STO
ABIÉTINÉES.
forme irrégulière, tronquée, à sa couleur d'un jaune-brunâtre brillant, à ses dimensions plus fortes que celles des graines de la plupart des autres abiétinées. Elle contient beaucoup de térébenthine, qui lui donne une saveur acre et brûlante ; une aile brunâtre, large et opaque, dont elle conserve toujours des débris, même après le désailement, l'accompagne. Le kilogramme en renferme 22- 23,000 lorsûu'elle est fraîche et ailée, 31,000 lorsqu'elle est désailée ; le litre en contient 8,880. Elle supporte difficilement les emballages, les transports, et ne se conserve que de l'automne au printemps suivant.
Genninaiion. La germination des graines semées au printemps se fait au bout de 3-4 semaines. Après que le jeune plant s'est décoiffé par la chute de l'albumen, il présente 4-8, généralement 5 feuilles cotylédonaires, du double plus longues et plus larges que les feuilles ordinaires, dont les raies blanches sont à la face supérieure et qui se maintiennent vertes
Jeune plant, durant plusieurs années. Pendant 2-3 ans toute l'activité de la végétation se concentre sur la racine, qui s'enfonce profondément, et sur le grossissement de la tige, qui s'allonge à peine. Vers 3-4 ans, le jeune sapin commence à se ramifier par la production annuelle de 1-2 branches latérales, dirigées tantôt d'un côté, tantôt de l'autre ; il s'étend en largeur, fort peu en hauteur et présente, en cet état, un port tout particulier qu'il faut bien se garder de prendre pour indice d'un état peu prospère. Enfin, vers 10 ans, la ramification se verticille normalement et, dès ce moment, la végétation prend un rapide essor, si l'action de la lumière est suffisamment ménagée.
Tempérament. Le sapin a le tempérament délicat et résiste mieux
ABiériNÉES. 531
lopper avec vigueur sans aucune transition et produire des arbres de la plus belle venue. La précocité de la végétation expose beaucoup le jeune sapin à l'action des gelées printanières, auxquelles il est très sensible ; il perd fréquemment par elles ses pousses latérales, les premières développées.
Le bois de sapin n'est formé que de trachéîdes et Bois, de rayons et manque presque entièrement de canaux résinifères ; à peme possède-t-il quelques cellules de cette nature. Il n'a par conséquent pas d'odeur prononcée, et la résine y est extrêmement disséminée, quoiqu'on n'en puisse nier absolument la présence, puisqu'on la voit imbiber les nœuds ou se concrétionner dans les fentes ou cavités accidentelles qui peuvent se produire au milieu de la masse ligneuse.
Ce bois est blanc, souvent teinté de brun-rougeâ.tre très clair et ne se colore jamais au cœur ; il n'offre pas de différence bien appréciable, surtout quand il est sec, entre les couches extérieures et celles du centre, entre l'aubier et le bois parfait, quoique le premier n'ait pas les qualités du second, qu'il soit plus sujet que lui à la vermoulure et qu'il s injecte aisément de matières préservatrices, destinées à en prolonger la durée, tandis que le bois parfait s'en imprègne très difficilement, semblable en cela du reste à celui des autres résineux, épicéas, mélèzes, cèdres et pins.
Les accroissements annuels sont circulaires et très tranchés, en raison de la coloration et de la dureté très inégales des tissus de printemps et de ceux d'automne. Le défaut d'homogénéité du sapin, ainsi formé d'une succession de zones cylindriques alternativement molles et résistantes, détermine un débit caractéristique quand on le façonne en bois de feu. Il a une tendance prononcée à se partager dans la direction circulaire, alors môme qu on cnerche à
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attribuer la fréquence des roulures sur le sapin et tous les bois de structure non homogène. Lorsque des alternatives de chaud et de froid, des températures extrêmes, un afflux considérable ou une brusque diminution de sève déterminent des dilatations et des contractions dans toute la masse ligneuse, il se produit, si celle-ci n'a point d'homogénéité, des solutions de continuité suivant la direction des tissus les moins résistants, solutions qui, au cas particulier, correspondent aux zones molles du printemps et deviennent conséquemment circulaires.
La faculté très développée du sapin de résister fort longtemps à l'action du couvert et de reprendre immédiatement sa vigueur dès qu'il est dégagé, en rend souvent le bois de consistance inégale ; à une série d'accroissements très minces succède parfois brusquement une suite de couches plus épaisses. C'est là évidemment un défaut qui dimmue la résistance, l'élasticité et qui provoque la production de roulures. Il appartient à un traitement rationnel, en assurant aux bois des conditions de croissance uniformes, de le faire disparaître. Densité. La densité du bois de sapin est extrêmement
variable et semble s'accroître à mesure que la latitude devient plus méridionale ou que les arbres ont eu plus d'espace pour développer leurs organes verts ; elle est, dans son ensemble, supérieure à celle du bois d'épicéa et va de 0,381 à 0,649 {Coll. Éc. For.).
