‹ Flore forestièreChapitre 235 sur 295 · C. Cime ample P. noir J · texte numérisé non relu

C. Cime ample P. noir J

C. Cime étroite, en fuseau... P. noir, pyramidal. \ B'. Jeunes pousses sillonnéesanguleuses; capsules globuleuses, 3-4 valves ; stigmates entiers P. de Canada 5

Section I. — Fmilles blanches ou grises-tomenteuses en dessous ; palmatilobées ou sinuées-aentées ; bourgeons et jeunes pousses secs et poilus ; écailles des chutons veluesciliées, — Arbres à écorce lisse, gris-verdâtre, se crevassant plus tard sous forme de pustules en losange.

1. Peuplier blanc. Populus alba. Lin. Blanc de Hollande; Ypréau.

Feuilles coriaces à l'état adulte, de deux formes : celles des

i'eunes rejets et drageons ou de l'extrémité des rameaux, robustes, grandes, palmati-3-5-lobées, à lobes triangulaires, profondément sinués-dentés ; glabres et d'un vert foncé en dessus à l'état de complet développement, couvertes en dessous, ainsi que les pétioles et les jeunes pousses, d'un tomentum serré, ras, d'un blanc de neige (P. alba, nivea. Wesm.) ; celles des rameaux moins vigoureux et des arbres âgés plus petites, ovales, ovales-oblongues ou orbiculaires, sinuées-anguleuses ou sinuées-dentées, tantôt toujours blanches-tomenteuses comme les précédentes (P. alba, genuina, Wesm.), tantôt couvertes en dessous, dans le premier âge, d'un léger tomentum grisâtre, fragile, disparaissant de bonne heure, de sorte qu'elles sont glabres sur les deux faces, d'un vert plus clair en dessous, à partir de la fin du printemps (P. alba, denudata, Wesm.), Pétioles allongés, arrondis. Chatons cylindriques ; les mâles, courts et fournis, à écailles crénelées et barbues; 8 étamines; les femelles, plus longs et grêles, lâches, à écailles dentées, presque glabres. Capsule ovoïde, glabre, à stigmates allongés, linéaires, bilobés. — Arbre de grandes dimensions dont l'écorce est d'abord lisse et unie, gris-blanchàtre ou verdàtre, puis se crevasse en pustules sous forme de losanges qui s'allongent de plus en plus et produisent enfin des gerçures par leur réunion. Sols légers et frais des grandes

SALICINÉES.

vallées el des plaines, aux bords des fleuves et des rivières ; se rencontre spontané dans quelques forêts ; très fréquemment planté. Toute la France (1); Corse et Algérie. Flor., marsavril. Fructif., mai.

[Var. a. à feuilles entières. Integrifolia Bail, — Feuilles assez longuement pétiolées, à limbe ovale, parfois un peu cordiforme, entier ou obtusément crénelé, à tomentum très court en dessous. Capsules très petites. Algérie dans le Sud oranais (Battandier et Trabut].

Aireeisuiion. Le peuplier blanc croît spontanément en Algérie et dans les parties méridionales et moyennes de l'Europe ; la culture Ta en outre propagé vers le Nord jusque dans la Suède méridionale, vers le 61** ; c'est dans les terres d'alluvion, argilo-sablonneuses, profondes, fraîches ou humides des régions basses qu'il réussit le mieux ; il s'élève peu dans les contrées montagneuses.

Taille. Port. C'est un grand et bel arbre, de rapide végétation, longtemps soutenue, qui vers 40 ans, sous des circonstances favorables, atteint 33 mètres d'élévation sur 1 mètre de diamètre ; il peut vivre plusieurs siècles et parvenir aux plus fortes dimensions [un sujet de cette espèce existant à Saint-Julien, aux environs de Troyes, mesure 34 mètres de hauteur et 7"*,30 de circonférence à 1™,50 du sol; il est encore très vigoureux]. La tige droite, cylindrique, élevée, peu sujette aux branches gourmandes, se ramifie en une cime ample, ovale-conique, assez fournie en branches, d'un couvert moyen.

