FAMILLE LV
PLATANÉES. LESTIB.
Flopaison monoïque, en chatons unisexués, globuleux, disposés, 1 à 4, le long et au sommet de rameaux terminaux, grêles et pendants ; les mâles et les femelles séparés sur des rameaux différents. Fleurs petites, nombreuses, rapprochées et confondues entre elles de telle sorte qu'il est a peu près impossible d'isoler et d'analyser chacune d'elles. Chatons maies formés d'un réceptacle globuleux autour duquel sont insérées de très nombreuses étamines, entremêlées à la base d'écaillés courtes, en partie cunéiformes (bractées, sépales, étamines avortées?) ;| filets très courts, anthères anongées, bjloculaires, longitudinalement et latéralement déhiscentes, surmontées d'une expansion écailleuseet peltée du connectif, formant le revêtement extérieur du chaton. Chatons femelles semblablement constitués, dont les pistils ont l'ovaire uniloculaire, uniovulé, surmonté d un long style filiforme, crochu, à stigmate latéral et terminal. Fruit d'ensemble globuleux, composé d'un grand nombre de fruits simples, secs et coriaces, indéhiscents, monospermes (akènes), claviformes, surmontés par le style persistant et entourés dès la base de poils simples, articulés, rigides, dressés, roussâtres, les égalant en longueur. Graine non ou à peine albuminée. — Grands arbres à feuilles simples, caduques, pétiolées, palmatinerviées-lobées comme celles des érables, mais alternes et non opposées; à stipules soudées en une courte gaine, membraneuses et caduques, largement développées et herbacées sur les rameaux vigoureux et sur les rejets; à bourgeons coniques, bi-
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écailleux, cachés jusqu'à la chute des feuilles par la base dilatée des pétioles qui les embrasse complètement; dont l'écorce ennn, mince, gris-verdâtre ou blanchâtre, larçement écailleuse, se dépouille annuellement, par grandes plaques, du périderme de Tannée précédente.
Bois, — Tissu fondamental formé de fibres entremêlées de quelques cellules de parenchyme ligneux (non appa* rent à la loupe), un peu plus serré et plus dense à la limite externe des accroissements annuels. Vaisseaux assez fins, égaux, épars, à peine plus abondants dans le bois de printemps que dans celui d'automne. Rayons nombreux, assez épais, sensiblement égaux, quelque peu allongés dans le sens longitudinal. — Bois lourd, dur, brunâtre à Tétat parfait, à couches annuelles distinctes, se rapprochant oeaucoup de celui du hâtre, facile à reconnaître à de nombreuses et larges maillures brunes caractéristiques.
GENRE UNIQUE. — PLATANE. PIATANUS. Lin,
Mêmes caractères que ceux de la famille.
Les platanes sont des arbres de Thémisphère boréal, dont aucune espèce n'est indigène en France, mais deux espèces y sont naturalisées et fréquemment plantées.
Ils jouissent du privilège d'être à l'abri des attaques des insectes dans leur feuillage, comme dans leur tige.
A. Feuilles couvertes dans la jeunesse d'un
tomentum peu épais, glabres de bonne
heure ; divisées en 5-3 lobes lancéolés,
séparés par des tissus plus ou moins
profonds, généralement peu ouverts. . P. d'Orient. . . 1 A'. Feuilles couvertes ddns la jeunesse d'un
tomentum épais, tardivement glabres ;
divisées en 3-5 lobes largement triangulaires, séparés par des sinus très
ouverts qui n'atteignent pas la moitié
du limbe P. d'Occident. 2
Ohs, Il est en beaucoup de cas très difficile, pour ne pas dire impossible, de différencier nettement le platane d'Orient et le platane d'Occident, dont les seuls caractères sont empruntés à des organes éminemment variables, les feuilles. Ce n'est donc pas sans raison que Spach (Hist. des végét, phan,) les a réunis en une seule espèce sous le nom de Platane commun (Plataniu vulgaris, Sp.) ; nous aurions suivi cet exemple, si ces deux arbres n'eussent été d'origine aussi différentes, l'une asiatique, l'autre américaine. [L'opinion de Spach a été adoptée
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par Bâillon dans son Histoire des plantes, elle a été appuyée de considérations d'ordre paléontologiquc par J. Jankô dans un très intéressant mémoire inséré dans les Botanische Jahrbû' cher d'Engler, xr vol., et me semble parfaitement exacte].
1 • Plataixe d'Orient. Platanus orientalis . Lin .
Feuilles cunéiformes, plus rarement cordiformes ou même tronquées à la base, 5-3-lobées, à lobes lancéolés, irrégulièrement et lâchement dentés ou sous-lobés, quelquefois entiers, séparés par des sinus ^eu ouverts qui atteignent ou dépassent ordinairement la moitié du limbe ; couvertes dans la première jeunessCj surtout en dessous et sur les nervures, de poils rameux qui disparaissent de bonne heure, glabres à l'état adulte ; pétiole vert, relativement plus court et plus renflé à la base que dans l'espèce suivante. [Chatons fructifères généralement
F lus nombreux sur un même axe d'inflorescences que chez espèce suivante.] — Originaire de l'Orient^ de la Grèce à l'Afghanistan ; très fréquemment planté dans toute la France, dans les promenades, les parcs et le long des avenues. Flor., avril-mai. Fructif., automne.
