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TRIBU DES QUERCÉES

GENRE CHÊNE [Quercus).

Caractères du genre chêne {Quercus). — Feuilles simples, pourvues de stipules caduques et insérées en spirale suivant l'indice |.

Fleurs mâles en chatons cylindriques, grêles, lâches, interrompus, pendants.

Chaque fleur mâle renferme, dans un calice formé de 5 à 9 petits sépales verdâtres, un nombre variable d'étamines (5 à 9) à anthères biloculaires.

no FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLOBE.

Fleurs femelles sessiles, agglomérées ou espacées sur un axe dressé.

Chaque fleur femelle est entourée d'un involucre formé de nombreuses bractées imbriquées et ayant à sa base i à 3 bractéoles; le calice est adhérent et concrescent avec le pistil dans toute la longueur de l'ovaire; il se prolonge autour de la base du style en petites dents rudimentaires.

Ovaire infère, à trois loges, dont chacune contient deux ovules. Style à trois branches généralement rouges.

Un seul des 6 ovules se développe et devient un akène enchâssé clans une cupule écailleuse formée par la concrescence des bractées; ce fruit est le gland, ovoïde, apiculé au sommet, à cotylédons épais, plans, convexes, féculents, hypogés pendant la germination.

Aubier blanc, bien distinct en général du bois parfait.

Bois lourd et nerveux; fibres serrées à parois épaisses; rayons médullaires inégaux, les uns larges et élevés, les autres minces et étroits; vaisseaux inégaux, gros et serrés dans le bois de printemps, fins et en bandes longitudinales flexueuses et rayonnantes dans le bois d'automne; parenchyme ligneux féculifère abondant associé aux vaisseaux; canal médullaire en forme d'étoile pentagonale.

Les tissus cellulaires des chênes, spécialement les cellules de l'écorce, contiennent des tanins, qui se combinent avec les peaux et les transforment en cuir. Les excroissances, ou galles, produites sur les divers organes des chênes par les piqûres de plusieurs insectes du genre Cynips sont particulièrement i-iches en tanin.

Les chênes sont des essences de lumière; à l'ombre, un grand nombre de leurs bourgeons restent à Vétat proventif. De là l'abondance des branches gourmandes sur le tronc brusquement isolé. De là aussi l'aptitude de toutes les espèces du genre à rejeter de souche jusqu'à un âge avancé, en raison de l'abondance et de la vitalité des bourgeons proventifs.

Le couvert est léger, le feuillage étant peu dense. L'enracinement est généralement puissant, tout d'abord composé d'un pivot simple et très allongé.

Les cotylédons sont hypogés.

Le genre chêne presque entier habite l'hémisphère boréal. Il comprend des arbres appartenant aux climats tempérés et chauds. On les trouve jusqu'à looo"'', rarement jusqu'à 1200"^ d'altitude.

Il y a environ 260 espèces de chênes, dont 8 en France.

Parmi ces 8 espèces indigènes, 4 sont à feuilles caduques (le rouvre, le pédoncule, le chevelu et le tauzin) et 4 à feuilles persistantes (les chênes yeuse, kermès, occidental et liège).

Le bois parfait du geni'e chêne possède toutes les qualités nécessaires pour le mettre au premier rang de nos bois d'industrie.

Ennemis du genre chêne. — Parmi les insectes attaquant les feuilles, signalons :

Les hanneto7is.

L'orcheste du chêne, larve d'un petit charançon qui dévore le parenchyrrie des feuilles sans attaquer l'épiderme, et produit des taches blanches.

Le bombyx processionnaire, chenille qui ronge les feuilles.

La pyrale verte, chenille vivant dans les bourgeons et détruisant les jeunes feuilles.

La teigne déprimée, petite chenille qui ronge la couche sous-épidermique des feuilles et fait apparaître des taches blanchâtres.

Entre Vécorce et le bois, nous pouvons trouver :

Le scolyte embrouillé, xylophage qui creuse des galeries ovifères longitudinales et transversales.

Le bostriche ç>elu, qui ouvre des galeries dans le liber.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. I i i

Dans le bois lui-même, on peut rencontrer :

Le bupreste bifacié, larve blanche et apode, creusanl dans les rejets et les branches une galerie qui se termine par une entaille annulaire de tout l'aubier, entaille causant la mort des parties supérieures.

Les bostriches monographe et dryographe, xylophages perforant le bois de fines galeries circulaires, qui x'essemblent à des piqûres d'aiguilles.

Le platype cylindrique, dont la larve dessine des galeries un peu plus grandes que les précédentes.

Le liméxylon 7iaval, insecte qui ouvre, dans les pièces des chantiers, de nombreuses galeries rendant le bois inutilisable.

Le grand capricorne, dont la larve charnue, ayant l'aspect d'un gros ver blanc, creuse des galeries à section elliptique, parfois du diamètre du doigt.

Les glands véreux contiennent une larve blanche et apode qui pénètre dans la terre pour y subir sa métamorphose et donner naissance à des balamincs, charançons à trompe fine et allongée.

L'ennemi actucilmcnt le plus dangereux des chênes rouvre et pédoncule est un champignon, V oïdium, ou blanc, qui attaque surtout les feuilles de rejets de souches.

Chêne rouvre (Quercus robur, Miller, vel sessilijlora, Smilh.).

Caractères. — Grand arbre pouvant atteindre 35™ à l\6^ de hauteur sur 2^^^ à 3°^ de diamètre environ, à tronc droit et cylindrique, à, cime ellipsoïdale, en général.

Feuilles ayant parfois 12''™ à i[\"^ de longueur sur 10'"' à 11"" de largeur, alternes, simples, à limbe irrégulièrement lobé, pétiolées, d'un vert foncé luisant en dessus, plus pâles en dessous, et plus ou moiiis pubescentes dans le jeune âge à la base de la nerçure principale et aux aisselles des nervures secondaires.

Fleurs monoïques.

Chatons mâles longs de 3'™ à 5""; chaque fleur mâle est composée d'un périanthe ou calice de 5 à 8 lobes linéaires (ordinairement 6), soudés par leur base et renfermant autant d'étamines opposées.

Epis femelles ne contenant que peu de fleurs.

Fleurs femelles sessiles, à stigmates brun> rougeâtres, à bractées un peu poilues.

Glands bruns de 2'™ à 3'^'^ de longueur sur 12'"™ à 18™°' de diamètre, au nombre de 2 à 5 à l'extrémité d'un axe court et velu.