La résistance horizontale et l'élasticité du sapin sont considérables et ont été constatées par des expériences nombreuses, entre autres par celles d'une commission composée d'ingénieurs civils, militaires et maritimes et d'agents forestiers qui, en 1846, a reconnu à cet égard la supériorité du
ABIETINEES.
lignifié tandis que celui du printemps Test très peu, en offrant une succession de lames résistantes lâchement unies entre elles, rappelle la disposition de ces ressorts si énergiques, formés de lames superposées, et justifie très bien les résultats obtenus. Le sapin, par compensation, n'a pas une longue durée, s'il n'est employé à l'abri de l'numidité.
Les grandes dimensions, les qualités, l'abondance Usages, du sapin en font l'un des bois les plus employés dans les constructions civiles ; la marme marcnande l'utilise même pour la mâture. Tout le monde connaît d'ailleurs les innombrables usages auxquels on l'applique ; il se débite le plus souvent en planches, madriers, poutres, lattes, etc., qui se trans- Sortent fort loin du lieu de production. Il est 'une fente facile et fournit de bonne boissellerie, des bardeaux pour couvrir les maisons, etc.
D'après G.-L. Hartig, la puissance calorifique Valeur moyenne du sapin est à celle du hêtre, pour des calorifique, volumes é^aux, comme 69 : 100 ; elle est inférieure à celle de l'épicéa. C'est un médiocre combustible, qui brûle avec une flamme vive, mais qui pétille beaucoup et répand une abondante fumée.
[Cependant il est à noter que le bois de branches (rais dans les Vosges), qui est à accroissements très minces, de densité, par suite plus élevée que le bois de tige lui est très supérieur pour cet emploi].
Le manque de résine dans le bois de sapin justifie son infériorité sur le bois des autres abiétinées, à l'égard de la durée et de la puissance calorifique.
Le sapin pectine ne franchit pas les limites de Aire l'Europe, si cen'est vers l'est, où il pénètre quelque d*habiuiion. peu au delà de la mer de Marmara, en Anatolie. Son aire, assez restreinte, a la forme d'une ellipse irrégulière dont le grand axe, orienté de l'ouest à Test, se prolonge des Pvrénées occidentales, aux
534 ABIÉTINÉES.
14^ de latitude. L'Irlande, l'Angleterre, la Belgique, la Hollande, l'Allemagne du Nord, la SuMe et la Norwège, toute la Russie enfin, sont en dehors des limites septentrionales et orientales de cette aire et ne produisent point le sapin à l'état spontané ; il en est de même des contrées du Sud : l'Espagne, non compris le versant pyrénéen, la Saraaigne, la Sicile méridionale et la Grèce. Peutêtre cependant le sapin pectine se retrouve-t-il dans la région du Caucase.
En ce qui concerne la France, il ne se rencontre
au'à l'est et au sud d'une ligne brisée qui, partant 'Epinal, passe successivement à Bourg, Clermont, Aurillac, Carcassonne, et aboutit, en suivant les . Pyrénées, aux environs de Bayonne.
La distribution du sapin dans les limites de son aire d'habitation est très irré^ulière ; vers l'est il n'est qu'à l'état d'essence disséminée parmi les hêtres et les épicéas, mais à mesure au'on progresse vers l'ouest, on le voit devenir ae plus en . plus abondant, de telle sorte qu'à ses limites occidentales il atteint son maximum de développement et constitue à lui seul ou en qualité d'essence dominante des régions forestières très importantes. Parmi elles, on peut citer pour la France : les Pyrénées, [les Hautes Corbières], lesCévennes, les montagnes de l'Auvergne, du Forez et de la Loire, les Alpes dauphinoises, surtout le Jura et les Vosges ; pour l'Allemagne, le Schwartzwald et les montagnes de la Franconie.
Staiion. Le sapin, frigoris eomes et causa, a dit Linné,
est essentiellement l'essence des régions monta-
fneuses, où il caractérise une zon^ de végétation ien définie, supérieure à celle de la vigne et du chêne, inférieure à celle de l'épicéa. Descendant
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ABIÉTINÉES.
Monts-Dores, à 1,700 mètres en Corse, à 1,948 mètres dans le massif de TEtna; [1,950 mètres à l'exposition nord dans les Pyrénées françaises (Bartet).]
Cette essence recherche les sols profonds, frais, Sol.
fertiles ; elle redoute ceux qui sont compacts, marécageux ou tourbeux. Peu lui importe a'ailleurs la nature minéralogique de ce sol, pourvu qu'elle y trouve la satisfaction de ses exigences physiques. Les terrains calcaires du Jura produisent des sapinières qui égalent, si elles ne les surpassent, les plus belles sapinières des sols siliceux ou granitiques des Vosges.
Les conditions de sa végétation peuvent ainsi se CondUions résumer : Température moyenne d'août d'au moins ^® végéuiion . 15**, avec un maximum ne dépassant pas 39®. ; tem-
Sérature moyenne de janvier ne descendant pas auessous de 5**, avec un minimum qui ne s'abaisse pas au-delà de 27<* ; un repos de végétation d'au moins 3 mois ; enfin une atmosphère numide, à un moindre degré toutefois que celle qui convient à l'épicéa.
