‹ Flore forestièreChapitre 86 sur 295 · Anthyllide Barbe-de-Jupiter. Anthyllis Barba- Jovis. Lin · texte numérisé non relu

Anthyllide Barbe-de-Jupiter. Anthyllis Barba- Jovis. Lin

Feuilles impari pennéees, soyeuses-argentées, composées de 9-19 folioles égales, linéaires-oblongues ; fleurs d'un jaune clair, réunies en grand nombre en capitules globuleux, serrés, disposés 1 à 4 au sommet des rameaux. Gousses oblonguesacuminées. — Arbrisseau del mètre à l',50, blanc-soyeux, à tige dressée, brune, à rameaux tomenteux très feuilles. Rochers de la Méditerranée ; Provence, Corse, Algérie. Flor., mai-juin.

Section III. — Etamines diadelphes (9 soudées, i libre), feuilles trifolioUes.

genre xiii. - DORYCNIE. DORYCNWM. Toum.

Calice à 5 divisions presque disposées en deux lèvres. — Corolle à ailes soudées en avant ; gousse 1-4 sperme, petite, enflée, dépassant le calice. — Sous-arbrisseaux à feuilles sessiles, trifoliolées, à stipules libres semblables aux folioles.

Dorycnie sous-arbrisseau. Dorygnium Suferutigo-

SUM. VlLL.

Feuilles à folioles petites, velues, d'aspect glauque, linéaires ou oblongues, courtes. Fleurs disposées en capitules à corolle

{i) [La présence de cette espèce en Corse est douteuse].

blanche, avec la carène d'un bleu noirâtre au sommet. — Calice à dents lancéolées aiguës, à tube deux fois plus long que le pédicelle ; gousse ovoïde, avec les deux sutures égales, bien marquées ; graine solitaire. — Sous-arbrisseau de 1-3 décimètres, très rameux ; très abondant sur les sols calcaires, beaucoup plus rare sur les autres. — Habitant tout le midi, de l'est à l'ouest, remontant d'un côté jusqu'à Tournon et de l'autre jusque dans les Deux-Sèvres. — Corse, où il a peu de localités, et Algérie, sur les Hauts-Plateaux, où il est rare.

Nota. — Un genre voisin, le Lotier {Lotus), renferme deux espèces sous-frutescentes, qu'on rencontre çà et là, plus ou moins communes, dans la région Méditerranéenne, sur le continent, en Corse et en Algérie, ce sont les Lotier dressé. Lotus erectus L, et Lotier velu. Lotus hirsatus L.

Section IV. — Étamines diadelphes (9 soudées, i libre), gousse déhiscente non articulée, feuilles imparipennées,

GENRE XIV. — ROBINIER. ROBINIA. Lin.

Calice campanule, presque bilabié, à 3 dents ; stigmate terminal ; gousse sècne, comprimée, polysperme, à suture ventrale épaissie. — Arbres à feuilles oppositi-imparipennées, alternes, dont les stipules sont souvent translormées en épines ; à fleurs blanches ou roses, en grappes simples.

Bois, — Tissu fibreux très dominant, à fibres fines dont les parois sont fortement épaissies et incrustées; rayons médiocrement épais, égaux, peu serrés, peu hauts; vaisseaux inégaux, gros et rapprochés dans la zone interne qu'ils rendent poreuse, fins et groupés, dans la zone moyenne et externe, en petits faisceaux espacés, entourés et réunis par du parenchyme ligneux, qui produit des taches ou clés lignes plus claires, concentriques, arquées ou anguleuses, sans former de réseau. Bois lourd, dur, nerveux, jaune lustré, à peine maillé.

Robinier faux-acacia. Robinia pseudo-acacia. Lin. Feuilles oppositi-imparipennées, à 5-12 paires de folioles

120 PAPIUONACÉES.

odorantes, en grappes bien fournies, oblongues-cylindriques, pendantes, dont les pédoncules ne sont jjas visqueux. Gousse de 80 mill. sur 12 miil., brune, un peu luisante, à suture ventrale trinerviée-carénée, contenant 10-12 graines ovoïdes-comprimées, d'un brun foncé luisant. — Arbre de grande taille, dont la lige, généralement divisée, se termine par une cime arrondie, ample, à branches étalées, dont Técorce, brun roussâtre, est marquée de crevasses longitudinales larges et profondes, séparées par des côtes réticulées, lamelleusesrugueuses. Très souvent cultivé et l'une des rares espèces naturalisées, peut-être la seule que la culture forestière se soit quelque peu appropriée. Flor., juin. Fructif., septembre. Dissémination, fin de l'hiver.

