plus vive insolation.
Les glands sont toujours plus ou moins âpres. Bois. Le chêne rouvre et le chêne pédoncule produi-
isent des bois de même structure, dont les* -qualités, très voisines, ont été l'objet des appréciations les
Elus contradictoires. Ces qualités, en effet, sont ien moins inhérentes aux espèces mêmes qu'aux conditions très variables dans lesquelles elles sont développées. Cependant, considéré dans son ensemble, on peut affirmer que pour la France le bois du chêne rouvre, qui est le plus souvent un produit de la futaie, est moins nerveux, moins raide, moins résistant que celui du chêne pédoncule qui a crû
CUPCUFÈRE8.
en plaine et en sol fertile, ordinairement à l'état de futaie sur taillis ; qu'il cède le pas à ce dernier f>6ur les constructions civileaC militaires et navales ; mais qu'en revanche il est moins noueux, qu'il a la fibre plus droite, le grain plus fin et plus doux, la couleur un peu plus claire et qu'il reprend le premier rang comme bois de fente et de travail.
La densité du chêne rouvre, en laissant de côté les variétés pubescentes dont il sera parlé plus loin, va de 0"",572 à 0°*,856. D'après le relevé fait sur les nombreux échantillons de la collection de l'Ecole forestière, l'épaisseur totale de l'aubier peut aller de 10 à 50 millimètres, avec un nombre de couches annuelles variant de 35 à 9.
Le chêne rouvre ne croît pa^ seulement sur les sols frais et profonds, il se mamtient même sur ceux qui sont secs et pierreux, aux expositions les plus cnaudes, jusque oans l'extrême midi de la France. Ces sols appartiennent principalement aux calcaires jurassiques. Dans ces conditions, le rouvre forme des arbres tortueux, courts de fût, à cime étalée, diffuse, arrondie, qui pourraient être pris pour une espèce distincte lorsqu'on en examine les formes extrêmes, si l'on ne constatait que celles-ci se nuancent entre elles et avec le type proprement dit par vme foule d'intermédiaires, et qu'il est absolument impossible de les limiter avec précision.
Parmi ces nombreuses variétés, il convient de signaler le chêne rouvre pubescent, connu sous la dénomination de chêne blanc dans toute la France méridionale.
Le chêne rouvre pubescent se rencontre çà et là dans le Nord, le Nord-Est et le centre de la France, aux expositions méridionales et sur les terrains secs et chauds des formations calcaires. Il devient de plus en plus abondant dans le Midi où , de la Guyenne à la Provence, il représente presque à lui seul l'espèce, dont le type ne se rencontre plus ou est devenu très rare. A mesure qu'on avance dans la région qui lui convient, on voit les caractères qui
Chêne pubescent.
Station du
chêne rouvre
pubescent.
358 CUPULIFÊRES.
le distinguent se développer davantage : les feuilles deviennent plus pubescentes ou môme blanchestomenteuses en dessou^ ainsi que les axes d'inflè* rescence et les cupules ; le limbe se réduit, la consistance augmente, les découpures se diversifient ; la taille des arbres, enfin, s'amoindrit et le port en devient de plus en plus défectueux.
Bois du chêne Les dimensions habituellement restreintes et la ^h^^ forme souvent irrégulière des tiges du chêne rouvre puDescen . pui^^scent en diminuent l'importance comme bois de construction, de travail et de fente ; mais il regagne en puissance calorifique ce qu'il a perdu de ce côté, et il fournit un combustible estimé, un charbon de fort bonne qualité.
Cependant la ma'rine apprécie beaucoup sous le nom de chêne de Provence, les bois du Sud-Est, parce qu'ils sont durs et très nerveux ; malheureusement, ceux qui peuvent être utilisés par elle ne s'y rencontrent qu en très faible quantité.
La densité du bois de chêne pubescent est élevée, quoique la végétation en soit généralement lente; elle varie de 0°',764 à 1"*,020. L'aubier mesure 20 à 35 millimètres d'épaisseur comprenant 43-12 couches annuelles.
