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V.NUIOSPEUMKS OU FEUILLUS

Cupule mince, pointue, en forme de tasse arrondie, enchâssant le gland sur un tiers ou la moitié de sa longueur.

Aire géographique. — Canada, États-Unis de l'Est.

Sols. — Essence qu'on trouve fréquemment dans les terrains secs et sablonneux, mais qui préfère les sols meubles, frais, profonds, riches en humus, même s'ils sont calcaires.

Variétés. — On peut citer les variétés latlfolia à l'euillcs très larges, et splendens à grandes feuilles d'un rouge encore plus vif que le type.

Bois et produits. — Bois d'un brun rougeâtre, dur, lourd, solide, à grain serré, avec aubier épais plus foncé.

Essence moins précieuse que le chêne rouge, mais servant aux mêmes usages.

Emploi cultural. — Arbre végétant sur les sols sablonneux, réussissant par exemple en Sologne, et méritant d'être expérimenté en forêt.

Chêne prin {Quercus prinns, Wild.).

Caractères. — Arbre de taille généralement élevée, à tronc droit, souvent sans ramifications jusqu'à i5°^ à 20°^ de hauteur, à cime arrondie, atteignant, comme les chênes précédents, ses dimensions les plus grandes au Sud de son aire (environ 4o°^ de hauteur).

Feuilles caduques, longuement pétiolées, obovales, aiguës, pubescentes à la face inférieure, à dents inégales terminées par une sorte de callosité.

Glands à maturation annuelle, brièvement pédoncules, ovales ou presque cylindriques, gros, longs de 2*'"' à 2'^'°,D, de couleur marron, à saveur sucrée.

Cupule mince, hémisphérique, souvent atténuée à la base, recouvrant un tiers ou la moitié du gland.

Aire géographique. — Haut-Canada, États-Unis de la Nouvelle-Angleterre. Forêts des plaines, collines et pentes rocheuses.

Sols. — De préférence terrains d'alluvions.

Bois. Produits. — Bois dur, lourd, solide, à grain serré, flexible, d'une longue durée même en contact avec la terre, fournissant de bons produits de service et d'industrie, notamment d'excellentes traverses, un parfait combustible et une écorce très riche en tanin.

Emploi cultural. — Essence apte au reboisement des plaines basses et des alluvions, et qui donne un bois de premier ordre. On peut la planter utilement au bord des cours d'eau et des marécages.

Chêne prinoïde ou chincapin (Quercus pr-inoïdes, Wild.).

Caractères. — Arbrisseau de 1°^ à 2"^ de hauteur, pouvant parfois atteindre S*". Feuilles caduques, dentées, grossièrement ondulées.

Glands à maturation annuelle, très abondants, sans pédoncule ou à pédoncule court, d'une teinte marron clair, à pointe émoussée, couverts d'un duvet pâle, longs de i'^"',a à 2''"', 5.

~ Cupule mince recouvrant au moins la moitié du gland.

Essence remarquable par sa faculté d'émettre des quantités de drageons.

Aire géographique. — États-Unis (Nouvelle-Angleterre). Sols. — Terrains secs, pentes rocheuses, sols sablonneux. Bois. — Très bon combustible.

Emploi cultural. — Essence à expérimenter, en raison de ses nombreux drageons, pour la fixation des pentes sèches et rocailleuses.

Cliène à feuilles de saule (Çuer-cus phellos, L.).

Caractères. — Arbre pouvant atteindre 20^ de hauteur, très ornemental par son gracieux et léger feuillage, qui devient d'un beau rouge à l'automne.

Feuilles de forme allongée, comme celles des saules, mesurant en moyenne lo*"'" de longueur sur 2*^" seulement de largeur, à bords ni lobés ni dentés, mais un peu contournés. Ces feuilles caractéristiques se terminent par un petit mucrou aigu mais non vulnérant, de i"^™ h 2°^™ de longueur.

Dans nos régions d'Europe, on dit que ce chêne a l'inconvénient d'être sujet aux gélivures, sauf dans l'Ouest et le Midi.

Aire géographique, climat, station. — États-Unis de l'Est, spécialement stations humides.

Sols. — Terrains frais, même très mouillés. En France, il réussit même sur les sols secs.

Emploi cultural. — Essence méritant d'être expérimentée, au point de vue forestier, dans les parties marécageuses des dunes de Gascogne, et, au point de vue ornemental, intéressante à planter dans les parcs. E le croît très vite dans 'e jaune âge.

Chêne de Banister ou à feuilles d'yeuso {Q. Banisteri vel ilicifolia^ Wang.).

Caractères. — Petit arbre ne dépassant guère 3^ à 4™ de hauteur moyenne, mais pouvant atteindre parfois 8"^. Tronc covirt. Branches raides, tortueuses, minces, constituant une cime arrondie, large ou plate.

Glands mûrissant à l'automne de la seconde année, produits en très grande abondance, groupés généralement par paires, sans pédoncule ou à pédoncule court, d'une forme variable, d'une longueur de i^'"' à i'^",5, d'une teinte brun clair brillant, plus ou moins striés dans le sens de leur longueur.

Essence très rustique, qui rejette bien de souche, et peut fournir de bons fourrés de chasse.

A^ire géographique. — Nord-Est des Etats-Unis, en coteaux stériles.

Sols. — Essence poussant dans les sols les plus arides et les plus secs, siliceux ou rocheux, mais redoutant le calcaire.

Bois. — Bois sans autre valeur que le chaufîagc.

Emploi cultural. — Chêne utilisable pour repeupler les sables les plus pauvres, où aucune autre essence ne peut végéter, constituant d'excellents couverts à gibier, et garnissant bien les sous-bois.

