P. tremula L. sp. 1464. Peuplier tremble. -— Ratelaar
Arbre ordinairement peu élevé, à écorce lisse, à branches étalées, les jeunes pousses du printemps pubescentes plus rarement glabres, celles de l’automne laineuses. Feuilles à pétiole long, grêle, aplati perpendiculairement au limbe qui, par suite, est pendant et presque toujours en mouvement ; suborbiculaires, fortement sinuées dentées, mollement pubescentes dans la jeunesse, glabres, vertes, non luisantes et presque concolores sur les deux faces plus tard; celles des jeunes rejets trèsdifférentes, souvent 2-6, fois plus grandes, brièvement pétiolées, cordiformes à la base, ovales-acuminées, crénelées ou dentées, grises veloutées en dessous et même en dessus, de consistance très-herbacée. Ecailles des chatons mâles et femelles lancéolées-cunéiformes, incisées-digitées, longuement barbues. Stigmates médiocres, bifides.
Les racines du peuplier-tremble offrent une particularité très-remarquable. Il existe, sur toute leur longueur, des excroissances formées de nombreux bourgeons à l’état d'œil dormant, qui constituent des broussins ou sortes de tubercules souterrains et demeurent, longtemps après que l'arbre a été exploité, le siége d’une certaine vie passive, s'étendant sur des portions avoisinantes plus ou moins considérables de la racine, tandis que tout le reste pourrit rapidement. Ces petits centres vitaux devenus de la sorte indépendants, peuvent se maintenir de longues années vivants, mais inactifs, au moins extérieurement; puis, quand des circonstances favorables surviennent, leurs bourgeons dormants se réveillent et de nombreux drageons peuplent le sol avec rapidité.
Le bois est de mauvaise qualité pour les ouvrages de menuiserie ; mais il est recherché pour le chauffage des fours.
Les expériences de T. Hartig sur la puissance calorifique du bois de tremble de 65 ans et d’une densité de 0,47 comparé à du hêtre de 80 ans et d’une densité de 0,79, ont donné, l’un et l’autre étant également desséchés à l’air, les chiffres suivants :
Poids égaux, Volumes égaux.
ascendante 96 : 100 57 : 100
Plus haut degré de chaleur.
l rayonnante 100 : 100 59,5 : 100
Poids égaux. Volume égaux.
ascendante 91 : 100 54,1 : 100
Durée de la chaleur croissante.
rayonnante 100 : 100 59,5 : 100 ascendante 115 : 100 68,4 : 100
Durée de la chaleur décroissante rayonnante 86 : 100 51,1 : 100 ascendante 96 : 100 50000
Total de la chaleur développée.
rayonnante 92 : 100 54,7 : 100 Eau vaporisée 86 : 100 DST MDO
La puissance calorifique du charbon de tremble est à celle du hêtre, pour des volumes égaux, comme 61,8 : 100.
Rois. FI. mars-avril. Fr. mai.
5. P. Alba L. sp. 1465. Peuplier blanc. — Abeel of Abeelboom.
Grand arbre à écorce lisse et unie, grise ou gris verdâtre jusqu’à un âge assez avancé, puis se crevassant en pustules sous forme de losanges, qui s’allongent de plus en plus et produisent des gercures en se réunissant.Feuilles ovales suborbiculaires, anguleuses, d’un vert foncé en dessus, très-blanches tomenteuses en dessous ; devenant parfois plus on moins vertes et glabres par la chute du tomentum; celles des rejets palminervées, à b lobes assez conformes à celles des Erables. Chatons mâles cylindriques, à écailles crénelées, ciliées. Capsule ovoïde, glabre, à stigmates hilobés.
Le bois du peuplier blanc est léger, mou flexible, blanc coloré et veiné au cœur de jaune-brunâtre clair. Il est recherché en menuiserie, en charronnage, des tourneurs ete. Ces bonnes qualités pour un bois blanc font qu'il n’est pas utilisé pour le chauffage.
On rencontre une variété à feuilles palmati-quinque-lobées (P. Nivea Willd.) sa croissance est plus rapide que celles du type.
Il est à remarquer que le peuplier blanc planté en lignes le long des chemins présente toujours un tronc tortueux.Pour avoir des troncs bien droits il faut le cultiver en futaie sur taillis.
Bois, bords des chemins. Il n’existe en Belgique qu’à l’état subspontané.