L'écorce, en raison de la station méridionale de l'espèce, est riche en tannin ; elle en contient 16 p. 100 (Chatin).
Chêne bâurd. On connaît dans la Gironde, sous le nom de chêne bâtard, un chêne qui se rapproche beaucoup du chêne rouvre pubescent, mais chez lequel l'axe fructifère est allongé. Cette variété a souvent été rattachée au chêne pédoncule, quoique tous ses caractères la rapprochent des formes pubescentes du chêne rouvre. C'est pour nous le chêne rouvre
CUPULIFÈRES. 359
qûre de leurs racines par certaines mouches truffigènes ; que Taptitude de produire ces précieuses galles se propageait par hérédité ; qu'il y avait, en un mot, des chênes truffiers dont il sumsait de semer les glands pour créer des truffières avec certitude.
Il est à peine besoin de combattre une semblable théorie. La truffe est un végétal complet, un cryptogame hypogé de la classe des champignons ; elle est pourvue de spores au moyen desquels elle se reproduit et n'est nullement une galle ou une excroissance d'un autre végétal. Elle aime, il est vrai, un certain état de couvert du sol dlms lequel elle se développe; elle le rencontre dans la meilleure mesure, sous le chêne pubescent ou sous le chêne yeuse, mais elle le trouve aussi parfois sous d'autres végétaux. Un semis de chênes peut créer les conditions favorables à la reproduction de la truffe [et, en fait, celle-ci est devenue un produit fort important de beaucoup de forêts de chênes, soit rouvres, soit yeuses, dans le midi de la France] ; mais il ne saurait y avoir de mouche truffigène pas plus que de chêne truffier. •
3. Chône Tauzin. Quercus Tozza. Q- humilU DC. Q. Pyrenaîca. Willd. Q. stolonifera. Lapeyr. Bosc. Chêne angoumois ; Chêne noir (Gironde et Landes) ; Chêne brosse (Anjou) ; Chêne doux (environs de Nantes) ; Chêne des Pyrénées.
Feuilles pétiolées, fermes et épaisses, obovales-oblongues, sinuées-lobées ou plus souvent irrégulièrement pennatifides, à lobes oblongs, obtus ou subaigus^ dont les bords, généralement parallèles, sont entiers ou sinués-lobés ; ordinairement prolongées à la base sur le pétiole^ parfois échancrées en deux petites oreillettes contournées; mollement ou densément tomenteuses-blanchàlres ou jaunâtres dans la jeunesse ; à l'âge adulte, d'un vert sombre et toujours parsemées de poils courts très fins et étoiles en dessus, conservant en dessous un duvet, épais comme tlu velours, qui en cache totalement la surface. Glands variables, cylindriques, ovoTdes ou globuleux, agglomérés, 2-4, sur un pédoncule dressé, long de 1-3 centimètres au plus; plus rarement esçacés sur un pédoncule allongé, grêle et pendant; cupule hémisphérique, grise-tomenteuse, à écailles longuement triangulaires, lâchement apprimées et même un peu ouvertes au sommet. — Arbre peu élevé, à tige revêtue d'une écorce épaisse, noire, profondé-
360 CUPUUFÈRES.
ment et largement crevassée, à longues raanes traçantes, abondamment drageonnantes. Sols sablonneux des landes de l'Ouest depuis Le Mans et Angers jusqu'aux Pyrénées. Flor., mai-juin. Fructif., septembre de la même année.
Taille. Port.
Le chêne tauzin est le plus souvent un arbre tortueux [à rameaux divariqués], dont le fût n'a point d'élévation; dans quelques circonstances, exceptionnellement favorables, on lui voit néanmoins une tige parfaitement droite et assez élancée. Il est possible, d'après cela, que le port disgracieux qu'il affecte tienne moins à sa nature qu'aux mauvaises conditions de sol et de traitement sous lesquelles il se développe, (ftuoi qu'il en soit, ses dimensions sont inférieures à celles du chêne rouvre ; il parait ne pas dépasser 20 mètres de hauteur sur 3 mètres de circonférence.
