P. insititia L. sp. 680. Prumier sauvage
Arbre ou arbrisseau élevé, non épineux, à jeunes rameaux pubescents-veloutés. Feuilles ovales, lancéolées ou oblongues, aigues, finement crénelées ou dentées, pubescentes en dessous. Bourgeons florifères, ordinairement biflores. Fleurs petites, blanches, paraissant avant ou quelquefois avec les feuilles, à pédoncule pubescent ou glabre; calice glabre intérieurement. Pédicelles fructifères, plus courts que les fruits. Fruit penché, assez gros, globuleux, ou sub-globuleux, glauque, noir, violet, rougeñtre, jaunâtre ou verdâtre, d’une saveur douce plus ou moins sucrée.
Cette espèce est encore échappée des cultures; aussi ne la rencontre-t-on que dans les haies et le voisinage des habitations , où elle est cultivée sous un grand nombre de variétés.
FI. mars-avril. Fr. juillet-septembre.
Observation. On cultive dans les jardins le P. armeniaca L., l'abricotier et le Persica vulgaris Mill., le pêcher.
FAMILLE IX. — ROSACÉES Juss. gen. 554 part.
Fleurs hermaphrodites, rarement unisexuelles par avortement, régulières. Calice non soudé avec l'ovaire, persistant, à 5, rarement 4 sépales plus ou moins soudés à la base. Corolle à 3, rarement 4 pétales, libres, caducs, insérés sur un disque situé à la base des divisions calicinales. Étamines ordinairement en nombre indéfini, libres, insérées avec les pétales. Ovaire libre. Carpelles distinets, en nombre indéfini, rarement réduits à 1-2, uniovulés, rarement bi-pluriolés. Ovules dressés ou suspendus, anatropes, plus rarement campulitropes. Styles ordinairement latéraux, libres, rarement soudés. Fruits composés de carpelles distincts, secs ou drupacés, à une graine et indéhiscents, ou à plusieurs graines et débiscents, disposés en capitule sur le réceptacle, ou renfermés dans le tube du calice charnu ou induré. Graines suspendues ou dressées, sans albumen; cotylédons charnus, plano-convexes, foliacés à la germination ; embryon rectiligne; radicule ascendante ou descendante, dirigée vers le hile.
Plantes annuelles ou vivaces, ou arbrisseaux souvent munis d’aiguillons. Feuilles alternes, pinnatiséquées ou palmatiséquées, plus rarement indivises dentées; stipules plus ou moins longuement soudées au pétiole, ordinairement foliacées. Inflorescence variable , fleurs quelquefois disposées en cymes plus ou moins irrégulièrement ou en corymbes.
Les genres Rubus et Rosa sont les seuls dont nous ayons à nous occuper, et encore ne présentent-ils pas d'intérêt forestier , au contraire, dans bien des cas, ils mettent obstacle au repeuplement.
Calice en tube renfermant les fruits; fruits secs, osseux . . . . . . Rosa. Calice non en tube ; fruits charnus suceulents . . . . JUS el RERTDURE
Trieu I. Potentillées. — Carpelles nombreux, monospermes, indéhiscents, secs ou drupacés, disposés sur un réceptacle hémisphérique ou conique, see ou charnu. Étamines en nombre indéfini.
BRubus L. gen. n° 652. — Ronce.
Calice à à divisions, dépourvu de calicule. Styles subterminaux , marcescents. Carpelles drupacés succulents, groupés en un fruit bacciforme sur un réceptacle conique, charnu, persistant.
Sous-arbrisseaux plus ou moins aiguillonnés, à souche ligneuse, produisant de longs rejets, souvent radicants, qui, (sauf une espèce R. Saxatilis) sont bisannuels, stériles et feuillés la première année ;
feuilles palmatiséquées, à rachis ordinairement muni d’aiguillons, à 5 plus rarement 5 ou 7 folioles; folioles doublement dentées ; les feuilles inférieures à folioles libres; les feuilles supérieures à folioles latérales quelquefois confluentes ; stipules linéaires, soudées avec le pétiole seulement dans leur partie inférieure. Fleurs blanches ou rosées, disposées en petites cimes groupées entre elles en corymbes ou en grappes indéfinies.
La multiplication des ronces se fait avec une grande rapidité dans les forêts dont le massif a été entamé; elles couvrent le sol de leurs rameaux qui s’enchevètrent et dont on ne se débarasse qu'avec beaucoup de peine. Ce sont d’excellentes remises pour les lièvres et les lapins. Nous connaissons plus d’un propriétaire qui défend l'enlèvement des ronces dans les jeunes taillis en vue de la conservation du gibier. Les fruits sont comestibles et ceux du Rubus idœus ou framboisier sont trèsrecherchés, surtout ceux des nombreuses variétés cultivées dans les jardins.
