Peuplier Tremble. Populus Tremula. Li.n
Feuilles à pétiole long, grêle, aplati perpendiculairement au limbe qui, par suite, est pendant et presque toujours en mou vement ; suborbiculaires, obtuses ou presque acuminées, fortement sinuées-dentées, mollement pubescentes dans la jeunesse, glabres, vertes, non luisantes et presque conc^lores sur les deux faces plus tard (1) ; celles des jeunes rejets très différentes, souvent 2-6 fois plus grandes, brièvement pétiolées, cordiformes à la base, ovales-acuminées, crénelées ou dentées, grises-veloutées en dessous et même en dessus, de consistance très herbacée. Chatons cylindriques, à écailles profondément incisées, longuement et densément barbues ; fleurs mâles à 8 étamines ; les femelles à capsule ovoïde, glabre ; stigmates bifides. — Arbre de moyenne taille, à bourgeons di'essés, glabres et visqueux, très commun dans toutes les forêts, dans toutes les situations, à toutes les expositions et dans tous les
(1) [Cette description des feuilles s'applique à celles qui se développent sur les pousses habituellement courtes, au )rintemps et qui constituent essentiellement le feuillage de 'arbre complètement adulte ; mais les feuilles des sec-ondes pousses allongées fréquentes sur les sujets encore jeunes, se rapprochent beaucoup de celles des jeunes drageons.]
SALICINÉES. 487
sols, toutefois il ne vient bien que sur ceux qui sont frais et fertiles ; il est à peine représenté dans la région méditerranéenne en dehors des montagnes, se retrouve en Algérie, dans les Babors, où il est très rare. Flor., mars-avril. Fructif., mai.
Le tremble est, de tous nos peupliers, celui qui Port. Taille, présente les moindres dimensions ; cependant, dans des circonstances très favorables, il atteint 30 mètres de hauteur sur l'",50 de circonférence ; la longévité n'en est point très élevée et rarement il dépasse 70 à 80 ans. En bien des lieux il reste beaucoup en dessous de ces dimensions et de cet âge. La tige est cylindrique, soutenue, élevée ; la cime, petite, formée de branches grêles, peu nombreuses et de quelques rameaux toruleux.
L'écorce, lisse et vive pendant longtemps, est Écorce. d'un gris-verdâtre ou même blanche (Alpes) ; elle se crevasse plus tard, à partir du pied, sous forme de pustules en losange, puis enfin elle se gerçure en long et forme un rhytidome rugueux, non écailleux, persistant, d'un gris-noirâtre.
L'enracinement est très superficiel, composé de Enracinement longues et grêles racines drageonnantes.
Ce peuplier s'étend du 35® au 71® parallèle, de Aire et station. l'Algérie aux environs du cap Nord, en Laponie, où il pénètre presque aussi lom que le bouleau ; de l'ouest à l'est il va du Portugal au Japon. Il fait défaut néanmoins dans toute l'Espagne méridionale ; il est rare dans les régions les plus méridionales de la France et dans les Pyrénées (1). Dans cette aire étendue, il se rencontre à toutes les expositions, quoiqu'il préfère celles du nord et de l'est ; de la plaine il s^lève dans la montagne jusqu'à la région alpestre, aux altitudes de 1,600-1,700 mètres. [1,850 mètres même dans les Pyrénées-Orientales (Bartet)].
■i^'?*fiW^
SALIGINÉES.
Sol.
Couvert.
Tempérament.
Importance.
Rejets.
Branches gourmandes.
Élagage.
Graines. Semis.
Drai^eons.
Tous les sols lui conviennent pourvu qu'ils soient frais ou humides, riches en terreau, qu'ils ne soient
f)oint trop compacts. En dehors de ces conditions, e tremble reste chétif et n'a pas de longévité.
Avec une cime claire, des feuilles peu abondantes, dont le limbe est presque vertical, le tremble a le couvert très léger ; néanmoins sa rapide croissance dans la jeunesse et sa fréquence le rendent, en beaucoup de cas, fort incommode dans les forêts; si l'on n'intervenait pas, il deviendrait préjudiciable au peuplement des essences principales, qui végètent moins vite que lui au début [mais il peut aussi quelquefois les protéger contre les gelées tardives]. Il est d'ailleurs très robuste et ne supporte lui-même aucun couvert.
Le tremble est un peuplier exclusivement forestier, qui, dans le nord-est de l'Europe, constitue des massifs à lui seul ; en France, il n'est ordinairement qu'à l'état de dissémination, mélangé à d'autres essences dominantes.