Sol ei station. Les sols siliceux, purs ou mélangés d'argile, secs ou humides, sont le domaine de ce chêne, qui s'accommode même sur les terrains les plus ingrats, où aucune autre espèce du même genre ne pourrait se maintenir. Arbre de plaines, de collines ou de montagnes peu élevées, souvent associé au chêne pédoncule, il seTcnconti» à toutes les expositions, mais sans quitter la région littorale de l'Ouest, qu'il ne peut franchir en raison des froids rigoureux de certains hivers du centre, de VEst et du Nord de la France. Dans les Landes même, un dixième des chênes tauzins y périt pendant l'hiver de 1829- 1830, sous une température de — 15** (Léon Dufour).
EDracioement Quoique pourvu d'un pivot, ce chêne est particulièrement remarquable par des racines latérales traçantes, qui possèdent au plus haut degré la faculté de drageonner, alors même qu'on ne les y provoque pas par des exploitations. 11 se reproduit également par rejets de souches avec une vigueur . exceptionnelle ; aussi forme-t-il des taillis très fourrés et d'une durée illimitée. Cette propriété, jointe à celle de croître dans les plus mauvais terrains, rend le chêne tauzin précieux pour le boisement des landes.
GUPULIFËRES.
L'écorce ne reste lisse et vive jusqu'à la surface Écorce. que pendant peu d'années ; dès l'âge de 7-8 ans, elle se gerçure et forme un rhytidome sec et dur, brun-noir, qui atteint une épaisseur considérable et se marque de larges et profondes crevasses longitudinales, séparées par des côtes tranchantes. C'est à cette écorce caractéristique que le tauzin doit sans doute le nom de chône noir, sous lequel il est souvent désigné dans la Gironde.
La ramification est claire, le feuillage peu abon- Couvert, dant, le couvert léger, le tempérament robuste.
Le feuillage est beaucoup plus tardif que celui du Feuillage, chêne rouvre, mais il dure aussi plus longtemps ; la différence entre la production et la chute de 1 un et de l'autre est d'au moins un mois. Au moment où il se développe, ce feuillage, couvert, ainsi que les pousses nouvelles, de poils en velours très serrés, est d'un blanc-argenté, lavé de teintes purpurines ; il donne aux massifs de cette essence un aspect tout caractéristique.
Les feuilles sont pétiolées comme celles du chône rouvre, mais elles restent presque sessiles sur les jeunes rejets et sur les pousses très vigoureuses ; plus épaisses et plus coriaces, elles fournissent à la terre un engrais plus abondant. C'est probablement aussi pour la même caufee et en raison des poils nombreux qui recouvrent leur surface qu'elles échappent à l'abroutissement dès qu'elles sont entièrement développées.
Le bois du tauzm présente, à peu de chose près. Bois, la structure de celui du chône rouvre ; le parenchyme ligneux associé aux vaisseaux y est toutefois plus abondant, les rayons épais sont plus nombreux, l'aubier en est plus développé et n'est pas toujours nettement délimité. Il offre rarement la régularité et les dimensions suffisantes pour être employé aux constructions ; il y est d'ailleurs peu
362 CUPCLIPÈRES.
Ces défauts, joints à celui d'être généralement noueux, le font aussi rebuter comme bois de travail.
En revanche, il tient un des premiers rangs parmi les combustibles et il fournit un charbon très estimé. C'est pour ce motif qu'il est le plus souvent exploité en taillis simple à très courtes révolutions ou même en têtards.
La densité du tauzin est considérable et va de 0,804 à 0,919 ; l'épaisseur de l'aubier, relevée sur ^es échantillons de la collection de l'Ecole forestière, varie de 21 millimètres avec 39 couches annuelles, à 65 millimètres avec 14 couches. Produits L'écorce est supérieure à celle du chêne rouvre
accessoires, pour la production du tan, sous le double rapport de la quantité et de la qualité. Les glands, tantôt doux, tantôt âpres, sont préférés à ceux des autres espèces et très recherchés, surtout aux environs de Bayonne, pour l'engraissement des porcs ; la production en est assez constante chaque année (1).