Origine. Originaire de TAmérique du Nord, le robinier fut

cultivé pour la première fois en France en Tan 1601, par J. Robin, en la mémoire duquel Linné créa le nom de Robinia. Au siècle dernier, on préconisa outre mesure les avantages que la culture du robinier devait réaliser ; comme les résultats ne répondirent point entièrement aux espérances, une réaction inévitable s'ensuivit et on Ta depuis trop négligée ; [mais on est arrivé aujourd hui à se rendre mieux compte des services réels qu'elle est susceptible de rendre].

Taille. Le robinier a une grande longévité et peut atteindre

20-27 mètres d'élévation sur 2-3 mètres de circonférence, mais il faut pour cela l'isolement. Elevé en massif, il s'éclaircit de lui-même de très bonne heure et ne parvient jamais à de grandes dimensions.

FrucliiicalîoD. Cet arbre fleurit abondamment tous les ans ; [mais cette floraison n'est pas toujours et partout suivie d'une fructification égale] ; ses graines, comme celles de toutes les légumineuses, conservent longtemps leur faculté germinative, bien que les

{)lus fraîches produisent, comme toujours, les plants es plus vigoureux. Le kilogramme en contient 52-56,000.

La végétation est très rapide dans les premières Croissance, années et la période de plus forte croissance, pour des arbres isolés, va de 25-45 ans, en moyenne. Le maximum de production est bien plus promptement atteint sur une surface donnée, en raison de Téclaircissement qui s'opère et du ralentissement de végétation que l'état de massif occasionne.

La racine du robinier est d'abord profondément Enracinemeoi. pivotante ; mais elle s'oblitère rapidement et produit de très longues et grêles racines latérales traçantes qui drageonnent sur tout le parcours et assurent la perpétuité des taillis. Les jeunes souches produisent des rejets vigoureux.

Tous les sols lui conviennent ; il préfère ceux qui Sois, sont légers et un peu frais ; mais il prospère encore sur les terrains sablonneux secs.

Les bourgeons du robinier ne sont point appa- Bourgeons, rents; à chaque aisselle, entre les stipules, se trouve une cavité tapissée de toutes parts de poils serrés et roussâtres, qui, après la chute delà feuille, s'ouvre généralement par une petite fente. C'est dans son mtérieur que se développent, non pas un seul bourgeon comme c'est le cas habituel, mais 2-5 bourgeons très petits, nus, superposés de telle sorte que le plus élevé est le mieux développé et dont l'évolution printanière est très tardive. C'est sans doute là une des causes de la rusticité du tempérament de ce végétal.

La tige et les rameaux s'épuisent à leurs extrémités sans produire de bourgeons terminaux, et l'accroissement en hauteur se continue par les bourgeons axillaires supérieurs ; la tige ne se prolonge généralement pas dans la cime, mais s'y partage en quelques grosses branches principales.

Les branches stériles et les rejets du robinier sont la^xnes. armés de robustes épines qui proviennent de la transformation des stipules et sont disposées, comme ces dernières, de chaque côté de la base

système fibro-vasculaire du rameau que par un faisceau extrêmement grêle qui est à leur base ; aussi sont-elles peu adhérentes et se rapprochentelles beaucoup de la structure des aiguillons. Elles présentent quelque obstacle à l'exploitation. Couvert. Le feuillage est léger, et, comme les massifs ne

sont jamais serrés, il en résulte que le robinier ne couvre pas le sol, qu'il lui donne peu de détritus. Les branches sont très fragiles et quand cet arbre s'élève dans des situations non abritées, il est constamment mutilé par les vents, le givre, la neige. Tempérament. Le robinier est robuste et peut être élevé sans aucun abri ; il convient à ce titre pour les reboisements.

Écorce. L'écorce se dépouille, dès les premières années, de

son enveloppe subéreuse et de son écorce primaire, et organise, dans les feuillets du liber, un périderme interne, produisant un rhytidome profondément gerçure, dont l'épaisseur s'accroît notablement avec l'âge. On n'y trouve que quelques traces d'acide tannique.