Cet arbre a peu de bourgeons préventifs ; aussi repousse-t-il mal de souche, même dans la jeunesse, ne répare-t-il pas les accidents survenus à sa cime et ne convient-il pas à l'exploitation en têtards. En revanche, il n'est point exposé à garnir son fût de branches gourmandes. Il se multiplie moins facilement de boutures que ses congénères. Le bois des sections d'élagage se pourrit chez lui rapidement, les bourrelets de recouvrement ne se produisent pas et la cicatrisation des plaies ne peut avoir lieu.
Les graines du tremble ne sont point de meilleure qualité que celles des autres peupliers ; lorsqu'elles sont bien conformées, elles perdent en quelques jours leur faculté germinative. La germination en est prompte sous des circonstances favorables; le jeune plant reste faible pendant la première année, puis ensuite s'accroît avec vigueur.
L'abondante reproduction de l'espèce repose principalement sur le drageonnement. Les racines, en
SALICINÉE8. 489
effet, conservent pendant 1 ngtemps leur vitalité, alors même que 1 arbre dont elles dépendent a été exploité et que la souche en est extraite ou complètement pourrie. Elles demeurent ainsi àTétat latent, sans rien produire au dehors, jusqu'au moment où des circonstances favorables, Texploitation du massif supérieur, par exemple, viennent les sortir de leur léthargie et provoquer chez elles le drageonnement. On voit alors des places étendues envahies par de nombreux drageons aux larges et longues feuilles cordiformes, là où, depuis longtemps et à de grandes distances, il n'existe plus d arbres de l'espèce.
Une circonstance spéciale accroît encore cette aptitude remarquable. 11 se produit çàet là le long des racines du tremble des excroissances ou broussins formés de nombreux bourgeons agglomérés, qui restent à l'état d'œil dormant et rappellent les tubercules de certains végétaux ; ces formations sont, longtemps après que l'arbre a disparu, le siège d'une certaine vie passive qui s'étend sur des
Sortions avoisinantes plus ou moins considérables e la racine, tandis que tout le reste pourrit rapidement. A un moment donné, ces petits centres vitaux, devenus indépendants, peuvent se réveiller et fournir de nombreux drageons qui percent le sol de toutes parts.
Il faut ajouter toutefois que la vigueur extraordinaire de tous ces drageons s'épuise rapidement, que beaucoup d'entre eux disparaissent en quelques années et que ceux qui persistent ne donnent pas tous des arbres de belles dimensions.
Deux insectes coléoptères, la chrysomèle du tremble et la chrysomèle du peuplier, au corps bronzé et aux élytres rouçes, vivent sous tous les états, du parenchyme des feuilles et ne respectent que la charpente fibro-vasculaire, qu'ils évident complètement ; ils concourent pour une large part à la destruction de ces drageons envahissants.
Le bois du tremble est, parmi ceux du genre, Bois.
490 9ALIC1NÉES.
celui qui a les vaisseaux les plus petits et le plus uniformément répartis ; les accroissements en sont de moyenne épaisseur, limités par des lignes exactement circulaires ; il est blanc, peu ou point coloré w au cœur et présente souvent de petites lames rayon-
^, nantes ou concentriques de tissu médullaire, brun
ir^ ou blanc; par un commencement d'altération, à
p^ laquelle il est sujet, il se marbre au cœur de noir-
r ; bleuâtre clair, veiné de lignes plus foncées.
l: Il manque de dimensions en général [et comme
^^^ surtout on le réserve peu, assez] rarement il est
Ç':' employé comme bois de service; mais il a quel-
?-'. ques usages spéciaux, qui le font de plus en plus
y apprécier et pour lesquels il convient mieux que
; tout autre. Il est notamment recherché pour la
p- fabrication des allumettes chimiques; il fournit la
1^ pâte à papier la meilleure et la plus blanche.
i\ Valeur Les expériences de T. Hartig sur la puissance
j^ calorifique, calorifique du bois de tremble de 65 ans et d'une
densité de 0,47, comparé à du hêtre de 80 ans |,- et d'une densité de 0,79, ont donné, l'un et l'autre
r étant également desséchés à l'air, les chiffres sui-
r^ vants :
t Poids égaux. Vol. égaux.