(1) L'Algérie possède, de celte section, l'espèce remarquable suivante :
Chône Zeen. Quercus Mirbeckii. Durieu. Quercus Robur Desf, non Smith, nec Lin. Zeen ou zân des Arabes. Qtierais liisitanica,^. Bœtica, Webb.
Feuilles pétiolées, caduques Ai persistantes jusqu'à la fin de l'hiver, largement elliptiques, elliptiques-lancéolées ou obovales, planes, légèrement échancrées-cordi formes à la base, régulièrement et peu profondément sinuées-lobées, à lobes arrondis ou aigus et mucronés comme celles du châtaignier ; pourvues de 10-14 paires de nervures secondaires régulières, bien marquées, parallèles et prolongées jusqu'aux bords; vertes et glabres en dessus ; en dessous recouvertes, dans la
i'eunesse, d'un duvet flocon neux-tomenteuK, épais et court, >lanc-grisàtre, très caduc ; glabres et glaucescentes, fermes et coriaces à leur entier développement. Fleurs tomenteuses ; péri^one des fleurs mâles formé ae folioles soudées jusque vers le milieu ; glands agglomérés, subsessiles, ovoïdes, à maturation annuelle ; cupule courte et évasée, grise-tomenteuse, à écailles apprimées, triangulaires et planes au sommet. — Très grand arbre rappelant beaucoup le chêne rouvre par les dimensions et par le port ; commun en Algérie, où il forme de vastes forêts, principalement en Kabylie et de là jusqu'en Tunisie où il pénètre largement. Flor., mai. Fructif., novembre.
CUPULIFÈRES.
Section IL — Chênes à feuilles caduques ou persistantes jusqu'au printemps seulement; à maturation bisannuelle.
A {Feuilles pennatifideêt à loàes aigus ou ittci$ées-4entées. Glands à cupule hérissée.)
4. Chône chevelu. Quergus Cerris. Lin. C. crinite ; C. cerris ; C. de Bourgogne ; C. lombard (environs de Besançon).
Stipules des feuilles supérieures et écailles externes des bourgeons longuement sétacées. Feuilles pétiolées, étroitement oblongues, plus larges en leur milieu, atténuées à la base ou légèrement cordiformes, très diversement incisées, à lobes simples ou sous-lobés, aigus ou arrondis, mucronés; d'un vert sombre et mat en dessus avec quelques rares poils fasci-
Le chêne zeen est l'un des arbres les plus beaux et les plus utiles de l'Algérie ; la longévité en est fort considérable et il peut atteindre 30-35 mètres de hauteur, sur 6 mètres, et même davantage, de circonférence, à 1 mètre du sol. L'écorce en est épaisse, dure, noirâtre, largement et profondément crevassée.
Il croit dans les régions montagneuses, seul ou mélangé avec le chêne ballote, le chêne liège, le chêne à feuilles de châtaignier, le châtaignier ou même le cèdre, jUsqu'à une altitude de 1,000-1,400 mètres et au delà; recherche les expositions du Nord et de l'Est et se plaît particulièrement dans les terrains substantiels, frais et profonas.
Il repousse de souche avec une vigueur remarquable.
Les glandées se succèaent ordinairement à des intervalles de 3-4 ans. La germination s'opère 5-6 jours après la chute naturelle du gland, dès l'automne par conséquent.
Les vaisseaux du bois de printemps sont moins gros et moins nombreux dans le chêne zeen que dans le chêne rouvre ; souvent ils ne sont représentés que piar un seul rang et c'est à peine si la zone qu'ils forment devient apparente ; c'est par conséquent le bois d'automne, dans lequel le tissu fibreux est très dominant et de consistance cornée, qui forme la plus grande partie de chaque couche. Les rayons sont larges, moyennement hauts, nombreux et rapprochés. Ce bois est propre aux constructions et convient aux mêmes emplois que celui du chêne rouvre et du chêne pédoncule, mais on lui reproche d'être trop pesapt, trop raide, de se gercer largement et profondément ; ilfourflit un chauffage beaucoup meilleur, quoiqu'il ait comme eux l'inconvénient d'éclater au feu ; on en fabrique de bon charbon.
