Bouleau verruqueux. Betula verrucosa. Eurh
B, alba, pars. Lin. B. odorata, Reichb, B. nendula, Roth. Feuilles pétiolées, variables, rhomboïdaies à base en coin,
ou triangulaires à base tronquée, parfois même légèrement cordiformes sur les jeunes rejets, acuminées au sommet, à contour général plus ou moins anguleux, doublement dentéçs, restant membraneuses, d'un vert un peu luisant, plus foiicé en dessus, couvertes en dessous d'un grand nombre de glandes résinifères; complètement glabres à l'état adulte, parfois légèrement pubescentes sur les très jeunes plants et sur les rejets ; veinules cachées dans le parenchyme et non saillantes
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en dessous. Jeunes pousses pendantes, verruqueuses, rudes au toucher. Ecailles du cône trilobées, de forme peu variable, dont les lobes latéraux sont plus grands que le médian, arrondis et recourbés en dehors. Fruit bordé d'une aile ^3 fois aussi large que lui et le débordant supérieurement, de manière à atteindre ou à dépasser le sommet des styles. — Arbre droit, élevé, à branches obliquement ascendantes, à rameaux et ramules grêles, arrondis, plus ou moins pendants, formant une cime arrondie-pyramidale ; écorce lisse, blanche et papyracée, s'épaississant, se gerçurant largement et profondément à partir du pied, dès l'âge de 10-15 ans ; bourgeons glabres. Commun dans les forêts à sols frais et sablonneux des régions basses et montagneuses du nord, de l'est et de l'ouest, ou des régions élevées du sud de la France jusqu'en Corse. Flor., avrilmai. Fructif., mi-juin. Dissémin., antomne.
Var. a. lacinié. — R ladniata, Walh. Feuilles pennatifides. à lobes dentés, longuement acuminés. — Variété originaire de la Dalécarlie, fréquemment cultivée dans les jardins.
Taille. Port. Le bouleau verruqueux est, tout au plus, un arbre de deuxième grandeur, qui dépasse rarement 0'",60 de diamètre et 25 mètres de hauteur ; cependant on en cite un en Courlande qui mesure 5™,50 de circonférence et 28 mètres de hauteur. Il conserve le même port, qu'il croisse en liberté ou en massif, et, comme tous les arbres qui exigent de la lumière et dont le couvert est léger, il ne supporte pas Tétat serré, s'éclaircit de bonne heure et présente sur une surface donnée, à égalité de hauteur et vers l'âge de 40 ans, moitié moins de pieds qu'un massif de liêtres. La tige, circulaire et assez grêle relativement à la hauteur, se dénude jusqu'à 5-10 mètres au-dessus du sol et se prolonge, à moins d'accidents, jusqu'à l'extrémité de la cime. Celle-ci est peu ample, ovoide-aiguë, composée de branches longues et menues, ascendantes, souvent retombantes à leur extrémité (bouleau pleureur), ainsi que les rameaux et ramules très grêles qu'elles supportent.
LoDgéviié. Le bouleau vit 100 à 120 ans ; il peut aller exceptionnellement jusqu'à 150 ans.