I; Plus haut degré de chaleur. . . j --^^ , JJ ; \^ g 3 ; ]««
P Durée de.acha.eureroissante.1 -^^j^: iS l '£ Eliî l Z
[^ Diiréedelachaleurd^rroiRsantei «scendanie 115 : 100 68.4 : 100
k; Durée de lacbaleurdécroissanle| ^ayonnanle 86 : 100 51 .1 : 100
^C Total de la chaleur déveloDDée J ascendante 96 : 100 57 : 100
r *^'** de la Chaleur développée. I ^ayonnanle 92 : 100 54.7 : m
J Eau vaporisée 86 : lOO 51 .1 : 100
^^ La puissance calorifique du charbon de tremble
^ est à celle du charbon de hêtre, pour des volumes
f; égaux, comme 61,8 : 100. (Wemeck.)
f- L'écorce a les mêmes propriétés que celle du
I peuplier blanc.
r [On trouve en A'gérie, mais rarement, un peuplier qui man-
r que en France et dont l'aire est surtout asiatique; c'est le :
^î ^ Peuplier de TEuphrate. Populus euphratica.
Feuilles à pétiole comprimé, à limbe glabre, glauque, de
SALiaNÉES. 491
Section III. — Feuilles régulihrement et peu profondément dentées, glabres et concolores sur les deux [aces ou à peu près; bourgeons glabres, visqueux; écailles des chatons
Î glabres, Ecorce se gei'çurant de bonne heure longitudinaement et formant un rhytidome dans le genre de celui des tilleuls,
§ I. Jeunes pousses arrondies; capsules ovoïdes, bivalves.
4. Peuplier noir. Populus nigra. Lin. Peuplier franc ; Léard ; Liardier ; Bouillard (France centrale).
Feuilles* plus larges ou presque aussi larges que longues, trlangulaires-subrhomboïdales ou ovales-acuminées, coupées droit, légèrement cordiformes ou obtusément cunéifornaes à la base ; étroitement cartilagineuses, translucides et régulièrement dentées-crénelées sur les bords à partir du pétiole, fermes, entièrement glabres, vertes, luisantes et presque concolores sur les deux faces. Pétioles plus courts que le limbe, comprimés. Chatons cylindriques, fournis, à écailles glabres, longuement frangées-laciniées, caduques ; les mâles, sessiles, rouges, à 6-8 étamines; les femelles, pédoncules, verdàtres, à ovaires ovoïdes-coniques, 4-sillonnés ; stigmates subsessiles, réfléchis, bilobés, jaunâtres. — Grand arbre à branches étalées, à cime ovoïde-conique, inégale, à jeunes rameaux arrondis ou à peine sillonnés à l'extrémité, à bourgeons exactement apprîmes, glabres et visqueux, ainsi que les jeunes feuilles. Terrains légers et humides, le long des cours d'eau ; souvent planté. Corse et Algérie. Flor., mars-avril. Fructif., mai.
Var. a. Peuplier noir, pyramidal. P. Nigra, pyramidalis, We^maël. P. Fastigiata. Desf. P, Dilatata. Ait. Peuplier d'Italie. En tout semblable au type, si ce n'est par le port. — Arbre très élevé, dont la tige, prolongée jusqu'à l'extrémité, est garnie presque dès la base de branches et de rameaux relativement faibles, dressés, formant une cime longue, étroite, aiguë, fusiforme. Planté le long des eaux et des routes ; originaire d'Orient. Flor., mars-avril.
Le peuplier noir est un arbre de grandes dimen- Peuplier noir sions, d'un port généralement irrégulier, qui, en P«>P''e™enidii 40-50 ans, parvient à une hauteur de 20-25 mètres,
forme variable, môme chez l'arbre adulte ; d'orbiculaires à ovoïdes ou oblongues, à bord tantôt denté, surtout vers le sommet, tantôt entier ; les feuilles des jeunes rejets linéaires, puis lancéolées entières ; chatons femelles pauciflores; capsules ovoïdes grosses. — Arbre médiocre à rameaux étalés. Moghrar et vallée de la Haute Tafna. Flor. et fructif., mars-avril.]
SAUCINÂES.
Dimensions à un diamètre de 0°*,65 et même plus ; il peut paretpon. fQjg grâce à sa longévité fort élevée, atteindre des dimensions beaucoup plus grandes. Un arbre de cette espèce, planté au Jardin botanique de Dijon, mesure 12 mèties de circonférence à 0™,30du sol, 37 mètres de hauteur, et cube environ 55 mètres ; Tâge en est d'environ 400 ans. La cime est
Généralement très ample, mais inégale, composée e branches nombreuses, étalées, ramifiées, se terminant en rameaux abondants, allongés et grêles; elle est mieux fournie que celle du peuplier blanc et du peuplier tremble et donne un couvert plus complet.