Bois. Le bois du robinier faux-acacia a les accroisse-

ments annuels très distincts, l'aubier et le bois parfait nettement tranchés ; le premier est blanc mince, représenté par quelques couches seulement ; le second est lustré, jaune ou jaune verdâtre ; ce bois est, dès les premières années, lourd, dur, nerveux, élastique, d une durée égale à celle du chêne, d'une résistance verticale supérieure d'un tiers à celle de ce dernier, ce qui le place au premier rang des bois de charronnage pour la fabrication des rais. Il est préférable à tous autres pour échalas, tuteurs, cercles, gournables (chevilles) employées dans les constructions maritimes ; il se polit bien, peut être utilisé en menuiserie pour parquets, meubles, convient aux ouvrages de tour, etc. ; il n'est point appliqué aux constructions, parce que les tiges sont rarement assez régulières pour qu'on en retire des pièces de grandes dimensions.

Le bois de robinier a, pour le travail, une valeur

Kapilionacées. 123

de beaucoup supérieure à celle des bois indigènes, tels que le chêne, Forme, le frêne ; il a une densité qui varie de 0,661 à 0,772 [ColL Èc. For.),

D'après T. Hartig, du robinier de 30 ans, pesant 0,77 à l'état complètement sec, comparé à du hêtre de 30 ans, pesant 0,66 et dans le même état de dessiccation , a donné les résultats suivants pour la valeur calorifique.

Poids égaux. Vol. égaux.

Plus haut degré de chaleur Durée de la chaleur eroissanle.

Durée de la chaleur décroissao le

\ ascendante 92

\ rayonnante 108

ascendante 108

ryyi>nnante 133

ascendante 97

rayonnante 1^3

ascendante 94

ravonaante 106

: 100 loi :

Total de la chaleur développée, j Eau vaporisée

C^est donc un excellent combustible, qui produit une chaleur vive, très longtemps soutenue et qui convient tout particulièrement au chauffage par foyers ouverts, en raison de la très grande proportion de sa chaleur rayonnante. [Cependant il est assez peu estime par les consommateurs ; on lui reproche notamment de lancer beaucoup d'étincelles ; comme bois à charbon il est placé en dernier rang à cause des difficultés qu'on rencontre à le carboniser convenablement dans les meules].

De tout ce qui vient d'être dit, il résulte clairement que la production du robinier ne saurait être avantageuse en futaie, qu'elle peut l'être beaucoup en taillis à courte révolution ; que cet arbre est très propre à fixer et à boiser les sables mouvants, à maintenir les terrassements des travaux d'art.

Les feuilles, vertes ou sèches, fournissent un bon fourrage. On peut en obtenir des matières tinctoriales jaunes.

La sève a une saveur sucrée prononcée, analogue à celle de la réglisse ; mais elle contient en outre, au moins dans la racine, un principe vénéneux produisant des symptômes analogues à ceux de Fempoisoimement par les baies de belladone.

Utilité du robinier.

Produits

accessoires.

124 PAP)LIONAGÉ£S.

GENRE XV. — RAGUENAUDIER. COLUTEÀ. Lin.

Calice campanule à 5 dents; étendard grand, dressé; stigmate latéral; gousse enflée-vésiculeuse, herbacée, membraneuse, polysperme. — Arbrisseaux non épineux, à feuilles imparipennées et à fleurs jaunes; offrant souvent à chaque aisselle 2 bourgeons superposés, dont Tinférieur est le plus petit.

Bois. — Bois blanc iaunàtre, à très minces accroissements; rayons fins, égaux, assez serrés; vaisseaux moyens, formant une mince ligne poreuse au commencement de chaque couche, devenant fins au bord interne, où ils sont associés à du parenchyme ligneux et forment de petites lignes ou de petites taches de couleur plus claire.

Baguenaudier arborescent. Colutea arborescens. Lin.