Le sapin est très exposé à une maladie qui lui Chancre est propre et qui occasionne sur sa tige ou ses bran- ^" ^P'"ches des tumeurs chancreuses presque toujours circulaires, très rarement unilatérales, nommées Chaudrons dans les Vosges, Gorges dans le Jura. Cette maladie se manifeste sur la tige par un renflement qui en double parfois le diamètre sur une longueur de 0™,50 à 1 mètre ; sur les branches, par une excroissance de la grosseur du poing ou même de la tête d'un enfant.
Le bois de la région malade est mou, spongieux; la fibre en est contournée, les accroissements annuels en sont notablement épaissis ; il est sujet à s'altérer et à se pourrir. L'écorce qui le recouvre est épaisse, essentiellement parenchymateuse, crevassée, laissant à nu le corps ligneux en certaines S laces, d'où suintent un liquide séveux noirâtre ou e la térébenthine.
536 ARIÉTINÉES.
Un sapin chaudronné ou gorgé perd par cette difformité une partie notable de sa valeur ; il est très sujet à se rompre, dans la région avariée, sous Tefifort des vents ou au moment de Tabatage ; dans tous les cas, les billes ou tronces sur lesquelles le vice se rencontre ne produisent que des planches tarées et dépréciées.
Il est aisé de s'assurer que le chaudron est en quelque sorte originel ou que, tout au moins, il remonte à la première ou à la seconde année de la tige ou de la branche défectueuse.
Une section transversale ou longitudinale prouve, en effet, que tous les accroissements annuels sont atteints par la déformation jusqu'au centre. On ne saurait d'ailleurs attribuer ce vice à des avaries d'exploitation, .pas plus qu'à l'action des causes locales, car on le retrouve sur les sapins de tous âges et de toutes conditions, sur tous les sols, à toutes les expositions et à toutes les altitudes.
Le chaudron de tige, le seul important, est ordinairement solitaire ; rarement il se reproduit 2 ou 3 fois sur le même arbre, à diverses nauteurs ; il est moins abondant que celui des branches, par la raison bien simple que l'arbre n'a qu'une tige unique et possède des branches nombreuses. Il devient parfois tellement commun qu'il affecte la majorité des arbres d'un massif.
Un champignon parasite de la tribu des urédinées, est la cause de cette déformation. Sans qu'on ait découvert le mode suivant lequel il envahit la jeune tige ou le jeune rameau, on s'assure (au microscope) que tout chaudron ou gorge est pénétré par un mycélium très reconnaissable, dont les filaments se sont développés dans l'écorce et dans le bois, s'insinuant entre les organes élémentaires et
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cet envahissement. Tout au moins voit-on fréquemment des renflements, qui ne sont autres que des chaudrons naissants, se produire en ces points.
Le mycélium du jeune chaudron se continue dans le ramule feuille le plus voisin, le déforme, Thypertrophie, en provoque la ramification et le transforme en une touffe anpondie, serrée, dont les rameaux sont épais, souples, parenchymateux, dont les feuilles, charnues et jaunâtres, sont annuelles et très caduques. Ces touffes, qui rappellent de loin celles du gui et sont connues sous le nom de balai de sorciei\ se trouvent de la sorte implantées sur le chaudron, se maintiennent vivantes et se déve-' loppent pendant un tîfertain nombre d'années, puis se dessèchent et disparaissent, sans que pour cela la tumeur cesse de s'accroître tant que s accroîtra la tige ou la branche sur laquelle elle s'est produite.
Tout chaudron est donc ou a été accompagné d'un balai de sorcier qui lui est consécutif ! Cette relation, énoncée pour la première fois en 1858, dans cette Flore Jorestière, est actuellement parfaitement établie et admise ; c'est par l'intermédiaire de ce dernier, comme on va le voir, gue le mycélium du chaudron fructifie et met au jour ses organes de reproduction.
On observe en effet sur la face inférieure des feuilles du balai, en juin, des disques orangés, disposés en deux séries longitudinales, qui sont des sporanges, d'où s'échappent de très fines granula- , tions, les spores, c'est-à-dire les fructifications d'une urédinée connue sous le nonT de jfEcidium elatinum (Alb, etSchw,), Ces sporanges terminent les filaments mycéliens du balai et du chaudron et en représentent évidemment les organes reproducteurs.
538 ABIÉTINÉES.
se reproduit directement sur ce dernier ; en tous cas, on n'est pas parvenu à y faire germer et développer ses spores.
La pratique peut déduire de ces observations que tout sapin qui présente sur sa jeune tige un balai de sorcier est en même temps atteint, en ce point, d'une tumeur naissante «ui prendra plus tard un grand développement ; elle doit s'attacher à faire disparaître, dans les premières éclaircies, ces jeunes arbres, qui seront infailliblement chaudronnés ou gorgés, afin de constituer, autant que possible, des massifs de sapins exempts de cette redoutable difformité.