Écorce. L'écorce des pousses de l'année est généralement
glabre ; outre les lenticelles, elle est pourvue de glandes résinifères verruqueuses, surtout abon-
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dantes sur les jeunes rejets. Après la chute de répiderme, vers 3-4 ans, elle devient lisse, brune et présente : 1® une enveloppe subéreuse, formée de cellules tabulaires résistantes, extensibles, disposées en lames minces ; 2° du parenchyme vert ; 3^ du liber. Toutes les modifications ultérieures qu'elle subit se produisent dans Tenveloppe subéreuse et, pendant toute la vie, elle maintient actives les mêmes couches de parenchyme vert et de liber, qui, sans s'accroître en épaisseur, se développent en largeur, au fur et à mesure que le corps ligneux s'épaissit. Vers 6-8 ans, un tissu cellulaire cubique, fragile, blanc, s'interpose par lames minces entre les zones du tissu subéreux tabulaire brun. Les parties les plus extérieures de ce tissu blanc, distendues par l'accroissement interne, se déchirent, laissent isolées les lames de tissu brun, qui, semblables à des feuilles de papier, s'enlèvent circulairement et sont blanchies sur les deux faces par les débris des cellules cubiques. L'enveloppe subéreuse se maintient ainsi lisse et d'un blanc ae neige, s'exfoliant à la surface, tandis qu'elle se reforme par la face interne, jnsqu'à l'âge de 15 à 20 ans; puis elle subit une nouvelle modification. Un tissu cellulaire brun, dur et cassant, résultant d'une transformation du tissu cellulaire cubique blanc, se développe abondamment, mais très inégalement, entre les feuillets des cellules tabulaires, gerçure ceux-ci, les repousse au dehors et constitue une sorte de rhytidome épais, profondément et largement crevassé, qui se produit naturellement au pied de l'arbre d'abord, puis s'élève de proche en proche avec les années. L'écorce unie du bouleau représente 12-18 p. 100 du volume total ; celle qui est gerçurée forme jusqu'à 35 p. 100 de ce volume.
L'enracinement est faible et se compose d'un Enracinemem pivot, de nombreuses racines latérales et de chevelu.
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dant, finissent par dominer et par s'enfoncer plus avant. Le volume réel dû bois souterrain est, en moyenne pour des âges différents, au volume total : 16: 100; il descend jusqu'à 13, s'élève jusqu'à 20 p. 100. 11 est rare que l'extraction en rapporte plus de 10-12 p. 100.
Bourgeons. Les bourgeons sont courtement ovoïdes, plus ou moins aigus, recouverts d'un petit nombre d'écaillés et enduits d'une excrétion résineuse balsamique ; très rarement ils sont accompagnés d'un sous-bourgeon.
Les jeunes racines du bouleau forment des bourgeons d'un ordre tout spécial, qui, sans s'être produits à l'aisselle des feuilles, rappellent beaucoup les bourgeons proventifs. Comme ces derniers, les bourgeons de racines, une fois formés, restent latents et peuvent se multiplier en nombre tel qu'ils rendent souvent le bois de souches madré. Rejeis. Les bourgeons proventifs véritables sont rares et
périssent de bonne heure dans le bouleau; les bourgeons adventifs s'y développent difficilement ; les souches produisent en conséquence peu de rejets, les tiges peu ou point de branches gourmandes. Toutefois, le bouleau est très propre au régime du taillis, en raison des nombreux bourgeons de racines qui, après l'exploitation de l'arbre, se développent en rejets et percent la terre de toutes parts.
Les rejets du bouleau donnent généralement naissance dans leur jeunesse à deux générations de rameaux chaque année.
Feuillage. Le feuillage du bouleau est beaucoup plus abondant qu'on ne le suppose ordinairement, aussi abondant en poids que celui du hêtre, 13,000 kil. environ par hectare, lesquels se réduisent par la dessiccation à l'air à 5,200 kil. ; plus épais et plus lourd que celui du hêtre, il suffit pour couvrir 5,2 fois la sur-
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de la lumière, comme le font celles de la plupart des autres arbres, elles n'y offrent que leur tranche. Elles se décomposent rapidement sur le sol, et ne forment par conséquent point de couverture épaisse comme celles du hêtre.
Les feuilles ont l'insertion | sur les pousses prin- FrucUficaiion. cipales, { sur toutes les autres ; le pétiole en est
Elus allongé et plus grêle que celui des feuilles du ouleau pubescent. i
Le bouleau, isolé, fructifie dès l'âge de 10 ans, plus tôt même s'il provient de rejet de souche ; en massif, vers 20 ans ; la fécondité en est soutenue et régulière. Suivant les localités, les années, les individus, la dissémination qui se fait [à l'automne],
Seut être retardée jusqu'en novembre. Les semences u bouleau sont mélangées d'écaillés, dans la proportion d'une écaille pour trois fruits ou un peu moins ; on ne peut les en purger, parce que ces écailles, tombées en même temps qu'elles, sont à peu près aussi petites et aussi légères.
