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CHAPITRE II

Suite des généralités.

Outre les caractères anatomiques qui viennent d*élre décrits, les bois en présentent quelques autres que Ton peut utilement employer à leur détermination. Tels sont ceux que Ton emprunte à la moelle et à son canal, aux tachas médullaires, à Yaubier et au bois parfait, à la forme et à Vépaisseur des accroissements annuels.

On sait que le canal médullaire conserve à tous les âges les dimensions et la forme qu*il avait au début, qu'il varie sous ce rapport suivant les espèces et qu'il peut servir à les caractériser. Il est gros chez celles qui produisent des pousses robustes comme le marronnier d'Inde, le noyer; petit, au contraire, chez celles dont les pousses sont grêles, telles que le charme, le bouleau. Il est le plus souvent circulaire ou elliptique sur la section transversale, mais il affecte aussi d autres formes. Il est triangulaire chez les aunes, pentagonal chez les peupliers, en étoile à 5 branches, autour de laquelle se moulent les premiers accroissements ligneux, chez les chênes. Cette forme est en général en relation avec l'ordre d'insertion des feuilles. Quant à la moelle, elle peut être dure (hêtre) ou molle; remplir, même desséchée, tout le canal, ou se contracter de bonne heure en disques superposés qui alternent avec autant de cavités (noyer, laurier).

En somme, les caractères de cet ordre ont peu de valeur, parce qu'ils ne présentent qu'un petit nombre de variations et qu'on a rarement l'occasion de les observer sur les bois mis en œuvre.

On appelle ainsi des lames minces, étroites, allongées en lanières, de tissu parenchymateux généralement rougeâtre ou brunâtre, plus rarement blanchâtre, qui se trouvent disposées dans la zone moyenne et dans la zone ex terne des accroissements annuels. Sur la section transversale, elles apparaissent sous forme d'arcs minces, peu étendus, concentriques aux accroissements ; sur la secuon radiale, comme des lignes étroites qui suivent le fil du bois ; sur la section tangente, comme de longues bandes

au! parfois se bifurguent et se ramifient dans leur trajet, es taches médullaires ne se remarquent que chez les bois feuillus, et seulement dans un petit nombre d'entre eux ; elles sont plus nombreuses vers le centre de la tige des grands arbres que dans les régions extérieures. On les rencontre chez les aunes, dans certains peupliers et saules ; on peut surtout recourir à elles pour distinguer, dans la famille des pomacées, les bois des alisiers, sorbiers, aubépines, qui en sont pourvus, de ceux des pommiers et poiriers, qui n'en contiennent presque jamais.

Les noms i^aubier et de bois parfait ont été empruntés Aubier au langage des ouvriers qui mettent les bois en œuvre; ei bois parfait, ils ont été introduits dans la science, qui a voulu les généraliser, préciser et caractériser netiement les régions de Tarbre auxquelles les praticiens les appliquent. Ces tentatives sont, [en partie] restées infructueuses, si Ton en juge à la diversité des définitions données par les auteurs qui se sont occupés de la question.

Tout bois nouvellement formé est ordinairement blanc ou blanchâtre, gorgé de sève, chargée de principes sucrés, amylacés, azotés, en proportions diverses. Mais, au bout d'un temps variable avec l'espèce et les conditions de la végétation, ce bois se modifie dans ses caractères et dans ses propriétés. Dans le cas le plus complet, il perd sa vitalité, cesse d'élaborer, ne contient plus que des traces de matières fermentescibles, neutres ou azotées ; il devient imperméable ou n'est plus le siège que d'une circulation purement aqueuse. Sa substance s'est en même temps transformée ou incrustée; des matières variées, gommes et résines, se sont déposées dans ses cavités, un principe colorant s'est développé dans ses tissus. Le bois de la plupart des grandes essences, des chênes, du châtaignier, des pins et du mélèze, se comporte de la sorte ; il offre deux régions nettement tranchées, l'une externe et vivante, c'est Vaubier ; l'autre, centrale, caractérisée par une coloration spéciale, c'est le bois parfait ou coeur, expressions synonymes, malgré les tentatives faites pour leur attribuer une signification différente. Ainsi nettement caractérisé, Vaubier est sujet à la po\ir-

exemples de bois formés d'aubier et de cœur ainsi constitués.

