SUR. MES
ovules prolongés en tube ouvert au sommet, entourées d’écailles imbriquées et verticillées par 5; les 6 écailles supérieures s’accroissant et devenant charnues à la maturité, se soudant complètement et formant une fausse baie, qui renferme 3 graines anguleuses et non ailées. Arbrisseaux et arbres très-rameux, à feuilles aciculaires ou squammiformes, opposées ou verticillées ; à maturation généralement bisannuelle ; revêtus de bonne heure d’un rhytidome libérien, longitudinalement gercuré, membraneux-fibreux, brun-roux.
Bois aromatiques, légers ou demi-lourds, à grain très-doux. Aubier blanc nettement séparé du bois parfait, qui est assez vivement coloré; croissance très-lente ; couches anguleuses ou flexueuses, difficiles à distinguer des zones en lesquelles elles se subdivisent.
A. communis L. sp. 1470. Genévrier commun. — Geneverboom.
Arbrisseau et beaucoup plus rarement petit arbre à feuilles de 7 à 14 mill., ternées, étalées, insensiblement effilées en pointe aiguë glauques en dessus, obtusément carénées et vertes en dessous. Cône bacciforme, noir bleuâtre à la maturité couvert d’une efflorescence glauque, beaucoup plus court que les feuilles.
Coteaux arides, bruyères, bois.
T'axus Tourner. inst. tab. 552. — 1f.
Fleurs dioïques, axillaires. Chatons mâles solitaires ou géminées, à étamines imbriquées autour de l’axe floral; anthères à 5-8 loges sur chaque connectif squamiforme. Fleurs femelles solitaires, constituées par un ovule ouvert, mais non prolongé en col au sommet, entouré de plusieurs rangs d’écailles imbriquées et opposées en croix, mais enveloppé par le disque de la fleur, qui s’accroit en forme de coupe ouverte par le haut et charnue. Graine ovoïde non ailée. Arbre à feuilles persistantes, planes, linéaires, solitaires, éparses, paraissant distiques par la torsion de la base de la plupart d’entre elles, à ramification irrégulière non verticillée et à ramules anguleux.
Bois à accroissements très-minces et flexueux, dont le nombre concorde exactement avec l’âge; lourds, durs, vivement colorés et dépourvus de canaux résinifères, qui sont remplacés par quelques cellules éparses; peu ou point aromatiques.
T. Baccata L. sp. 1472. If. commun. — Ibenboom.
Chatons mäles très-petits, brièvement pédonculés, rapprochés tout le long des jeunes rameaux. Fruit sessile, pourvu d’une enveloppe molle, d’un rouge vif, en forme de coupe ouverte par le haut. Graine assez grosse, ovoide, verdâtre. Feuilles d’un vert foncé en dessus, plus
qu
pâles en dessous, très-brièvement pétiolées, rapprochées et étalées sur deux rangs opposés, persistantes, planes, linéaires, mucronées. Arbre peu élevé ou arbuste très-rameux.
Bois montueux, lieux incultes (terrains calcareux et siliceux). — Barbencon, Lorroir {commune de Solre-St. Géry), Renlies (Hainaut. — Chabaut)\1).
FAMILLE XXVII. — ABIÉTINÉES. L. L. Ricnarn. Conif. 145.
Fleurs monoïques, rarement dioïques. — Chatons mâles à anthères bipluriloculaires; à loges s’ouvrant en long ou rarement en travers et séparées par un connectif étroit, qui au sommet se dilate en forme d’écaille. Chatons femelles formés d’écailles étroitement imbriquées et qui représentent chacune un carpelle ouvert, munies à leur base et à la face interne de deux ovules suspendus, à la face externe d’une bractée membraneuse, qui se développe plus ou moins; ces chatons deviennent à la maturité des cônes à écailles ligneuses ou coriaces. Graines munies d’une aile membraneuse, persistante ou caduque. Embryon droit, placé dans un albumen charnu; plusieurs cotylédons verticillés. Arbres ‘élevés, à tige élancée ; à bois constitué par des cellules ponetuées-allongées, et ne présentant que quelques trachées distribuées dans l’étui médullaire, contenant un sue résineux renfermé dans de grandes lacunes irrégulièrement disposées dans l’écorce. Feuilles persistantes ou caduques (Larix), ordinairement coriaces,entières, étroites, souvent aciculées, éparses ou fasciculées, plus rarement opposées ou verticillées, quelquefois très-petites, squamiformes, imbriquées sur plusieurs rangs. Cônes terminaux ou latéraux, quelquefois axillaires, sessiles ou pédonculés.