Ravages L'invasion de V^crdium elatiniim n'est pas la
<*" 6"i. seule qu'ait à redouter le sapin ; lorsqu'il est avancé en âge, il est aussi l'arbre préféré du gui, qui se développe parfois en extrême abondance dans sa cime et le fait apparaître de loin vigoureuse et touffue encore, alors que le feuillage en est très amaigri. Outre l'épuisement qu'entraîne son parasitisme, le gui présente l'inconvénient d'émettre dans la région interne de l'écorce, surtout dans le sens longitudinal, de longues racines traçantes et drageonneantes, desquelles naissent d'autres racines qui pénètrent dans la zone ligneuse, encore molle, en voie de formation. S'allongeant pour ainsi dire à reculons, par la base et non par l'extrémité, ces dernières se trouvent successivement enveloppées par les accroissements ultérieurs, dont elles sont contemporaines et qu'elles n'ont point eu dès lors à perforer. Lorsque, plus tard, elles se sont desséchées et*détruites, la place en est marquée par des trous semblables à des galeries d'insectes, trous alignés en nombreuses séries longitudinales et parallèles, que l'on suit souvent à travers vingt à trente couches de bois et môme plus. Les cimeaux
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abiétinées, privilégié du côté des insectes ; peu d'espèces importantes vivent à ses dépens et rarement elles se multiplient assez pour compromettre -eon oxistence. Il n'a rieq ou presque rien à redouter des chenilles ou autres insectes qui dévorent les parties vertes. Parmi les espèces lignivores, on peut citer :
Le Bostriche curvî tenté {Bostrichus curvidens, Germ.), qui vit entre Técorce et le bois, où il ouvre une galerie principale transversale, formée de deux branches en accolade, de laquelle partent les galeries des larves, qui sont longitudinales ; très commun.
Le Bostriche liseré {Bostrichus lineatus, Gyll.), qui, en criblant le bois de petites galeries cylindriques, à parois noirâtres, produit la vermoulure noire, qui atteint surtout les sapins gisants, sans avoir été écorcés, et en déprécie beaucoup la valeur.
Le Pissode du sapin {Pissodes piceœ, 111.), insecte coléoptère rhyncophore, dont la larve, apode, creuse au pied des vieux arbres, sous Técorce, des galeries isolées, irrégulières, serpentantes et longitudinales.
lue Sirex géant {Sirex gigas, Lin.), Grand insecte hyménoptère, ayant la livrée des guêpes, dont la larve, blanche et charnue, pourvue de 6 pattes et d'une corne abdominale, sillonne le bois de larges et profondes galeries irrégulières.
Le Sirex spectre {Sirex spectrum, Lin.), plus petit que le précédent, ouvrant dans le bois des galeries analogues, reconnaissables à leurs moindres dimensions.
Les Hannetons enfin, dont les diverses espèces, à Tétat de vers, rongent les radicelles des jeunes sapins comme celles de tous les autres végétaux.
540 AAIÉTINÉES.
préjudice ; on choisit pour cela les arbres d'âge moyen, sur lesquels les lacunes résinifères ont pris leur plus grande extension, ou, ce qui revient au même, les portions supérieures de la tige des vieux arbres.
L'opération consiste simplement à piquer, avec le bec d'un petit vase en îer-blanc, les ampoules résinifères de Técorce vive, afin de recueillir les quelques gouttes de térébenthine qui s'en échappent. Cette pratique, peu productive et de plus en plus délaissée, fournissait la térébenthine dite de Strasbourg (1).
GENRE H. — ÉPICÉA. PICEà, Link.
Feuilles persistantes, solitaires, en spirale, entourant régulièrement les rameaux et ramules, tétraçones, raides,
Sointues, piquantes, concoiores et pourvues de fines lignes e stomates sur toutes les faces. Anthères longitudinalement déhiscentes. Cônes terminaux sur les rameaux,
Eendants, à écailles minces, coriaces et persistantes, à ractées atrophiées. Graines ovoïdes-aiguës, pourvues au sommet d'une longue aile arrondie, qui se sépare nettement et aisément ; oléagineuses et féculentes. Ramification verticillée sur la tige, confusément distique sur les branches. Bourgeons secs, non résineux.
Bois. — Bois blanc, sans distinction sensible d*aubier et de bois parfait, ressemblant à celui du sapin, mais pourvu de quelques canaux résinifères, apparents à la loupe et même à Toeil nu, sur une section transversale très nette.
Bpicéa commun. Picea excelsa. Link. Pinus cUnes. Lin. Pesse. [Fie, Fuve], Sérenté (Alpes). Sapin blanc du Nord.