L'écorce produit un tan excellent, recherché par le commerce. Le gland, en raison de son àpreté^ n'est point comestible.
Taille.
Station et sol.
Reprodactioo.
Bois.
Usages accessoires.
364 CUPCLIFÈRES.
culés, d'un vert plus clair et couvertes en dessous de poils étoiles très courts, avec les nervures roussâtres. Glands ovoïdes-oblongs, de taille variable, solitaires ou agglomérés, ' 2 4, sur un pédoncule court et très robuste, à cupule fortemont embrassante, hérissée de longues lanières molles et pubescentes, étalées ou réfléchies, crochues ou enroulées. Maturation bisannuelle, de sorte que les glands mûrs sont latéraux sur la pousse non feuillée de l'année précédente.
Var. a. 0. austriaca. Willd. Q. crinita. Desf, Q. lanufjinosa, Lam. Feuilles régulièrement échancrées, dentées, à lobes égaux, triangulaires, entiers ou paucidentés.
Var. p. 0- Toumefortii, Willd, Q. Haliphleos, Lam. Feuilles pennati-partites ou séquées, à segments divariqués, écartés, entiers ou irrégulièrement lobés; lobes ordinairement aigus.
Disséminé dans quelques départements: Doubs, Jura, Maine-et-Loire, Loire-Inférieure, Provence (1), Flor., avrilmai. FrHctif., automne de la seconde année.
Hépariiiion. Le chêne chevelu est abondamment répandu dans tout le Sud-Est de l'Europe et dans une partie de TAsie ; il est toujours rare et disséminé en France, où il offre tous les caractères d'une espèce en décroissance. Cependant, dans le Doubs, il peuple encore quelques forêts communales, celle de Saint- Vit particulièrement, tantôt subordonné au chêne pédoncule et au chêne rouvre, tantôt à Tétat d'essence dominante. On estime à* 100 hectares environ le sol qu'il occupe en cette dernière qualité.
Taille. Port. C'est un arbre d'une longévité prolongée, de dimensions égales à celles du chêne rouvre, dont la tige, revêtue d'une écorce épaisse et noirâtre, se partage en branches longues et très rameuses qui forment une cime allongée, aiguë. Dans le Doubs, où il se trouve à la limite nord-ouest de son aire d'habitation, on lui voit encore atteindre 25 mètres de hauteur sur 2°*, 50 de circonférence, et nul doute qu'il n'y dépasserait ces dimensions s'il n'y était exposé, dès l'âge de 50 ai^, à; des gélivures qui le
(1) [Une seule localité est certaine, c'est la Fontaine des Gavots, près de Grasse, et l'espèce y est représentée seulement par quelques pieds.]
CUPULIFÈRES.
déprécient beaucoup et engagent à ne pas le choisir dans les balivages pour constituer la réserve.
Le chêne chevelu a le tempérament robuste et le Tempérament, couvert léger de ses congénères ; sa végétation est en retard de 15 jours environ sur celle du chêne pédoncule. Il pivote très profondément dans la jeu- Enracinement nesse, et quand le sol le permet, les plants de 4 à 5 ans présentent une racine de près d'un mètre de lonijueur.
Il n'est pas exigeant sur la nature du sol et pros- Sution. père encore là où le chêne pédoncule languit ; il recherche l'exposition de TEst ou du Sud-Est.
Des chênes pédoncules, rouvres et chevelus, tous Croissance, de 50 ans et provenant d'une même coupe de la forêt de Saint-Vit, mesurent :
Chêne rouvre — 0,80 de circonférence, à 1 mètre du sol.