Feuilles oppositi-impari pennées, à 3-6 paires de folioles obovales, obtuses ou échancrées à l'extrémité, glabres, et légèrement revêtues de poils courts et appliqués en dessus, glauques en dessous. Fleurs axillaires, grandes, jaunes, formant, au nombre de 2-6, une grappe longuement pédonculée, plus courte néanmoins que la feuille. Gousse grosse, vésiculeuse, éclatant avec explosion [lorsqu'elle est encore verte] quand on la presseenlre les doigts, contenant 20-30 graines lenticulaires, lisses, brunes. — Arbrisseau de 3-5 mètres, à tige droite, rameuse, dont Técorce est gris ou brun verdàtre, lisse ou légèrement fibreuse. Forêts montueuses à sol sec et calcaire, aux expositions chaudes, en Lorraine, Champagne, Bourgogne, dans le Lyonnais, le Dauphiné, la Provence, les Cévennes, etc., Algérie dans l'Atlas. Souvent cultivé dans les jardins d'agrément. Flor., mai-juin.

Section IV. — Etamines diadelplies ; gousse itidéhiscente, articulée, se divisant en articles transversaux monospermes ; feuilles oppositi-imparipennées,

genre XVI. — CORONILLE. CORONJLLA. Lin.

Calice campanule, court, à 5 dents, dont les 2 supérieures sont rapprochées; carène aiguë, terminée en bec. Gousse articulée, grêle, cylindrique ou anguleuse. — Plantes herbacées, sous-arbrisseaux ou arbrisseaux.

petites taches ou lignes qui ont une tendance à former des arcs concentriques dans la région médiane et externe. Accroissements nettement distincts.

A. Ramules flexueux, non compressibles.

B. Étendard à onglet deux fois aussi long que le

, calice C. arbrisseau 1

B'. Etendard à onglet, aussi long que le calice.

C. Stipules grandes. C. a grandes stipules. 2 C*. Stipules petites,

linéaires-acuminées C. glauque 3

A*. Ramules droits, effilés, compressibles, jonciformes C. jongiforme 4

1. Coronille arbrisseau. Coronilla emerus. Lin. Coronille faux-séné ; Séné-bâtard.

Feuilles pétiolées, imparipennées, à 5-9 folioles pétiolulées, entières, obovales-arrondies ou un peu échancrées à l'extrémité, minces, glabres, glauques en dessous ; stipules petites, lancéolées, marcescentes. Fleurs jaunes, striées de pourpre sur l'étendard, réunies 2-3 à l'extrémité d'un pédoncule axillaire presque aussi long ou plus long que la feuille ; pétales à onglets allongés, grêles, deux fois aussi longs que le calice. Gousses de 5-10 centimètres, pendantes, grêles, presque cylindriques, se rompant peu nettement en "7-10 articulations, dont chacune contient une graine cylindrijïue-oblongue, noire. — Sous-arbrisseau de 1 mètre à 1"dO, entièrement glabre, à tiges dressées, rameuses, grises, à rameaux et ramules grêles, flexueux-noueux, verts, striés. Disséminé çà et là dans les bois, principalement sur les sols calcaires, dans la Lorraine, où il est très rare, la Bourgogne, le Jura, le Lyonnais, le Dauphiné, la Provence, les Cévennes, les Pyrénées, la Gascogne, etc. Fréquemment cultivé dans les jardins d'agrément. Flor., maijuin.

Le bois de cet arbrisseau est jaune de buis, un peu plus clair dans Taubier, qui se distingue à peine.

2. Coronille à grandes stipules. Coronilla valen- TiXA. Lin. c. stipularis, Lam,

Feuilles imparipennées, de 7-9 folioles glauques, obovalescunéiformes, échancrées à l'extrémité, pourvues de grandes stipules orbiculaircs et caduques ; fleurs jaunes, très odorantes le soir, disposées 6-12 sur un axe deux fois au moins aussi long que la feuille ; onglet de l'étendard égal au calice, mais non plus long. Gousse 4-7 articulée, à articles 4-angulaires. — Arbrisseau de 0',70 au plus, très glauque, glabre, à liges dressées, rameuses. Alpes-Maritimes, Corse, Algérie. Lieux pierreux, rochers. Flor., mi-aoùl.

