L. vulgare L. sp. 10. Troëne commun. — Gemeene heiningsdigt
Arbrisseau de 2-5 mètres, rameux dès la base, à rameaux flexibles ordinairement opposés, à écorce grisätre. Feuilles courtement pétiolées, elliptiques-lancéolées, un peu coriaces, parfois persistantes pendant une partie Ge l'hiver, entières, glabres, luisantes en dessus. Fleurs blanches odorantes, brièvement pédicellées, munies à leur base de bractées linéaires. On utilise le troëne pour la plantation de haies qui supportent très-bien la tonte. Les feuilles sont astringentes et amères; les baies sont noires, d'une saveur douceâtre ‘et amère; elles servent à falsifier celles de Nerprun.
Haies, buissons, lisière des bois. — F1. juin-juillet, — Fr. septembre.
CLASSE II. — GAMOPÉTALES PÉRIGNES.
Corolle insérée sur le calice. Étamines insérées sur le calice avec la corolle, ou insérées sur la corolle. Ovaire soudé avec le calice.
FAMILLE XVI. — VACCINIÉES DC. Théor. élem. ed. 1. 216
Fleurs hermaphrodites, régulières. Calice à tube soudé à l’ovaire, à limbe à 4-5 dents persistantes ou caduques. Corolle insérée au sommet du
tube du calice, gamopétale, campanulée, urcéolée ou rotacée, à 4-5 divisions, caduque, à préfloraison imbriquée. Étamines en nombre égal à celui des divisions de la corolle ou en nombre double, insérées sur un disque épigyne au sommet du tube du calice, ainsi que la corolle ; anthères bilobées, introrses, à lobes indéhiscents prolongés chacun supérieurement en un tube ouvert au sommet, quelquefois munis chaeun d’un appendice sétiforme dorsal. Ovaire soudé avec le calice, à 4-5 carpelles multiovulés. Ovules insérés à l’angle interne des loges, ordinairement pendants, réfléchis. Style filiforme. Stigmate indivis, capité. Fruit bacciforme, à 4-5 loges contenant plusieurs graines. Celles-ci pendantes. Embryon droit dans un albumen charnu. Radicule dirigée vers le hile.
Petits sous-arbrisseaux à feuilles simples, alternes, dont la nervation est pennée réticulée ; à racines très-rameuses, longuement rampantes et drageonnantes, pourvues d’un chevelu très-délié et très-abondant, généralement sociaux et envahissants.
Bois à vaisseaux abondants, fins, égaux, entourés de parenchyme ligueux. Rayons médullaires fins.
Vaccinium L. gen. n. 485. — Airelle.
Calice à 4-5 dents, plus rarement entier. Corolle urcéolée ou campanulée, à 4-5 lobes petits et recourbés en dehors. Étamines 8-10. Sous-arbrisseaux à tiges ascendantes ou dressées. Feuilles caduques ou persistantes. Fleurs blanchâtres ou rosées, axillaires solitaires, ou disposées en grappes courtes terminales.
{ Corolle campanuléc ; feuilles persistantes ; fruits rouges. . W. Vitis-Idæa. l | Corolle ovoide ou globuleuse ; feuilles caduques ; fruits glau-
| HE DOUINEUX Li NANTES ET AE LE ER
\ Rameaux anguleux ailés ; feuilles dentées . . . . . . VW. Myrtillus +} Rameaux arrondis; feuilles très-entières . . . . . . . W. uliginosum.
4. V. Vitis-idæn L. sp. 500. Airelle fuux-abrètier, Airelle canche. — Roode Boschbees.
Tiges de 1-5 décimètres, ascendantes ou dressées, souvent réunies en touffe, cylindriques, ordinairement rameuses sub-dichotomes, à rameaux dressés, à écorce pubescente. Feuilles persistantes, très-coriaces, luisantes, d’un vert foncé en dessus, ponctuées à la face inférieure de glandes noires, glabres, brièvement pétiolées, obovales obtuses, quelquefois mucronulées, à bords légèrement enroulés en dessous, sub-dentées au sommet. Fleurs blanches ou rosées, disposées en grappes courtes pen-
chées, terminant la tige et les rameaux. Corolle campanulée. Anthères dépourvues d’appendices sétiformes. Fruits rouges.
Bois, bruyères, paturages. — A. R. dans la région Ardennaise ainsi que dans la Campine. Bruges, Scheid. FI. mai. Fr. juin.
2. VW. Myrtillus L. s. p. 498. Airelle Myrtille. — Myrtachtige Boschbees.
Tiges de 4-7 décimètres, dressées ou ascendantes, anguleuses, ailées ; rameuses, à rameaux dressés, à écorce glabre. Feuilles caduques, d'un vert pâle, glabres, brièvement pétiolées, ovales aiguës, finement dentées. Fleurs solitaires à l'extrémité de pédoneules axillaires penchés, d’un blanc rougeâtre ou verdâtre. Corolle urcéolée. Anthères munies vers le milieu de leur hauteur de deux appendices sétiformes. Baies noires couvertes d’une effloressance pruineuse, d’une saveur acidulcé. FL. avril-mai. Fr. juin-juillet.