— pédoncule. 0,80 — —
— chevelu... 0,90 — —
Il semble résulter de ces chiffres que le chêne chevelu a une croissance plus active que les deux autres espèces, mais en revanche Taubier en est beaucoup plus abondant ; tandis que ces dernières n'en présentent que 10-13 couches sur 50, on en compte chez lui 20 et plus.
Malgré une maturation bisannuelle, qui expose Fructification, le fruit à des accidents atmosphériques pius nombreux, la fructification est généralement constante, même dans le Doubs.
Le bois a les vaisseaux inégaux comme celui du Bois, chêne rouvre ; les plus gros ne forment au bord interne qu'une zone étroite, et, lors même que la végétation est lente, c'est le tissu dense qui domine dans la composition de chaque couche ; l'aubier est moins blanc, le cœur plus foncé, légèrement teinté de rose, quelquefois veiné de brun. Les rayons épais offrent une disposition toute caractéristique : ils sont moins larges et moins hauts que ceux des espèces voisines, mais, par compensation, ils sont plus nombreux, plus serrés, plus égaux entre eux, et ils produisent dans le débit des maillures forte-
366 GUPULIFÈRE9.
ment colorées qui rappellent presque entièrement celles du hêtre, bien que sur une plus grande échelle.
La densité est élevée ; elle varie de 0,853 à 0,998 (Coli Éc, For,), Unges. Le bois du chêne chevelu est très dur, très ner-
veux; chargé d'aubier, exposé à se gercer, peu apte à la fente ; on l'emploie en Orient pour les constructions navales, mais partout où il croit en mélange avec le chêne pédoncule ou avec le chêne rouvre, on lui préfère de beaucoup ces deux dernières espèces.
On en fait, dans le Doubs, de la menue char-
Eente, des échalas, etc. ; seulement le débit produit eaucoup de déchet en raison de Tabondance de Taubier, qui est très sujet à la vermoulure et qu'il faut rejeter. La qualité essentielle qu'on lui reconnaît dans ce pays est d'être un excellent combustible, égal, sinon supérieur, au hêtre.
Écorce. L'écorce, épaisse et séveuse, est préférée pour le
tannage à celles du chêne pédoncule et du chêne rouvre.
Prodaits Les glands sont âpres, au moins en France ; on
accessoires, les dit comestibles en Orient (Spach),
5. Chêne de Fontanes. Qucrgus Fontanesh. Guss. 0- Fseudo-subff . Reich. non Desf(i), Drouis, Drouino en Provence ; Pernàn en Algérie.
Stipules et écailles extérieures des bourgeons longuement sétacées, caduques ; feuilles pétiolées, presque coriaces, persistantes jusqu'à la foliaison nouvelle, ovales ou elliptiqueslancéolées, légèrement cordif ormes, arrondies ou insensiblement atténuées à la base ; bordées de larges dents triangulaires,
(1) [On a certainement confondu sous ces noms des arbres fort différents et ne répondant pas toujours exactement à la description donnée ci-dessous ; les beaux travaux de M. Trabut sur les hybrides de chêne en Algérie ont montré que la forme à laquelle dans cette colonie on avait donné ce nom est un produit du 0. suber et du Q. castaneœfolia. 11 me semble fort probable que les fornies françaises ont aussi une origine hybride, mais l'étude n'en est pas encore assez avancée pour qu'on puisse même affirmer toujours cette origine, à plus forte raison indiquer d'une façon certaine les parents].