4. P. CanescensSwiru. brit. 1080, P. Albo-tremula Krause. Peuplier grisaille.
Arbre intermédiaire comme force entre le peuplier blanc et le tremble et n’est très-probablement qu’un hybride de ces deux espèces. Feuilles ovales, suborbiculaires, sinuées anguleuses ou crénelées, jamais glanduleuses sur les bords ; vertes en dessus, grisâtres-pubescentes à la face
inférieure, mais glabrescentes plus tard. Chatons femelles plus fournis que ceux du P. Alba, à écailles plus profondément divisées ; stigmates palmati-quadrilobés.
Planté aux bords des chemins et des ruisseaux et fossés, bois.
FAMILLE XXIV. — BETULACÉES Exp. gen. 272.
Fleurs monoïques disposées en chatons sphériques ou cylindriques, géminées ou ternées et sessiles à l’aisselle des bractées. Fleurs mâles : ternées à l’aisselle de la bractée peltée et munie latéralement de 2-5 bractées en forme d’écailles. Périgone écailleux et monophylle, ou caliciforme à 5-4 divisions. Etamines 4, insérées à la base du périgone et opposées à ses divisions ; anthères uni-ou biloculaires, s’ouvrant en long. Fleurs femelles : géminées ou ternées à l’aisselle de la bractée entière ou trilobée. Périgone nul ou formé d’écailles entourant la base de l’ovaire, devenant ligneuses et s’aceroissant avec le fruit. Ovaire biloculaire, à loges uniovulées ; style nul; stigmates filiformes. Fruit sec, indéhiscent, anguleux ou ailé, à une graine par avortement, plus rarement biloculaire et à 2 graines. Graine à test membraneux, très-mince. Albumen nul. Embryon droit, à cotylédons plans, épigés après la germination. Radicule dirigée vers le hile. Arbres à feuilles simples, alternes, caduques, penninervées.
Cône à écailles trilobées, minces presque membraneuses, caduques à la maturité, recouvrant chacune, 5 petites samares à
ailes membraneuses et transparentes . . . . . . . . Betula. Cône à écailles quinquélobées, ligneuses, épaissies à l'extrémité,
persistantes, recouvrant, chacune deux pelites samares . . Alnus.
Betula Tourner. inst. p. 588, t. 560. — Bouleau.
Chatons mâles composés d’écailles peltées, munies chacune de deux bractéoles, et recouvrant trois fleurs. Périgone monophylle et écailleux. Etamines 4 ; filets courts, soudés presque au milieu de leur longueur; anthères uniloculaires. Chatons femelles à écailles trilobées, portant trois fleurs à leur aisselle. Périgone nul. Ovaire sessile, biloculaire. Chatons fructifères à écailles membraneuses, scarieuses, caduques. Fruit biloculaire et à 2 graines ou uniloculaire et à une graine par avortement, comprimc-lenticulaire et muni latéralement d’une aile membraneuse.
Bois demi-dur, demi-lourd, uniformément blanc. Vaisseaux égaux, assez gros, isolés ou groupés en petites lignes rayonnantes, uniformément répartis. Rayons égaux, minces, peu allongés; parenchyme ligneux abondant.
Aile du fruit plus large que lui, atteignant où débordant l'extrémité des styles ; feuilles à plus grande largeur vers
la base . SN DES le : - . . B, verrucosa.
Aile du fruit moins large que lui, ne dépassant pas la base des styles ; feuilles à plus grande largeur vers le milieu . . . ÆB pubescens.
1. B. Verrucosa Enru., Beitr., 6, 98. Hartig. Vollst, Naturg., tab. 27.! B. alba auct. non L., B. alba vulguris Sracu, suit Buff. Bouleau blanc. — Berkenboom.
Feuilles rhomboïdales, deltoïdes, passant à la forme ovale, parfois même légèrement cordiformes sur les jeunes sujets, à plus grande largeur près de la base ; longuement acuminées au sommet, à contour plus ou moins anguleux, doublement dentées en scie; d’un vert un peu luisant, plus foncé en dessus ; complètement glabres, même aux aisselles des nervures, ainsi que les pousses, excepté chez les très-jeunes plantes et rejets; nervures, très-peu saillantes ; veinules cachées dans le parenchyme; pétiole atteignant ou dépassant la moitié de la hauteur du limbe, grêle. Chatons femelles cylindriques, écailles trilobées, polymorphes, glabres, à lobes latéraux plus ou moins ciliés. Fruit elliptique, également atténué aux deux extrémités; aile membraneuse, deux ou trois fois plus large que lui et le débordant de facon à atteindre ou à dépasser les stigmates. Arbre à branches s’étalant plus ou moins et finissant même par devenir pendantes avec l’âge ; rameaux grêles flexibles, pendants, glabres, plus ou moins verruqueux.
