ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. ICI
On les emploie aussi à la fabrication de paniers, tapis, rideaux, pantoufles et autre objets,
La qualité la meilleure est originaire de Madagascar.
Le Rotin (Calamus rotang L.).
Les rotins sont des palmiers à feuilles pennées et à carpelles soudés écailleux. Leurs tiges sont extrêmement longues et minces, atteignant parfois plus de 3oo™ de longueur, très grêles, grimpantes, couvertes de piquants courts et fins.
Le pétiole des feuilles dép sse les points d'insertion des folioles et se termine par un appendice couvert d'épines recourbées, par lesquelles il peut s'accrocher aux arbres et les relier d'une manière inextricable.
Les rotins habitent les parties humides de l'Inde, de Ceylan, de la Birmanie, de la Malaisie.
Le genre Calamus comprend environ 200 espèces, toutes remarquables par leurs tiges grimpantes, de la grosseur du doigt environ, solides, flexibles, utilisées pour de nombreux usages. Dans le pays même, on s'en sert pour construire des ponts suspendus, pour fabriquer des nattes, des tapis, des chaises, des fauteuils, après les avoir découpées en minces lanières. Le rotin en effet est non seulement très flexible mais très fissile. En Europe on en fabrique des sièges de tous genres, des objets de vannerie, des garnitures de harnais et de selles, des cannes, des câbles. Des machines spéciales le divisent en lames minces, qu'on peut teindre ensuite en couleurs variées.
La France importe par an 3 ou 4 millions de kilograiniucs de rotins, achetés en majeure partie aux Indes anglaises. Les rotins de l' Indo-Chine pourraient faire l'objet d'une exportation beaucoup plus importante que celle qui existe actuellement.
Avec le Calamus rotang on peut exploiter le Calamus scipionum.
En Malaisie, on cultive le rotin segar-perak {Calamus cœsius). On le sème en pépinière, et l'on plante en sous-bois les jeunes tigelles quand elles atteignent environ o°^,i5 de hauteur. On les exploite au bout de 7 ans, en laissant quelques porte-graines.
Le Sagoutier {Metroxylon Rumpliii^ L. G.).
Palmier à feuilles pennées et à carpelles soudés écailleux, qui fournit une farine amylacée appelée sagou.
On le cultive dans les sols marécageux, principalement dans les régions chaudes du Siam, de Malacca, de Java et de Bornéo.
Il fructifie une seule fois, vers l'âge de i5 ans et meurt.
Pour obtenir l'amidon contenu dans la moelle, on coupe l'arbre quelque temps avant la floraison; on fend le tronc et l'on récolte la moelle, qui est facilement réduite en farine.
Un seul sagoutier peut rendre jusqu'à i^oo^^ d'amidon.
Palmier nain ou Palmier-éventail {Chaniserops humilis L.).
Palmier à feuilles palmées et à carpelles distincts, pouvant atteindre 3^ de hauteur.
C'est le seul palmier indigène de l'Europe; il habite la région méditerranéenne, et il est surtout très abondant dans l'Afrique du Nord.
Les pétioles sont très longs et garnis de fortes épines sur leurs bords.
102 Ff.OnE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.
Le limbe de la feuille est arrondi, à nervation palmée, plié dans le bourgeon à la manière d'un éventail; après l'épanouissement de la feuille il se déchire plus ou moins suivant les lignes de plissement.
L'inflorescence est entourée par deux bractées. Les fleurs extrêmement nombreuses sur une même grappe sont hermaphrodites, sauf quelques-unes unisexuées.
Les filets des étamines sont soudés à la base.
Le fruit est une baie à péricarpe très mince. La graine possède un albumen corné. Ce palmier est très ornemental par ses belles feuilles. Divisées en lanière^, elles servent à fabriquer des paniers, des nattes, des chapeaux, des cordages ; elles sont utilisées également pour le papier à journaux. Elles peuvent être découpées en fdaments très fins, pour former le crin végétal, employé pour la garniture des matelas et le rembourrage des covissins et des meubles.
Le palmier-éventail se multiplie facilement dans les cultures ornementales, soit par semis, soit par bouturage des drageons.
Palmier à cire {Copernicia cerifera, Mrt. ).
Palmier à feuilles palmées et à carpelles distincts; on le trouve principalement au Brésil, dans les Etats de Maranhao, Piauhy, Ceara, et Rio- Grande-do- Norte (nom local : Carnauheira). On le rencontre également dans la République Argentine (nom local : Palma negra). II atteint i5™ de hauteur sur o™,3o de diamètre. La surface du tronc est lisse, d'un gris plombé avec des cicatrices foliaires peu visibles. Les racines sont dépura tives. Son stipe sert à la construction des cabanes, qui peuvent être recouvertes par ses feuilles. Sa moelle contient une fécule nutritive qui, par fermentation, fournit une boisson agréable.
Mais son principal produit est la cire de Carnauha, extrêmement dure, sans odeur ni saveur, très précieuse pour la fabrication des bougies, du vernis, du cirage.