Var. a. Flabelliforme. P. orientalis, flabellifolia. Spach. Feuilles profondément découpées, à lobes étroits et longuement lancéolés, cunéiformes à la base, où le parenchyme se prolonge sur le pétiole en dessous des nervures latérales.
Var. g. A feuilles d'érable. P, orientais, acerifolia, Loud, Feuilles peu profondément divisées, à lobes élargis et triangulaires, cordiformes ou tronquées à la base, sans parenchyme développé vers le pétiole en dessous des nervures latérales.
Obs, Entre ces deux variétés, dont la dernière rattache le platane d'Orient à celui d'Occident, se place une foule d'intermédiaires, qui échappent à toute description.
Le platane d'Orient est un magnifique arbre des Taille. Port, régions tempérées de l'Orient, d'une longévité remarquable, plusieurs fois séculaire et néanmoins d'une croissance extrêmement rapide ; il n'est pas rare d'y observer des accroissements annuels de 3-4 centimètres d'épaisseur. La tige, droite et cylindrique, nue jusqu à 10-20 mètres, se ramifie on une vaste et puissante cime, composée, comme celle du chêne rouvre, de grosses et longues branches coudéesflexueuses, régulièrement décroissantes en rameaux et en ramules et produisant, avec leur large et abondant feuillage, jamais rongé par les insectes, un couvert épais égal à celui du hêtre.
On cite de cette espèce quelques colosses remar-
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a Viables, entre autres un platane de Cannosa, en ^almatie, arbre parfaitement sain et très vigoureux qui mesure près de 10 mètres de circonférence à 1 mètre du sol, 36 mètres de haut, et recouvre de son ample cime une surface d'environ 14 ares.
Un platane de la même espèce, de la variété à feuilles d'érable, planté au Jardin botanique de Nancy en 1752 et conséquemment âgé d'environ 130 ans, mesure actuellement (1875) 27 mètres de hauteur sur 3",75 de circonférence à 1",50 du sol ; la cime en est remarquable par l'amplitude et le caractère de vigueur qu'elle présente.
Reprodaction. La fructification du platane est régulière et abondante chaque année, mais les graines sont souvent vaines en nos climats ; c'est à peine si, dans les meilleures conditions, on en obtient 20-30 p. 100 de bonne qualité. On doit en conséquence semer dru.
La dissémination a lieu par désagrégation des chatons fructifères, dont les akènes se séparent et tombent au printemps suivant.
Le jeune plant paraît 3-4 semaines après le semis de prmtemps ; il est pourvu de deux petites feuilles cotylédonaires semi-ovoïdes et s'accroît avec rapidité dès la seconde année.
Le platane supporte aisément la taille, repousse bien de souche et se reproduit facilement de boutures et de marcottes, quoique les plants créés par ces procédés, et surtout par le premier, ne se développent pas avec la vigueur de ceux qui ont été obtenus de semis.
L'enracinement du platane est profond et en môme temps longuement traçant.
Stoiion et sol . Cet arbre ne prospère que dans les pays de plaine ou peu accidentés et ne peut supporter en France le climat des régions montagneuses, même les moins élevées ; il demande un sol léger, frais et fertile, et réussit encore sur ceux qui sont humides. C'est à l'état de dissémination, le long des cours d'eau, qu'il
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se rencontre principalement, mais il ne fait point habituellement partie du peuplement des forêts. Il offre enfin dans ses exigences beaucoup d'analogie avec les peupliers, auxquels il ressemble encore par la vigueur de la végétation et la facilité avec laquelle il se prête au bouturage.
L'écorce est très caractéristique par la propriété Écorce. qu'elle possède de se dépouiller périodiquement, sous forme de plaques, de son ancien péri derme et d'être toujours unie et non gerçurée à la surface. Elle est, dans l'origine, constituée comme celle du hêtre et l'on y voit, après la chute précoce de l'épiderme, une couche de liber, le parenchyme cortical et l'enveloppe subéreuse sous forme d'un périderme superficiel, lisse et gris. Bientôt des lames irrégulières d'un périderme interne, sec, dur et ligneux, se développent par places dans l'épaisseur du parenchyme cortical, font dessécher et tomber tout ce qui les recouvre et, d'année en année, subissent elles-mêmes un sort semblable, parce que des plaques identiques se reforment au-dessous d'elles. Quant au liber, la végétation en est peu active ; il ne fait que se distendre sans s'épaissir notablement. Par ce dépouillement annuel, l'écorce ne doit point comprimer la couche génératrice de cambium comme chez les arbres où elle persiste et môme s'épaissit ; c'est sans doute là une des causes du rapide accroissement du platane.
Le bois de platane a beaucoup d'analogies de Bois, structure, d'aspect, de qualités ou de défauts avec le hêtre; il est plus brun; les maillures en sont plus nombreuses, plus larges, toutes égales, puis-
3u'elles proviennent de rayons égaux ; placé dans es lieux humides, il paraît moins sujet à la pourriture; la puissance calorifique en est à peu près équivalente.
La densité du platane complètement desséché à l'air varie de 0,642 à 0,782 {Coll. Éc. For,).
Le platane, prenant rang à côté du hêtre pour la valeur calorifique, à côté des peupliers pour la rapide
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croissance, est Tun des arbres dont la culture est la plus avantageuse.
Il ne se trouve point dans les forêts, mais il mériterait qu'on tentât de Vy introduire, en se rappelant toutefois qu'il exige des sols de première qualité et
âu'il ne réussirait pas à l'état de massif, en raison e la large envergure de sa cime.