x. verrucosa. Ecorce des rameaux couverte de nombreuses verrues. Echancrure de l'aile du fruit étroite, à sommet dépassant les stigmates Observation. Cette forme s’est toujours présentée avec des feuilles de grandeur moyenne, c’est-à-dire intermédiaires entre les var. 6 et 7, tronquées à la base, à dents profondes. Chatons femelles longs de 16 à 18 mill. sur 6 à 7 de largeur, à écailles non appliquées.
5. intermedia. — Rameaux toujours plus longs et plus grêles que dans la var. #, à écorce parsemée de petites lenticelles blanches, mais ne présentant que très-rarement des verrues qui, alors, sont peu abondantes. Echancrure de l'aile très-ouverte, à sommet atteignant environ les deux tiers du style.
Observation. Cette seconde forme a des feuilles à base cunéiforme trèsprononcée. Les chatons femelles sont plus longs et plus gros que dans la var. «.; le lobe médian des bractées se déjette légèrement en dehors, élargi à la base, puis se rétrécissant vers la moitié de sa hauteur jusqu’au sommet ; les latéraux fortement ciliés dans tout leur pourtour.
y denudata. — Rameaux jamais verruqueux , présentant quelques lenticelles. Echancrure de l'aile à bords rapprochés à la base, ouverte au sommet qui dépasse la hauteur des stigmates.
Observation. Cette troisième forme a des feuilles plus grandes que les deux précédentes, à dents peu profondes, à base subtronquée. Les chatons sont plus longs que dans les deux variétés précédentes ; les écailles sont appliquées et le lobe terminal s’allonge sensiblement en pointe de la base au sommet.
Le bouleau blanc a une écorce dont les parties extérieures sont toujours actives. Après le chute de l’épiderme, vers 5-4 ans, elle devient lisse et brune et présente : 1° une enveloppe subéreuse formée de cellules tabulaires résistantes, extensibles ct disposées en lames minces; 2° du parenchyme vert; 5° du liber. Toutes les modifications ultérieures qu’elle subit se produisent dans l’enveloppe subéreuse et, pendant toute la vie, elle maintient active les mêmes couches de parenchyme vert et de liber, qui, sans s’accroitre en épaisseur, se développent en largeur, au fur et à mesure que le corps ligneux s’épaissit. Vers 6-8 ans, un tissu cellulaire cubique, fragile, blanc, s’interpose par lames minces entre les zones du tissu subéreux tubulaire brun. Les parties les plus extérieures de ce tissu blanc, distendues par l'accroissement interne, se déchirent et laissent isolées les lames de tissu brun, qui, semblables à des feuilles de papier, s’enlèvent cireulairement et sont blanchies sur les deux faces par les débris de cellules cubiques. L’enveloppe subéreuse se maintient ainsi, lisse et d’un blanc de neige, s’exfoliant à sa surface, tandis qu’elle se reforme par sa surface interne, jusqu'à l’âge de 15 à 20 ans; puis elle subit une nouvelle modification. Un tissu cellulaire brun, dur et cassant, résultant d’une transformation du tissu cellulaire cubique blane, se développe abondamment, mais très-inégalement, entre les feuillets des cellules tabulaires, gercures ceux-ci, les repousse au dehors et constitue une sorte de rhytidome épais, profondément et largement crevassé, qui se produit natureilement au pied de l’arbre d’abord, puis s'élève de proche en proche avec les années.
La racine du bouleau blane consiste en un pivot qui ne tarde pas à se diriger à peu près horizontalement et finit par ne plus se développer; alors il se forme un grand nombre de racines secondaires qui se ramifient bien que deux ou trois aient des tendances à pivoter.
Le bois du bouleau blanc est blanc, quelquefois légèrement grisâtre ou rougeâtre quand it est vieux. La densité à l’état vert, est en moyenne 0,79; il pèse, coupé en été, vert, 0,80 ; desséché à l’air 0,548; coupé en hiver, vert, 0,84; desséché à l’air 0,616.
La valeur calorifique d’un bouleau de 80 ans, comparée à celle d’un hêtre de même âge a donné les résultats suivants :
Poids égaux. Volumes égaux.
