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I. - CLASSE DES MONOCOTYLÉDONES

La classe des Monocotylédones ne comprend que peu d'espèces arborescentes, appartenant presque toutes aux régions tropicales.

FAMILLli DES PALMIERS.

Caractères de la famille. — La tige ligneuse simple a un diamètre constant à partir d'un point au-dessous duquel elle est plus mince. Jamais le bois ne s'accroît par couches concentriques. Le système libéro-ligneux se réduit à des faisceaux épars. Les feuilles simples, à limbe palmé ou penné, ordinairement divisé par déchirure, sont toutes disposées au sommet de l'axe en une sorte de bouquet. A mesure que le bourgeon terminal se développe, les feuilles meurent et tombent en abandonnant les bases de leurs pétioles, qui constituent pour l'arbre un fourreau protecteur. La partie de l'axe qui correspond à la pousse de première année, n'ayant jamais porté de feuilles, est par cela même plus grêle. Une pareille tige est désignée sous le nom de stipe.

Les fleurs, le plus souvent diclines ou polygames, sont groupées en grappes (ou régimes), protégées par une ou deux grandes bractées, appelées spathes.

Le périanthe est composé de G pièces verdâlres, sur 2 verticiïles.

Les fleurs mâles ont généralement 2 verticilles de 3 étamines.

Les fleurs femelles sont constituées par 3 carpelles concrescents en un ovaire à 0 loges, dont chacune contient un oç>ule, rarement deux.

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Certains palmiers sont monoïques (cocotier); d'autres sont dioïques (dattier); d'autres possèdent des fleurs mâles et des fleurs hermaphrodites.

Tantôt les fruits sont des baies (dattes) dont le noyau est entièrement formé par la graine (dattier)] tantôt le péricarpe, charnu dans sa partie superficielle, devient dur et ligneux dans sa partie profonde, qui constitue un noyau; le fruit est alors une drupe, par exemple chez le cocotier, dont la noix de coco contient un noyau à graine volumineuse et comestible munie d'un albumen intérieurement laiteux. Il y a des palmiers à graines pourvues d'albumens cornés, cartilagineux ou huileux.

Palmier dattier (Phœnix dactylifera L.).

Palmier à feuilles pennées et à carpelles distincts, atteignant 20I" à 3o'" de hauteur, et couronné par 4o à 60 longues feuilles finement divisées.

Pétiole très long portant latéralement deux séries de folioles constituées par division du limbe; ce qui donne l'aspect d'une feuille composée-pennée.

Une grande bractée ou spathe entoure l'inflorescence (en grappe ramifiée ou régime), qui naît à l'aisselle d'une feuille.

Les fleurs sont dioïques. On féconde artificiellement les pieds femelles en utilisant le pollen des pieds mâles.

Un seul ovule est développé dans chaque fleur femelle.

Fruit : baie ou datte, dont le noyau entier constitue la graine. L'albumen est corné. Vers le milieu de la graine est une petite dépression corespondant à l'extrémité de la radicule.

Le palmier dattier peut vivre jusque vers cent ans et au delà. Dans le Sahara, les racines descendent jusqu'à la nappe d'eau souterraine. Le dattier doit avoir le pied dans l'eau et la tête au soleil.

La fécondation est faite artificiellement dans les oasis sahariennes. La mise à fruits commence vers l'âge de i5 ans et continue jusque vers 80 ans. Un pied produit jusqu'à 100 kilos de dattes par année. On multiplie le palmier par graines (qui germent à 35° après 45 jours environ) et par division des drageons.

Le dattier mûrit ses fruits dans les oasis du Sahara, l'Egypte, l'Arabie, le Sud de la Perse. Il peut vivre dans tout le Nord de l'Afrique, les Canaries, le Sud de l'Espagne, le bassin méditerranéen, l'Asie jusqu'à l'Euphrate.

Son fruit, la datte, est un précieux aliment, une des principales ressources des oasis sahariennes.

Le bois sert à la construction des habitations, et les feuilles sont utilisées pour leurs couvertures.

C'est une essence à cultiver dans le Sahara tunisien, algérien et marocain, partout où la proximité de la nappe d'eau permet la création de pui s destinés à l'irrigation.

C'est aussi un très joli palmier d'ornement.

Comme palmiers i^oisins du Phœnix dactylifera, nous devons citer plusieurs avitres espèces qui s'acclimatent très bien dans le bassin méditerranéen :

Phœnis canariensis, d'une culture pkis facile, est encore plus ornemental 'que le dattier commun; à Hyères on en voit qui atteignent jusqu'à SC^^ de hauteur; Phœnix reclinata, sylç>estris, spinosa, senegalensis, vallomhrosa, gracilis, cycadifolia, Rivieri.

Palmier cocotier (Cocos nucifera, L.).

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés lisses. 11 peut atteindre 25"^ à 3o™ de hauteur.

