‹ Flore forestièreChapitre 61 sur 295 · FAMILLE XVII · texte numérisé non relu

FAMILLE XVII

Fleurs hermaphrodites ; calice bilabié ou à 5 divisions ; corolle papilionacée ; étamines en nombre double des pétales, 10, insérées sur le calice, monadelphes ou diadelpnes (9 soudées, la 10« libre), très rarement libres ; anthères introrses, longitudinalement déhiscentes. Un seul carpelle libre, produisant une gousse. Graines généralement exalbuminées ou pourvues d'une albumen très faible. Embryon courbé. Feuilles alternes, très rarement opposées. Plantes herbacées ou ligneuses (sous-arbrisseaux, arbrisseaux et arbres, même de la plus grande taille) répandues sur toute la surface de la terre, particulièrement dans les régions tropicales où abondent les espèces aux bois précieux, vivement colorés ; à feuilles trifolioléesou impanpennées, réduites quelquefois à une foliole unique que, par analogie, on considère comme feuille composée unifoliolée ; folioles presque toujours entières.

Les papilionacées ligneuses sont faiblement représentées dans la flore forestière de la France et ne consistent qu'en arbrisseaux et sous-arbrisseaux, auxquels on peut joindre néanmoins quelques arbres exotiques à peu près complètement naturalisés.

Bois (espèces indigènes). — Tissu fibreux dominant, formé de flores très serrées, à parois fortement épaissies, de consistance presque cornée ; rayons assez ou médiocrement épais, sensiblement égaux, peu hauts ; vaisseaux la plupart du temps inégaux, de deux espèces, associés à du parenchyme ligneux et produisant, sur la section transversale, des lignes plus claires, arquées, flexueuses, obliques ou périphériques, qui représentent souvent un élégant dessin réticulé.

Dans les premiers genres de la famille, la composition des groupes est très complexe, le parenchyme est abondant, le réseau qu'ils forment est très prononcé ; mais cette composition se simplifie peu à peu et, dans les derniers, les groupes formés d'un petit nombre de vaisseaux et de fort peu de parenchyme ligneux, n'offrent plus qu'une ébauche très imparfaite de dessin réticulé.

PAPILIONÂCÉES. 87

Les bois des papilionacées sont remarquablement nerveux, lourds et durs, généralement jaunes ou jaunâtres, parfois colorés au cœur de teintes plus foncées ; Taubier en est très peu abondant, les couches annuelles sont facilement reconnaissables, les maillures peu apparentes.

La plupart des feuilles des papilionacées sont fourragères et très nutritives, et beaucoup de graines de cette famille sont comestibles ; ce sont celles dont les cotylédons sont épais et féculents. Néanmoins, les feuilles de certaines espèces et les graines à cotylédons minces et foliacés sont violemment purgatives et toxiques. Telles sont, au moins pour rhomme, les feuilles de l'anagyrc fétide, du cytise faux-ébénier, de lacoronille arbrisseau, connue, par ce motif, sons le nom de séné-bâtard, les feuilles et les graines du baguenaudier.

Les graines conservent longtemps et facilement leur vitalité ; la germination en est prompte, assurée; les jeunes plants sont robustes, fortement enracinés. Les cotylédons, suivant qu'ils sont épais et féculents ou minces ou herbacés, sont hypogés ou épigés lors de la germination ; tous ceux des papilionacées ligneuses indigènes sont dans ce dernier cas.

Les arbres, arbrisseaux et sous-arbrissoaux de cette famille sont des végétaux de plein soleil, qui ne supportent pas le couvert et se rencontrent bien plus fréquemment sur les terrains vagues et nus que dans les forêts. Cependant quelques espèces sont très répandues dans les bois, mais dans les vides et clairières, sur les lisières ou dans les coupes dont le repeuplement n'est pas immédiat ; elles y deviennent, dans ce cas, sociales, envahissantes et nuisibles (genêts). Les papilionacées affectionnent particulièrement les sols secs, calcaires; néanmoins certaines espèces sont à cet égard parfaitement indifférentes (quelques genêts) ; le genêt à balais est même Tune des plantes silicicoles les plus caractéristiques.

88 PAPILI0NACÉE8.

A. Étamines libres. — Arbrisseau à feuilles 3-foIiolées; gousses non articulées;

fleurs jaunes tachées de noir Anagyre 1

A'. Étamines soudées entre elles par les

filets.

B. Étamines monade'phes ; gousses non

articulées.

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