Les différentes espèces de cette famille ne croissent en Belgique qu’à l’état cultivé.
Cône à écailles terminées par un épaississement rhomboïdal mucroné ou ombiliqué au centre ; feuilles fasciculées ordinairement par 2-5. Pinus. Cônes à écailles minces, non épaissies au sommet; feuilles éparses
ou disposées en grand nombre par fascieules - . . + + . . 2 9 ( Feuilles la plupart disposées en grand nombre par faseieules . Lartæ. Feuilles toutes éparses, quelquefois distiques peetinées . + . . 5
x { Cônes à écailles persistantes, atténuées au sommet; feuilles éparses. Abies. Cônes à écailles caduques, larges obtuses; feuilles distiques-pectinées, Picea.
(1) Crew, Notes sur quelques plantes rares ou critiques de la Belgique. Mém. acad. Belg. t. XVI.
os
Pinus. EL. Gen. n° 1077, part. Pin.
Fleurs monoïques. Chatons mâles latéraux, groupés à la partie inférieure des nouveaux bourgeons. Chatons femelles terminaux, solitaires ou rassemblés en fascicules. Bractées distinctes avant la floraison, finalement oblitérées. Cônes mürissant la 2%° année, mais persistant souvent sur l'arbre longtemps après la dissémination des graines; à écailles lignescentes ou ligneuses, épaissies au sommet en une apophyse ombiliquée, plus ou moins proéminente. Feuilles linéaires-aciculées, raides, piquantes, fasciculées ordinairement par 2-5; fascicules entourés à la base d’écailles scarieuses imbriquées.
Feuilles ne dépassant pas un décimètre, plus courtes ou à
peine aussi longues que lépi des chäâtons mâles; cônes
pédonculés, penchés . TE . P,. sylvestris.
Feuilles longues de 1-2 dite beaucoup Flu More
que l'épi de chatons mâles; cônes sessiles, étalés à angle
AAA RSR A SO RTE Se RE ORALE (E:
1. P. sylvestris L. sp. 1418. P. rubra Mi. dict. n°5. Pin sylvestre.
Feuilles longues de 5-6 cent., étalées-dressées, glaucescentes, raides, aiguës et piquantes, un peu rudes sur les bords. Cônes solitaires, géminés ou ternés, brièvement pédonculés, réfléchis dès la première année, longs de 5-6 cent., oblongs-coniques et aigus, d’un gris verdâtre ou brunâtre mat; écailles à éeusson plan ou prolongé sur la face supérieure du cône en une pyramide étalée ou réfléchie, grêle tronquée, à arêtes concaves. Graines petites de 4 millimètres de long, elliptiques-aigus, légèrement luisantes, les unes noires, les autres d’un gris clair ; ailes trois fois plus longues qu’elles, roussâtres, rayées ‘de brun. Embryon à 5-6 cotylédons.
Fréquemment planté en bois. Parcs.
B. subra (P. rubra Mur.) Pin d'Écosse. — Cônes plus petits que dans le type, plus courts que les feuilles.
2. P. maritima Lam. fl. fr. II, 201. P. pinaster Laws. Pin maritime, pin des landes.
Feuilles longues de 10 à 25 centim., épaisses, charnues, d’un vert jaunâtre, légèrement luisantes, souvent contournées sur elles-mêmes. Chatons mäles ovoïdes, jaunâtres, longs de 1 cent. environ. Cônes presque sessiles, réfléchis, oblongs-coniques et aigus, longs de 14-18 cent., d’un roux vif et luisant; écailles à écusson rhomboïdal prolongé en pyramide étalée, transversalement carénée et presque tranchante,
NT un
surmontée d’une protubérance centrale. Graine assez grosse, longue de 8-10 mill., déprimée, d’un noir, luisant uniforme sur une face, d’un gris mat finement marbré de noir sur l’autre; aile 4 fois aussi longue qu’elle, dont un des bords est droit et l’autre assez régulièrement convexe, de sorte que la plus grande largeur, à peu près égale au ‘/5 de la longueur, tombe vers le milieu; d’un roux brunâtre clair longitudinalement rubanée de violacé. Embryon à 8 cotylédons.
Planté dans les bois et les parcs.