On la retire des jeunes feuilles d'abord coupées, puis séchées et couchées par terre, la face inférieure en dessus; car c'est de cette face inférieure que s'écoule la cire; le feuilles sont ensuite battues au-dessus d'une toile qui recueille les poussières de cire; on fait fondre celle-ci dans des chaudières et on la coule dans des moules. Une feuille donne environ 7='' de cire, et chaque palmier produit annuellement une centaine de feuilles.
Le bois est fibreux, compact, rayé de noir, d'une bonne durée, pouvant être utilisé pour les poteaux télégraphiques et pour de nombreux usages.
Un autre palmier de l'Amérique du Sud, le Ceroxylon andicola, fournit également de la cire.
Copernicia riibra (Mrng.).
Palmier de la République Argentine, atteignant 20"^ de hauteur sur o™,4o de diamètre (nom local : Palma colorada).
La surface externe de son écorce est presque lisse et porte des cicatrices foliaires peu marquées.
Bois assez compaci, rayé de rouge, d'une bonne durée, utilisé pour les poteaux télégraphiques.
Copernicia alha (Mrng.).
Palmier de la République Argentine (nom local : Palma blanca), à tronc rectiligne et cylindrique, atteignant ï5^ de hauteur sur o"\.^|0 de diamètre, lisse, d'une teinte gris pâle.
Bois blanc, avec des veines sombres, spongieux, mou, léger, d'une durée limitée.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. I03
Acrocotnia total (I\Irt.),
Palmier argentin (noms locaux: mhohaya, koko), de i5™ de hauteur environ sur o™,4o de diamèlre, à surface externe assez lisse, mais portant des marques des cicatrices foliaires sous formes de petits anneaux. Bois un peu spongieux, mais contenant de jolies veines noires, d'une durée limitée, pouvant être utilisé pour des travaux de menue charpente à couvert.
Le Ronier {Borassus JlabeUi/omns, IMurr.).
Palmier à feuilles palmées et à carpelles soudés lisses, qu'on trouve dans l'Afrique tropicale.
C'est un des bois les plus utiles de l'Afrique occidentale française. Il a fait l'objet d'études remarquables, publiées dans les Annales de la science agronomique par M. de Gironcourt.
Le tronc lisse et élancé, un peu ovoïde dans sa partie supérieure, peut atteindre une hauteur de 35™ sur o"^,35 de diamètre. Dans les régions du Haut-Sénégal et du Niger, qui ne possèdent pas de grands arbres, cette essence constitue des charpentes appréciées en raison de leurs dimensions et de leur résistance à la flexion.
Ce palmier est dioïque; le pied mâle fournit un bois noir et dur, très résistant à l'humidité et à Teau de mer. D'après M. Aug. Chevalier, le pied femelle donnerait un bois inférieur, composé d'une masse de fibres molles.
Le fruit a une grande valeur industrielle. Le pé icarpe enveloppe i à 3 noyaux épais et durs, et contient une masse fibreuse non comestible et une pulpe comestible.
Les noyaux consommés à l'état jeune, quand ils sont encore aqueux ou gélatineux, ont la saveur du lait de coco. A maturité ils acqu.èrent une dureté qui les fait utiliser comme le Coroso ou ivoire végétal; mais ils ont l'inconvénient d'avoir une teinte moins blanche.
On ramasse les fruits de mai à juillet; on les fait bien sécher et on les scie longitudinalement.
Le fruit du Ronier est sphérique, d'un diamètre moyen de 0™,i5; ses noyaux ont un poids de 125^ environ chacun.
L'arbre affectionne les sols humides et les terrains d'alluvions.
Les peuplements, discontinus, s'étendent en Afrique occidentale, suivant une bande orientée de l'Ouest-Nord-Ouest à l'Est-Sud-Est, du Sénégal au Haut- Cameroun. On trouve des palmiers près des villages de la Côte d' Ivoire, mais non en forêt. On en voit de très beaux dans le Haut- Dahomey. Ils habitent toute la zone soudanaise.
Il est urgent de protéger cette essence qui tend à diparaître par suite de coupes abusives, et de montrer l'importance commerciale de ses fruits, pour en favoriser la culture.
Une variété de ce palmier, qu'on rencontre dans l'Asie tropicale, aux Indes, notamment à Ceylan, jusqu'à looo™ d'altitude, est désignée sous le nom de Palmyra, et fournit la fibre de palmyre, analogue à la fibre de piassava.
Le bois dur, solide, résistant aux intempéries et aux insectes, est un excellent bois de construction.
Les fleurs mâles produisent un liquide alcoolique {i>in de palme, appelé aux Indes Toddy).
Le Palmier Doum ou Palmier d'Egypte {Ilyphœne tkebaïca, L. C.)-
Espèce à feuilles palmées et à carpelles soudés lisses.
C'est un des rares palmiers qui possèdent un tronc à ramification normale.