Enracinement L'enracinement se compose d'abord d'un pivot prononcé ; mais bientôt de longues et nombreuses racines latérales, superficielles, se développent et vont au loin tracer et drageonner. Le volume du bois souterrain, racines et souche comprises, celle-

(1) [Cette assertion ne s'applique qu'à l'arbre planté, mais comme il l'est fréquemment, comme de plus il s'installe fortement par des drageons, beaucoup de flores le donnent comme spontané dans des endroits où il ne l'est pas, où quelquefois il peut avoir, dans une certaine mesure, l'apparence de l'indigénat.]

SALICINEËS.

Bois.

ci coupée à 0™,15 au-dessus du sol, s'élève à 16-18 p. 100 du volume total.

La fécondité du peuplier blanc est considérable, Reproduciion. régulière, annuelle, mais les graines sont très rarement de bonne qualité et demandent à être semées de suite. Le jeune plant lève au bout de 8-10 jours avec 2 très petits cotylédons semi-ovoïdes et atteint, dès la première année, 15-20 centimètres do hauteur dans les circonstances ordinaires, 50 centimètres dans les circonstances très favorables ; à partir de ce moment la végétation en devient très rapide. Au surplus, l'extrême facilité avec laquelle le peuplier blanc et tous les peupliers indigènes se reproduisent de boutures et de plançons dispense de recourir au semis pour les multiplier.

Le bois du peuplier blanc diffère de celui de tous ses congénères par la facile distinction que Ton peut faire entre Taubier et le bois parfait ; le premier est blanc, blanc-jaunâtre ou légèrement rougeâtre, avec une épaisseur notable, de 10 à 15 centimètres ; le second est rougeâtre-clair nettement tranché ; il est lustré, généralement exempt de nœuds et de taches médullaires ; les accroissements annuels en sont distincts, souvent très épais, réguliers, circulaires et concentriques.

Le climat apporte de grandes modifications dans ses qualités; a'origine septentrionale, il est mou, léger, faiblement coloré, vicié par des gerces et des roulures; mais à mesure qu'on se rapproche du Sud, on le voit acquérir de la densité, de la dureté, de la coloration, sans qu'il présente les défaats qu'on lui reproche dans le Nord. Il pèse, complètement desséché à l'air, 0,453 (Bas-Rhin) à 0,702 (Algérie) {Coll. Éc. For,),

L'écorce contient du tannin, mais en moindre proportion que celle des saules, 3 p. 100 environ ; on y trouve aussi de la salicine.

2. Peuplier grisaille. Populus canescens. Smith. P, Hybrida. Bieb, P. Àlbo-tremula. Krause. Grisard. Feuilles uniformes, ovales, suborbicuiaires, sinuées-dentées,

Produits accessoires.

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crénelées on anguleuses, jamais palmalilobées, vertes et glabres en dessus^ tomenteuses ou pubescentes et d'un blancgrisâtre en dessous, finalement glabrescentes, celles des rejets et drageons plus de deux fois aussi grandes (11-12 centimètres de long), ovales-cordiformes et acurainées, anguleuses ou irrégulièrement dentées. Pétioles allongés, comprimés. Chatons femelles plus fournis que ceux du peuplier blanc, plus courts que ceux du peuplier tremble, à écailles longuement barbues, laciniées-pectinées ; stigmates palmati-quadrilobés, rouges ou verdàtres. — Arbre intermédiaire entre le peuplier blanc et le peuplier tremble, quoique plus voisin de ce dernier et considéré avec grande vraisemblance comme leur hybride, bien qu'il soit fertile (Willkomm,); [pouvant être aussi gros et aussi] élevé que le peuplier blanc, à écorce semblable, à jeunes pousses grisâtres-pubescentes, bourgeons non-visqueux. Disséminé au bord des eaux parmi les parents; centre de la France, Dauphiné, etc. ; [on le cultive comme son congénère.] Flor., mars-avril. Fructif., mai.

Section IL — Feuilles à contour assez régulièrement sinuécrénelé, pubescentes ou mollement velues dans la jeunesse, finalement glabres; bourgeons visqueux, à écailles glabres, barbues setdement sur les bords; écorce comme dans la section précédente.

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