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cuspîdées, que séparent des sinus arrondis plus ou moins profonds; vertes, luisantes et glabres en dessus à l'état adulte, blanchâtres-tomenteuses, à duvet étoile très court en dessous; 6-9 paires de nervures secondaires droites, simples, parallèles, espacées, reliées par un réseau de veinules. Périgone des fleurs mâles à 4 divisions ; 4 étamines à anthères poilues. Glands solitaires ou réunis 2-3 sur un axe court ou quelque peu allongé, robuste, inséré sur la pousse défeuillée de l'année précédente ; ovoïdes, gros, atteignant jusqu'à 6 centimètres de long, mais parfois moitié plus petits ; cupule grise-tomenteuse, dont les écailles, confondues entre elles et à peine saillantes à la base, se prolongent en pointes d'autant plus grandes qu'elles se rapprochent davantage du bord supérieur, tantôt droites et dressées, tantôt réfléchies et courbées. — Arbre de çrande taille, de port élancé, dont l'écorce est subéreuse, mais non utilisable ; disséminé par pieds isolés en Provence : Grasse, Bar, Montauroux, où il est abondant (1) et de très grande taille, représenté par un pied unique dans la forêt de Chaux (Doubs) I (d'où vient-il ?) (2) ; se retrouvant dans les forêts montagneuses de l'Algérie, en Kabylie. Flor., avril-mai. Fructif., septembre de la seconde année (3).
(1) [Cette abondance, d'après les renseignements qui me sont fournis me semble fort douteuse].
(2) [Cet arbre se trouve dans un endroit où des plantations ont été effectuées autrefois ; il paraît avoir été introduit avec d'autres espèces étrangères au pays].
(3) Chône à feuilles de châtaignier. Quercus castane-*:folia. C, a. Meyer. Afûrez, Affarès en Algérie.
Feuilles pétiolées, de consistance moyenne, non coriaces, longuement elliptiques-lancéolées, 2 fois aussi longues que larges, légèrement cunéiformes ou cordiformes à la base, pourvues de 11-14 paires de nervures secondaires, droites, parallèles, rapprochées, donnant immédiatement naissance à des veinules ; bordées d'autant de dents triangulaires, mucronées, séparées par des sinus arrondis ; vertes et luisantes en dessus, malgré quelques petits groupes de poils étoiles ; couvertes en dessous des mêmes poils qui les rendent blanchestomenteuses ou blanc-verdûtre ; tombant à la fin de l'hiver ; fleurs mâles en chatons courts, pauciflores ; périgone à 4 divisions ; 4 étamines, dont les anthères sont poilues. Gland bisannuel, porté sur un pédoncule court et renflé, dont la cupule, peu embrassante, est formée d'écaillés terminées en lanières robustes, allongées, anguleuses, tomenteuses, droites ou réclinées. — Bel arbre ne produisant pas de liège, à liber non feuilleté, formant un rhytmome rouge-brun, extrêmement épais, longuement gerçure. — Kabylie, en Algérie.
Le chêne à feuilles de châtaignier, qui a des analogies prononcées avec le chêne chevelu constitue, [tantôt à l'état pur, tantôt] en mélange avec le chêne zeen, des forêts très étendues
368 CUPULIFÈRES.
Taille. Le chêne de Fontanes est un bel arbre, qui peut
garvenir à 1™,50 de circonférence sur 20 mètres de aut ; sur des sols secs et pierreux où ses congé-
Suiion. nères restent rabougris, il prospère encore et se
distingue par un port élancé, une cime aigué. Bois. Le bois ressemble beaucoup à celui du chêne che-
velu, dont il paraît avoir les défauts et les qualités; il est d'un brun clair ou rosé, avec Taubier épais, blanc, mal limité ; il est serré, dur, compact, d'une densité élevée, allant de 0,846 à 0,889 {CoU. Éc. For.).
Écorce. L'écorce des pieds âgés présente un liber épais,
non feuilleté, recouvert d un liège véritable qui englobe çà et là quelques portions externes du liber et qui n'atteint point une épaisseur suflBsante pour qu'il soit utilisé.
Fruits. Les glandées sont rares, peu abondantes ; les
glands sont assez doux.
[B. Femles lobées, à lobes mucronés. Glands à cupules non hérissées.
6. Ohône à feuilles d'yeuse. Quercus luapouA, Chêne de Banister. Wangen. Quercus Banisteti Michaux. Feuilles assez largement pétiolées, obovales, irrégulière-
dans les montagnes de la Kabylie ; il y parvient à 3 mètres de tour sur 25 mètres de hauteur ; [dans les Babors, sur le versant nord il est en contact avec le cèdre et le sapin de Numidiel.