La Myrtille est une plante sociale et envahissante, formant des tapis très-serrés à la surface du sol, même sous le couvert de la futaie la plus épaisse.
Les tiges peuvent servir à faire des balais. Ses fruits qui ne sont guère appréciés que des gens de la campagne peuvent cependant servir à préparer des confitures qui ne sont pas à dédaigner. Dans certaines localités wallonnes on en fait des tartes très-estimées. En France on les utilise pour donner plus de couleur aux vins rouges. Elles contiennent un suc capable de subir la fermentation vineuse, — FI, mai-juin. — Fr. juinjuillet.
C. C. dans toute la région ardennaise. C, A. C. dans les autres provinces quoique manquant complètement sur certaines étendues. *
5. V. uliginosuan L. sp. 499. Airelle des fanges. — Moeras boschbees.
Tiges de 4-5 décimètres, dressées, très-rameuses, formant un pelit buisson; rameaux arrondis; racine rampante. Feuilles très-entières , obovées, obtuses où émarginées, d’un vert pâle en dessus, glauques et réticulées en dessous. Fleurs penchées, agrégées au sommet des rameaux de l’année précédente; pédoncules courts et uniflores, formant par leur réunion une petite grappe qui paraît latérale par le développement d'un jeune rameau qui naît au-dessous des fleurs, Calice à divisions courtes, larges et arrondies. Corolle ovoïde urcéolée, blanche ou rougeñtre, à lobes courts, obtus, réfléchis. Étamines munies de deux appendices sétiformes. Baie globuleuse, d’un noir-bleuâtre, glauque pruineuse. — FL. mai. — Fr. juillet.
Bois humides, bruyères marécageuses. A. R. dans la région Ardennaise et dans la Campine.
FAMILLE XVII. — CAPRIFOLIACEES. A. Reicn. in dict. IL. 172
Fleurs hermaphrodites, régulières ou irrégulières, très-rarement stériles par avortement. Calice soudé AL M en tube adhérent à l'ovaire, à limbe très-court, divisé en 2-5-5 dents persistantes ou marcescentes.
Corolle insérée au sommet du tube calicinal, gamopétale, 5-fide, rarement 4-fide, à préfloraison imbricative, tubuleuse-bilabiée, campanulée ou rotacée, caduque. Étamines 5, rarement quatre, libres. Filets quelquefois bi-partites. Anthères bilobées, ou bipartites. Ovaire à 5-5 loges unipluri-ovulés. Ovules suspendus, réfléchis. Fruit bacciforme ou drupacé, à 5-5 loges contenant une ou plusieurs graines, ou quelquefois uniloculaire par la destruction des cloisons. Embryon logé dans un albumen charnu ou carnc.
Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux à feuilles opposées, entières, dentées, plus ou moins profondément lobées ou pinnatisequées, pétiolées, plus rarement sessiles, quelquefois connées, munies de stipules. Bourgeons souvent multiples à une même aisselle, superposés ou placés les uns à côté des autres, nus ou écailleux à la base, dont l’évolution, à peine arrêtée par l'hiver, produit quelquefois, contrairement à la majorité des plantes ligneuses, plusieurs générations de rameaux pendant la même année.
Bois à tissu fibreux fin, homogène, à parois assez épaisses : vaisseaux égaux, petits, entourés de parenchyme ligneux, isolés ou réunis 5-6, uniformément répartis. Rayons fins.
\ Feuilles entières, corolle tubuleuse-infundibuliforme, . . . Lonicera. } Feuilles découpées ou dentées ; corolle rotacée . . . : - 2 Feuilles pinnatisequées ; fruit à 3-5 graines . . . . . . : Sambucus. Feuilles entières ou lobées ; fruit à 1 seule graine. . . . . . Viburnum. . Trisu 1. Caprifolicées — Corolle à limbe bilabié. Ovaire à loges
pluriovulées, style indivis, stigmate trilobé. Lonicera L. gen. n. 255, part. — Chèvrefeuille.
Calice à partie libre 5-lobé, à lobes très-petits. Corolle tubuleuse infundibuliforme ou irrégulièrement campanulée, à limbe divisé en deux lèvres, la supérieure 4-lobée, l’inférieure entière. Étamines 5. Style filiforme, à stigmate obscurément 5-lobé. Fruit bacciforme, coloré, succulent, à 2 loges, 2-4 spermes ou uniloculaires par la destruction des cloisons.
Sous-arbrisseaux ou arbrisseaux dressés ou sarmenteux, volubiles. Feuilles simples, entières, opposées, brièvement pétiolées ou sessiles, les supérieures quelquefois connées; stipules nulles. Fleurs blanchâtres ou jaunâtres, striées de rouge, disposées en têtes terminales et en faux verticilles, quelquefois géminées à l’extrémité de pédoneules axillaires. Écorce recouverte d’un rhytidome membraneux, fibreux, caduc, presque toujours grisâtre clair. Bourgeons très-étalés, généralement multiples et en série longitudinale à chaque aisselle, l’inférieur dominant, à écailles opposées-croisées, généralement nombreuses, de consistance sèche ou herbacée. Baies vénéneuses.