Chatons mâles ovoïdes, roses ou pourpres avant la floraison, axillaires ou terminaux sur les ramules de l'année précédente; fleurs femelles en chatons cylindriques, d'un rouçe violacé, dressés, terminaux sur les pousses d'un an des parties moyennes et élevées de la cime ; les uns et les autres produits par des bourgeons reconnaissables dès la fin de l'été de Tannée
(1) [Non seulement cette pratique est de plus en plus dé-
précédente. Cônes pendants, longs de 10-15 centimètres, oblongscylindriques, rouges ou verts, à écailles rhomboïdales, tronquées et denticulées, ou légèrement échancrées, ou entières à leur sommet, minces, sèches et coriaces, d'un roux luisant à la maturité, non accompagnées de bractées. Graines petites, obovées, atténuées à la base, de la taille et de la forme de celles du pin sylvestre, toutes d'un rouge-brun mat uniforme, pourvues d'une aile 2-3 fois aussi longue qu'elles, dont les 2 bords sont arrondis, d'un roux clair. Embryon 6-10, plus souvent 9-cotylédoné. — Arbre de grande taille, à tige verticillée, à branches ordinairement arquées et plus ou moins déclinées, garnies de rameaux et de ramules nombreux, confusément distiques, pendants ; écorce écailleuse, rougeâtre. Forme, seul ou mélangé, de vastes forêts dans les régions montagneuses : Jura, Vosges, Alpes. Flor., fin de mai, commencement de juin. Fructif., octobre de la môme année. Dissémination, immédiatement après la fructification, ce qui est rare, ou au printemps suivant.
Var. a. (1) Epicéa commun de Sibérie. Picea ohovaia. Ledebour. Cônes plus petits, plus eflSlés au sommet, à écailles plus épaisses, plus lignifiées et régulièrement arrondies sur les bords. — Arbre des hauts plateaux du Jura (Morteau, le Russey, Meiche, etc.), dont le cône diffère totalement de celui du type, mais s'y relie par une foule d'intermédiaires.
L'épicéa est un arbre de très grande dimension, Taille. à tige droite, élancée, pouvant atteindre 40 mètres et plus d'élévation, mais dont le diamètre reste généralement inférieur à celui du sapin. Wessely affirme que dans les Carpathes il est des arbres de cette essence qui mesurent 68 mètres de hauteur sur 1™,10 de diamètre à hauteur d'homme. La longévité s'élève à 400-500 ans.
L'épicéa, comme le sapin, a la ramification verti- Ramiiîcation. cillée sur le fût, opposée-distique sur les branches et sur les rameaux ; néanmoins le port de ces deux arbres est complètement différent. Chez l'épicéa les
(1) [Le P. obovata qu'on le considère comme une espèce ou, ce qui me semble plus exact, comme une race chétive du P. excelsa vers son extrême limite boréale n'existe pas en France, je n'ai pas vu non plus, en échantillons français, les formes de très hautes montagnes qui ont été décrites, en Suisse,
ABIÉTINÉES.
branches sont grêles, persistent longtemps, même entièrement desséchées, et forment une cime très touffue, pyramidale, étroite, allongée, aigué au sommet, et non tronquée, jusqu'à Tâge le plus avancé ; elles sont tantôt ascendantes, tantôt réfléchies ou même pendantes et seulement un peu redressées à Textrémité (Picea excelsa, pendu la). Les rameaux et ramules, au lieu d'être étalés dans le même plan, sont retombants de chaque côté des branches, nombreux, chargés d'un feuillage abondant, déterminant un couvert très épais.
De toutes les essences forestières, l'épicéa est probablement celle qui constitue les massifs les plus serrés et qui donne le plus grand rendement en matière.
Outre les bourgeons régulièrement disposés qui déterminent la ramification essentielle de l'épicéa, il en est beaucoup d'autres, de nature axillaire, qui, distribués sans ordre, en masquent la régularité par les rameaux qu'ils produisent et accroissent, dans une large part, l'épaisseur du couvert. Cette faculté d'organiser et de développer facilement des bourgeons axillaires, rend l'épicéa très propre à la taille et permet de faire avec les plants de cette essence des haies très serrées et impénétrables. C'est aussi la raison pour laquelle l'épicéa répare plus aisément que le sapin la perte de sa flèche.
Enracinemeni. L'enracinement de l'épicéa est faible et consiste essentiellement en une souche dépourvue de pivot et garnie de racines traçantes assez grêles ; aussi cet arbre résiste-t-il mal à l'effort des vents (1). L'extraction de cette souche produit, en moyenne, 16,5 p. 100 du volume total, en exploitant rez de terre, savoir : 14,7 pour la soucheproprement dite, 1,8 seulement pour les racines (7; Hartig).
Fructificaiion. La fructification est sujette à plus d'intermittences et d'irrégularités que celle du sapin, et,
(1) [11 résiste cependant fort bien lorsqu'il a cru à l'état d'isolement].
ABIÉTINÉES.
suivant les contrées, elle n'est abondante que tous les 2-6 et môme 8 ans ; elle se produit normalement vers 50 ans. Si Ton voit quelquefois des cônes sur les arbres qui n'ont pas atteint cet âge, surtout dans les plantations, il faut se garder de les recueillir, car, presque toujours, ils n'ont que des graines vaines.
La moindre chaleur suffit pour faire entr'ouvrir les écailles et provoquer la dissémination ; aussi, dans quelques régions, celle-ci se fait-elle dès l'automne môme de l'année de floraison. L'abondance de la graine et sa facile extraction expliquent son bas prix. Fraîche et désailée, il en faut 124,000 pour un kilogramme, 69,000 pour un litre.