Cupule recouvrant le tiers inférieur du gland, constituée par des écailles qui se terminent par une pointe aplatie et dont les inférieures renflées au milieu rendent la cupule tuberculeuse.

Maturation annuelle des glands en octobre de l'année de la floraison.

Le couvert du chêne rouvre est relativement épais.

Aire géographique, climat, station. — Essence ne formant des massifs importants qu'entre le 45^ et le 54^ degré de latitude Nord, mais s'étendant au Nord jusqu'au 58® degré en Ecosse et au 53® sur le Volga, au Sud jusqu'en Crimée, en Asie mineure, en Corse (à i35o°^ d'altitude) et dans les Pyrénées (à 1600°^ d'altitude).

C'est un arbre qui préfère les climats tempérés; assez sensible aux gelées, il s'avance moins que son congénère le chêne pédoncule vers le Nord et l'Est.

Les collines peu élevées, les plateaux et les contreforts des montagnes lui conviennent tout particulièrement; on l'y trouve le plus souvent entre 800°^ à 1200'^ d'altitude.

Sols. — Essence réussissant bien sur les sols frais, meubles, profonds, siliceux ou argilo-siliceux, graveleux, n'aimant pas les terres calcaires à moins qu'un peu

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d'argile n'y maintienne la fraîcheur nécessaire, mais pouvant quand même vivre sur les sols les plus secs.

Les terrains bas, humides, très argileux, sur lesquels croît le chêne pédoncule, ne lui conviennent pas.

Paces. — On connaît des variétés horticoles, telles que pendula et aurea; mais nous devons citer trois races forestières importantes :

1° Le chêne roui^re à larges feuilles, variété qu'on trouve partout dans le Blaisois; son feuillage, d'un vert plus foncé, est plus uniformément distribué et fournit un couvert plus égal et plus complet.

2° Le chêne rompre pubescent (Quercus pubescens) est une variété appelée Chêne blanc dans le midi; on en trouve quelques pieds dans le Nord, l'Est et le Centre, spécialement sur les terrains calcaires secs et chauds.

A mesure qu'on s'avance vers le Midi, il devient de plus en plus abondant, et ses feuilles sont de plus en plus tomenteuses sur leur face inférieure.

C'est un arbre tortueux, peu élevé, d'un aspect blanchâtre, en raison de ses feuilles et de ses jeunes rameaux tomenteux.

C'est dans les bois clairières de chêne blanc du Périgord, du Quercy, de l'Angoumois, sous les taillis de chêne blanc, et de chêne vert de Vaucluse, qu'on trouve surtout d'abondantes récoltes de truffes.

La truffe est un des plus importants produits de ces forêts.

Le précieux champignon exige, pour sa propagation, un certain couvert et des conditions de lumière, de chaleur et de sol, qu'il trouve sous le chêne blanc et le chêne vert, et parfois aussi sous d'autres arbres.

Pour réussir cette culture en milieu favorable, on sème en lignes plus ou moins espacées des glands provenant des meilleures truffières,

3° La variété laciniée du chêne rouvre est un arbre rameux des lieux pierreux, montueux et calcaires, remarquable par ses feuilles petites, plus ovi moins pubescentes en dessous, profondément découpées en lobes ondulés, habituellement aigus, crispés sur les bords.

Bois. — Bois composé d'accroissements r.niuul? variables suivant les conditions de végétation, et d'une densité moyenne de 0,714.

Ce bois à vaisseaux inégaux est plus poreux, plus facile à travailler, moins sujet à se fendiller, si l'épaissevir des accroissements est médiocre; on a alors un bois gras.

Si l'épaisseur des accroissements est considérable, le bois est plus dense, plus dur, plus tenace, mais plus exposé à se fendiller par la dessiccation; on a un bois maigre ou bois nerveux.

Dans le second cas, en effet, l'augmentation d'épaisseur porte sur le bois d'automne, formé de vaisseaux plus petits et de plus nombreuses fibres que le bois de printemps.

Produits. — Le chêne rouvre fournit les bois les plus estimés pour tous les usages.

C'est l'essence de choix pour la charpente et l'industrie, le plus précieux arbre de nos forêts d'Europe.

Il est excellent pour la fente et donne un merrain de premier choix, spécialement quand il est à l'état de bois gras. Les écorces fournissent, pour le tannage, un tan très apprécié.

Charbon très estimé. Glands employés pour l'alimentation des porcs.

Emploi cultural. — Toutes les fois que le sol et le climat lui permettent de prospérer, c'est l'essence à préférer pour les reboisements. En plein, on sème 4oo''^ à 6oo''f de glands par hectare.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. r (3

Dans les régions méridionales, pour le repeuplement des sols secs et calcaires du Jurassique et du Crétacé, il faut employer le chêne rouvre pubescent. Le chêne rouvre est aussi très ornemenlal par son feuillage.

Chêne pédoncule (Quercus pedunculata, Elir.).

Caractères, — Arbre de grande taille pouvant atteindre So»" à /jo"^ de hauteur, sur 2^ à 3'" de diamètre environ, à tronc droit et cylindrique, à cime ovoïdeconique.

Feuilles presque sessiles, glabres sur les deux faces.

Au lieu d'avoir, comme le rou\Te, une ramification composée d'une succession de branches d'un ordre décroissant, passant insensiblement des plus fortes aux plus faibles, la cime du pédoncule est formée de quelques grosses branches, avec un feuillage inégalement réparti par touffes et laissant des travées; par suite son couvert est incomplet et plus léger que celui du roui^re.

Chatons mâles d'un jaune verdâtre; 4 à 7 étamines par fli-ur.

Fleurs femelles situées à l'extrémité d'un long pédoncule, au nombre de 3 à 7, disposées en forme de longue grappe lâche.

Cupule lisse, à écailles apprimées et glabres, recouvrant le gland sur le tiers inférieur.

Glands de 2"" à 4'"'" de longueur sur 2'"' à 3'"' de diamètre, à maturation annuelle, .^

Bourgeons proventifs plus nombreux que ceux du chêne rouvre, fournissant plus de branches gourmandes, mais aussi plus de rejets de souche.

Enracinement essentiellement pivotant dans sa jeunesse, les racines latérales devenant prédominantes vers l'ûge de 60 à 70 ans, et l'enracinement total dépassant rarement i"^ à i"^,5o de profondeur.

Aire géographique, climat, station. — Arbre d'Europe.