Comme le dattier, le cocotier a de très longs pétioles, sur lesquels sont insérées latéralement deux séries de folioles formées par division du limbe.

gS FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLOBE.

Une bractée unique entoure l'inflorescence.

Les fleurs sont monoïques; l'inflorescence contient beaucoup de fleurs mâles et peu de fleurs femelles.

L'ovaire est constitué par 3 carpelles soudés entre eux.

Le fruit très gros est la noix de coco, sorte de drupe; la région externe du péricarpe et desséchée à la maturité et fibreuse; la région interne est un noyau très dur.

L'albumen est abondant; sa partie externe est molle et contient principalement des réserves oléagineuses; sa partie interne renferme le liquide blanc appelé lait de coco.

L'embryon, très petit, se trouve dans la partie solide de l'albumen, sa radicule placée en face d'un orifice du noyau corné.

On trouve le cocotier dans les régions tropicales de l'ancien et du nouveau continent, en Afrique et au Brésil. Il est surtout abondant dans le voisinage de la mer, notamment à Ceylan et à Java, ovi il constitue un arbre des plus précieux.

Les fibres de la partie externe du péricarpe, appelée Coïr aux Indes, S'>nt utilisées pour la fabrication de cordages très résistants à l'humidité, de sacs, de nattes et de tapis-brosses.

La chair blanche qui forme la partie externe de l'albumen est la Coprah; c'est

une substance alimentaire, qui renferme la moitié de son poids d'une huile utilisée

surtout pour la fabrication des bougies et des savons. De la coprah, on retire

encore de la farine employée dans les pâtisseries et du beurre de coco, ou végé'

aline. L' Indo-Chine exporte près de deux millions de kilos de coprah.

La partie interne de l'albumen est un liquide laiteux, à la fois doux et acidulé, très rafraîchissant.

La sève de l'arbre contient du sucre.

Le bourgeon terminal est comestible. C'est un chou-palmiste.

Une propriété plantée de cocotiers, ou Cocal, représente une richesse. Une surface d'un hectare peut contenir loo pieds de cocotiers, et l'on calcule que 5ooo pieds de cette essence peuvent donner un bénéfice net de 60000 francs par an.

Cocos australs (Mart.).

Palmier de i5"^ de hauteur environ, sur o"^,4o de diamètre; on le trouve dans l'Amérique du Sud, et notamment en Argentine (nom local : Pindo).

Surface extérieure du tronc presque lisse, avec les anneaux cicatriciels des feuilles peu prononcés, d'une couleur grise.

Bois peu solide, mou, presque spongieux au centre de la tige, de très faib'e durée, ne pouvant être employé que pour la fabrication de la pâte à papier.

Fruits comestibles.

Essence cultivée comme ornementale en Provence, avec Cocos flexuosa.

Cocos Ronianzoffiana (Wendl.).

Palmier de la République Argentine et des régions voisines (nom local : Pindo) ; tronc droit, cylindrique, atteignant iS'" de hauteur environ, sur o"i,3o de diamètre.

Surface de l'écorce d'un gris foncé, avec des raies petites et nombreuses disposées longitudinalement; sur cette surface, on distingue à peine les traces annulaires des feuilles^

Bois grisâtre, avec des points ou des raies noirâtres, compact, peu élastique, d'une durée très limitée, employé pour la fabrication des poteaux télégraphiques, des bardeaux pour toitures, et pour la construction des cabanes.

Essence poussant bien dans le bassin méditerranéen.

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Cocos Yatay {'Max'l.).

Palmier de lo"^ environ de hauteur sur o"i,40 tic diamètre, habitant l'Amérique du Sud, et notamment l'Argentine (nom local : Yataij).

Surface du tronc d'abord couverte par la partie basilaire des feuilles mortes, puis dénudée et présentant les cicatrices annulaires de ces feuilles.

Blois blanchâtre, mou, spongieux, pouvant être utilisé pour la fabrication de la pâte à papier.

Esson e qui réussit dans les jardins méditerranéens.

Euterpe aleracea (Mail.).

C'est un palmier du Brésil, atteignant les plus grandes dimensions; (nom local : JissarcC).

Il est commun dans tout l'Etat de Saint-Paul.

Son bois, d'une remarquable finesse, est très apprécié. On l'utilise pour la fabrication des planches et pour de nombreux usages.

Le palmier à huile {Elceis guineensis, L.).

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés lisses, qui peut atteindre en forêt 20°^ et plus de hauteur.

Il est couronné de feuilles longues de 4^ à 7^, très nombreuses et divisées, et à segments très pendants.

Les fruits, de la dimension d'une petite prune, sont d'un jaune rouge, gras, luisants, agglomérés en masses de qï^.So à o"\4o de longueur sur 0^^,20 de largeur, d'un poids de 20''^ à 3o''° .