{ ascendante 104 : 100 91 : 100
Plus haut degré de chaleur.
rayonnante 100 : 100 87,5 : 100
ascendante 100 : 100 87,5 : 100 Durée de la chaleur descendante.
rayonnante 94 : 100 82,2 : 100
\ ascendante 104 : 100 91 : 100 Durée de la chaleur décroissante |
rayonnante 90 : 100 78,7 : 100 ascendante 98 : 100 85,7 : 100 Total de la chaleur développée.
rayonnante 95 : 100 83,1 : 100 Eau vaporisée 107 : 100 93,6 : 100
Le feuillage du bouleau peut être évalué à 15,000 kil. par hectare; c'est par conséquent autant que pour le hêtre.
La fructification a lieu vers l’âge de 10 ans. Le kilogramme renferme au moins 788,000 écailles et 1,987,000 fruits. La graine perd assez tôt la faculté germinative, à peine jusqu’au printemps qui suit sa maturité. Le jeune plant parait avec deux feuilles cotylédonnaires semiovoïdes ; il ne dépasse généralement pas 5-6 centim. la première année.
Le bouleau sert à beaucoup d’usages; le bois est utilisé en menuiserie pour lravaux intérieurs; l’ébénisterie tire même un assez bon parti du bois madré de sa souche et des broussins de sa tige; les sabotiers s’en servent ainsi que les tonnelicrs pour cercles.
L’écorce du bouleau contient 1,6 °/, de tannin; elle est très-recherchée dans le nord pour la préparation du cuir, auquel elle donne une eouleur et une odeur particulière. On en extrait, par voie de distillation, une huile essentielle avec laquelle on enduit les cuirs de Russie.
La sève du bouleau renferme du sucre, 8,7 sur 1000 kilogr.
Bois de tout le pays.
2. B. pubescens Euru. Beitr., 6, p. 98; Hanrtie Vollst. natur., tab. 28! B. alba L. pro part.; B. alba pubescens Sracn, suit. Duff., XI, p. 255. Bouleau pubescent.
Feuilles ovoles ou ovales-rhomboïdales, à plus grande largeur au milieu du limbe, à bords de la base courbés et non rectilignes ; quelquefois cordiformes sur les jeunes individus, aiguës, rarement sub-acuminées, à dents simples, d'un vert plus foncé en dessus qu’en dessous, où elles sont finement réticulées et pubescentes, du moins dans le jeune âge; plus tard glabres, si ce n’est aux aiselles des nervures où la pubescence persiste; pétioles n’atteignant jamais la moitié du limbe, pubescent, même chez les feuilles adultes. Chatons femelles pendants, au moins à l’époque du complet développement, à pédoncule comparativement plus court que dans le Z. verrucosa; écailles ciliées et pubescentes ou pubérulentes, très-polymorphes; le lobe moyen dépassant rarement les lobes latéraux, dont le contour est ordinairement anguleux. Fruit oblong, à base sensiblement rétrécie; aile membraneuse, rarement un peu plus large que le fruit, à sommet surpassant rarement celui du fruit et n’atteignant jamais le stigmate.
a. vestita, — Rameaux fruclifères et foliifères pubescents-tomenteux à l’état adulte ; feuilles glabres ou pubescentes.
6. denudata. — Rameaux fructifères et foliifères glabres, ainsi que les feuilles, à 1 . . rai l'exception des aisselles des nervures et des pétioles.
Observation. Je crois pouvoir rapporter comme synonyme de cette variété le B. glabra Dumtr., FI. belg. p. 11. D'après la description que l’auteur a eu l’obligeance de m'envoyer, elle ne diffère de celle du P. pubescens que par ses jeunes rameaux glabres.
. Carpathica, B. Carpathica Warpsr. et Kir — Rameaux floriferes et foliifères glabres ; feuilles rhomboïdales, aiguës; chatons dressés, à écailles dont les divisions sont obliquement tronquées.
d. Lucida, B. Lucida Court. in Lej. rev. fl sp p. 252. — Feuilles ovales orbiculaires ; jeunes rameaux pubescents
Bois de tout le pays.
Aünus Tourner. inst. p. 587, t. 529. — Aune.