Aire géographique s'étendant, de VEst h, l'Ouest, du pied de l'Oural et des rives de !a Caspienne (65° de longitude) au littoral de l'Atlantique.

Sa limite, vers le Sud, passe par l'Espagne méridionale, la Sicile, l'Italie, la Grèce, l'Asie Mineure, le Caucase oriental.

Sa limite au Nord est marquée par l'Ecosse, le 63^ degré en Norvège, Saint Pétersbourg, et Orenbourg dans l'Oural.

Essence des climats tempérés, aiïectionnant les plaines et le fond des vallées, -notamment dans le Nord, l'Est, l'Ouest, le Sud-Ouest de la France, ne se trouvant qu'à l'état isolé dans le Sud-Est, et en montagne, jusque vers 1200^" d'altitude dans les Pyrénées orientales.

Sols. — Les sols frais, profonds, silico-argileux, ou argilo-caillouteux sont ceux qui conviennent le mieux au pédoncule. Il pousse également bien sur les terrains argilo-sablonneux ou argileux, même submergés en hiver; il faut alors se garder de les assainir.

Mais il végète mal sur les sables secs, sur les calcaires arides, dont peut se contenter le rouvre; c'est ce dernier qu'il faut introduire sur les sols secs des collines, des plateaux ou des contreforts montagneux. "^

Races. — On connaît de nombreuses variétés horticoles de chêne pédoncule,' parmi lesquelles nous pouvons citer : Macrocarpa, Microcarpa, Aurea, Foliis argenteis, Foliis purpureis, Laciniata, Pendula, Pyramidalis ç>el Fastigiata. Cette dernière variété, remarquable par ses rameaux grêles et dressés contre la tige, a une longue cime étroite, analogue à celle du peuplier d'Italie.

Iî4 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

La sous-variété UinbrocuUfera se distingue par une cime en forme de boule, très ornementale.

En ce qui concerne les races forestières, deux sont particulièrement importantes :

10 Le chêne pédoncule à grandes feuilles ou chêne de Bayonne, qui possède des feuilles très larges, et a une végétation particulièrement vigoureuse. On le trouve dans les vallées de l'Adour, et il mérite d'être propagé dans le Sud-Ouest.

2° Le chêne de juin ou chêne tardif [Quercus pedunculata tardissima) est une variété spontanée en Saône-et-Loire, dans le Jura, la Côte-d'Or, la Meuse, le Cher. Ses feuilles apparaissent en juin seulement, au lieu de se développer vers la fin d'avril; il est par conséquent à l'abri des gelées printanières, si nuisibles au pédoncule ordinaire. Comparativement au type, sa cime est plus pointue, sensiblement p^yTamidale, sa taille plus élevée, son fût plus droit et plus long, sa croissance plus rapide, sa densité plus grande, son diamètre plus large, sa production ligneuse plus forte, sa ramification plus régulière, son couvert moins léger.

Ses qualités remarquables persistent aussi bien en sols secs et pauvres qu'en sols frais et fertiles.

Dans les maigres sables de Sologne, on lui reconnaît le même port droit, la végétation vigoureuse, le fût et les rameaux dépourvus de lichens, alors que le pédoncule ordinaire est rabougri, envahi par les lichens et rendu buissonneux par les gelées printanières.

La variété est constante et se reproduit par la graine.

C'est donc une race extrêmement précieuse pour le reboisement des terrains gélifs.

Bois. — - Les accroissements annuels du pédoncule sont, en général, plus épais que ceux du rouvre. Par suite, son bois est plus dense (densité moyenne 0,780), plus tenace, plus nerveux, plus élastique que le bois du rouvre.

Comme dans le rou\Te, l'aubier est blanc, bien nettement limité, formé d'un nombre de couches d'autant moins considérable que la végétation est plus active.

Produits. — C'est le premier des bois de service, même employé dans l'eau. Comme pilotis, sa durée est très longue.

Comme bois d'industrie, on le considère comme inférieur à celui du rouvre, notamment pour la fente; c'est lui cependant qui donne les beaux merrains de Hongrie.

Le chêne pédoncule de Bayonne est très recherché dans les arsenaux maritimes.

C'est un excellent bois de chauffage, principalement quand il a poussé en taillis.

Son charbon est extrêmement apprécié.

Son écorce donne du tan de très bonne qualité; la plus estimée est celle du taillis de 20 à 3o ans.

Ses glands peuvent être consommés par les porcs.

Emploi cultural. — C'est l'arbre de choix pour la création de bois dans les vallées fraîches et même humides, dans les sols argilo-siliceux ou siliceux. On sème en plein [\od^'^ à 600*^5 de glands par hectare.

11 est préférable de mélanger le pédoncule à d'autres essences, afin d'obtenir un couvert plus complet.

Chêne chevelu (Quercus cerris, Lin.).

Caractères. — Grand arbre atteignant 3o"^ à 35"^ de hauteur, sur 1^1^20 à 2^" de diamètre; branches ascendantes constituant une cime étalée ou ovale. Rameaux recouverts de poils d'un brun roux.

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Bourgeons ovoïdes, portant à leur base des stipules longues et sétacées.

Feuilles cadu({ues de 8' '^ à iC'" de longueur sur 4'"' à S'*" de largeur, assez longuement péliolées, oblongues, diversement incisées, d'un vert soaibre avec quelques poils fascicules sur la face supérieure, d'un vert clair avec de nombreux poils étoiles courts sur la face inférieure.

Chatons mâles de 4"" à 6"" de longueur, portant des fleurs sessiles sur un axe court et pubescent, 5 sépales pubescents, avec 5 étamines opposées aux sépales et à filets poilus.

Fleurs femelles par 2 à 4 sur un axe presque sessile.

Glands à maturation bisannuelle, ovoïdes, un peu côtelés, de 3'^'" de longueur environ sur 20"^"^ à 22"i"i de diamètre, à sommet un peu aplati, avec une pointe courte.

Cupule hérissée de grandes écailles linéaires, réfléchies ou enroulées, qui lui donnent l'aspect d'une sorte de che^-elure.

Essence à couvert léger intermédiaire entre celui du rouvre et celui du pédoncule, à croissance rapide jusque vtrs l'âge de 5o ans environ, mais sujet à ce moment à des gélivures qui déprécient sa valeur.

Aire géographique, climat, station. — Arbre habitant le Sud-Est de l'Europe, l'Autriche, la Hongrie, la Grèce, la Turquie, l'Asie Mineure, du Liban au Nord-Est de Damas, l'Arménie, la Sicile, la Lombardie, l'Espagne centrale, le Portugal, les régions Est de la France et le Doubs principalement.

