‹ Flore forestièreChapitre 199 sur 295 · Bouleau pubescent. Bbtula pubesgens. U, alba, par» Lin · texte numérisé non relu

Bouleau pubescent. Bbtula pubesgens. U, alba, par» Lin

Feuilles ovales ou ovales-rhomboîdales, à bords de la base courbés et non rectilignes, quelquefois cordiformes, surtout sur les jeunes rameaux, aiguës, mais non acuminées au sommet comme celles du bouleau verruqueux, à contour général arrondi, à dents inégales, simples ou à peine sous-dentées; s'épaississant et devenant coriaces en automne ; d'un vert plus foncé en dessus qu'en dessous, où elles sont finement réticulées et pubescentes, ainsi que les pétioles et les jeunes pousses. Celles-ci, avec des lenticelles, mais sans verrues résinifères, douces au toucher. Pubescence du reste très variable : abondante sur les jeunes plants et surtout sur les jeunes rejets qui en deviennent veloutés, diminuant avec l'âge mais laissant toujours quelques traces, au moins aux aisselles des nervures inférieures et sur les pétioles. Ecailles du fruit trilobées, de formes diverses, dont les lobes latéraux, généralement anguleux, sont étalés ou redressés ; aile du fruit égale à la graine ou à peine plus large, peu prolongée vers le haut et ne débordant pas la base des stigmates. — Arbre ou chétif buisson aux limites septentrionales de son aire d'habitation,

BÉTULACÉES.

Aire d'habitation.

Station.

et ne se gerçurant que peu ou point, même au pied. Commun dans les bois humides, marécageux ou tourbeux du nord, du nord-est et de l'ouest de la France. — Flor., avril-mai, un peu plus tardive que celle du bouleau verruqueux. Fructif., maijuin. Dissimén., fin de septembre.

Le bouleau verruqueux et le bouleau pubescent ont entre eux de telles analogies que Linné, qui certainement les a connus Tun et l'autre, n'en a fait qu'une seule espèce sous le nom de Bouleau blanc {Betnla alba, Lin.) (1), et qu'en pratique forestière, on attache peu d'importance à leur distinction.

L'histoire du premier est, en effet, l'histoire du second, à quelques différences près qui vont être signalées.

Le bouleau pubescent est, par excellence, l'arbre des régions septentrionales, où il s'avance beaucoup plus loin que son congénère, puisqu'il atteint la pointe extrême du continent européen, le cap Nord, sous le 71® degré de latitude. Par contre, il parvient moins loin vers le sud, où, de la mer Noire à l'Adriatique, sa limite équatoriale coïncide approximativement avec le 46® degré, pour de là traverser les Alpes et aboutir, sous le 43® degré, aux Pyrénées, qu il n'habite qu'à l'état d'extrême dissémination.

L'humidité du sol et de l'atmosphère sont, pour le bouleau pubescent, plus encore que pour le bouleau verruqueux, des conditions essentielles de végétation ; aussi les sols qui lui conviennent sontils particulièrement ceux où se plaît l'aune, fussentils complètement marécageux et même tourbeux. Toutefois, on le rencontre encore en assez bon état de croissance sur des sols sablonneux assez secs, quand cette condition fâcheuse est modifiée par un

(1) [Cette manière de voir à laquelle est revenu Regel dans

BÉTULACÉES. 417

climat suffisamment pluvieux pendant la saison de végétation.

En raison de la grande étendue de Taire qu'il occupe et de la diversité des stations où il croit, ce bouleau est sujet à de nombreuses modifications. Il forme dans TEurope moyenne de vastes forêts, mélangé au bouleau verruqueux dont il égale les dimensions ; vers le nord, il peuple à lui seul d'immenses étendues, décroissant de taille jusqu'à n'être plus à Enare (Finlande), sous la latitude de 68<*,55' et à Tâge de 100 ans, qu'un arbuste de 1™,80 de hauteur sur 0"*,30 de circonférence à la base.

Il exige moins de lumière que son congénère ; il Tempéramem. a conséquemment le couvert plus épais et forme des massifs plus serrés.

Le bois du bouleau pubescent est, paraît-il, plus Bois, mou et plus léger que celui du bouleau verruqueux ; complètement desséché à l'air, il pèse 0,601-0,629 {Coll. Éc. For.),

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