Mais la question ne se présente pas toujours avec cette simplicité ; il s'en faut de beaucoup que les modifications

3ui viennent d'être décrites s'opèrent toutes et au même egré dans la généralité des essences.

Chez certaines d'entre elles, le charme, les érables, le peuplier tremble, le bouleau, les aunes, le tissu ligneux n'éprouve aucune modification sensible ; il reste tel qu'il s'est constitué dès le début, on n'y distingue qu'une substance uniforme, du bois, qu'il parait assez inutile de vouloir qualifier autrement. La dénomination d'aubier, qui implique toujours une idée de comparaison et d'infériorité de qualité, n a raison d'être en effet qu'en regard de celle de bois parfait; elle ne se justifie plus dès que ce dernier n'existe pas. Au lieu donc de dire des bois de charme et d'érable qu'ils sont totalement formés d'aubier, il semble

Eréférable de les décrire comme bois n'ayant ni aubier ni ois parfait distincts.

Chez d'autres essences, le peuplier blanc et le saule blanc,

f)ar exemple, on distingue déjà deux régions dans le corps igneux ; l'externe, blanche comme d'habitude, qui repi%sente l'aubier; l'interne, rougeâtre-clair, qui ne mérite le nom de bois parfait que par sa coloration, nullement par ses qualités. Enfin une modification plus réelle, quoiqu'à peine apparente, se présente chez quelques autres essences, telles que le sapin et l'épicéa. Bien que chez elles aucune coloration ne se présente avec l'âge, bien aue la sève s'élève par tout le corps ligneux tant que 1 arbre reste sur pied, il existe cependant dans leur bois deux régions différentes, dont l'intérieure, une fois desséchée, a perdu toute perméabilité et résiste énergiquement à l'injection.

Il y a donc en résumé des bois dans lesquels on ne reconnaît ni aubier ni cœur ; d'autres où ces deux régions sont plus ou moins différenciées, non-seulement par leur caractère, mais aussi et surtout par leurs qualités.

Dans ce dernier cas, on constate que, pour une essence, l'aubier est d'autant plus mauvais que le bois parfait est meilleur ; que l'aubier des chênes, des pins, dont le bois

Earfait a de si excellentes qualités, est détestable comme ois de travail et doit être impitoyablement rejeté ; que celui du sapin, de l'épicéa, des peupliers, équivaut à peu près au bois parfait et peut s'employer indistinctement

aux mêmes usages ; qu'enfin, sous lé rapport de la durée au moins, Taubier de ces dernières espèces l'emporte de beaucoup sur celui des chênes et des pins.

Conclusion : la valeur de r aubier, comme boisd'œuvre, est en raison inverse de celle du bois parfait.

Le bois, dans ses transformations, ne suit pas seulement la phase ascendante qui lui fait acauérir le maximum de ses qualités ; après avoir conservé celles-ci pendant un temps plus ou moins prolongé, il finit toujours par entrer dans une phase inverse, descendante, qui aboutit à la pourriture. Une coloration spéciale, de plus en plus intense, rarement plus claire, marque parfois les différentes étapes qu'il parcourt, mais il n'est pas toujours possible de préciser la limite à laquelle il a acquis toute sa valeur, au delà de laquelle il s'altère ; ce serait se tromper gravement que de croire les qualités proportionnelles à l'intensité de la coloration. Certains bois, restés blancs, ne se colorent, l'épicéa et le tremble ne deviennent rouges que lorsqu'ils pourrissent.

Une définition précise de l'aubier et du bois parfait, généralisée pour toutes les essences, est, d'après ce qui précède, difficile, sinon impossible; aussi ne sera -telle pas tentée ici. Dans ce qui va suivre, la question sera resserrée, restreinte aux espèces dont il est utile, dans la pratique, de distinguer l'aubier et le bois parfait, en raison de leurs qualités différentes, c'est-à-dire aux végétaux forestiers indigènes les plus importants.

Sous cette restriction, le bois parfait se reconnaît de l'aubier à une coloration spéciale, généralement uniforme, variable avec les espèces ou les genres, constante ou à peu près pour les bois de même espèce, conséquemment caractéristique ; souvent aussi il est plus complètement lignifié, il a acquis une densité plus élevée.

Dans la plupart des cas, la limite entre l'aubier et le bois parfait est nettement tranchée, régulière, à peu près concentrique aux accroissements annuels; cependant celte dernière condition n'est pas absolue et très souvent on peut constater sur la section transversale de la tige d'un arbre, que le nombre des couches d'aubier varie d'un

Transformation de Taubier.