La meilleure semence de bouleau contient beau- Germinaiion. coup de fruits mal conformés ; elle est de bonne qualité quand elle en présente le { ou le | aptes à germer. Cette semence se conserve difficilement, à
Eeine jusqu'au printemps, non sans perdre encore eaucoup de son aptitude à la germmation. Il est donc prudent de récolter les fruits du bouleau aussitôt après leur maturité et de les semer immédiatement, sans recourir, pour se les procurer, à la voie du commerce. En semant au printemps, le jeune bouleau lève au bout de 4-5 semaines. Il paraît avec deux très petites feuilles cotylédonaires semi-doubles, auxquelles succèdent d'autres feuilles simplement dentées et pubescentes ; il ne dépasse généralement pas 5-6 centimètres la première année. Les feuilles qui suivent prennent de plus en plus la forme ordinaire, deviennent sous-dentées
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Âireetsiatioo. Le bouleau verruqueux abonde dans l'Europe et dans l'Asie moyennes, où il atteint ses plus grandes dimensions ; sans avoir l'aire d'habitation aussi septentrionale que le bouleau pubescent, il se prolonge vers le nord jusqu'à Saint-Pétersbourg et même un peu au delà, et parvient en Norwège jusqu'au 65® degré de latitude, où il ne se rencontre plus qu'à l'état d'extrême dissémination et sous forme buissonnante. Il s'étend beaucoup plus loin que son congénère vers le sud, où, à la faveur des montagnes, il atteint la pointe méridionale de l'Italie et l'Etna. De ce point extrême, sa limite équatoriale remonte le nord par les Apennins [la haute Corse], les Alpes Maritimes et les Alpes du Var, jusqu'au plateau central de la France, pour de là revenir au sud en englobant dans l'aire qu'elle circonscrit les Pyrénées, la partie occidentale de l'Espagne, jusqu'au 39® degré environ de latitude, et la moitié septentrionale du Portugal. Le bouleau verruqueux ne se rencontre pas en Algérie.
Arbre de plaines ou de montagnes peu élevées dans le nord et le centre de son aire, où il forme, seul ou associé au pin sylvestre et au bouleau pubescent, des forêts très étendues, le bouleau verruqueux se dissémine de plus en plus vers le sud, en stations montagneuses disjointes ; il y parvient aux altitudes de 1,300 mètres dans les Vosges, de 2,000 mètres dans les Pyrénées, de 2,776 mètres sur l'Etna.
Les sols que préfère le pin sylvestre sont aussi ceux qui conviennent au bouleau verruqueux ; ce sont conséquemment les sols légers et sablonneux, particulièrement ceux dont le sous-sol conserve de la fraîcheur. Il réussit encore sur les terres argilo-
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de température pour végéter, qu'il peut néanmoins en supporter une considémble ; qu'enfin la durée du repos hivernal a peu d'influence sur lui. Les circonstances prédominantes de sa distribution semblent se rencontrer dans la nature du sol et l'humidité atmosphérique, surtout dans la fréquence et la quantité des pluies pendant la saison de végétation. '
Le bois du bouleau verruqueux, souvent rangé Bois, dans la catégorie des bois blancs, est demi-dur et demi-lourd; sa densité, relevée sur les échantillons complètement desséchés à l'air libre de la collection de l'Ecole forestière, varie de 0,517 à 0,768. En cet état, il contient encore 10-12 p. 100 d'eau hygrométrique. Il subit par la dessiccation un retrait considérable, qui peut atteindre 15-20 p. du volume à l'état vert.
