Sumac Fustet. Rhus Gotinus. Lin. Arbre à perruque
Feuilles alternes, caduaues, pétiolées, simples, obovales ou orbiculaires, atténuées à la base, obtuses au sommet, entières, glauques et mates sur les deux faces. Fleurs hermaphrodites, en panicule très lâche; pédicelles d'abord très courts, puis s'allongeant considérablement et devenant très grêles, presque tous stériles, et, dans ce cas, couverts de longs poils étalés rougeàtres qui rendent la panicule plumeuse; calice à segments ovales, obtus ; pétales spatules, jaunâtres. Drupe obovée, glabre, ridée, luisante et brune à la maturité, de la grosseur d'un petit pois. — Arbrisseau très glabre, touffu et rameux, à ramules assez robustes, rapprochés, presque fascicules à l'extrémité des branches; bourgeons petits, triangulaires-comprimés, enveloppés de 2 écailles latérales opposées, à dos carène. Collines sèches du Dauphiné et de la Provence; remonte le Rhône et l'Isère jusqu'à Grenoble et Ghambéry, et s'élève dans les Alpes jusqu'à l'altitude de 800 mètres, causses de l'Aveyron où il est rare (abbé Coste) ; très rare dans les Pyrénées (de Franqueoille), Flor., juin-juillet.
Le sumac fustet est souvent cultivé comme arbrisseau d'ornement à cause do ses vastes et nombreuses panicules plumeuses. Il est riche en térébenthine très limpide, et exhale par ses parties vertes, lorsqu'on les froisse, une forte odeur aromatique.
Bois. Le bois est moyennement dur et pèse 0,76 {Coll.
Éc. For.); il a Taubier blanc, mince, nettement
TÉRÉBINTHACÉES.
limité ; il est jaune-roux vif veiné de brun ou de brun verdâtre, avec un léger éclat satiné, à Vétat parfait. Il prend un beau poli et sert à la fabrication de divers menus objets ; on l'emploie, surtout celui des racines, en teinturerie, en raison de la matière colorante jaune-orangé qu'il contient.
L'écorce, d'abord d'un gris rougeâ-tre et lisse, devient brun rougeâtre et rugueuse-écailleuse vers 10 ans ; elle sert au tannage dans les pays où le végétal est commun, concurremment avec les pousses et les feuilles, desséchées et pulvérisées.
2. Sumac des corroyeurs. Rhus coriaria. Lin. Vinaigrier; Roux ou Roure des corroyeurs.
Feuilles alternes, caduques, pétioHJes, oppositi-imparipenjiées, de 7-15 folioles sessiles, ovales-lancéolées, à base souvent entière, mais largement et fortement dentées sur le reste de leur contour; velues ainsi que le pétiole commun, les axes d'inflorescence et les rameaux ; mates et plus pâles en dessous qu'en dessus, passant au rouge vif en automne; pétiole souvent ailé entre les folioles supérieures. Fleurs dioïques ou polygames, on thyrses terminaux étroits, allongés, dressés; pédicelles courts, munis sous chaque fleur de 3 bractéoles ; calice à segments ovales-obtus; pétales oblongs et blancs, plus longs que les divisions du calice. Drupe subglobuleuse, comprimée, densément hérissée-laineuse, d'un brun pourpre à la maturité. — Arbrisseau à tige dressée, de 3 à 4 mètres de hauteur sur 20-30 centimètres de circonférence, à ramification peu fournie et consistant en quelques grosses pousses velues, qui offrent on canal médullaire très développé, circulaire. Sucs laiteux. Bourgeons globuleux, densément laineux. France méridionale méditerranéenne, sur les terrains calcaires les plus secs ; il s'avance jusque dans l'Aveyron et le Lot; manque en Corse; ça et là en Algérie. Foliaison tardive, en mai. Flor., juin-juillet. Fructif., décembre.
Le bois est de même structure que celui du sumac fustet ; il a comme lui l'aubier blanc, peu épais (1 à 3 couches), mais il est de moindre densité, 0,68 {Coll. Éc, For,), et à Tétat parfait il est d'un rouge brunâtre clair et veiné. Il est assez mou, cassant et n'a pas d'emplois spéciaux.
Le sumac des corroyeurs fournit par l'écorce une matière colorante jaune ou rouge qui sert à la teinture des cuirs et des étoffes ; il donne aussi par toutes ses parties, mais surtout par les jeunes pous-
Produils accessoires.
Bois.
Produits accessoires.
84 TÉRÉBINTHACÉES.
ses et par les feuilles, un tan très estimé, particulièrement employé à la préparation des cuirs fins dits maroquins. Pour l'obtenir, on coupe les rejets du sumac en juillet, on les fait séchera Tair, fouler aux pieds des chevaux, puis on les réduit au moulin en une poudre verdâtre assez fine qu'on livre au commerce sous le nom de sumac.