126 PAPILIONACéES. — CÉSALPINléES.

3. Coronille glauque. Coronilla olauga. Lin. Feuilles imparipennées, à 5-7 folioles cunéiformes, obtuses ou

unpeu échancréesau sommet, un peu épaisses, très glauques; stipules petites, libres, linéaires-acuminées, caduques, fleurs réunies 5-8 sur un pédoncule axillaire deux fois aussi long que la feuille, jaunes, oidorantes, dont les pétales ont l'onglet égal au calice. Gousses de 12-18 mill., pendantes, se désarticulant aisément en 2-3 articles 4 angulaires, dont chacun contient une graine brune, linéaire-obfongue, comprimée. •— Sousarbrisseau très glabre, glauque, touffu. Environs deXarbonne, de Montpellier, etc., en Algérie. Flor., juin-juillet.

4. Coronille Jonciforme. Coronilla juncea. Lin. Feuilles impari pennées, à 3-7 folioles écartées, linéaires-

oblongues, cartilagineuses-transparentes sur les bords. Fleurs réunies 7-8 sur un pédoncule axillaire grêle, terminé en pointe au sommet ; jaunes, à onglets égaux au calice. Gousses de 15-25 mill., ()endantes, tétragones, se rompant en 2-7 articles 4-angulaires, dont chacun contient une graine linéaireoblongue, brune. — Sous-arbrisseau de 1 mètre au plus, glabre et glauque, très rameux, à rameaux ionciformes^ lisses, peu feuilles. Collines de la Provence ; Algérie. Flor., maijuin.

FAMILLE XVIIL

CÉSALPINIÉES. R. BROWN.

Fleurs hermaphrodites, dioïques ou polygames ; calice à 5 divisions ; corolle papilionacée, ou presgue régulière, ou nulle; 5 10 étamines libres, à anthères introrses, biloculaires, longitudinalement déhiscentes. Un seul carpelle libre, produisant une gousse; graines peu ou point albuminées, à embryon droit. — Famille provenant, avec la précédente, du démembrement des légumineuses ; représentée le plus souvent par des espèces ligneuses, abondamment répandues dans toutes les régions chaudes du globe ; prodfuisant des bois lourds, durs, vivement colorés, d'où Ton extrait des matières tinctoriales et que Ton utilise en charpenterie, en menuiserie et en ébénisterie. Deux espèces seulement, à feuilles simples ou composées, alternes, stipulées, appartiennent à la flore de la France et se rencontrent sur le littoral de la Méditerranée.

A. Feuilles simples, caduques ; fleurs papilionacées ; gousse sèche, déhiscente par une suture GaInier 1

A'. Feuilles paripennées, persistantes ; corolle nulle ; gousse pulpeuse, indéhiscente Caroubier .... 2

GÉSALPINIÉES. 127

GENRE 1. - GAINIER. CERCIS, Lin.

Fleurs hermaphrodites; calice caduc, upcéolé, à 5 dents ; corolle papilionacée, de 5 pétales libres ; 10 étamines libres ; gousse très comprimée, polysperme. — Arbre à feuilles simples, entières, caduques, à l'aisselle desquelles on trouve parfois 2 bourgeons superposés, dont rinférieur est le plus petit.

Bois. — Tissu fibreux peu serré, à parois peu épaisses ; rayons sensiblement inégaux, minces et très minces, courts, très nombreux; vaisseaux inégaux, assez gros et rapprochés dans la zone interne, qu'ils rendent poreuse, devenant fins et très fins vers la zone externe ; isolés ou groupés 2-9 et associés à du parenchyme liçneux assez apparent, qui dessine avec eux des lignes claires concentriques, ondulées, plus ou moins interrompues. Aubier et bois parfait très distincts.

Qainier arbre de Judée. Cbrgis Siliquastrum. Lin.

Feuilles simples, pétiolées, palmati-nerviées, réniformesarrondies, mates, glabres. Fleurs roses ou blanches, paraissant avant les feuilles, assez longuement pédicellées, en faisceaux serrés le long des branches et de la partie supérieure du tronc, à étendard plus court que les autres pétales. Gousse de 7-10 centimètres sur 15 rnill., d'un brun-rouge, trinerviée sur la suture ventrale, contenant 10-14 graines ovoïdes, noires. — Arbre de 5-8 mètres de hauteur, dont la tige est irrégulière et recouverte d'une écorce noirâtre, à gerçures fines, profondes, serrées, longitudinales et transversales ; rameaux flexueux. Çà et là dans la région méditerranéenne ; manque en Corse ; fréquemment cultivé comme arbre d'ornement. Flor., avril-mai.