Les deux espèces de Pinus qui viennent d’être décrites sont des arbres qui peuvent acquérir entre 50 et 40 mètres de hauteur. Le pin sylvestre élevé en massif a une tige élancée et complètement dénudée jusqu’à une grande hauteur, sans conserver de traces des anciens verticilles ; la cime,composée de branches et de rameaux verticillés,est d’abord pyramidale aiguë, puis à un certain âge, toujours élevé, elle cesse de croître en hauteur et, en développant quelques unes de ses branches latérales, elle devient courte et plane, étalée, irrégulièrement ramifiée. En liberté, le pin sylvestre s'élève moins etse maintient très-branchu à une faible distance du sol. Le pin maritime présente, lorsqu'il est isolé, une cime pyramidale régulièrement verticillée,et dont les branches se développent à peu de distance du niveau du sol.
Le système radical du pin sylvestre consiste en un pivot qui se développe beaucoup et qui n’émet de racines latérales qu'à un âge assez avancé. La nature du sol influe beaucoup sur le mode de croissance de la souche, car sile pivot est la seule racine importante qu’on observe chez le pin sylvestre pendant les 20 à 50 première années de son existance, c’est à la condition, toutefois qu'il végète dans un sol léger et profond. Au contraire en terrains compactes et humides, le pivot ne tarde pas s'arrêter pour permettre à plusieurs racines latérales de se développer. Le pin maritime a une souche composée de racines pivotantes et tracantes à Ja fois.
La feuille persiste au moins 5-4 années dans la jeunesse, tout au plus 2-5 années à un âge avancé; aussi le couvert diminue-t-il d’une manière sensible avec l’âge.
La fécondité de ces deux espèces arrive quelquefois vers l’âge de 15 ans, mais ce n’est guère que vers 0 ans que les cônes sont abondants : un hectolitre de cônes de pin sylvestre donne en moyenne 1 kilog à 41,95 kil. de graines ailées ; onen sépare environ 28 à 55°}, d'ailes et de graines vaines.
Le bois aubier du pin sylvestre est blanc ou blance-jaunâtre, de quantité fort diverse suivant les sols ; le bois parfait est rougeñtre ; les canaux résinifères sont nombreux, les longitudinaux bien apparents et la térébenthine y est abondante.
La pesanteur est très-variable suivant l’âge et la quantité de la résine, le point de la tige d’où provient le bois,ete.
Le bois, à l’état d’aubier chez le pin maritime, est blanc jaunûâtre ; à l’état parfait il est rougeûtre plus ou moins foncé ; il est lourd et dur, a la fibre grossière et manque de souplesse. C’est le plus résineux de toutes les abiétinées et les nombreux et gros canaux résinifères, longitudinaux et rayonnants, qui apparaissent dans le bois parfait, sous forme de lignes colorées en rouge brunâtre par la résine concrète qui s’y est amassée, le font reconnaitre très-facilement.
Ces deux espèces sont utilisées pour les constructions civiles etnavales et tout le monde sait quels sont les nombreux usages auxquels est employé le bois de ces deux conifères.
Lariæ Tourner. inst. t. 557. — Mélèze.
Fleurs monoïques. — Chatons mâles en forme de bourgeons, solitaires et latéraux entourés à la base d’écailles soudées entre elles, composés d’écailles imbriquées autour de l'axe et portant en dessous 2 lobes d’anthères qui s'ouvrent longitudinalement et n’atteignent pas le sommet de l’écaille. Chatons femelles latéraux, ovoïdes, composés d’écailles imbriquées accrescentes obtuses, munies chacune en dehors d’une bractée membraneuse colorée apiculée qui reste libre et distincte, portant chacune à leur base deux ovules suspendus à col oblique ouvert et denticulé au sommet regardant en dehors. Cônes ovoïdes, à écailles ligneuses, minces, obluses, non épaissies au sommet, concaves, portant chacune à leur base deux graines, persistantes, d’abord étroitement imbriquées, puis s’écartant les unes des autres. Graines à testa coriace, prolongé supérieurement en une aile membraneuse ordinairement persistante.
Arbre à feuilles linéaires étroites, caduques, d’abord disposées en grand nombre par fascicules latéraux qui sortent de bourgeons écailleux subglobuleux, puis plus tard solitaires éparses par l'allongement du bourgeon qui s’est développé en rameau.