En France, il est à la limite Nord-Ouest de son aire (forêt de Saint-Vit).

Les expositions Est et Sud-Est sont celles qui lui conviennent le mieux.

Sols. — Essence préférant les sols siliceux, frais et profonds, mais peu exigeante sur la nature du terrain, et réussissant même sur les terres calcaires, où languissent les chênes rouvre et pédoncule.

Races. — On peut citer parmi les variétés :

jO Le chêne d' Autriche, qui habite l'iVutriche-Hongrie et se distingue par ses feuilles plus blanches en dessous, pointues et munies de 5 à 7 lobes triangulaires aigus, par son gland plus pointu, par ses écailles de cupule plus fauves, par l'aptitude de son bois à la fente et à la fabrication des merrains.

2^ Le chêne de Tournefort, variété d'Europe, caractérisée par ses feuilles plus larges et plus profondément découpées que celles du type.

3° Le chêne de Fkilhameti, remarquable par ses feuilles crispées, cotonneuses en dessous, très décoratives, variété horticole d'Angleterre considérée comme un hybride entre le chêne chevelu et le chêne-liège.

Bois, — Aubier beaucoup plus épais et moins blanc que celui des chênes rouvre et pédoncule.

Bois parfait d'un brun rougeâtre, foncé, contenant, comme celui des précédents, des vaisseaux inégaux, dont les plus gros ne forment, sur le bord interne de la couche annuelle, qu'une zone étroite.

Rayons médullaires moins larges et moins hauts, mais plus nombreux, plus serrés, plus égaux entre eux, donnant des maillures fortement colorées comme celles du hêtre.

Généralement ce bois est lourd, compact, dense (densité moyenne 0,925), nerveux, difficile à fendre.

Produits, — L'aubier trop abondant nuit à la valeur de cet arbre. En Orient on l'emploie pour les constructions navales, et dans le Doubs pour la menue charpente.

Son chauffage est de premier ordre.

Il6 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Son écorce contient plus de tanin que celle des chênes rouvre et pédoncule.

Emploi cultural. — En raison de sa croissance rapide jusque vers 3o à 5o ans, on peut cultiver avantageusement ce chêne en taillis, sur sols médiocres, pour la production du chaufîage et de l'écorce à tan.

Il est ornemental par ses feuilles très découpées; l'une de ses variétés, foliis mriegatis, produit, dans les parcs, un joli effet par son feuillage marginé blanc.

Chêne à feuilles de châtaignier ou Chêne AfParez

(Que/eus castaneœ folia, Mey.).

Caractères. — Arbre de 25"^ environ de hauteur, sur i^^ de diamètre, à rhytidome rugueux, d'un rouge biunâtre; très voisin du chêne chevelu, mais s'en distinguant par ses feuilles plus longues, elliptiques, lancéolées, munies de lo à i4 paires de nervures parallèles terminées par de grosses dents aiguës et séparées par des sinus arrondis. Ces feu. Iles ressemblent aux feuilles des châtaigniers, mais elles sont pubescentes sur la face inférieure.

Fleurs mâles constituées par 4 étamines à anthères duveteuses.

Écailles de la cupule moins longues que celles du chêne chevelu et terminées en lanières anguleuses.

Aire géographique. — Algérie (Kabylie), Perse, Transcaucasie (au-dessus de la région du chêne-liège).

Sols. — Mêmes sols que le chêne chevelu.

Bois. Produits. — Bois rougeâtre, dur, lourd, d'une densité moyenne de o,g38, employé pour les constructions et la fabrication des merrains, et donnant un excellent chauffage.

Emploi cultural. — Essence à employer pour les reboisements algériens, dans les régions d'altitude supérieure à celle du chêne-liège.

Chêne Tauzin (Quercus tozza, Bosc.j.

Caractères. — Petit arbre généralement tortueux, à fût peu élevé, dépassant rarement 20"^ de hauteur sur 1°^ de diamètre, à grosses branches irrégulièrement ramifiées constituant une cime étalée.

Feuilles caduques, longues de 10'"° à 17"", obovales-oblongues en général, irrégulièrement pennatifides, ordinairement prolongées à la base sur le pétiole, tomenieuses sur les deux faces à Vétat jeune, et seulement sur la face inférieure à Vétat adulte.

Glands à maturation annuelle, gros, ovoïdes, longs de 1"^^ à 4"'" portés sur un pédoncule robuste de 1'"' à 5*^^" de longueur, à cupule formée d'écaillés roussâtres, tomenteuses, triangulaires, allongées.

Essence à feuillage extrêmement léger, et supportant mal le couvert; donc essence essentiellement de lumière.

Racines traçantes et drageonnantes ; ce qui est exceptionnel dans le groupe des chênes, et permet à cet arbre de constituer, par ses rejets de souche et ses drageons, des taillis très fourrés.

Aire géographique, climat, station. — On trouve le Tauzin sur une bande étroite qui borde l'Océan et s'étend du Portugal à 1 < mbouchure de 1a Loire.

En France, il habite les régions situées entre la Loire, le Plateau central, les Pyrénées et l'Océan, notamment près des embouchures de la Charente et de la Gironde.

ANGIOSPERMES OL" FCUILLUS. II7

C'est le chêne angoumois.

Les expositions très chaudes lui conviennent particulièrement.

Il redoute le froid et gèle le plus souvent vers i5° au-dessous de zéro.

Sols. — Essence silicicole, prospérant sur les sables frais des landes de Gascogne, et des anciennes dunes, poussant aussi sur les sables mélangés d'argile et les sols secs, mais refusant le calcaire et Vargile trop compacts.

Bois. — Le bois possède à peu près la même structure que celui du chêne rouvre; mais le parenchyme ligneux est plus abondant, les rayons médullaires épais plu^ nombreux, l'aubier plus développé et moins nettement délimité.

Ce bois est sujet aux gerçures et à la vermoulure.

Sa densité est grande (en moyenne o,86i).

Produits. — Ses faibles dimensions empêchent le tauzin d'être employé aux constructions. C'est irailleurs un bois d'œuvre qui est de qualité inférieure, en raison de sa tendance à se gercer et à se tourmenter; de plus, comme il est noueux, il est difficilement utilisé comme bois de travail.

Comme combustible et comme charbon, il est parfait.