Proportion de 1 aubier.

Une fois constitué, le bois parfait possède toutes les qualités inhérentes à respèce à laquelle il appartient ; le temps n'y ajoutera rien, il ne le perfectionnera pas. 11 n'y a donc pas lieu de difiérer Texploitation d'un arbre sous le prétexte d'améliorer la qualité de son bois parfait. Tout ce aue Ton peut espérer, c'est que celui-ci conserve tel qu'u s'est produit, sans se modifier, car toute modification subie par lui ne peut être qu'un commencement d'altération.

' La transformation de l'aubier en bois parfait s'effectue annuellement, mais il est inexact de dire, comme on le fait souvent, qu'elle a lieu couche par couche ; que, tandis qu'il se lorme extérieurement une nouvelle couche d'aubier, la couche la plus ancienne et la plus profonde de celui-ci nasse à l'état de bois parfait. S'il en était ainsi, le nombre des couches de l'aubier d'un arbre serait constant, égal au nombre des années écoulées jusqu'à la production du premier bois parfait. Or, l'observation prouve que chez les arbres âgés, sur le retour, le nombre des couches d'aubier s'accroît souvent d'une manière remarquable, bien aue l'épaisseur de la zone totale qu'elles constituent aille en s'amoindrissant. (Voir pin Laricio et pin maritime, p. 600 et 614.)

Il faut conclure de là que l'épaisseur de l'aubier qui se transforme en un an ne se règle pas sur la subdivision du bois en couches ; qu'elle dépend bien plutôt de la vigueur de la végétation, c'est-à-dire de l'épaisseur du nouvel aubier formé dans le même espace de temps. Rien de plus naturel, dès lors, que chez l'arbre âgé, dont les nouveaux accroissements sont de plus en plus minces, il ne se transforme chaque année qu'une portion seulement des couches relativement plus épaisses de l'aubier le plus ancien, et que plusieurs années soient nécessaires pour faire complètement passer l'une d'elles à l'état parfait.

Bien avant les conditions d'âge, de sol et de climat, la nature de l'espèce à laquelle l'arbre appartient règle la (] nanti té d'aubier qu'il présente. Cette circonstance est importante à connaître et sert à difiérencier quelques bois qui se ressemblent à d'autres égards. Ainsi le mélèze se reconnaît des pins parce que, chez lui, l'aubier est rare, tandis qu'il abonde chez ces derniers ; le châtaignier se distingue aisément des chênes par le même moyen.

Si quelques essences fournissent, dès leur jeunesse,

des bois de bonne qualité, cela tient à la rapidité avec laquelle leur aubier se transforme en bois parfait, conséquemment à la faible proportion de ce. dernier ; tel est le cas du châtaignier, du robinier, que Ton emploie sous des dimensions auxquelles les chônes ne pourraient être utilisés.

Si, chez les arbres en retour, l'épaisseur totale de l'aubier s'amoindrit en même temps que le nombre des couches qui le composent s'élève, il n'en est plus ainsi chez ceux qui sont en pleine croissance et dont la végétation est soutenue. Dans ces conditions, on constate que, sans être absolument fixe, le montant des couches d'aubier est assez constant pour une même essence, mais non l'épaisseur totale, qui augmente ou qui diminue avec celle des couches annuelles.

Les chênes nerveux, qui sont ceux de rapide végétation, sont généralement caractérisés par un aubier abondant, tandis que les chênes gras (poreux), dont les couches sont étroites, ont par le même motif, peu d'aubier. Les pins de (jualité inférieure, formés de couches d'une grande épaisseur, présentent au contraire beaucoup d'aubier ; les belles qualités du Nord en contiennent beaucoup moins.