L. Europæa DC. F1. fr. 111, 277. Pinus Larix L. sp. 1420. Mélèze d'Europe.
Feuilles molles, d’un vert gai, longues de 2-5 centimètres, solitaires et spiralées ou fasciculées, caduques. Chatons mâles globuleux, d’un jaune verdâtre; chatons femelles dressés, d’un rouge violacé, à écailles petites, bractées oblongues, échancrées et denticulées au sommet, prolongées en une pointe longue et étroite, verte. Cônes ovales-oblongs, longs de 5-4 cent., solitaires, dressés ou horizontaux, d’un gris brunâtre presque mat, formés d’un petit nombre d’écailles minces rhomboïdales, tronquées ou échancrées au sommet, lâchement imbriquées, égalant ou débordant les bractées non accrues. Graines petites, obovales, plus ou
moins tronquées, d’un gris jaunâtre très-clair, luisant sur une face, mate sur l’autre, à ailes 2 fois aussi longues qu’elles, d’un roussâtre très-clair; embryon à 5-7 cotylédons.
Le mélèze peut atteindre 50 à 55 mètres d’élévation; sa tige est droite, élancée, grêle; la cime est longuement pyramidale, formée de branches grêles, étalées ou réfléchies, redressées à l’extrémité, non verticillées; les rameaux en sont nombreux, efilés, minces, généralement pendants.
Le système radiculaire consiste en un pivot qui s'arrête dans son développement au bout de quelques années, et il se développe alors plusieurs racines latérales plus ou moins obliques sur lesquelles prennent naissance un grand nombre de petites racines traçantes.
La fructification arrive vers l’âge moyen bien que dans les régions tempérées les cônes apparaissent sur des sujets encore jeunes ; mais la presque totalité ne renferme que des graines vaines.
L’écorce du mélèze ressemble beaucoup à celle des pins. Dès la première année un périderme très-mince se produit dans la région moyenne de l’enveloppe herbacée, en dessous des canaux résinifères qui, tout superficiels qu'ils sont périssent et disparaissent. Dans le parenchyme inférieur, qui a conservé sa vitalité, s'organisent alors de nombreuses vésicules résinifères. L’écorce reste ainsi, à peu près lisse et grise, jusque vers 20 ans; mais à cet âge un périderme interne se développe, en lames épaissies et d’un rouge cramoisi, dans les feuillets du liber et ceux-ci se transforment en une sorte de liège sec et brun qui s’accroit rapidement. L'écorce se gerçure alors et devient écailleuse, atteignant parfois au pied des arbres une épaisseur extraordinaire.
Le bois du mélèze a l’aubier blanc-jaunâtre,très-apparent, mais toujours mince, alors même qu’il croît dans les conditions les plus défavorables; le cœur est brun rougeûtre clair et veiné; il contient des canaux résinifères à peu près aussi nombreux et aussi gros que ceux du pin sylvestre.
Le bois du mélèze passe pour être incorruptible et inattaquable par les vers et autres insectes, il est dur, solide, et cependant facile à travailler.
Il est très-recherché par la marine.
Depuis plusieurs années, ou plante beaucoup de mélèzes en Belgique; cette essence est principalement usitée pour la plantation des montagnes ‘et de collines à terrain sablonneux.
Abies Don. in Lamb. Pin. — Picea Link. Sapin.
Fleurs monoïques. Chatons mâles, oblongs, solitaires, terminaux, ou latéraux épars vers le sommet des rameaux, un peu pédonculés, entourés d’écailles à la base, composés d’écailles imbriquées autour de l’axe et portant en dessous 2 lobes d’anthères qui s'ouvrent longitudinalement
et n’atteignent pas le sommet de l’écaille. Chatons femelles terminaux ordinäirement solitaires, sessiles, oblongs, composés d’écailles imbriquées accrescentes, atténuées au sommet, munies chacune en dehors d’une bractée membraneuse qui disparait bientôt par l’accroisement des écailles, portant chacune à leur base deux ovules suspendus à col oblique ouvert et denticulé au sommet, regardant en dehors. Cône oblong cylindrique, à écailles ligneuses, minces, atténuées et non épaissies au sommet, un peu concaves, portant chacune à leur base deux graines, persistantes, d’abord étroitement imbriquées, puis s’écartant pour laisser échapper les graines. Graines à testa coriace-ligneux, prolongé supérieurement en une aile membraneuse persistante.
Arbre à feuilles éparses, aciculées, raides, persistantes, subtétragonescomprimées, courbées dans le bourgeon.
A. Vulgaris Cos. et Gen. FI. env.par., ed.1, p. 515. 4. Excelsa DC. El. fr. 111.275. Pinus abies L. sp. 1491. P. Excelsa Lam. F1. fr. IL. 202. Epicea.