Tige volubile; fleurs réunies en tête longuement pédoneulée . L periclymenum. Tige dressée; fleurs géminées aux aisselles des feuilles . . . L. Xylosteum. 1. EL. xylosteum L. sp. 248. — Chèvrefeuille des buissons.
Arbrisseau à tiges dressées, non volubiles, à écorce d’un gris cendré, à jeunes rameaux pubescents. Feuilles caduques, molles et mollement velues, ovales-aiguës, pétiolées, d’un vert clair en dessus, d’un vert blanchâtre en dessous. Fleurs glanduleuses, d’un blanc rosé mélé de jaune. Corolle à tube très-court irrégulièrement campanulé gibbeux latéralement. Pédoncules axillaires de la longueur des fleurs, portant deux fleurs sessiles. Fruits d’un beau rouge, géminés, un peu soudés à la base, ombiliqués au sommet. FI. juin-août.
Bois montueux. — R.R. Entre Forêt et Magnée (Liége, Strail.) Indigène ??
2. L. periclymenum L.sp. 247. Chévrefeuille des bois. — Memmekenskruid.
Arbrisseau à tige sarmenteuse volubile, de longueur très-variable, à écorce grisâtre ; jeunes rameaux pubescents au sommet. Feuilles glabres ou légèrement pubescentes, blanchâtres inférieurement, oblongues ou ovales-aiguës, brièvement pétiolées ; les florales sessiles, libres. Fleurs pubescentes-glanduleuses, à odeur suave, d’un blane jaunâtre, striées de rouge en dehors, sessiles, disposées en têtes multiflores terminales et en faux verticilles. Corolle longuement tubuleuse élargie supérieurement, arquée avant l'épanouissement, à tube cylindrique non gibbeux. Fruits rouges, couronnés par le limbe du calice. FI. juin-septembre. Fr. août-octobre.
Le Chèvrefeuille des bois enroule sa tige autour des jeunes arbres et finit par y produire une forte constriction, qui oblige la sève descendante à circuler dans les intervalles des tours de spire ; néanmoins, après
plusieurs années la végétation de l’arbre l’emporte sur celle du chèvrefeuille. FI. mai-juillet.
Buissons, bois, haies. C, A.C, R.
Tru IT. Sambueinées. — Corolle rotacée. Ovaire à loges uniovulées. Stigmates 5-5 sessiles, ou 5-5 styles distinets.
Sarmbuous L. gen. n° 572. — Sureau.
Calice à partie libre 5-lobée, à lobes très-petits. Corolle rotacée, à limbe étalé, 5-fide. Etamines 5, à anthères d'apparence extrorse. Stigmates 3-5, sessiles. Fruit bacciforme, coloré, succulent, à 5-5 graines, à 5-5 loges, ou uniloculaire par la destruction des cloisons.
Arbrisseaux ct quelquefois plantes herbacées vivaces, à feuilles opposées, pétiolées pinnatiséquées, à segments dentés, plus rarement pinnatiséquées, pourvues où non de stipules. Fleurs blanches, quelquefois rougeâtres en dehors, disposées en corymbes rameux ou en panieule.
Bois homogène, lourd et dur, uniformément jaune clair; vaisseaux dominants ; moëlle très-développée.
Fleurs en corymbe ombelliforme ; fruits noirs . . . . . . . . %S. nigra. Fleurs en panicule ovoïde ; fruits rouges : . . . . . . , . S.racemosa. 1. S. nigra L. sp. 586. Sureau noir. — Gemeene vlier.
Arbrisseau élevé ou petit arbre, à écorce grisätre plus ou moins verruqueuse. Feuilles glabres, composées de 5-11 segments très-brièvement pétiolulés, elliptiques-lancéolés, aeuminés, dentés; stipules inégales, foliacées, ovales-aiguës, finement dentées. Fleurs blanches en corymbe ombelliforme très-fourni, d’abord dressé, puis penché, plan, pédoneulé; les premières divisions du pédonceule quinées ; fleurs latérales sessiles, les terminales pédicellées. Baies globuleuses, noires, rarement vertes ou blanchâtres.
Le bois de sureau n’est pas utilisé dans les arts ni dans l’industrie; comme chauffage et charbon il équivaut à peu près au bouleau. Si le sureau n’est d'aucune utilité dans les arts, il n’en est pas de même en médecine qui fait usage de l'écorce, des feuilles, des fleurs et des fruits de cette plante.
FI, juin-juillet. Fr. septembre.
Bois, haies, voisinage des habitations où il est presque toujours planté. Nous ne l'avons jamais rencontré à l’état spontané dans les provinces de Brabant et d'Anvers.
Le Sambucus nigra a produit bon nombre de variétés qui sont cultivées dans les jardins.