Quant à son écorce, elle est supérieure comme qualité et quantité de tanin, à celle du chêne rouvre.

Emploi cultural. — Pour le boisement des landes et des plus mauvais sols, le chêne tauzin est extrêmement précieux; il possède en effet au plus haut degré la faculté de drageonner et de repousser abondamment de souche.

Il fournit ainsi des taillis très denses, et d'une durée indéfinie, qui donnent un bois de chauffage et de charbon de premier ordre.

Cette essence n'a pas seulement l'avantage de croître sur les sols les plus arides aux expositions brûlantes; elle est précieuse par ce fait qu'elle est en général peu atteinte par les bestiaux et par le gibier.

On la cultive aussi en têtards, taillés à une harcteiir de 3°^ à 4°^ au-dessus du sol, espacés de lo'^ à 20°^, et sous lesquels pousse la prairie.

Chêne Zeen ou Chêne de Mirbeck {Ouercus Mirbecki, Dur.).

Caractères. — Grand chêne à feuilles caduques spécial à l'Algérie et à la Tunisie.

Il peut atteindre 35°^ de hauteur sur 1^ de diamètre, et ressemble par son port et ses dimensions au chêne ^ou^Te; mais il s'en distingue par ses feuilles plus grandes, longues de i5'"" à 17''" sur S*""' à lo-"' de largeur, persistantes jusqu'à la fin de l'hiver, légèrement cordiformes ou échancrées à la base, régulièrement crénelées ou lobées, à lobes aigus et mucronés, vertes et glabres en dessus, recouvertes d'un duvet tomenteux en dessous dans la jeunesse, quelques poils persistant à l'état adulte le long de la nervure principale.

Fleurs tomenteuses.

Glands subsessiles, à maturation annuelle, ovoïdes, généralement longs de 3*^™ à 3*-'™, 5, avec cupule courte et évasée, à écailles triangulaires et planes au sommet.

Essence rejetant ^■igoureusement de souche.

Aire géographique, climat, station. — Littoral des départements d'Alger et de Constantine, et de la Kroumirie, entre 1000™ et 1400°^ d'altitude, spécialement aux expositions Nord et Est.

Sols. — Sols siliceux (gneiss et grès del'éocène) et particulièrement terrains substantiels frais et profonds.

Variétés. — Citons parmi les variétés : angustifolia à feuilles étroites, microphylla à feuilles petites.

Il8 FLORE FORESTIERE GENERALE DU GLOHE.

Bois, — Bois compact, lourd, d'une densité de 0,716 environ.

Rayons médullaires larges, droits, rapprochés, longs, élevés (plus de 5"^" fréquemment).

Tissu fibreux, dur et compact, séparé du parenchyme ligneux en petites zones concentriques, parallèles et blanches.

Produits. — Bois excellent pour les constructions, les traverses, les pilotis, les charpentes, mais trop pesant et sujet à se gercer, par suite difficile à employer comme bois d'industrie.

ChaufTage et charbon parfaits.

Ecorce fournissant un tan très estimé.

Emploi cultural. — Essence précieuse pour les reboisements des sols siliceux et granitiques, sur le littoral algérien et tunisien.

Chêne yeuse ou Chêne vert (Quercus £/er. Lin.).

Caractères. — Chêne à feuilles persistantes, pouvant en sol fertile atteindre i5™ à 20°^ de hauteur sur i°* de diamètre.

Cime d'abord ovoïde, puis aplatie.

Fût généralement i^eu élevé, comparativement à la hauieur totale de l'arbre.

Rhytidome noirâtre.

Feuilles persistant jusqu'au commencement de la troisième année de leur naissance, plus ou moins dentées-épineuses, comme celles du houx, de taille variable, généralement tcmenteuscs en dessous.

Chatons mâles d'un vert jaunâtre; 4^6 sépales avec autant d'étamines par fleur.

5 à 7 fleurs femelles sur un axe court.

Glands à maturation annuelle, longs de 2'='^ à 4"'" sur i'=™,5 à 2"'^ de diamètre, d'un roux noirâtre, avec une pointe raide au sommet.

Cupule un peu conique, d'un gris tomenteux, à écailles petites et triangulaires.

Enracinement constitué à la fois par un pivot et par des racines traçantes et drageonnsfites.

Couvert relativement épais.

Arbre fournissant à tout âge des drageons, et repoussant abondamment de souche, Cfuand on le coupe assez jeune.

Fructification dès l'âge de 8 à 10 ans en général.

Aire géographique, climat, station. — Europe méridionale et Nord de l'Afrique.

On trouve le chêne yeuse du Portugal jusqu'à la mer Noire et en Crète, au Maroc, en Algérie, en Tunisie et en Tripolitaine. Il s'étend au Nord juscrue près de Trieste et du lac de Garde.

En France, ses stations préférées sont les départements méditerranéens et la côte occidentale de Corse.

Dans les Alpes et les Pyrénées, il s'élève aux altitudes de 700°^ à 1 100™.

Le Gulf-Stream permet sa végétation, mais à l'état disséminé, de Bayonne à Saint-Brieuc.

Sols. — Essence préférant les sols calcaires aux sols siliceux ou granitiques. Elle prospère même sur les calcaires médiocres secs et peu profonds, et se contente de terrains rocailleux et rocheux.

Races, — Il faut citer en première ligne la variété dite hallote, qui possède des feuilles plus blanches, tomenteuses sur la face inférieure, des glands plus gros et toujours de saveur douce et agréable {chêne à glands doux d'Algérie et d'Espagne).

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Indiquons encore les variétés microphylla, latifolia, longifolia, fastigiata, ai^ellanseformis (à glands doux, petits, sub-inclus), pendula.

Bois. — Bois très dur, lourd, homogène, extrêmement dense (densité o,g5o à 1,200), flexible et souple, blanc chez les individus jeunes, brun rougeâtre au cœur des vieux arbres. Aubier non distinct du bois parfait.

Gros vaisseaux groupés en bandes étroites qui se continuent presque sans interruption dans toute la masse, comme les rayons médullaires. Ceux-ci sont très larges (jusqu'à i"^™,5), irrcguliers, d'une teinte rosée, donnant de nombreuses et larges niaillures.

Accroissements annuels peu distincts.

Produits. — L'yeuse, de dimensions assez grandes, est un bon bois de service, mais cependant considéré comme trop lourd. On lui reproche aussi de se gercer à la dessiccation; mais on évite cet inconvénient en le faisant sécher lentement ou en le plongeant dans l'eau pendant quelque temps.