Chatons mâles ovoïdes, roses ou pourpres avant la floraison, axillaires ou terminaux sur les ramules de l’année précédente; fleurs femelles en chatons cylindriques, d’un rouge-violacé, dressés, terminaux sur les pousses d’un an des parties moyennes et élevées de la cime ; les uns et les autres produits par des bourgeons reconnaissables dès la fin de l'été de l’année précédente : cônes pendants, longs de 10 à 15 centimètres, oblongs-cylindriques, à écailles rhomboïdales, tronquées et denticulées, ou légèrement échancrées, ou entières à leur sommet, minces, sèches et coriaces, d’un roux clair luisant, non accompagnées de bractées. Graines petites, obovées, atténuées à la base, toutes d’un rouge brun mat uniforme, pourvues d’une aile 2-5 fois aussi longue qu’elles, dont les deux bords sont arrondis, d’un roux clair. Embryon à 6-10 plus souvent 9 cotylédons.
L'épicea est un arbre de très-grande dimension, à tige droite, élancée, pouvant atteindre 40 mètres et plus d’élévation. Les branches sont verticillées; les ramules et les rameaux qui se développent sur celle ci sont opposées-distiques. La cime est longuement et étroitement pyramidale-aiguë. Les branches sont plus ou moins déclinées ou même pendantes et seulement un peu redressées au sommet; leurs rameaux et ramules sont généralement retombants.
Le système radiculaire consiste en une souche dépourvue de pivot, formée de racines traçantes assez grêles.
La fructification se produit normalement vers 50 ans ; avant cet âge les cônes ne renferment que des graines vaines.
L'écorce de l’épicea est intermédiaire entre celle du sapin et celle des pins. Après la chute de l’épiderme, elle présente un tissu subéreux;
rougcâtre et fragile, qui s’exfolie à la surface en fines membranes ; en dessous, l'enveloppe herbacée, où l’on remarque des glandes rési- nifères; enfin le liber, qui est composé de fibres nacrées, dont les plus anciennes paraissent se transformer à l'extérieur en un tissu cellulaire, rougeñtre, dur et compacte. Vers 20 à 50 ans, un périderme interne s'organise, dessèche et fait tomber tout ce qui le recouvre, y compris les canaux résinifères, longitudinaux, et produit un rhytidome rougeâtre, subéreux, qui finit par se gerçurer et s’exfolier à la surface en petites écailles, couvertes de fines pellicules qui s’en détachent constamment. Le liber actif conserve toujours néanmoins une épaisseur notable et contient des canaux résinifères rayonnants de plus grandes dimensions que ceux de tout autre espèce.
La distinction entre le bois de l’épicea et celui du sapin, est que cclui du premier est plus blanc et plutôt teinté de jaune-brunâtre trèsclair, que rougeàtre: il a le grain fin, l’éelat plus satiné.
L'épicea a les qualités et les emplois du sapin, mais il lui est préféré dans beaucoup de circonstances et dans les contrées où croissent ces deux résineux, la valeur vénale du premier est supérieure d’un cinquième à un sixième du second.
Picea Don. in Laws. Pin. Abies. Nees Jun. gen. pl. fas. 1.t. 5.-- Sapin.
Fleurs monoïques. Chatons mâles oblongs cylindriques, solitaires, rapprochés au sommet des rameaux, subsessiles, entourés d’écailles à la base, composés d’écailles imbriquées autour de l'axe et portant en dessous 2 lobes d’anthères qui se déchirent transversalement et n’atteignent pas le. sommet de l’écaille. Chatons femelles latéraux épars, rarement terminaux, subscssiles, oblongs, composés d’écailles imbriquées, accrescentes, très-obtuses, munies chacune en dehors d’une bractée membraneuse apiculée qui s’accroit en même temps que l’écaille et reste visible à la maturité, portant chacune à leur base deux ovules suspendues à col oblique ouvert et denticulé au sommet, regardant en dehors. Cône oblongcylindrique, à écailles ligneuses, minces, larges, obtuses et non épaissies au sommet, presque planes, portant chacune à leur base deux graines, étroitement imbriquées, se détachant avec les graines de l'axe qui persiste. Graines à testa coriace-ligneux, prolongé supérieurement en une aile membraneuse persistante. Plusieurs eotylédons verticillés.
Arbre très-élevé. Feuilles éparses, distiques, planes, linéaires étroites.
PB, vulgaris Cos. et Gen. fl. eur. Par., ed. 1, p. 515. P. pectinata Lou. Pinus Picea L. sp. 1420, P. pectinata Lam. Abies pectinata DC. — Sapin commun.