Dans les essences les plus importantes, on a dit que la coloration est le signe le plus certain de la lignification de l'aubier et de sa transformation en bois parfait. Il ne faudrait pas croire cependant que toute coloration du bois soit l'indice d'un accroissement de qualités ; elle annonce souvent, au contraire, un commencement d'altération, une perte de substance, qui n'est sans doute qu'une carbonisation lente, un amoindrissement de la densité ; certains bois ne se colorent même que lorsqu'ils pourrissent. Il est fort diflScile, pour ne pas dire impossible, de donner, en dehors de l'observation directe de chaque espèce, une règle qui permette de distinguer entre les deux cas. Ce-

Sondant, en général, on peut considérer comme indice 'altération toute coloration qui se superpose à celle du bois parfait, qui, au lieu d'être uniforme comme celle de ce dernier, est inégale, veinée, marbrée, flambée, qui envahit le corps ligneux de l'intérieur à l'extérieur, en s'étendant comme une tache irrégulière, souvent bordée d'un liseré plus sombre qu'elle pousse devant elle. Cette coloration n'est point régulièrement limitée ; sur une section transversale, elle ne forme au centre de la tige ni un cercle, ni une ellipse, mais une figure à contours inégaux,

Dblinction des couches.

Subdivisions

d'une même couche.

marquée d'angles rentrants ou saillants, souvent très excentriques aux accroissements annuels. Sur une secUon longitudinale, au lieu d'être arrêtée par deux lignes droites à peu près parallèles, elle affecte dans sa directioi la plus grande irrégularité.

D'après ces considérations, les portions d'un brun-chocolat du cœur des vieux chênes yeuses résultent d'une altération naissante du bois parfait de cette espèce; la coloration rouge ou brune du cœur de la plupart des domacées, les marbrures brunes et l'ougeâtres de celui des vieux hêtres, les teintes brunes qui se développent dans le centre des frênes n'auraient pas d'autre origine.

Les couches annuelles dont le bois se compose se distinguent plus ou moins aisément suivant aue dans chacune d'elles le bois de printemps diffère de celui d'automne od lui ressemble davantage. Dans les bois feuillus, la distinction est particulièrement apparente quand le bois de printemps est formé d'une zone poreuse de gros vaisseaux, comme chez les chênes à feuilles caduques, le châtaignier, les ormes, etc. Elle s'efface si les vaisseaux sont égaux et uniformément répartis dans toute l'épaisseur de cnaaue couche, parce que de l'homogénéité oe celles-d résulte nécessairement l'homogénéité de l'ensemble. Les accroissements annuels peuvent, par ce motif, devenir très difficiles à reconnaître (chêne yeuse), parfois même ils se confondent tellement qu'il est le plus souvent impossible de les distinguer (olivier).

Il arrive quelquefois qu'une couche annuelle se trouve subdivisée en deux ou en plusieurs autres par d'étroites zones de tissu plus serré et plus compact, semblables à celle qui la limitent extérieurement. Ce fait, qui se remarque fréquemment chez les cupressinées, telles que cyprès et genévriers, qui s'observe aussi dans les pins jeunes, de végétation tres vigoureuse, tels que le pin maritime, et dans d'autres essences encore, est généralement subordonné aux phases de la végétation, particulièrement à la production de deux pousses dans 1 année. On évite toute erreur dans le comptage des couches, malgré cette circonstance, si l'on y apporte quelque attention. Ces subdivisions sont moins nettement accusées que ne le sont les couches véritables, et généralement elles n'ont pas la continuité de ces dernières ; en les suivant sur un certain trajet, on les voit s'amoindrir peu à peu, puis disparaître entièrement.

La forme des accroissements ligneux peut être utilement consultée pour distinguer certains bois. Elle s'observe sur une section transversale et se trouve nécessairement en relation directe avec celle de la tige elle-même : circulaire quand la tige est régulièrement arrondie, flexueuse ou anguleuse si celle-ci est relevée de côtes saillantes ou longitudinalement cannelée et sillonnée. Le bois des alisiers et des sorbiers se distingue de celui des poiriers et des pommiers par ses accroissements circulaires et non flexueux ; celui du coudrier se reconnaît par le même moyen de celui du charme, dont les accroissements sont tout aussi réguliers que Test extérieurement la tige de cette essence.

On sait que Técorce comprime la zone génératrice du bois et en entrave jusqu'à un certain degré le libre développement ; on sait aussi que si l'on y pratique une incision longitudinale, celle-ci ne tarde pas à s'élargir et à provoquer en dessous d'elle, en débi;idant les tissus, un plus rapide accroissement ; la couche ligneuse forme en ce point une saillie prononcée. Les gerçures de l'écorce produisent un effet absolument semblable; elles déterminent dans les couches en voie de formation des renflements saillants qui leur correspondent exactement quant au nombre et à la position. Les écorces qui se maintiennent lisses, comprimant uniformément le corps ligneux, en rendent les accroissements plus régulièrement circulaires. Le bois de l'érable sycomore, dont l'écorce tombe par larges plaques sans se gerçurer, offre à tout âge des couches de ce genre, tandis que l'érable plane provenant de vieux arbres à rhytidome gerçure, présente de distance en distance, sur le pourtour de ses couches, des saillies prononcées.