Ces fruits sont de petites drupes, dont le péricarpe donne VhuiU de palme, fondant à 3o°; la graine contient l'huile de palmiste, fondant à 25^; ces huiles sont utilisées pour la fabrication des savons et des bougies.

Ce palmier habite l'Afrique tropicale occidentale, notamment le Sénégal, le Dahomey, où il constitue de vastes peuplements. On le trouve aussi sur la côte de Guinée et sur la Côte d'Ivoire, jusque dans l'Est africain et dans les régions du lac Albert-Nianza.

Partout c'est une essence forestière, quLcroît en massifs.

Dans les contrées qui ont généralement deux saisons de pluies, ce palmier a deux principales floraisons annuelles.

C'est vers l'âge de 4 o^^i '^ ans qu'apparaissent les régimes mâles, et ensuite les régimes femelles.

Cette espèce affectionne les alluvions riches, périodiquement humides.

A l'exportation, le palmier à huile fournit en quantités considérables deux articles : Vhuile de palme et dés amandes.

L'huile de palme est retirée sur place de la pulpe des fruits. Les amandes expédiées en Europe sont soumises au broyage, et l'on recueille Vhuile de palmiste.

L'extraction, sur place, de l'huile de la pulpe s'effectue au moyen de l'eau chaude. Les fruits sont jetés dans l'eau bouillante, ce qui permet de séparer la pulpe du noyau. Puis cette pulpe est reprise et péti-ie à nouveau dans l'eau chaude, l'huile surnage et est décantée.

Les noyaux, mis à part, sont cassés et les amandes en sont retirées.

On a construit des dépulpeurs mécaniques, qui facilitent beaucoup le travail.

Il serait intéressant de cultiver en grand le palmier à huile et de rechercher les variétés les plus productives, en les sélectionnant. C'est seulement vers l'âge de i5 ans que l'arbre atteint sa pleine productivité; mais cette productivité se prolonge jusque vers 80 ans.

Le Coroza {Elxis melanococca) est un palmier oléifère très répandu dans le Centre- Amérique, et dont les produits sont exportés aux Etats-Unis.

Jubœa spectabilis L.

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés lisses, atteignant les plus grandes dimensions (jusqu'à i™ de diamètre).

Il est très ornemental, et c'est un des rares palmiers qui peuvent prospérer en dehors des régions tropicales.

On le trouve sur les côtes du Chili, jusqu'au 35° de latitude.

Sa sève est sucrée.

Il peut être cultivé en plusieurs points du bassin méditerranéen.

La Villa Thuret à Antibes contient de magnifiques exemplaires de cette espèce.

Aréquier (Areca cal échu L. ).

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés lisses; il est très cultivé, à Ceylan et à Sumatra notamment, pour sa graine appelée noix d'Ara, composant avec le bétel un masticatoire très apprécié aux Indes.

C'est un arbre atteignant lo^ à i8"^ de hauteur; le tronc blanchâtre est grêle et droit, terminé par une couronne de feuilles extrêmement divisées qui s'agitent au moindre souffle d'air.

L'essence est indigène en Cochinchine et en Malaisie; elle est cultivée dans l'Inde et la Birmanie, formant souvent de grandes avenues de villages.

Chaque arbre fournit environ 3oo noix, qui contiennent chacune une amande. L'amande est coupée en tranches, que les indigènes font bouillir dans l'eau. Ces tranches sont enroulées avec du gambier ou du cachou dans une feuille de Poivrierbétel, enduite d'un lait de chaux; ces feuilles enroulées constituent le bétel.

Les mâcheurs de bétel, Indous, Malais et Chinois, font de ce produit une consommation considérable.

Arenga saccharifera L,

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés lisses, qui croît notamment à Java et à Sumatra.

Sa tige haute de plusieurs mètres peut vivre environ quinze ans.

Il ne fleurit qu'une fois et meurt après la maturation de ses graines, comme le Metroxylon Rumphii (Sagoutier) et le Caryota urens.

h'Arenga saccharifera fournit une sève sucrée très appréciée. Un pied de^ce palmier peut donner, trois mois de suite, 2 à 4 litres de sève par jour.

Le Raphia (Raphia vinifera L. ).

Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés écailleux.

Le genre Raphia est répandu en Afrique et en Amérique.

Ctlui-ci est un grand arbre dont le tronc atteint 1 5"^ environ de hauteur. Ce tronc épais est terminé par une couronne d'immenses feuilles profondément divisées, entre lesquelles paraissent des grappes fructifères de i'" de longueur.

L'Afrique occidentale est sa -tation préférée.

Une espèce voisine, le Raphia ruffia, de taille moins élevée, croît en abondance sur la côte orientale d'Afrique et à Madagascar.

Les deux espèces ont vme sève sucrée ; mais leur produit est la fibre retirée des feuilles, connue sous le nom de raphia.

C'est la partie inférieure des folioles qui contient ces fibres. Elles servent comme liens en horticulture et en viticulture.

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