Enracinement. Cet arbre, avec quelques racines profondément enfoncées, émet, comme tous les peupliers, de longues racines traçantes superficielles ; il est très disposé à repousser de souche, à drageonner, surtout après l'exploitation, à se couvrir débranches gourmandes ; il se prête parfaitement, par ces motifs, à Texploitation par émondage et en têtards. Sa multiplication par boutures est facile.
L'aire du peuplier noir se rapproche beaucoup de celle du peuplier blanc ; s'étend aux contrées méridionales et tempérées de l'Europe [et à l'Algérie] ; la culture l'a propagé jusqu'en Suède et en Norwège. Les terres légères, profondes, riches en détritus, fraîches ou humides des plaines basses et des grandes vallées forment les stations qu'il préfère ; il s'élève dans les Alpes, le long des torrents, jusc|u'à 1,800 mètres environ.
C est un arbre de tempérament robuste, qui exige la lumière directe et ne comporte pas l'état de massif ; il recherche au contraire l'isolement et convient aux plantations en avenues.
Le bois du peuplier noir est mou, poreux, blanc.
Rejels.
Aire et station.
Tempérament.
Bois.
SALICTNÉES. 493
branches gourmandes et du mode d'exploitation par émondages qui lui est souvent appliqué. Il est moins estimé, d un travail moins facile que celui du peuplier blanc.
Il a pour densité, à Tétat de complète dessiccation à rair, 0,403-585 {Coll. Éc. For.).
Sa puissance calorifique est à celle du hêtre de 80 ans dans les rapports suivants, pour des volumes égaux (G. L. Hartig.) :
Puissance calorifique absolue 49 : 100
Plus haut degré de chaleur 60 : 100
Durée de la combustion 50 : 100
Il est donc à cet égard inférieur au tremble, supérieur au peuplier pyramidal.
La résine qui enduit les jeunes bourgeons produit l'onguent connu en pharmacie sous le nom de Populum.
Les feuilles, données en vert ou en sec, forment un bon fourrage pour le bétail ; ceci s'applique du reste à presque tous les peupliers.
L'écorce sert au tannage en Angleterre (Nordlinaer).
lue peuplier pyramidal ne diffère du peuplier noir que par sa ramification et n'en est certainement qu'une variété, au même titre que le chêne pyramidal est une variété du chêne pédoncule, le hêtre Sarasol une variété du hêtre des Dois. Il vient d'Asie, u Caucase et de la Perse suivant les uns, de l'Himalaya suivant les autres, et fut introduit d'Italie en France en 1749.
Ce peuplier a une tendance plus prononcée que le peuplier noir proprement dit à croître en hauteur, et parvient normalement à 30-33 mètres d'élévation ; mais il n'atteint point en diamètre d'aussi fortes dimensions. Le fût en est droit, garni de branches sur presque toute sa longueur, relové vers le pied de côtes très saillantes, séparées par de larges et profonds sillons. Il ne se rencontre jamais au^ l'état de culture, planté le long des routes, aes canaux, des cours d'eau et uniquement repré-
Valeiir calorifique.
Produits accessoires.
Peuplier noir pyramidal.
Origine.
494 SALIGINÉES.
sente par des pieds mâles, dont le sexe se perpétue exclusivement, en raison du seul mode de propagation usité et possible, le bouturage. Il existe néanmoins des pieds femelles, dont quelques-uns sont cultivés au jardin de TEcole forestière depuis 30 ans environ.
Bois. Le bois du peuplier d'Italie est très léger, très
mou, très poreux ; entre tous les congénères, c'est lui qui a les vaisseaux les plus gros. Il est blanc, coloré de gris-brun au cœur ; les accroissements en sont épais, irréguliers, très flexueux et non circulaires ; les nœuds y sont abondants ; c'est le moins estimé de tous ceux du genre. Quelquefois cependant la multitude des petits nœuds qui s'y développent par suite d'émondages répétés, et le contournement des fibres ligneuses qui en est la conséquence produisent, par le poli, de jolis effets qui rappellent ceux du bois ronceux d'érable et permettent à l'ébénisterie d'en tirer bon parti sous forme de placage, auquel il convient de laisser une notable épaisseur (4mill.). Desséché à l'air, ce bois pèse 0,349 {Coll. Éc. For.).