Chatons mâles composés d’écailles peltées, munies chacune vers leur bord inférieur de 4 bractéoles, et recouvrant 5 fleurs. Périgone quadripartite. Etamines 4; filets courts et libres; anthères biloculaires. Chatons femelles à écailles ovales, obtuses, charnues, munies à leur aisselle de deux fleurs. Ovaires sessiles, geminés, biloculaires ; ovules solitaires dans chaque loge. Chatons fructifères à écailles accrues persistantes, ligneuses, chaque écaille étant soudée avec les 4 écailles axillaires. Fruit ordinairement uniloculaire et à une graine par avortement, comprimé-anguleux, avec ou sans ailes.
Bois demi-dur et demi-lourd, blanc, mais rougissant aussitôt après l'exploitation. Vaisseaux égaux, nombreux, petits, isolés ou réunis 2-8, en lignes simples rayonnantes, du reste uniformément répartis; parenchyme ligneux disséminé; rayons médullaires inégaux, les uns trèsfins, les autres rares, épais, longs et hauts, composés de rayons fins qui alternent avec des lames de tissu fibreux dépourvus de vaisseaux, canal médullaire triangulaire.
A. glutinosa GAErTw. fr. 2, t. 90. Betula Alnus à glutinosa L. sp. 1514. B. glutinosa Vic. Dauru. 5, p. 789. Aune commun. — Elsenboom.
Arbre de taille moyenne, quelquefois grande à écorce des jeunes pousses lisses, d’un vert brun, pourvue de glandes resinifères et de glandes lenticelles espacées. Feuilles plus ou moins visqueuses, pétiolées, obovales ou suborbiculaires, obtuses, tronquées et le plus souvent échan-
crées au sommet, habituellement cunéiformes à la base, à bords entiers sur le tiers inférieur, puis très-irrégulièrement doublement dentées ou crénelées, vert brillant à la face supérieure, d’un vert plus clair inférieurement, finement glanduleuses, aisselles des nervures garnies de quelques poils. Bourgeons gros, ovoïdes, stipités. Fruit pentagonal, légèrement convexe, à aile plus étroite que la graine.
L’aune se rencontre presque toujours en taillis ; plus rarement on en rencontre quelques pieds ayant le port d’un arbre; il peut atteindre 30 mètres environ de hauteur sur 50 centimètres à 1 mètre de diamètre.
L'enracinement, dans les terrains humides, est trançant ; dans les sols secs il pivote, mais là sa croissance laisse beaucoup à désirer.
L'aune commun reperce bien de souche et produit des jets vigoureux. Ses feuilles peuvent atteindre le poids de 9,500 kilogrammes par hectare. Le fruit conserve assez longtemps sa vitalité, parfois au delà de trois ans; cependant plus on tarde à semer, moins les chances de succès sont grandes.
Le bois de l’aune commun est blane au moment de l’exploitation, mais il prend immédiatement une couleur rouge orangée caractéristique. On en fait grand usage pour les travaux hydrauliques et vu sa chaleur vive il est recherché pour le chauffage des fours.
La valeur calorifique du bois d’aune de 20 ans, desséché à l’air et d’une densité de 0,492, à celle du hêtre de 50 ans, également desséché et pesant 0,72 a donné les résultats suivants :
Poids égaux. Vol. égaux.
{ ascendante 100 : 100 58,3 : 100 Plus haut degré de chaleur. :
{ rayonnante 109 : 100 65,5 : 100 ( ascendante 87 : 100 50,6 : 100 Durée de la chaleur croissante.
| rayonnante S0 : 100 46,6 : 100 ascendante 100 : 100 58,5 : 100 Durée de la chaleur décroissante rayonnante 110 : 100 64,1 : 100 \ ascendante 98 : 100 57,1 : 100 Total de la chaleur produite .
l rayonnante 96 : 100 56: : 100 Eau vaporisée. 90 : 100 52,5 : 100
L'écorce d’aune renferme du tannin, plus même que la bonne écorce de chêne; cependant elle n’est utilisée que dans le nord de l'Europe; elle communique au cuir une couleur jaune-rougeâtre estimée.
FAMILLE XXV. — MYRICÉES. — A. Riom. elem. bot. ed. 6. 625.