Il donne alors des produits pouvant servir aux mêmes usages que le chêne rouvre.

Comme bois d'industrie, il fournit des essieux, des poulies, des dents d'engrenage, des sciages superbes en raison des maillures et utilisés dans la menuiserie.

Comme il est susceptible d'un beau poli, l'ébénisterie en tire de magnifiques placages.

Son chauffage et son charbon sont les meilleurs qui existent. '

Son écorce est extrêmement estimée pour le tannage; elle contient jusqu'à ÏL\ pour 100 de tanin.

Les glands de la variété ballote servent à l'alimentation.

Emploi cultural. — Le chêne yeuse est très utile pour le reboisement des sols arides et peu profonds du bassin méditerranéen; il y réussit sur les terrains calcaires les plus médiocres, où aucune autre culture ne poiu-rait prospérer.

C'est aussi un arbre employé pour l'ornementation des parcs.

Enfin son rôle dans la constitution des peuplements trufTiers de Vaucluse le rend intéressant dans cet le région.

Chêne kermès (Quercus coccifera, Lin.;.

Caractères. — Chêne arbrisseau, à feuilles persistantes et à maturation bisannuelle, de 2™ à 3°^ de hauteur, d'aspect buissonnant.

Feuilles petites, courtement pétiolées, dentées-épineuses, persistant i à 2 ans.

Chatons mâles longs de i"",5 à ^""',5 à fleurs presque sessiles à l'aisselle de bractées aiguës et ciliées, avec 5 sépales et 5 étamines à sommet pointu.

Inflorescence femelle sur un axe relativement long; stigmates petits et recourbés en arc.

Glands subsessiles ou courtement pédoncules, ovoïdes, dans une cupule généralement hémisphérique à écailles prolongées en pointes rigides.

Aire géographique, climat, station. — Europe méridionale, Espagne, Italie, Dalmatie, Albanie, Grèce, Corse, Nord de l'Afrique, France (aire de l'olivier).

Essence du climat méditerranéen, habitant les collines calcaires du Midi, notamment de la Provence.

Sols. — Le kermès croît en France sur les terrains calcaires les plus pau\Tes et les plus secs; mais, en Algérie, on le voit aussi sur de maigres sols siliceux.

Variétés. — Signalons les variétés pseudococcifera (de la Corse et de l'Afrique du Nord), à feuilles plus allongées et à glands plus gros que ceux du type, et auzandei

(des environs de Toulon) remarquable par ses très petits glands, à écailles planes, lancéolées et dressées.

Bois, — Bois très dense (densité moyenne i,o55), compact, homogène, analogue à celui de l'yeuse et aussi dur, mais ne possédant pas ses belles maillures.

Vaisseaux fins et égaux, disposés en lignes rayonnantes onduléis.

Grands rayons médullaires rares et peu épais.

Aubier peu distinct.

Produits. — Arbre trop petit pour fournir du bois de service ou d'industrie.

Coupé à de courtes révolutions, il donne du chauffage excellent, ainsi qu'une écorce très estimée pour le tannage; l'écorce des racines, très employée pour cet usage, est appelée la garrouille. En Algérie, et notamment dans la province d'Oran, de nombreux déboisements ont lieu pour l'extraction de ce produit.

C'est sur ce cliêne que vit un insecte voisin des cochenilles, le Kermès du chêne vert {Kermès ilicis), dont la femelle, d'un noir violacé se fixe sur les rameaux. Avec son corps desséché et pulvérisé, on obtient une belle teinture écarlate. Mais, depuis l'emploi de la cochenille du cactus nopal, cette industrie est abandonnée.

Emploi cultural. — Le kermès est très peu exigeant sur les qualités du sol. Il pousse sur les pentes calcaires les plus arides, sur les sols les plus pauvres de Provence, de Corse, du Nord de l'Algérie, avec les romarins, les cistes, les lavandes; il y est même très envahissant. Comme il donne un chauffage et un charbon appréciés, il est précieux pour le reboisement des mauvais sols, où aucune autre essence ne peut prospérer, et pour la fixation des pentes en éboulement.

Chêne occidental (Quercus occide/iialis, Gay).

Caractères. — Chêne à feuilles persistantes et à maturation bisannuelle. Ce fait d'une maturation bisannuelle le différencie nettement du chêne-liège à maturation annuelle et contribue à en faire une espèce distincte.

Feuilles persistant jusqu'au complet développement de celles de l'année suivante, dentées-mucronées, glabres et luisantes en dessus, d'un vert un peu grisâtre et tomenteuses en dessous.

Glands sur pédoncules peu allongés, avec cupule hémisphérique à écailles petites, apprimées et d'un gris cendré.

Arbre de taille moyenne, il constitue Varbre à liège du littoral de l'Ouest. Son écorce produit lui liège abondant et apprécié.

Aire géographique, climat, station. — Littoral de l'Atlantique entre l'embouchure de la Garonne et celle de l'Adour; spécialement départements des Landes et du Lot-et-Garonne; expositions abritées des vents.

Essence de climats moins chauds que le chêne-liège.

Sols. — Le chêne occidental est essentiellement calcifuge.

Il affectionne les terrains siliceux ou argileux, et se trouve bien du mélange avec le pin maritime, dont le couvert léger l'abrite sans lui nuire.

Bois. — Bois à vaisseaux sensiblement inégaux, les uns assez gros au bord interne de l'accroissement, les autres petits et rares, distribués dans le tissu fibreux dominant d'automne, en séries simples, espacées, rayonnantes. Grands rayons épais, nombreux, peu élevés.

Couches annuelles très tranchées.

Coloration du bois plus claire que celle du chêne-liège, et densité inférieure (densité moyenne 0,867).

Croissance assez lente.

ANGIOSPERMES OU FKUILLIS. 121

Produits. — Essence donnant d'excellent liège.

On opère le démasclage sur une hauteur de 2"^, vers l'âge de 3o ans (arbres de o°^,3o à o™,35 de diamètre).

Les levées du liège' ont lieu ensuite tous les 7 à 8 ans, quand l'épaisseur de de ce liège atteint 3o'""^.

Chaulîage et charl)on très estimés.

Comme bois d'œuvre, le chêne occidental est exposé à se tourmenter beaucoup, et résiste difficilement aux alternatives de sécheresse et d'humidité.