Pareil produit peut être obtenu avec le sumac fustet et avec le redoul à feuilles de myrte ; il vaut 20à30fr. les 100 kilogr.
Le sumac est calcicole et parait redouter les sols siliceux et surtout ceux qui sont humides ; il se reproduit de souches [ainsi que par drageons] avec vigueur et peut êtrer employé avec avantage pour garnir les versants les plus arides de la région méridionale. Dans certaines forêts du bassin méditerranéen sa récolte devient la source d'un revenu assez important.
Les fruits sont acidulés et, conservés dans du vinaigre, se mangent en Orient comme les câpres (1).
(1) Sumac Thézéra. Rhus pentaphylla. Desf.
Feuilles persistantes, pétiolées, 3-5-foliolées-palmées; folioles sessiles, cunéiformes, entières ou souvent tridentéestrifldes vers le sommet, glabres, d'un vert grisâtre mat sur les deux faces; pétioles rebordés sur les côtés; fleurs dioïques, en petites panicules axillaires et terminales qui forment par leur ensemble une panicule composée et feuillée. Drupe globuleuse, lisse et luisante, de la taille d'un gros pois, trituberculée au sommet, rouge à la maturité. — Arbrisseau rameux dès la base, garni d épines effilées, atteignant 4-7 mètres de hauteur sur 0",68 à 1 mètre et plus de circonférence; port de l'aubé pine. Algérie. Flor., avril. Fructif., novembre.
Le sumac thézéra se rencontre sur plusieurs points de l'Algérie, soit à l'état isolé, soit en massif et mélangé avec les lentisques, les oliviers, etc. 11 paraît préférer les régions accidentées, mais non montagneuses, les sols graveleux, secs et profonds.
Bois complètement différent de celui des sumacs indigènes ; tissu fibreux dominant, serré, très homogène, à parois épaisses ; rayons très minces, égaux ; vaisseaux égaux, fins isolés
— —^ ;- i:, — ^~ ^:.»-.i — & ck o it jt a
TÉRÉBINTHACÉES. 85
GENRE III. — CAMÉLÉE. CNEORUM. Lin.
Fleurs hermaphrodites ; calice à 3-4 divisions ; corolle d'autant de pétales, alternes avec les divisions du calice et beaucoup plus longs qu'elles ; 3 ou 4 étamines alternes ; ovaire 3-4-loculaire, dx)nt chaque loçe est 2-ovulée. Style simple. Nuculaine presque sèche, généralement à 3 loges, dont chacune contient 2 graines séparées par une fausse cloison. — Sous-arbrisseaux à feuilles persistantes, sim-
f)Ies, alternes, entières, univerviées ; à sucs acres et vioemment purgatifs.
Caznélée tricoque. Cneorum tricoccon. Lin.
Feuilles oblongues, atténuées à la base, obtuses ou mucronulées au sommet, sessiles, entières, à bords enroulés en dessous; coriaces, glabres, luisantes sur les deux faces; plus pâles en dessous qu'en dessus, uninerviées. Fleurs courtement pédonculées, jaunes, réunies 2 ou 3 à l'aisselle des feuilles supérieures; calice à segments ovales-obtus; pétales oblongs. Nuculaine d'un vert noir à la maturité, surmontée d'un style
couches annuelles restent confondues en une masse homogène ou sont difDcilement reconnaissables; blanc rougeàtre à l'état d'aubier; d'un rouge-acajou foncé et uniforme à l'état parfait; reçoit et conserve un beau poli, convient à l'ébénisterie, au tour, à la menuiserie; est excellent combustible et produit un charbon estimé.
C'est l'écorce, néanmoins, qui donne à ce sumac toute sa valeur. Cette écorce, assez mince, grisâtre, s'exfoliant par plaques, est très recherchée dans l'industrie et forme, sur les marchés d'Afrique, une branche importante de commerce. Elle renferme une matière tinctoriale d'un rouge vif et du tannin, et sert principalement à la préparation des cuirs-maroquins.
Les fruits sont acides et comestibles.
[Ce sumac se rencontre seulement dans le Tell, surtout, si ce n'est exclusivement dans les rt^gions d'Oran et du Chélif. Une autre espèce très voisine de celui-ci se rencontre également en Algérie. C'est le Sumac aubépine. Rhus oxyacautha Cav.
Elle se distingue du précédent, surtout par son port moins robuste, ses fruits plus petits ; les feuilles dont les folioles sont plus courtes et plus larges.
Il se renconti'e rarement dans le Tell de la province de Constantine ; il est commun au contraire sur les hauts plateaux et dans le Sahara.
Il sert aux mêmes usages que le S. Thézéra].
86 TÉRÉBINTHACÉES. — PAPILIONACÉES.
simple, persistant ; à 3 lobes, elternant avec autant de sillons et se séparant aisément en 3 drupes. — Sous-arbrisseau de 1 mètre au plus, à rameaux grêles et verts. Lieux secs de la région méditerranéenne, France, manqua en Corse, Flor., juin.