Ce bois, exposé aux variations atmosphériques, se Usages, pourrit très rapidement et complètement ; aussi n'est-il pas employé aux constructions ; mais il sert à la menuiserie, au charronnage, au tour ; l'ébénisterie tire même un assez bon parti du bois madré de sa souche et des broussins de sa tige. On en fait des échelles, des sabots, des cercles, des harts ; les jeunes rameaux sont recherchés pour balais.
D'après les expériences de T. Hartig, du bois de Valeur la tige d'un boufeau de 80 ans, ramené par la des- calorifique, siccation à 8 p. 100 d'eau seulement et pesant 0,70, comparé à du bois de hêtre de même âge et de même dessiccation, d'une densité de 0,80, a donné les résultats suivants sur sa valeur calorifique :
Plus haut degré de chaleur. . .^ ^ayonnanle Durée de la chaleur croissante.! J^^^^^
Poids égaux. Vol.
\ ascendante iOi : 100 91
iOO
Ai\l
100 87.5 100 87.5 100 82.2 4nn 04
égaux.
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Le bouleau est, comme on le voit, un assez bon combustible ; il brûle avec une flamme claire et vive, produit un haut degré de chaleur ascendante et convient parfaitement à certaines industries : boulangeries, verreries, etc.
Le charbon en est lourd et dur; il dégage une chaleur intense et soutenue et équivaut à celui du hêtre. Produits L'écorce de bouleau, particulièrement le liber qui
accessoires, ^q ^gt la partie la plus active, contient du tanmn, 1,6 p. 100 d'après Davy ; elle est très recherchée par les habitants du nord de l'Europe, pour la préparation du cuir, auquel elle communique une couleur particulière et une odeur caractéristique. On en extrait, par voie de distillation sèche, une huile essentielle avec laquelle on enduit les cuirs de Russie. Elle s'enflamme très facilement et fournit un excellent combustible.
L'écorce blanche renferme presque moitié de son poids d'une résine particulière, bétuline, que Ton peut extraire par l'alcool, puis faire cristalliser. U'est sans doute l'abondance de ce principe qui assure à cette écorce une inaltérabilité et une imperméabilité si remarquables. La première de ces propriétés est telle que, dans des tourbes et même des lignites, on trouve des portions d'écorce de bouleau parfaitement intactes, tandis que le bois est totalement détruit ; on la met à profit dans les régions du Nord en revêtant d'écorce les portions de pieux que l'on enfonce en terre. On sait que l'imperméabilité de cette écorce la fait rechercher
S)Our en fabriquer des tabatières ; on peut aussi en aire des semelles aussi bonnes que celles de liège pour garantir contre l'humidité ; enfin, en la distillant dans des fours, elle produit du goudron.
L'utilité de l'écorce est telle qu'en Russie elle est soumise à une exjJloitation périodique, tout comme le liège en France. En ayant soin de ne point entamer le liber, la partie subéreuse et lamelleuse se régénère facilement, sans que l'arbre ait aucunement à en souffrir.
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Les verrues et les bourgeons contiennent aussi de la résine ; mais celle-ci ne cristallise pas comme la précédente.
On retire de la feuille, comme de celles de plusieurs autres végétaux, une matière colorante dont on fait une sorte de pâte, employée en peinture sous le nom de styl de grain.
La sève du bouleau renferme une notable quantité de sucre; 8,7 sur 1,000 kil. On extrait cette sève, dans le Nord, au moyen de trous pratiqués de bas en haut dans la tige, à une profondeur de 5 à 6 centimètres. Un arbre robuste et de grandes dimensions peut, dit-on, fournir 170-240 litres en 24 heures, quand le temps est favorable. Concentrée, puis soumise à la fermentation avec addition de sucre et de différents aromates, on en fabrique une boisson spîritueuse très appréciée dans ces contrées.