Le genre Rubus est bien certainement un de ceux où les différents caractères sont soumis à des polymorphismes à peu près sans bornes. Les botanistes considérant l’espèce telle que Linné la concevait, ont admis quatre espèces pour notre flore qui sont les R. fruticosus, R. cœsius, R. saxitalis et R. idœus. D’autres étendant singulièrement le nombre des espèces, sont arrivés à en décrire cinquante et plus.
Weihe et Nees Von Esembeek en décrivent quarante-huit espèces. Lejeune dans la Revue de la flore de Spa en indique vingt-trois. Dans le Compendium, quarante-sept espèces sont décrites. M. Dumortier, dans son Prodrome porte le nombre à trente-deux. Tinant, dans la Flore du Luxembourg trente-trois. Wirtgen trouve des caractères spécifiques pour en limiter soixante-six. Boreau, dans la Flore du centre de la France, en décrit cinquante-cinq; MM. Grenier et Godron donnent les caractères de vingt-trois ronces; enfin, M. Dumortier dans sa Monograpliie des ronces de la flore belge, réduit de plus de moitié le nombre de celles admises dans le Prodrome; sa dernière notice ne comprend que quatorze espèces. D’après cet exposé, il est aisé de voir que tous ces botanistes sont loin d'être d’accord sur la valeur des espèces proposées.
Recherchons quels sont les caractères qui ont paru’ suffisants pour ériger au rang d’espèce toutes ces formes, considérées par Linné comme appartenant à ses À. frulicosus et cœsius.
Un premier caractère est emprunté à la forme des jets stérils. Dans certains cas ils sont arrondis ou obtusément arrondis, dans d’autres ils sont anguleux. Si ces caractères étaient toujours stables, si entre eux on ne découvrait pas de nombreux intermédiaires, on pourrait les considérer comme de quelque valeur. Mais ne savons-nous pas que certains rejets sont arrondis à la base, obtusément anguleux sur leur tiers médian et manifestement anguleux au sommet. N’avons-nous pas
observé tous, pas une fois mais fort souvent, qu'une tige de l’année précédente, par exemple cylindrique, donne naissance à des rameaux anguleux et vice-versa. Chez les tiges anguleuses on a trouvé un caractère dans les faces; les unes sont planes, d’autres sont canaliculées. Encore une fois ces deux caractères se fusionnent chez beaucoup de sujets; les rejets ont la base à faces canaliculées et le sommet présente des faces planes.
La direction des turions à été prise comme caractère d'une certaine valeur. Ainsi les tiges stériles peuvent être arquées, décombantes ou bien dressées à la base, arquées au sommet. Ne voyons-nous pas là un caractère qui peut varier d'année à année. Il suffit que la plante ait végété pendant un été humide, condition très-propice pour obtenir des pousses très-longues qui, en y joignant leur flexibilité, prendront une direction arquée-décombante. Que la plante végète sous le couvert, un phénomène analogue se présentera. Au contraire, que la plante croisse sous l’action directe de la lumière et par une saison sèche, ses pousses seront plus courtes et leur tissu plus consistant; dans ce cas vous aurez des tiges dressées, arquées au sommet.
Comment déterminer avec certitude une ronce qui aura végété dans une haie ou dans un buisson, alors que l’on invoque comme caractère la direction des turions. Suivant que le buisson est plus ou moins élevé, les tiges végèteront verticalement à des hauteurs différentes. Après cela étudiez la végétation de quelques pieds de Rubus après la coupe d’un tailli vous les verrez porter leurs turions dans une position plus ou moins verticale, et cela d’après la nature du sol et des influences météorologiques sous lesquelles elles ont végété. Revenez dans ces mêmes lieux alors que le tailli aura grandi de facon à mettre vos ronces sous l’action de la lumière diffuse, et vous serez tout surpris de voir vos turions qui, lorsqu'ils végétaient en plein soleil, étaient plus ou moins dressés, devenir rampants ou très-légèrement dressés pour retomber et s’étaler sur le sol.
Ainsi donc, pour notre part, nous croyons que les caractères que les amateurs de la rubimanie ont voulu trouver dans la forme et dans la direction des turions est sans aucune valeur.
La vestiture des tiges stériles a été prise par certains auteurs comme caractère de première valeur. Ainsi, dans un cas, les verges peuvent être garnies d’aiguillons égaux en longueur avec absence d’aculéoles et de soies glandulifères ; dans l’autre, les aiguillons sont polymorphes, les uns en forme d’épine, les autres en forme d’aiguillon ou de soies glandulifères. Ces caractères doivent être, à notre avis, sujets à des variantes suivant que la plante croit à l’ombre ou au soleil. Ainsi, dans le genre Rosa, un même pied présente à la fois des feuilles glanduleuses et des feuilles à peu près dépourvues de glandes ; toujours avons-nous remarqué que ces dernières s’observaient sur les rameaux du centre du buisson, là où ils étaient sous l'influence de Ja lumière diffuse.