Le bois est très semblable à celui du chêne chevelu ; il est dur, lourd, à aubier abondant, d'un rouge-brun assez prononcé et veiné à l'état parfait ; il sert au travail, aux constructions, produit du merrain et un chauffage très estimé. La densité varie de 0,853 à 1,024 (Coll. Éc. For.).
L'écorce de cet arbre est formée d'un liber non feuilleté, rempli de granulations pierreuses et d'une épaisseur remarquable, qui atteint jusqu'à 3 centimètres. Ce liber se transforme en un liège sec, fragile, rouge-brun, subdivisé par de très minces lames de périderme plus clair, et produit un rhytidome profondément et largement crevassé. Le liège proprement dit y fait défaut. .
Le liber du chêne à feuilles Se châtaignier est, dit-on, peu riche en tannin ; mais son épaisseur compenserait sans doute sa pauvreté et l'on peut croire que la tannerie l'utiliserait avec avantage. Le gland est moins ûpre que celui du chêne chevelu ; les glandées apparaissent tous les 3 ou 4 ans.
~^pr^
CUPULIFÈRES. 369
ment sinuées-lobées ; lobes en nombre variable, 3 à 7, parfois arrondis^ plus habituellement aigus, mucronés ; à limbe plus ou moins décurrent sur le pétiole ; fermes, glabres à la face supérieure, grisâtres à la face inférieure, par suite de la présence d'un tomentum court ; devenant d'un brun-rouge à l'automne ; jeunes rameaux gris pubescents. Glands habituellement solitaires, quelquefois groupés par deux, portés sur un axe très court ; cupule hémisphérique, plus ou fioins rétrécie à la base, à écailles soyeuses, apprimées, lancéolées-obtuses ; fruit court inclus pour moitié dans la cupule. Arbrisseau de 1 à 8 mètres, originaire des Etats-Unis orientaux de la Virginie au Massachusetts naturalisé en France dans les jardins, les parcs où il se sème parfois spontanément et abondamment.
Le chêne à feuilles d'yeuse, plus connu des Taille. Port, forestiers et des pépiniéristes sous le nom de chêne de Banister, qui lui a été donné par A. Michaux est habituellement un arbrisseau ; il peut exceptionnellement devenir un petit arbre qui, dans sa patrie, atteint une hauteur maximum de 6 à 7 mètres. En France, il peut aussi former un petit arbre, un échantillon de l'Ecole forestière, provenant du domaine des Barres, méplat, présente un diamètre maximum de 0™,177 et un minimum de 0,158; il est âgé de 54 ans.
Il recherche les sols sablonneux et paraît redou- Sol. ter les calcaires.
Le bois de ce chêne présente un aubier abon- Bois, dant : le bois parfait est d'un brun fortement rou-
feâtre, présentant des zones plus foncées ; il est très ur et rappelle par sa structure et ses propriétés les bois des autres espèces de la section, celui du chêne rouge en particulier qui sera étudié plus complètement.
Elle est peu épaisse même sur les sujets âgés, Écorce. elle reste presque lisse, formant peu de rhytidome ; elle renferme 6,46 0/0 de tannin chez l'arbre des Barres dont il vient d'être question.
370 CUPULIFÈRES.
par les oiseaux, à condition qu'il ait de la lumière en quantité suffisante. C'est donc au bord des massifs, le long des chemins, et sous bois, seulement dans le cas de peuplements très clairs ou formés d'essences à couvert très léger, qu'il se répand. C'est ainsi au'on le rencontre dans le domaine des Barres, où il a été introduit en 1828, par M. de Vilmorin. Sorti de sa station première, il abonde aujourd'hui dans tous les endroits où les conditions de lumière lui conviennent, et il commence môme à se répandre un peu dans les environs.
A raison de sa petite taille, il ne peut guère fournir que de menus bois de chauffage, mais la facilité avec laquelle il se propage abondamment sous les pins sylvestres, permettrait peut-être de l'employer avec succès pour former des sous-bois dans les peuplements de cette essence.