Emploi cultural. - — Il est très recommandé pour la mise en valeur du littoral de l'Ouest et des Landes, en mélange avec le pin maritime. Les produits en argent obtenus avec le liège fournissent, par pied d'arbre, un revenu triple de celui du pin maritime. Son liège est un peu plus fin que celui du chêne-liège proprement dit.

Chêne-liège \ Ouercus suber\ Lin.).

Caractères. — Le chêne-liège est à feuilles persistantes et à maturation annuelle.

Les feuilles persistent jusqu'à la fin de la deuxième ou troisième année.

C'est un arbre trapu, d'une grande longévité, d'une hauteur maxima de 10'^^ à 12™, pouvant atteindre i'",3o à i°^,5o de diamètre à la base.

Les feuilles sont ovales-oblongues, entières ou dentées, légèrement cordiformes et prolongées sur le pétiole à la base; elles sont un peu luisantes en dessus, grises tomenteuses en dessous.

Glands portés par de courts pédoncules, ovoïdes, surmontés d'une pointe courte et velue, à cupule allongée-conique inférieurement, grise tomenteuse, à écailles un peu saillantes se terminant au sommet en lanières molles et fragiles.

La fructification commence dès l'âge de i5 ans environ et devient abondante vers 3o ans en France où le chêne-liège est à sa limite septentrionale; cette fructification est le plus souvent intermittente.

Le couvert du chêne-liège est léger, parce que son feuillage est grêle et rare, et sa ramification peu serrée.

L'enracinement reste pivotant ou devient traçant, suivant les terrains.

C'est une essence qui se reproduit abondamment par rejets de souche, et dont les racines ont la propriété de drageonner quelque peu, spécialement quand la vitalité des souches a été atteinte par les incendies.

La croissance est assez lente.

Aire géographique, climat, station. — Le chêne-liège est un arbre des cHmats tempérés et chauds du bassin méditerranéen.

On le trouve dans les Pyrénées-Orientales jusqu'à 5oo°^ d'altitude, dans l'Hérault, dans le Gard, sur la côte de Toulon à Nice, sur la côte orientale de Corse (région des maquis), en Algérie (jusqu'à i3oo™ d'altitude), au Maroc, en Tunisie, en Espagne, en Italie, en Dalmatie.

Sols. — Le chêne-liège est essentiellement calcifuge; il se plaît dans les sols siliceux, schisteux, granitiques.

Bois. — Tissu fibreux dominant. Vaisseaux inégaux, plus abondants et plus gros au bord interne de chaque couche; vaisseaux petits associés à du parenchyme et groupés en lignes flexueuses rayonnantes dans la zone externe de l'accroissement ai-.nuel.

Rayons médullaires inégaux, nombreux, assez hauts, donnant de larges maillures brunes très rapprochées.

Aubier peu tranché.

Bois parfait gris brunâtre, ou brun rougeâtre, très lourd et très compact, sans être à grain aussi fin que celui de l'yeuse, d'une densité moyenne de 0,916.

Produits. — Le bois peut convenir à la menuiserie, à la construction des machines et à bon nombre d'emplois. Cependant ces emplois sont nécessairement restreints, en raison des dimensions habituellement faibles de l'essence, de son trop grand poids, et de sa disposition aux gerçures et à la pourriture.

La fente est difficile et ne donne pas de merrain avantageux.

Le chauffage et le charbon sont de première qualité.

Le principal produit est le liège.

C'est l'enveloppe subéreuse qui produit le liège; elle apparaît vers i an, sous l'épiderme du jeune plant, sous forme de quelques couches de cellules à parois mdnces pourvues de chlorophylle; vers 3 à 4 ans, l'épiderme tombe et elle se développe rapidement; sa face interne donne naissance à des cellules cubiques de couleur claire ou rosée qui constituent le liège; les dernières de ces cellules vers l'extérieur sont aplaties et d'un rouge brun (cellules tabulaires).

L'épaisseur du liège peut atteindre 20*™ à oo'"'^.

Le liège vierge ou liège mâle est inégal et crevassé. On l'enlève quand l'arbre atteint lo"^"^ environ de diamètre. C'est l'opération du démasclage. Le liège reproduit après le démasclage est le liège femelle; on le lève dès qu'il atteint une épaisseur de 23™'^ à 27°^™; il faut avoir soin de ménager l'écorce intérieure, c'est-à-dire le liber, le parenchyme vert, et la zone subéreuse la plus récente {la mère du liège).

Les premières levées se font jusqu'à 2"^ au-dessus de la base de l'arbre et se renouvellent ordinairement de 8 en 8 ans; on les remonte de o"^,6o environ à chaque exploitation, pour s'arrêter à i"^ environ au-dessus de la première ramification de la tige.

Le liège sert à une foule d'usages, dont le principal est la fabrication des bouclions; en vase clos, il produit un charbon appelé le noir d'Espagne; on en fait aussi du noir de fumée.

L'écorce du chêne-.iège est très riche en tanin, et donne un tan très estimé.

Emploi cultural, — C'est l' essence de choix, essentiellement rémunératrice, pour les sols forestiers siliceux, schisteux ou gran tiques de l'Algérie, de la Tunisie, du Maroc.

Chêne rouge d'Amérique (Quer-cus rubra, Lin.).

Caractères. — Chêne à feuilles caduques, à maturation bisannuelle, pouvant atteindre 3o°^ à /|0°^ de hauteur sur i'^^,2o de diamètre à la base.

Cime généralement arrondie.

Ecorce grise, lisse, ne se gerçurant qu'à un âge très avancé et peu profondément.

Feuilles à pétiole allongé, longues de lO*"" à 20'''°, arrondies à la base, découpées en 5 à 7 lobes arqués ou falciformes, lâchement dentées, prenant à l'automne une superbe teinte rouge.

Glands mûrissant à l'automne de la seconde année, sessiles, ovoïdes, arrondis au sommet, longs de 2*^'" à 3'^™. Cupule aplatie, épaisse, en forme de coupe, à bords un peu rentrants, très basse et enchâssant à peu près le | de la longueur du gland.

Arbre très rustique, très vigoureux, à croissance bien plus rapide que celle de nos chênes indigènes et résistant généralement à l'oïdium.

Jeunes semis supportant bien le couvert.

Aire géographique, climat, station, — Essence originaire du versant atlantique du Canada et des provinces Nord-Ouest des États-Unis. Son aire s'étend en

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Amérique du /JS*^ degré Nord à la Gt^orgie et à l'Alabama, de l'Est à l'Ouest du Mississipi, en stations de plaines ou de vallées.