Circulaires ou flexueux, les accroissements sont souvent, en outre, rentrants et crénelés au passage des larges rayons qui les traversent, ou, si l'on veut, bombés et saillants dans leurs intei-valles. Cette observation s'observe très bien sur le hêtre ; elle se retrouve chez le chêne, le platane, etc. Plus rarement, la ligne limitative de chaque accroissement semble suivre le rayon et produit en dehors une petite saillie anguleuse, comme dans la clématite.

Il est des espèces ligneuses qui végètent toujours avec lenteur et dont les accroissements sont constamment minces ; il en est d'autres de végétation rapide, dont les

Fonne des accroissements.

Influence de récorce.

Action des rayons.

Épaisseur des accroissements.

couches annuelles atteignent uue grande épaisseur. U eâ prudent toutefois de ne point trop se fier aux caractères de cet ordre, car, parmi ces dernières, des conditions défavorables peuvent parfois singulièrement ralentir la végétation et produire des bois à accroissements minées oi très minces. L'écart, dans Tépaisseur des couclies annuelles d'un bois de même essence, peut atteindre le rapport de 1 à 50 (Nordlinger).

En somme, l'examen de l'épaisseur des couches ne donne pour la distinction des bois que des caractères ^ faible valeur, mais il fournit sur leurs qualités des reiseignements très importants ; si à lui seul il ne sufiSt pas pour une appréciation complète, il en est certainemrat l'un des principaux éléments. Pour bien se rendre compte de l'influence de l'épaisseur des accroissements sur la qualité des bois, il est indispensable d'examiner séparément les trois groupes en lesquels il est possible de les répartir d'après la structure.

1<> Bois de comptes. — Dans ces bois, chaque couche

5 résente deux zones très distinctes : l'interne, composée e tissu fibreux mou, léger, blanchâtre, dépourvu oe résine ; l'externe, formée d'un tissu fibreux serré et compact, lourd, dur et coloré, parsemé de canaux résinifères si l'essence le comporte. La plus légère observation prouve que dans ce groupe le tissu mou est l'élément variable de la couche annuelle, qu'il diminue ou augmente avec elle, tandis que le tissu corné en est l'élément à peu près stable, quelle que soit la végétation. Aussi les bois des conifères sont-ils d'autant plus mous, plus légers, moins résineux, qu'ils sont formés d'accroissements plus épais ; d'autant plus durs, plus lourds, plus imprégnés de résine, au contraire, que les couches annuelles en sont plus minces. Comme conséquence de cette loi, il résulte que le bois des branches chez les conifères, par cela même qu'il

gousse lentement, est plus dense et plus résineux que ^oi es tiges et qu'il est ae beaucoup supérieur à ce dernier comme combustible.

compact et serré de la zone d'automne : c'est lui qui se développpe et domine très largement quand la végétation est vigoureuse, qui s'amoindril et s'annule presque entièrement si elle est languissante et très faible. L'élément stable est la zone poreuse du printemps, qui ne fait jamais défaut et conserve à peu près la même épaisseur, quelle

3ue soit la végétation rapide ou lente du véçétal. Aussi, ans ce groupe, la densité et les qualités qui en dérivent sont-elles directement proportionnelles à Pépaisseur des accroissements, sauf, bien entendu, le correctif qu'y peut apporter la diversité des sols et des climats des lieux de provenance. Comme corollaire, le bois des branches est plus poreux et plus léçer que celui de la tige, d'une moinare puissance calorifique par conséquent.

3° Bois feuillus homogènes, à vaisseaux égaux, — On n'a pas constaté dans les bois de ce groupe de relation quelconque entre les qualités et l'épaisseur des couches annuelles. Dans le hêtre, qui en est l'un des principaux représentants, les limites supérieures et inférieures de densité et de caloricité se rencontrent indifféremment chez des bois composés d'accroissements minces ou épais. Les sols, les climats, le régime sous lequel les arbres ont crû, paraissent seuls ici déterminer ces qualités. (Voir p. 323.)

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