La graine conserve assez longtemps, 3-4 ans, sa Germioaiion. faculté germinative. Semée au printemps, elle germe au bout de 4-5 semaines. Elle contient une huile douce non siccative au lieu de térébenthine et a la saveur agréable.
Le jeune plant, une fois dégagé de ses enveloppes, Jeune plam. paraît avec des feuilles cotylédonaires, ordinairement au nombre de 9, exactement semblables à toutes les autres ; puis, dans l'année même, il allonge sa plumule en une jeune pousse garnie de 1-3 très petits rameaux latéraux, dont les feuilles sont finement dentées sur les angles. Au bout de l'année, les feuilles cotylédonaires sont déjà desséchées et la hauteur totale du plant est de 5-8 centimètres. Il prend la ramification verticillée dès les années suivantes ; à 5 ans, il mesure dans de bonnes conditions, 25-30 centimètres.
Avec son faible enracinement, le plant d'épicéa a Tempérament besoin d'abri dans la jeunesse, afin que la surface de la terre dans laquelle il est implanté ne puisse se dessécher ; mais il aime la lumière et n'a rien de la remarquable persistance du sapin sous le couvert ; il disparaît rapidement quand celui-ci est complet et prolongé. Si, dans les forêts mélangées de ces deux essences, on voit souvent le sol se repeupler principalement en sapin sous les bouquets
544 ABIÉTINÉES.
d'épicéas, il ne faut chercher de ce fait d'autre raison que Taptitude du semis de^ sapin à résister à leur couvert sombre et très serré, tandis que les
1)lants de Tépicéa lui-même ont disparu depuis ongtemps. C'est par une cause analogue que, sous le massif relativement moins serré des sapins, Tépicéa a tout autant de chances de se produire et de se maintenir que son compagnon, plus peut-être puisque sa végétation des premières années est plus rapidfe ; au'enfin, l'épicéa, et non le sapin, se propage sur les vides et les terres vagues du voisinage et souvent les envahit. Il ne faut d'ailleurs pas
§ ordre de vue qu'une sapinière pure se régénère 'elle-même en sapin, tout comme une futaie uniquement composée d'épicéas en plants de même espèce.
Le pivot de la racine s'arrête à la surface du sol dès la fin de la première année et produit de nombreuses radicelles très déliées, qui s'étendent dans toutes les .directions. Cette oblitération immédiate de l'axe principal influe sur l'enracinement de l'arbre pendant toute sa vie, mais elle rend les plantations très faciles et d'une réussite certaine. Écopce. L'écorce de l'épicéa est intermédiaire [en ce qui
concerne la formation d'un périderme] entre celle du sapin et celle des pins. Après la chute de Tépiderme, elle présente : un tissu subéreux, rougeàtre et fragile, qui s'exfolie à la surface en fines membranes; en dessous, le parenchyme cortical, où l'on remarque des glandes résinifères ; enfin le liber, qui [renferme des groupes] de fibres et des canaux résinifères. Vers 20-30 ans, un périderme interne s'organise, dessèche et fait tomber tout ce qui le recouvre, y compris les canaux résinifères longitudinaux, et produit un rhytidome rougeàtre, subéreux, qui nnit par se gerçurer et s'exfolier à la surface en petites écailles, couvertes de fines pellicules qui s'en détachent constamment. Le liber actif conserve toujours néanmoins une épaisseur notable et contient des canaux résinifères rayonnants de
plus grandes dimensions que ceux de toute autre espèce, 7 fois plus larges aue ceux du pin sylvestre par exemple (Hugo Moht).
L'épicéa occupe en Europe une aire un peu moins méridionale, beaucoup plus septentrionale et infiniment plus vaste que celle du sapin ; la figure, (jui en est extrêmement irrégulière, présente son momdre développement vers le sud-ouest et, de là, va sans cesse s'élargissant à travers l'Europe centrale dans la direction du nord-est, depuis les [Alpes- Maritimes un peu en dessous du 44^] degré de latitude d'une part, jusque près des rives de la mer Glaciale, non loin du cap Nord, sous le 69*^ degré, d'autre part. Toute la portion de la France, la plus
fjrande, qui se trouve à Touest d'une ligne tirée des Alpes] aux Vosges, la Belgique, la Hollande, la Basse-Allemagne du Nord, jusqu'à la Vistule, le Danemark et les îles Britanniques sont en dehors des limites occidentales de cette aire. Vers le sud, l'Espagne, la Corse, laSardaigne, l'Italie, à l'exception des Alpes de la Lombardie et de la Vénétie, la Grèce et la plus grande partie de la Turquie en sont exclues. Il en est de même de toute la Russie méridionale et orientale, où l'épicéa ne dépasse pas, au-delà de Moscou et d'Arkhangel, le 39^ degré de longitude.
Ces limites sont celles de l'épicéa proprement dit, à l'exclusion de sa variété, l'épicéa de Sibérie, dont l'aire d'habitation, encore mal définie, se prolonge beaucoup au delà, vers le nord-est.