Chatons mâles axillaires, solitaires, globuleux, rouges, puis jaunes, disposés en dessous des rameaux de l’année précédente; chatons femelles
apparents dès le mois d'août de l’année qui précède la floraison, placée sur les branches les plus élevées de la cime et naissant de l'extrémité de rameaux latéraux qui ne se sont pas allongés. Cône oblong-cylindrique, vert ou vert-brunâtre, mat, long de 8-10 centimètres, dressé, à écailles, caduques, débordées par des bractées-foliacées membraneuses, qui sont brusquement rétrécies en pointe allongée, réfléchie. Graines obovéescunéiformes, irrégulières, d’un jaune brunâtre luisant, contenant un réservoir plein de térebenthine, à ailes larges, triangulaires, 1 1/2 fois plus longues qu'elles, adhérentes, d’un rouge vif jusqu’à la maturité, puis d’un brun foncé. Embryon à 4-5 et même 8 cotylédons.
Le sapin pectiné est un arbre de première grandeur, qui peut acquérir jusqu’à 40 mètres d’élévation. Sa tige droite et élancée se ramifie par verticilles; les branches, horizontales, se divisent en rameaux et ramules opposés et situés dans le même plan et forme une cime pyramidaleaiguë. À un âge avancé cependant, l’axe principal cesse de s’allonger et la cime devient plus ou moins plane au sommet.
Le système radical consiste en un pivot qui prend un grand développement et qui donne naissance à de fortes racines latérales.
Le feuillage est abondant, persistant pendant plusieurs années et produit un couvert épais. Les feuilles spiralées, paraissent distiques par la torsion de la base de la plupart d’entre elles et sont étalées horizontalement de chaque côté des rameaux et ramules; cependant dans les parties les plus élevées de la cime, elles se redressent toutes vers le ciel.
L’écorce du sapin perd son épiderme dès la première année et présente à nu l'enveloppe subéreuse, qui constitue un périderme superficiel, mince, brillant, extensible et lisse tantôt d’un janne brunâtre, le plus souvent d’un gris argenté caractéristique. L’enveloppe herbacée sous jacente conserve sa vitalité pendant longtemps; elle est parsemée de canaux résinifères longitudinaux qui, en se réunissant 2-4, produisent au point de jonction une sorte de glande creuse dans laquelle se déverse la térébenthine qu'ils élaborent. Les parois, distendues par l’accumulation de ce principe, ne tardent pas à se rompre et la glande se transforme en une lacune assez grande et irrégulière, au dessus de laquelle le périderme est soulevé, par le suc très-limpide, incolore et visqueux qui la gonfle, sous forme d’une petite tumeur ou ampoule, qu'il suffit de presser avec l’ongle pour la faire crever et cn faire écouler le contenu. Enfin le liber est composé de couches minces, d’un blane nacré, dont les plus superficielles, vers 6-8 ans, se transforment en un tissu cellulaire rougeâtre, épais et lignifié.
L'écorce reste lisse et vive à la surface, jusqu'à un âge avancé. Puis un périderme interne se développe, fait dessécher tout ce qui est à l’extérieur et constitue un rhytidome persistant.
La fructification est assez régulière et assez constante. La graine contient beaucoup de térébenthine; elle est munie d’une aile brunâtre,
large et opaque, dont elle conserve toujours des débris, même après le désailement. Le kilog. en renferme 22 à 25000, lorsqu'elle est fraiche ct ailée.
Le bois est blane, souvent teinté de brun-rougeûtre très-clair et ne se colore jamais au cœur; il n'offre pas de différence bien appréciable, surtout quand il est sec, entre les couches extérieures et celles du centre, entre l’aubier et le bois parfait, quoique le premier n'ait pas les qualités du second.
Les accroisements annuels sont circulaires et très-tranchés, en raison de la coloration et de la dureté très-inégale des tissus de printemps et de ceux d’automne.
Les grandes dimensions, les qualités, l’abondance du sapin en font l’un des bois les plus employés dans les constructions civiles; la marine marchande l'utilise même pour la mature.
Un phénomène fréquent et des plus curieux, se présente chez presque toutes les conifères que nous avons décrites ; c’est la soudure des racines d’une souche à celles d’autres souches. Il en résulte que la partie souterraine continue à vivre et à s’accroitre alors que la tige a été exploitée; cette continuation de la vie a lieu à la suite de nourriture puisée aux racines d’un arbre voisin. Güppert désigne la souche sous le nom de trone consommateur et le sapin qui pourvoit à ses besoins sous celui de tronc nourricier.