Sols. — Le chêne rouge afTectionne les sols siliceux, légers, profonds, frais; il redoute les calcaires et les terrains trop humides ou argileux.

Variétés. — On signale, parmi les variétés horticoles, la variété ruhra aurea, à joli feuillage jaune doré, et la variété heterophylla à feuilles très découpées et contournées.

Bois. — Bois rosé ou rougeâtre, dur, solide, pas irop lourd (densité moyenne 0,745), à grain serré, se fendant facilement et pouvant prendre im beau poli.

Aubier mince, d'une teinte plus claire, mais cependant moins distinct que celui de nos chênes d'Europe.

Zone épaisse de gros vaisseaux au commencement de chaque accroissement annuel.

Produits. — Excellents merrains.

Emplois à peu près les mêmes que ceux de nos chênes d'Europe, d'une valeiu" et d'une durée un peu inférieures, mais fournis beaucoup plus vite par le fait d'une croissance plus rapide.

Emploi cultural. — Essence s'éîevant bien en massifs, supportant bien le couvert, fructifiant vite, très ornementale, pouvant rendre les plus grands services pour le reboisement des dunes et surtout pour la régénération des taillis de chênes indigènes, dont les ensouchements sont perdus par les gelées de 1879- 1880, et par les invasions de l'oïdium. En Sologne, les résultats de ces reboisements ont été remarquables.

Chêne palustre ou Chêne des marais {Quercus palustris, Muench.).

Caractères, — Très bel arbre atteignant les mêmes dimensions que le chêne rouge, à feuilles caduques et maturation bisannuelle.

Tronc droit, continu jusque dans la cime à forme pyramidale.

Feuilles oblongues, moins larges, plus finement et plus profondément découpées que celles du chêne rouge, avec des lobes plus pointus.

Ces feuilles prennent à l'automne une belle teinte d'un rouge écarlate.

Glands sans pédoncule ou avec pédoncule court, d'une couleur brunâtre claire, souvent striés, presque hémisphériques, de i'''" à i'^'",5 de longueur, plus larges que longs, généralement plus épais que leur cupule dans leur diamètre médian. Cupule mince en forme de soucoupe, enchâssant seulement la base du gland.

Essence d'une croissance rapide, parvenant vite à une hauteur de 3o™ sur i°^ de diamètre à la base, très rustique, et d'une fructification abondante en Europe.

Couvert moyennement épais.

Arbre jusqu'à présent complètement réfractaire à l'oïdium ou blanc du chêne.

Aire géographique, climat, station. — Amérique du Nord, du versant atlantique du Canada jusqu'à la Virginie.

Les vallées fraîches, sans être trop mouillées, les bords des rivières et des marais constituent ses stations préférées.

Sols. — Sols siliceux ou argilo-siliceux, légers, profonds et frais de préférence. Mais la croissance est encore satisfaisante dans les terrains assez secs comme ceux de l'arboretum des Barres.

Variétés. — Il faut citer comme variété ornementale la variété utnbracuUfera, qui est un arbre magnifique, se formant naturellement en boule, et dont les feuilles d'un vert brillant prennent à l'automne la plus jolie teinte rouge.

Bois. Produits. — Bois d'un brun clair, dur, à grain assez grossier, se tordant à la dessiccation.

Aibi r mince d'une teir.te plus foncée.

Les emplois sont les mêmes que ceux du chêne rouge; et, si la qualité des produits est un peu inférieure à celle des chênes européens, la croissance a l'avantage d'être bien plus rapide dans les premières années.

Emploi cultural. — Ai bre poussant bien en massifs, se reproduisant spontanément et facilement par graines, d'une végétation vigoureuse et rustique, d'une résistance parfaite à l'oïdium et méritant, à ces titres divers, d'être expérimenté en forêt dans les sols siliceux ou argilo-siliceux frais, spécialement au voisinage des eaux.

Chêne quercitron ou Chêne des teinturiers {Qaercus tincloi-ia, Bariram.).

Caractères. — Chêne de la plus haute taille, atteignant 40^^ à 5o™ de hauteur, sur i^ à 2°i de diamètre à la base, à feuilles caduques et maturation bisannuelle.

Ecorce brune et profondément crevassée.

Feuilles ovales, oblongues, sinuées, pubescentes d'abord à la face inférieure, et finalement glabres, à lobes oblongs, obtus et mucronés.

Glands d'un brun rougeâtre clair, souvent striés, sans pédoncule ou avec pédoncule court, solitaires ou disposés par paires, ovoïdes, globuleux ou déprimés, longs de i^'" à 2'™.

Cupule mince, hémisphérique, plus ou moins rétrécie à la base, écailleuse, recouvrant environ la moitié du gland.

Aire géographique. — Essence habitant les états atlantiques de l'Amérique, jusqu'à la Floride; on la trouve de préférence dans les plaines sèches et graveleuses.

Sols. — Terrains secs et pauvres.

Bois. Produits. — Bois brun, teinté de rougeâtre, à grain serré, dur, solide, lourd, non flexible, durable mais se tordant à la dessiccation.

Aubier mince d'une coloration plus claire.

Excellent combustible. Mêmes emplois industriels que les chênes précédents. L'écorce renferme beaucoup de tanin, et est très employée pour le tannage des peaux; sa partie interne contient une matière jaune, astringente, très utilisée pour la teinture des laines, de la soie, et des papiers; elle fait l'objet d'une notable exportation en Europe.

Emploi cultural. — Essence précieuse pour le reboisement des terrains secs dans les plaines rocailleuses; il est intéressant de l'expérimenter en France.

Chêne écarlate ou Chêne cocciné (Quercus coccinca, Wang. ).

Caractères. — Grand arbre de mêmes dimensions que le chêne quercitron, atteignant comme lui sa plus haute taille dans les régions Sud de son aire. Tronc continu jusqu'au sommet de la cime ovale et étroite, qui a souvent des branches retombantes à leur extrémité.

Feuilles caduques, longuement pétiolées, ovales, ou oblongues, profondément lobées avec des sinus larges, à lobes divergents et denticulés. Ces feuilles, glabres et luisantes sur les deux faces, sont tronquées à la base. A l'automne elles deviennent d'un rouge écarlate.

Glands ovoïdes ou globuleux, de i"" à 2"", 5 de longueur, d'un brun rougeâtre clair, sans pédoncule ou à pédoncule court, solitaires ou disposés par paires, mûrissant à l'automne de la seconde année.

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