Les Palmiers Doums (Hyphaene thebaïca, variété œthiopica). sont les derniers lîrands arbres qui pénètrent dans les dépressions humides du Sahara méridional.
Ils étaient autrefois abondants dans les régions du Niger septentrional; ils sont en voie de disparition par suite des exploitations abusives et des dégâts du pâturage.
C'est une essence qu'il importe de protéger et de propager, parce que c'est une des rares qui puissent s'accommoder des sables du désert. Il faut faire, au sujet de l'arbre, l'éducation de l'indigène, comme on l'a fait au Togo, où les résultats obtenus sont déjà remarquables.
Maui'itia Jlexuosa.
Palmier à grandes feuilles palmées et à carpelles soudés écailleux, habitant l'Amérique du Sud.
La moelle contient une grande quantité d'amidon, qui peut.être utilisée comme celle du Sagoutier {Metroxylon Rumphii).
Attalea f uni fera.
Palmier de grande taille, habitant le Brésil, et produisant la piassa^a, grosse fibre rigide et élastique fournie par la base des feuilles.
La piassava sert à la fabrication des cordes, des brosses, des pinceaux, des balais.
On retire aussi ce produit du Leopoldinia piassava, autre palmier de l'Amérique du Sud, du Dictyosperma fibrosum, qui habite Madagascar, et du Raphia Hookerl, palmier abondant à Libéria et à la Côte d'Ivoire dans les terrains humides, voisins de la mer. Un filament de piassava est constitué par un faisceau libéro-ligneux du pétiole.
Pritchardia Jili/era.
Beau palmier d'ornement cultivé sur la côte méditerranéenne, originaire de Californie, remarquable par son tronc cylindrique renflé à la base, atteignant environ 12°^ de hauteur, ei par ses feuilles en éventail de grandes dimensions (jusqu'à 3™ de longueur). Les bords des feuilles portent de longs filaments blanchâtres, et les pétioles sont munis d'épines jaunes crochues.
Cette essence pousse sous le climat de Provence en plein air et résiste à des températures de 8° au-dessous de zéro; elle est très décorative en avenues et sur les promenades ; elle ne fleurit que rarement en Europe ; on ne la multiplie que par des graines recueillies en Californie.
FAMILLE DES PHYTÉLÉPHASIÉES.
Caractères de la famille. — Cette famille est extrêmement voisine de celle des palmiers; elle en diffère en ce que les fleurs femelles en capitule fournissent des fruits soudés les uns aux autres, au lieu d'être distincts.
Phytelephas {Phytelephas niacrocarpa et microcarpa).
Les Phytelephas à gi'os fruits et à petits fruits donnent des graines, ou noix, fournissant le Corozo ou ivoire végétal.
ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. I05
Ce sont des arbres 1res communs entre le Nord du Pérou et l'isthme de Panama, spécialement dans la Colombie et la République de l'Equateur.
Le tronc est court, surmonté par 8 à i5 feuilles énormes, très profondément divisées, d'une longueur de 5"^^ à 6"^ sur 2"^ de largeur.
Des faisceaux de fleurs blanches, au nombre de 6 à 8, à odeur d'amande, fournissent des fruits soudés entre eux et divisés en compartiments contenant chacun une graine ou noix. Chaque noix est entourée d'une coque épaisse; la partie interne est l'albumen, d'abord liquide, puis prenant la dureté et la blancheur de l'ivoire; d'où le nom d'jVotVe végétal. La noix avec sa coque pèse 20^'' à loo''''". L'albumen durci est utilisj pour la fabrication d'objets en simili-ivoire et surtout des boutons pour vêtements (boutons de Corozo).
Un autre genre de Phytéléphasiées, le genre Nipa, habite le littoral des Indes et de la Malaisie.
FAMILLE DES PANDANÉES.
Caractères de la famille. — Fleurs en épis entourés d'une grande bractée, et n'ayant pas de périanthe.
Fleurs mâles à étamines nombreuses.
Fleurs femelles constituées par plusieurs carpelles soudés et uniovulés.
Fruit : Drupe,
Graine à albumen charnu.
Famille comprenant environ 220 espèces ligneuses tropicales, qui habitent Tancien monde.
Vacoua {Pandanus utilis L.).
Essence de 6™ à 10^^ ce hauteur, à feuilles rigides qui mesurent, après 4 ou 5 ans, jusqu'à 2°^ de longueur, et sont épineuses sur les bords.
Ces feuilles, coupées sur les arbrts jeunes, donnent des fibres jaunâtres de o°^,4o à o™,70 de longueur sur i™"^ de diamètre au maximum; on les emploie presque uniquement à la fabrication des sacs destinés à l'emballage du sucre; elles ne peuvent fournir de bons cordages en raison de leur faible résistance.
L'île de la Réunion exporte des quantités de sacs de Vacoua.
Le tronc des Pandanus est très ramifié; il porte des groupes d'énormes racines aériennes qui forment des arcs-boutants soutenant la tige et assurant sa stabilité.