‹ Flore forestière de BelgiqueChapitre 28 sur 47 · I. aquifolium L. sp. 181. Houx commun. — Hulst · texte numérisé non relu

I. aquifolium L. sp. 181. Houx commun. — Hulst

Arbrisseau de tige ordinairement diffuse et étalée, plus rarement à tige droite, à écorce lisse, verte sur les jeunes rameaux, grise sur les branches et sur la tige. Feuilles coriaces, épaisses, glabres, entourées d’un rebord cartilagineux, d’un vert foncé et luisantes en dessus, d’un vert-pâle en dessous, brièvement pétiolées, ovales-aiguës ou ovalesoblongues, fortement ondulées, dentées à dents terminées par une épine raide, rarement entières. Fleurs blanches, petites, axillaires, solitaires ou fasciculées, courtement pédonculées. Fruit charnu, globuleux et ombiliqué au sommet, de la taille d’un pois, à # noyaux triangulaires ; d’un rouge corail à la maturité.

C.,A.C.Région méridionale; A.C., A.R. — FI. mai-juin. — Fr. octobre.

Dans nos bois le houx ne forme que des buissons peu élevés qui résistent parfaitement sous le couvert de la futaie. Là où il envahit le sol, sa présence est un obstacle à la reproduction naturelle ou artificielle des bonnes essences, d’autant plus qu’il est très-difficile d’en débarrasser le terrain. Dans les parcs on en rencontre qui dépassent même cette élévation.

Le bois est lourd, dur, très-homogène, finement maillé, blanc, trèslégèrement teinté de rougeâtre au cœur dans les sujets âgés. Il convient à beaucoup d’usages industriels. I1 prend très-bien la couleur noire et imite l’ébène et recoit un beau poli.

L’écorce renferme un principe amer cristalisable (ilicine), du tannin, de la résine et une matière très-visqueuse appelée glu.

Les fruits contiennent des acides, du sucre, de la pectine et sont violemment purgatifs.

Les feuilles desséchées, infusées dans de l’eau, peuvent remplacer le thé.

Le houx commun a donné naissance à un grand nombre de variétés : les unes à feuilles diversement panachées, striées ou bordées de blanc ou de jaune, les autres, à bords modifiés par le nombre et la direction des épines.

FAMILLE XV. - OLÉACÉES. Linps. intr. ed. 2, p. 507.

Fleurs hermaphrodites ou unisexuelles, régulières, complètes ou dépourvues du calice et de corolle. Calice persistant, rarement nul, gamosépale, à 4 divisions. Corolle gamopétale, hypogyne, caduque à 4 divisions peu profondes, ou prolongées jusqu’à sa base, rarement nulle. Etamines 2, soudées par les filets au tube de la corolle, alternant avec les lobes; anthères biloculaires, introrses, s’ouvrant en long, fixées par le dos. Ovaire à 2 loges ordinairement bi-ovulées. Style indivis, très-court. Fruit très-variable, tantôt drupacé, tantôt bacciforme ou capsulaire ou indéhiscent prolongé supérieurement en une aile presque foliacée.

Arbres et arbrisseaux à feuilles entières ou pinnatifides, quelquefois imparipinnées; stipules nulles. Fleurs disposées en panicules.

Feuilles imparipinnées; fleurs dépourvues de calice et de corolle . . Fraxinus. Feuilles entières ; fleurs pourvues d’un calice et d’une corolle . . Ligustrum. Fraæinus Tourner. inst. t. 545. — Frène.

Fleurs polygames, dépourvues de calice et de corolle, munies de bractées. Etamines 2. Ovaire comprimé perpendiculairement à la eloison, biloculaire, à loges-bi-ovulées. Stigmate bifide, à lobes étalés. Samare membraneuse, coriace, oblongue, renflée inférieurement, comprimée, presque foliacée dans sa partie supérieure, uniloculaire et monosperme par avortement, indéhiscente.

Arbres ordinairement élevés à feuilles opposées, oppositi-imparipinnées, dont la nervation secondaire est pennée et rameuse ; à ramification peu serrée, terminée par des pousses robustes; bourgeons terminaux gros et courts, 4-angulaires, enveloppés extérieurement de 2-4 écailles pétiolacées, souvent soudées.

F. excelsior L. sp. 1509. Fréne commun. — Gemeene-Esch.

La tige du frêne croissant isolément se ramifie à 5 à 8 mètres; elle est droite, cylindrique, couverte d’une écorce lisse et d’un gris verdâtre ou jaunâtre d’abord, a le liber non feuillé, constitué par des faisceaux épars. Plus tard il se gercure et ses parties extérieures se transforment en une sorte de liège granuleux pierreux.