Dans les régions septentrionales, en Norvège, l'épicéa descend jusqu'au bord de la mer, et dans sa limite supérieure, ne s'élève guère au-delà de 200 mètres ; mais à mesure que la latitude devient plus méridionale, cette altitude s'accroît, en ofiErant néanmoins une dépression sensible vers l'ouest.
Aire d'habilalion.
Station.
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et dans les Alpes de TEngadine, sous le 44* degré 40' à 2,111 mètres, il ne dépasse pas 1,720 mètres au Mont-Ventoux, qui se trouve sous le 44® degré. En même temps que s'élève la limite supérieure de Tépicéa, cet arbre abandonne les plaines et le fond des vallées et présente une limite inférieure en dessous de laquelle il ne descend pas spontanément. Cette limite est d'environ 600 mètres dans les Vosges et le Jura, 800 mètres dans les Alpes- Maritimes. En France, Tépicéa est donc franchement une essence montagneuse, gui s'élève jusqu'à la région alpestre et caractérise une zone de végétation supérieure à celle du sapin pectine.
L'épicéa forme, à lui seul ou mélangé au pin sj'lvestre, au sapin et même au mélèze, de vastes forêts, surtout dans les parties orientales et septentrionales de son aire ; il décroît en importance vers le sud et l'ouest. A cet égard, l'épicéa se comporte tout à fait à l'inverse du sapin.
Sol. Tous les sols, quelle qu'en soit la nature géolo-
gique et minéralogique, conviennent à l'épicéa, pourvu qu'ils ne soient ni trop compacts, ni trop imperméables, pourvu surtout qu'ils se maintiennent constamment frais ou mêmes humides : l'état tourbeux, sans être favorable à sa végétation, ne lui est même pas absolument contraire.
En terrain sec et aride, l'épicéa peut parfois se maintenir, mais entièrement dégénéré ; les teintes jaunâtres de son feuillage remplacent la couleur d'un vert sombre qui le caractérise généralement, les aiguilles en restent très courtes ; les cônes, abondants et prématurés, sont d'une taille réduite au tiers ou au quart de celle qui est habituelle aux individus normalement développés.
Conditions Les conditions météorologiques de végétation de de Yégéution. Tépicéa sont : une température moyenne de juillet d'au moins 10<*, d'au plus 18*^,75' ; une moyenne de janvier ne s'abaissant pas au-dessous ae 12®,5' {Willkomm) ; mais avant toute autre chose une atmosphère humide, des pluies fréquentes, de fortes
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rosées, afin de maintenir jusqu'à la surface du sol la fraîcheur indispensable pour produire une essence à enracinement aussi faible que Test celui de l'épicéa.
Le bois de l'épicéa a beaucoup d'analogies avec Bois, celui du sapin, mais il s'en distingue nettement par les canaux résinifères, longitudinaux et rayonnants qu'il contient, canaux que, malgré leur finesse, on peut apercevoir, sur une section transversale bien nette, à la vue simple ou tout au moins à la loupe, sous forme de points blanchâtres et opaques. lise reconnaît en outre à sa légère odeur résineuse, à son éclat lustré, à ses tissus plus mous et plus légers, à la zone très étroite de bois d'automne moins lignifié qui limite chacun de ces accroissements annuels. Quant à sa couleur, elle est généralement plus blanche que celle du sapin ; non pas toujours cependant, car chez certains épicéas provenant du nord de l'Europe elle est d'un rouge très clair, qui rappelle celle du pin sylvestre et décèle un bois de qualité inférieure. Ce bois rougçâtre d'épicéa provient des arbres qui ont crû dans les sols marécageux, appartenant surtout à la variété de Sibérie. Semblable observation a été faite pour les épicéas des hauts plateaux jurassiques {M. Brenot),
On ne tient pas compte de l'aubier de l'épicéa, qu'on emploie au môme titre que le bois parfait dans l'industrie ; par le fait il se distingue à peine lorsque le bois reste blanc ; il est, au contraire, nettement tranché quand celui-ci devient rougeâtre.
La planche d'épicéa présente généralement des nœuds plus petits, mais plus nombreux que celle du sapin. Ces nœuds, qui, le plus souvent, n'ont point d'adhérence avec le bois, sautent aisément et laissent autant de trous à leur place. Ils proviennent de ces branches, longtemps persistantes encore après
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L'épicéa de croissance lente et égale des hautes régions montagneuses présente souvent une particularité de structure qui mérite d'être signalée. On y remarque sur la section transversale d'assez larges lignes rayonnantes, peu nombreuses, qui, parle débit longitudinal, produisent des maillures analogues à celles que déterminent les quelques larges et hauts rayons du bois de coudrier. Le nom d'épicéa-coudrier (Hasel/ichte) , sous lequel on désigne cette variété, rappelle cette ressemblance. Ce n est point à des rayons véritables qu'il faut rapporter ces lignes, mais à d'étroites inflexions rentrantes des accroissements ligneux, inflexions qui se correspondent, dans le sens des rayons, sur une assez grande succession de couches annuelles et qui sont dues à de gros et longs canaux résinifères longitudinaux,
fjorgés d'une résir\e solidifiée, et placés en saillie à a face interne du liber. Semblables à de petits cylindres résistants, ces canaux compriment le cambium et s'impriment en creux sur chacun des accroissements annuels que celui-ci constitue.