Fleurs ord. dioïques, solitaires à la base de bractées squamiformes persistantes, disposées en chatons cylindriques ou ovoïdes. Fleur mâle : Ecaille canaliculée donnant insertion aux étamines à la base. Étamines ovd. 4; filets courts, souvent inégaux, libres ou soudés à la base; anthères bilobées. — Fleur femelle. Écaille munie à la base et en dedans de deux petites écailles, rarement plus adhérentes à la base de l'ovaire et accrescentes. Calice nul. Ovaire sessile, uniloculaire, uniovulé. Style 2, filiformes, entiers, soudés à la base, à surface stigmatifère. Fruit petit, subglobuleux-comprimé, sec, indéhiscent, uniloculaire et monosperme, soudé avec les squamules accrues et un peu charnues. Graine à testa membraneux très-mince. Périsperme nul. Sous-arbrisseau contenant un suc résineux aromatique. Feuilles caduques, alternes ou éparses, dentées ou presque entières, parsemées de points résineux ; stipules ord nulles. Chatons paraissant avant les feuilles, latéraux et terminaux, les mâles cylindriques dressés ou étalés, les femelles ovoïdes, dressés. Écailles et fruits parsemés de points résineux.
Myrica L. gen. n° 1107. — Myrica.
Mêmes caractères que ceux de la famille.
Bois dur, gris-brunâtre, à vaisseaux très-peu abondants, isolés ou groupés irrégulièrement en petit nombre et généralement dans la direction rayonnante, de plus en plus rares du bord interne au bord externe; rayons médullaires légèrement inégaux, fins et très-fins. Accroissements circulaires plus colorés au-dehors.
M. Gale. L. sp. 1455.
Sous-arbrisseau de 6 à 10 décimètres, très-rameux.
Feuilles fermes et coriaces, oblongues, insensiblement rétrécies à la base, courtement pétiolées, aiguës ou obluses au sommet, entières ou denticulées dans leur moitié supérieure; d’un vert glauque au dessus, jaunâtres et pubescentes er dessous, à bords légèrement enroulés. Racine longuement traçcante et drageonnante.
FI. avril-mai. Fr. juillet-août.
Bruyères marécageuses, bois humides. Wynendael, Maldeghem, Aeltre, Campine Anversoise, Aarschot, Campine Limbourgeoise, entre Arlon et Virton, Willerzée. (Crep. fl. Belg. p. 165.)
nn
DIVISION IV. — GYMNOSPERMES.
Enveloppes florales nulles. Ovules non contenus dans un ovaire fermé.
FAMILLE XXVI. — CUPRESSINÉES. L. C. Ricmano. conif. 157.
Fleurs monoïques ou dioïques. — Chatons mâles très-petits ; anthères à filets très-courts, épais, à connectif se dilatant en forme d’écaille peltée et portant à son bord inférieur 5-12 loges d’anthères s’ouvrant en long. — Chatons femelles formés d’un petit nombre d’écailles imbriquées et qui représentent chacune un carpelle ouvert, toujours dépourvues de bractées, mais munies à leur base et à la face interne d’un ou de plusieurs ovules dressés ; à la maturité, ces chatons deviennent des strobiles courts, ordinairement globuleux ou ligneux ou charnus, à écailles distinctes ou soudées. Graines munies ou dépourvues d’une aile membraneuse. Embryon droit, placé dans un albumen charnu ; cotylédons 2, raremént plus.
Arbres et arbrisseaux à feuilles persistantes, opposées-croisées ou verticillées, étroites et aciculaires ou squamiformes-imbriquées, à rameaux souvent anguleux, à ramification irrégulière et à suc résineux.
Bois homogène, souvent coloré, presque aussi dur dans la zone de printemps que dans celle d'automne, dépourvu de canaux résinifères, mais offrant quelques cellules disséminées, qui en remplissent les fonctions et les rendent aromatiques. Accroisements rarement circulaires, subdivisés par des lignes fines et plus foncées, semblables à celles qui les limitent extérieurement, en plusieurs zones irrégulières, non continues, qui rendent confuse et incertaine la distinction des couches de chaque année et tendent à en faire exagérer le nombre dans le comptage.
Cône composé de trois écailles charnues soudées, renfermant complètement 5, rarement 1-2 graines trigones; feuilles ver-
ticillées * SRSIQES NT SAR AT Juniperus.
Graine ovoïde-oblongue, solitaire dans une écaille eupuliforme charnue suceulente ouverte au sommet; feuilles éparses . . Taxus. Juniperus L. gen. n° 1134. — Genévrier.
Fleurs dioïques, rarement monoïques sur différents rameaux. — Chatons mâles solitaires, à étamines imbriquées autour de l’axe floral; anthères à 5-6 loges sur chaque connectif, squamiforme. Fleurs femelles ternées à