Valeur Sa puissance calorifique est à celle du hêtre de
calonfique. gg ans dans les rapports suivants, pour des volumes égaux (G. L. Hartig) :
Puissance calorifique absolue 39 : 100
Plus haut degré de chaleur 69 : 100
Durée de la combustion 33 : 100
On a beaucoup exagéré autrefois les avantages de la culture du peuplier pyramidal et l'on a cru souvent que le peu d'ampleur de sa cime permettrait d'en faire croître sur un espace donné, un nombre de pieds très considérable. C'était là une erreur. Ce peuplier demande beaucoup d'espacement, parce que, feuille depuis la base, il ne lui suflBrait pas de recevoir la lumière directe dans ses parties élevées seulement, comme cela arriverait s'il croissait en massif ; parce que, d'un autre côté, avec ses fortes et longues racines traçantes, presque superficielles, il exige beaucoup d'étendue pour se développer.
SALICINÉES. 495
Cette dernière circonstance explique aussi pourquoi le peuplier pyramidal, planté en bordures le long des prés, exerce au loin une influence fâcheuse sur la végétation du fourrage, influence accrue par la chute des feuilles, qui, avant de se transformer complètement en un principe fertilisant utile, nuisent à rherbe par le tannin qu'elles contiennent et mettent en liberté. Considéré en lui-même d'ailleurs, rien ne le recommande parmi ses congénères ; il ne croît nas plus vite que d'autres espèces (P. blanc, de (Janada); les cannelures prononcées de sa base produisent un déchet notable dans le débit ; enfin le bois en est le plus noueux, le plus difficile à travailler, le plus mou, le plus léger et le moins bon à tous égards. Le seul avantage du peuplier pyramidal est de ne produire que peu d'ombrage sur les routes qu'il borde et de n'y point entretenir la boue, comme le font les arbres à cime ample et à couvert épais.
§ II. Jeunes pousses anguleuses; capsules arrondies, 3'4'Valves; style à 4 stigmates.
5. Peuplier de Canada. Populus canadensis. Oesf. Peuplier suisse, P. monilifère, P. de Virçinie.
Feuilles semblables à celles du peuplier noir, bordées, au moins dans la jeunesse, de poils rares et courts. Pousses fortement cannelées-anguleuses. Chatons cylindriques, à écailles glabres, longuement laciniées-f rangées, caduques ; les mâles, sessiles, épais, très fournis, à fleurs composées de 20-30 étamines dont les anthères sont pourpres ; les femelles, longs, grêles et lâches, à ovaires globuleux, 6-sillonnés, surmontés de stigmates réniformes, bilobés, jaune-verdâtre, bordés de pourpre ; chatons fructifères plus allongés encore, à capsules globuleuses, espacées, lui donnant l'aspect d'un chapelet. — ■Très grand et bel arbre à tige élevée, nue, cylindrique, revêtue d'une écorce gris-brun, longitudinalement et densément gercurée, à cime ample, ovoïde-conique ; branches étalées, ramifiées ; bourgeons ovoïdes, dressés, presque apprîmes, bruns, glabres et visqueux. Originaire de l'Amérique septentrionale; très fréquemment planté aux bords des routes ou dans les prés médiocres des grandes vallées. Flor., mars-avril. Fructif., mai.
Le peuplier de Canada, Tune des plus belles Dimensions, espèces du genre, est d'une végétation extraordi-
496 SALICINÉES.
nairement rapide et longtemps soutenue; il e remarquable par Télévation, la forme régulière i
est et cylindrique de son fût, que no déforment ni côtes saillantes, ni sillons. Il peut atteindre en 40-50 ans 30 mètres d^élévation sur 3 mètres de circonférence et, grûce à sa grande longévité, dépasser de beaucoup ces dimensions, au moins en grosseur. Les pieds mâles surtout sont d'une grande vigueur et atteignent une taille que n'égalent jamais les pieds femelles, fréquemment considérés, par ce motif, comme appartenant à une espèce différente, sous le nom de peuplier de Virginie.
Pas plus que la plupart de ses congénères, le peuplier de Canada n'est un arbre forestier, mais if est certainement Tun de ceux qui méritent le plus d'être cultivés en avenues, malgré le couvert que produit son ample cime. Il n'a pas de tendance très prononcée à drageonner et n'est point exposé à se garnir de branches gourmandes ; il se multiplie très aisément de boutures.
Bois. Le bois est blanc, parfois légèrement rougeâtre
au cœur, à couches épaisses ou très épaisses, régulièrement circulaires, malgré quelques légères saillies en regard des gerçures de l'écorce; n est exempt de nœuds, léger, tendre, homogène, très recherché pour la layetterie, la menuiserie et même la menue charpente. Il pèse, complètement desséché à l'air libre, 0,382-0,445 {ColL Ec. For).