Le bois de l'arbre de Judée a les accroissements Bois, distincts, l'aubier blanc, peu abondant ; il est jaune, brunâtre à l'état parfait ; il n'est point aussi lourd et aussi dur que celui de la plupart des espèces de la famille ; complètement desséché à l'air, il pèse 0,626-0,663 {Coll. Éc. For.). La rareté de cet arbre, les petites dimensions et l'irrégularité de sa tige lui enlèvent tout intérêt forestier.

GENRE II. - CAROUBIER. CERATONIÀ. Lin.

Fleurs polygames ou dioïques ; calice petit, 5-partite, caduc; corolle nulle; étamines 5, libres, opposées aux

128 céSALPINIÉES.

divisions du calice; carpelle arqué; stigmate sessile. Gousse épaisse et coriace, remplie d'une substance pulpeuse ; indéhiscente, polysperme. — Arbre à feuilles paripennées, persistantes.

Bois, — Tissu fibreux serré, à parois épaissies, très dominant; rayons presque égaux, très minces, courts, nombreux. Vaisseaux égaux, assez çros, isolés ou réunis par 2-4, entourés d'une auréole de tissu plus clair et plus mou de parenchyme ligneux, peu abondants et uniformément répartis du bois de printemps au bois d'automne sans affecter aucune disposition réticulée ou autre. Aubier et bois parfait très distincts.

Caroubier commun. Ccratonia Siliqua. Lin.

Feuilles composées de 6-10 folioles coriaces, ovales, obtuses ou écbancrées au sommet, entières, vertes et luisantes en dessus, plus pâles et mates en dessous; nervures secondaires pennées, droites, parallèles, serrées^ alternativement plus longues et réunies deux à deux à l'extrémité par des ramifications latérales. Fleurs très petites, nombreuses, en grappes cylindriques dressées, axillaires, courtement pédonculées ; calice rouçe ; étamines étalées, à filets allongés. Gousse de 10-20 centimètres sur 1-2, pendante, flexueuse, épaisse, à pulpe intérieure sucrée, contenant 12-16 graines ovoïdescomprimées, brunes. — Arbre peu élevé, à tronc épais, cime étalée-arrondie, écorce lisse et mince, d'un brun rougeâtre clair. Cultivé en Provence (Nice, Villefranche, Menton), Corse, Algérie ; subspontané dans les deux premières régions, très rare même sous cette forme, dans la seconde, bien naturalisé dans la dernière. Flor., aoùt-septembre-octobre. Fructif., juillet-août de Tannée suivante.

Origine. Le caroubier, originaire de TOrient, s'est natura-

lisé sur tout le littoral de la Méditerranée ; il est trop rare en France pour y être de quelque importance, mais il en acquiert dans les contrées où il devient commun, en Espagne et en Algérie. Il peut s'élever à 16-20 mètres, et atteindre 3 mètres de circonférence.

Taille. Il croit dans tous les terrains, pourvu qu'ils ne

soient pas marécageux ; il repousse abondamment de souche, a une longévité considérable, un couvert épais.

Bois. Le bois du caroubier a l'aubier blanc jaunâtre

assez abondant; il se colore d'un joli rouge rosé et veiné à l'état parfait ; malgré l'homogénéité de sa

CÉSALPINIÉES. — AMVGDALÉES. 129

structure, on y reconnaît assez bien la succession des accroissements, par la nuance plus claire du bois de printemps et par un trait fin qui se remarque à la limite de chacun d'eux. C'est un bois dur, lourd, susceptible d'un beau poli, bon pour la fente, recherché par le charronnage, la menuiserie, l'ébénisterie, mais qui dure peu exposéà l'humidité. Complètement desséché à Tair, il a pour densité 0,827-0,908 (Coll. Éc. For,). Il fournit un bon combustible et l'on en obtient un charbon très estimé.

Le fruit, connu sous le nom de caroube, se récolte Produits avec soin ; la pulpe en est sucrée, nutritive, surtout accessoires, rafraîchissante, et, comme telle, recherchée par les habitants des contrées méridionales ; mais sa plus grande utilité est de servir à la nourriture des bestiaux, des porcs, et même de tenir lieu d'orge ou d'avoine pour les chevaux.

L'écorce et les feuilles fournissent du tan.

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