Le bois de résonnance, dont il sera question plus loin, appartient souvent à cette variété d'épicéa.
La densité varie beaucoup avec les conditions de la végétation et, pour le bois complètement desséché à l'air libre, va de 0,337-0,579 (Coll. Éc, For.), Usages. Le bois d'épicéa, plus léger et moins nerveux que
celui du sapin, s'emploie aux mêmes usages et, suivant sa provenance, se paie moins ou plus cher que ce dernier. Il est mou, spongieux, de qualité inférieure dans les stations basses, en raison de la rapidité de sa croissance ; vers les limites supérieures de sa zone, au contraire, il acquiert d'excellentes qualités et sa valeur dépasse, du quart au cinquième, celle du bois de sapin. C'est en résumé un bois de construction et de travail de premier ordre, dont quelques emplois spéciaux seront simplement désignés.
La rectitude et la longueur du fût permettent d'obtenir de l'épicéa de belles mâtures, particulière-
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ment employées par la marine militaire de TAutriche ; la régularité de la fibre en rend la fente très facile et très nette et le fait rechercher de préférence à tout autre pour k fabrication d'articles de boissellerie et pour bardeaux ; la simplicité et Thomogénéité de sa structure élémentaire, Tégalité et la finesse de ses rayons médullaires le rendent éminemment propre à transmettre, en les augmentant, les vibrations sonores et à fournir à peu près exclusivement, sous le nom de bois de résonnance, les tables d'harmonie des instruments de musique, pianos, violons, contre-basses, etc.
Le bois de résonnance provient d'épicéas âgés des Bois hautes régions, où la croissance est lente et uni- de résonnance. forme chaque année, en raison de l'égalité de climat ; il doit être à fibre très droite, exempt de nœuds, parfaitement sain, avec des accroissements égaux, ne dépassant pas 1°»°*,5 à 2 millimètres d épaisseur, dans lesquels la veine de bois d'automne ne compte au plus que pour un quart. Le débit, nécessairement sur maille, occasionne un déchet considérable, de telle sorte que cette circonstance jointe à la rareté du bois sonore en porte la valeur à un haut prix, 400 à 500 fr. le mètre cube.
La fabrication des allumettes emploie aussi de notables quantités de bois d'épicéa ; réduit en pâte molle à 1 aide de machines, il fournit de plus, en raison de son homogénéité et de sa blancheur, la matière première de papiers et de cartons d'excellente qualité.
. La valeur calorifique de l'épicéa est à celle du Valeur hêtre, en moyenne et pour des volumes égaux, caloriûque. comme 70 : 100 ; c'est néanmoins l'un des combustibles les plus avantageux à cultiver, qui rachète largement son infériorité par une végétation active et l'état serré dans lequel il croît ; en un mot, par
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égales et dans des conditions identiques de v^étation, serait exprimée par les chiffres suivants :
Épicéa Révolution de 120 ans. Puissance calorifique. 5110
Pin sylvestre. — * 120 ans. — 3600
Hêtre — 120ans. — 3500
Chêne — 120ans. — 3150
Bouleau — . 60ans. — 2890
Aune — eOans. — 2200
Produits On résine Tépicéa en dénudant le corps ligneux
accessoires, par des entailles longitudinales, longues et étroites, faites dans toute l'épaisseur de Técorce ; les larges canaux rayonnants du liber laissent suinter la térébenthine avec abondance. Il suffit d'élargir ces entailles de temps à autre, à travers les nouvelles couches libériennes qui s'organisent, pour obtenir ce produit jusqu'à l'âge le plus avancé. Cette opération est assez productive et se pratique dans le Nord sur une grande échelle ; mais elle affaiblit les arbres et réduit les dimensions qu'ils peuvent atteindre. Elle est, en France, d'autant plus préjudiciable qu'elle se pratique le plus souvent par délits, et qu'au lieu d'entailler simplement l'écorce, on incise profondément et inutilement le corps ligneux, sans aucun souci de l'arbre même. On fabrique, avec le
Sroduit du résinage, de l'essence de térébenthine, ela colophane, de la poix dite de Bourgogne, du noir de fumée (1).'
L'écorce contient du tannin et sert, dans quelques contrées [ainsi dans le Haut-Jura], à la préparation des cuirs ; on préfère pour cet usage celle de 60-80 ans. Les habitants de certains pays pulvériseqt le liber interne, dépouillé de son rhytidome, et en obtiennent une farme qui, seule ou mélangée à do la farine d'orge, sert à faire du pain.
La graine renferme 20-25 p. 100 d'huile grasse, non siccative.
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Après les pineraies, ce sont les forêts d'épicéas Ennemis." qui ont le plus à souffrir des ravages des insectes, tout particulièrement des xylophages qui vivent entre Técorce et le bois. Les invasions de ces petits animaux s'étendent souvent sur des contrées entières, y frappent de mortalité des forêts de vaste étendue et deviennent de véritables calamités publiques.