La racine pivote profondément dans la jeunesse et donne naissance à une souche considérable, de laquelle portent quelques racines latérales. La totalité du bois souterrain équivant à 14-15 p°/, du volume entier.

La production des graines est assez constante chaque année. La dissémination ne se fait ordinairement que le printemps suivant. Il en faut 45 à 15,000 par kilogramme. Il est convenable de la récolter avant l'hiver et de la faire stratifier jusqu’au printemps suivant, alors les graines ne tardent pas à germer.

La jeune plante soulève hors de terre la samare, dont le périsperme épuisé forme une coiffe qui réunit ses deux cotylédons; puis il produit 2 cotylédons longuement elliptiques-lancéolés, entiers. Pendant les premières années de la croissance toule l’activité végétative se porte vers la racine et ce n’est que vers quatre à cinq ans que sa tige commence à croître en importance. .

Le fréne élevé en taillis donne des pousses annuelles qui atteignent dans les bons terrains de 70 centimètres à un mètre. Dans ces conditions

les brins sont droits et très-convenables pour cercles de tonneaux, perches, etc.

Le bois est blane, quelquefois flambé de brun au cœur, très-élastique et tenace ; il est indispensable aux carrossiers pour la confection des timons et brancards; la marine s’en sert pour les rames et les avirons. Vu sa souplesse on l’utilise pour les ares et on en fait aussi des queues de billard. Exposé à des alternatives de sécheresse et d'humidité, la pourriture ne tarde pas à l’atteindre.

La valeur du bois de frêne est loin d’être toujours la même ; ainsi, lorsque l'arbre s’est développé lentement, chaque couche est en majeure partie formée de la zone interne des gros vaisseaux et le bois est poreux, tandis que là où la croissance est rapide, si toutefois elle n’est pas activée par une trop grande humidité, et dans ce cas le bois est également mou, la zone fibreuse acquiert beaucoup de développement et les couches de bois deviennent dures et résistantes.

D’après T. Hartig, la combustibilité du frêne de 100 ans, d’une densité de 0",69, comparée à du hêtre de 120, d’une densité égale, l’un et l’autre à l’état sec, ont donné les résultats suivants :

Vol. el poids égaux.

Chaleur ascendante. 101 . 100 Plus haut degré de chaleur.

Ù rayonnante 86 : 100 . ascendante. 107 : 100 Durée de la chaleur croissante.

{ ° rayonnante. 100 : 100 , ascendante. 106 : 100 Durée de la chaleur décroissante.

» rayonnante. 60 : 100 5 ascendante. 92 : 100 Total de la chaleur développée.

| » rayonnante. 76 : 100 Eau VAbONSC RS ES SE are A Me) ÉTRS AA 85 : !00

Le frêne est donc moins bon combustible que le hêtre. Il a cet avantage de brûler vert à peu près aussi bien que sec. 11 fournit un bon charbon très-propre à la fabrication de la poudre à canon.

Son feuillage desséché fournit une excellente nourriture pour les ruminants.

Son écorce peut servir comme teinture. Avant l'introduetion du Quinquina, l'écorce de frêne était employée dans le traitement de la fièvre intermittente; depuis, cet usage est tombé en désuétude. Les feuilles ont été recommandées en Allemagne dans le traitement du rhumatisme et de la goutte.

Le frêne ne fournit que des traces de manne dans notre pays.

Le frêne est un arbre qui n’atteint ses belles dimensions que dans les pays de plaines et les vallées à sol frais et fertile: il y est ordinairement le compagnon de l’orme, de l’aune, du chêne pédoneulé et du saule blanc.

Bois. — F1. avril. — Fr. juin-juillet.

LA

Ligustrum Tourner. inst. 596, t. 367. — Troëne.

Fleurs hermaphrodites. Calice petit, ureéolé, 4-denté, caduc. Corolle sub-infundibuliforme, à tube dépassant longuement le calice, à limbe 4-partite. Stigmate bifide, à lobes dressés. Baie globuleuse, à 2 loges bispermes ou monospermes par avortement.

Arbrisseau à feuilles entières. Bois à tissu fibreux serré, à parois épaisses ; vaisseaux fins, abondants, devenant très-fins et moins serrés au bord externe, ce qui rend les accroissements bien distincts. Fleurs blanches disposées en panicules terminales.

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