Les différents caractères de vestiture que nous venons de passer en revue sont basés sur des organes exclusivement cellulaires, tous dépendent de l’épiderme. Dans bien d’autres espèces que les Rubus et les Rosa ne voyons-nous pas certains sujets présenter tous leurs organes verts chargés de poils; cette pubescence chez ces individus a-t-elle paru constituer des caractères spécifiques différentiels pour les ériger au rang d'espèces distinctes ? le Capsella bursa-pastoris Moëencu., le Pyrethum leucanthemum Coss. et GErx., qui présentent assez souvent des sujets pubescents, constituent-ils des espèces autres ? Évidemment non. Les aiguillons, les poils et les glandes sont des organes qui peuvent se développer en plus ou moins grande quantité, ou faire complètement défaut et cela à la suite des milieux dans lesquels les plantes ont végété.
Certains auteurs ont cru reconnaitre dans la forme des aiguillons des caractères de quelque valeur. Certainement plusieurs sujets se présentent avec ces organes constitués sur un même plan; mais à côté de ces derniers combien n’en trouvons-nous pas, et c’est le plus grand nombre, dont les tiges sont munies d’aiguillons polymorphes, les uns droits, les autres plus ou moins arqués, certains courts, entremélés, d’autres longs; plusieurs présentent une base elliptique, tandis que plusieurs laissent une cicatrice circulaire.
Arrivons aux caractères tirés de la forme des feuilles. Chez les Rubus cœsius et fruticosus le nombre des folioles varie de 3-5. Peut-on considérer ce nombre comme invariable et en déduire des caractères de quelque valeur? D’après nos observations nous répondrons que nous n’y avons aucune confiance. Pour celui qui a examiné les ronces avec attention, et sans idées préconçues, il a pu remarquer, comme nous, que le nombre trois ou cinq peut varier sur un même sujet; ordinairement les feuilles de la base des turions sont trifoliolées et celles du sommet quinquéfoliolées. A côté de pieds portant des feuilles à trois ou cinq folioles, vous en rencontrerez d’autres sur lesquels toutes les feuilles sont ternées ou toutes quinées. Déduisez-vous de ces observations que ces caractères peuvent être de quelque valeur ? Evidemment non, puisque tout à l’heure nous constations, sur un même sujet, les deux sortes de feuilles.
La longueur des pétiolules ne constitue pas non plus une limite sérieuse entre les nombreuses formes du Rubus fruticosus. Examinez deux feuilles d’une même plante et vous serez peut-être surpris de constater que les pétiolules varient en longueur de feuille à feuille ; à la base des turions les folioles sont presque sessiles, un peu plus haut sub-pétiolulées, enfin au sommet elles seront manifestement pétiolulées. En voilà des caractères d’une certaine élasticité et sur lesquels il est bien difficile de s'entendre. Pour notre part, nous demanderons aux rubimanes pourquoi ils n’ont pas fait usage des subdivisions du millimètre pour décrire la longueur des pétiolules ?
L'aspect de la face inférieure des feuilles ne peut pas plus que tous les autres organes que nous avons examinés constituer des caractères de quelque valeur, et ici nos observations sont fortifiées par celles faites par M. Godron et consignées dans son Essai sur la géographie botanique de la Loraine. « Un pied de Rubus vestitus W. et Ness. croissant dans une haie touffue et dégageant la partie supérieure de ses tiges audessus des buissons a ses feuilles inférieures vertes, parce qu’elles sont privées de l’action directe des rayons solaires, et ses feuilles supérieures blanches-tomenteuses en dessous. »
« Le même pied placé successivement à l'ombre et au soleil, ou reporté du soleil à l’ombre, comme je l'ai expérimenté plusieurs fois au jardin des plantes de Nancy, change d’aspect et reprend son ancien état par une nouvelle transplantation dans ses conditions primitives. »
Les organes floraux et les fruits peuvent-ils présenter des caractères de quelque valeur? Cela est possible, mais jusqu’à présent les observations que nous avons faites sur la forme des sépales, sur leur vestiture ; ainsi que leur direction par rapport aux fruits ne nous permettent pas de nous prononcer avec certitude; bien que cependant, nous croyons que certains d’entre eux peuvent être de quelque valeur.
Pour terminer cette très-longue discussion sur la valeur des caractères des rubus, nous dirons que les formes sont très-nombreuses, que probablement toutes ces formes se rapportent à plus de deux types spécifiques, mais que jusqu’à ce jour les caractères que les auteurs ont considérés comme distincts sont de nulle valeur, vu que toujours ou presque toujours les observations vous conduisent à reconnaitre sur un même sujet une fusion de caractères assimilés à des types distincts.
y { Feuilles 5-7 pennées; fruits rouges plus rarement jaunâtres. À. Idœus. Feuilles 5-5 palmées ; fruits noirs ou pruineux . . . . . 9
Tiges gréles, arrondies ; fruit pruineux entouré par le ealice > | dont les divisions sont dressées PR TN NEO RER ee PP RTL CUAS.
Tiges très-variables ; fruit noir ; calice étalé . . . . . . R. fruticosus.