Ses glands produits en quantité considérable sont très appréciés du gibier, i:Otamment du faisan.

Chêne à gros frmts {Quercus macrocarpa, Mich.).

Caractères. — Le chêne à gros fruits est l'un des plus grands et des plus beaux qui existent. Il peut atteindre 3o''*^ à (^o°i de hauteur.

Feuilles profondément découpées en 5 à 7 lobes arrondis.

Gland mûrissant à l'automne de la première année, de forme variable, généralement ovale, long de 2"^'" à S*"^, à sommet arrondi et aplati, couvert d'un duvet pâle.

Cupule épaisse, hémisphérique, recouvrant le gland au moins sur un tiers de la longueur.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. I27

Les écailles de la cupule sont pâles, duveteuses, épaissies à leur hase, à, bouts pointus; celles du haut de la cupule se terminent en franges plus ou moins distinctes.

Aire géographique. — Amérique du Nord, spécialement États-Unis de la Nouvelle-Angleterre.

Sols. — Essence affectionnant les sols frais, profonds, fertiles des vallées, cl supportant assez bien le calcaire.

Bois. Produits. — Bois lourd, dur, souple, à grain serré, durable, très solide, d'une couleur brun clair. Aubier mince, plus clair. Arbre des plus précieux pour tous travaux de construction et d'industrie, aussi estimé que le chêne blanc.

Emploi cultural. — Excellent chêne de futaie, en bon terrain.

Chêne blanc (Çuercus alba, L.).

Caractères. — Grand arbre américain atteignant en moyenne 3o"^ à 40°^^ de hauteur sur i'^^ à 2°^,5o de diamètre, à écorce d'un gris clair, presque blanche, très riche en tanin.

Feuilles généralement découpées en 7 lobes.

Glands mûrissant à l'automne de la première année, solitaires ou groupés par deux, sessiles ou à pédoncule court, ovales ou oblongs, arrondis au sommet, d'un brun marron, longs de i''"',5 à 2'"\5.

Cupule profonde et hémisphérique, enchâssant le gland sur un quart ou un tiers de ?a longueur.

Ecailles de la cupule d'un blanc laineux, avec de nombreuses bosses à la base.

Ces glands sont doux et comestibles, parfois employés comme succédanés du café, et mangés comme des châtaignes après avoir été cuits à l'eau.

Aire géographique. — États-Unis de la Nouvelle-Angleterre.

Sols. — Essence croissant bien dans les terrains les plus variés, secs ou humides.

Bois. Produits. — Bois soHde, lourd, dur, souple, à grain serré, durable, d'une teinte brunâtre. Aubier mince, plus clair.

Essence employée pour la construction des navires, des maisons, des voitures, des instruments agricoles, la fabrication des traverses, etc. Combustible parfait. C'est l'un des plus précieux chênes américains.

Emploi cultural. — Essence de reboisement de premier ordre dans l'Amérique du Nord-Est.

Chêne bicolore (Quercus bicolor, Wild.).

Caractères. — Arbre de taille moyenne (20°^ à 25^^^ de hauteur) à tronc droit, parfois divisé.

Feuilles à lobes émoussés.

Glands mûrissant dans l'année, solitaires ou disposés par groupes de trois, portés sur des pédoncules généralement allongés (2''™, 5 à lo*^""), d'une teinte marron clair, arrondis ou pointus, longs de 2'''" à 3*^°', couverts d'un duvet pâle au sommet.

Cupule épaisse, hémisphérique, enchâssant à peu près le tiers du gland.

Aire géographique. — États-Unis de l'Est (Nouvelle-Angleterre).

Sols. — Terrains humides en bordure des rivières et des marais.

Bois. — Bois ayant les qualités moyennes du genre. Aubier mince, difficile à distinguer.

Emploi cultural, — Essence à expérimenter sur les sols mouillés, situés dans le voisinage des eaux.

Chêne de Muhlenberg {Quercus Muhlenbergii, Engelm.).

Caractères. — Arbre de petite ou de moyenne taille (lo"^ à i5™ de hauteur, svir o"\3o de diamètre), mais atteignant So^^ de hauteur dans le bassin du Missi?sipi.

Tronc muni de contre-forts à sa base.

Feuilles à dents larges, recourbées et glanduleuses au sommet, à bords on Iules.

Glands mûrissant dans l'année, sessiles ou à pédoncule court, solitaires ou disposés par paires, ovales, d'une teinte marron clair, longs de i'^™ à s'""*, rétrécis et arrondis à leur extrémité, avec un duvet pâle au sommet.

Cupule mince recouvrant environ la moitié du gland.

Aire géographique. — États-Unis de l'Est, sur les pentes sèches, calcaires, rocheuse* des collines.

Sols. — Essence préférant les sols fertiles d'alluvions, mais se contentant de terrains secs et calcaires, même rocheux.

Bois. Produits. — Bois lourd, très dur, solide, à grain serré, durable, brunâtre, avec aubier mince plus clair.

Ce bois est employé à de nombreux usages, notamment à la fabrication des tonneaux, des roues, des barrières, des traverses.

Chêne étoile [Quercus ste/lata, Wang.).

Caractères. — Petit arbre de 4™ à 12"^ de hauteur dans les régions Nord de son aire, de 30°^ à 35°^ dans le Sud.

Feuilles généralement à cinq lobes arrondis.

Glands mûrissant à l'automne de la première année, solitaires ou disposés par paires ou groupes, sessiles ou à pédoncule court, ovales ou oblongs, de i'^'",5 à 2*^™ de longueur, généralement couverts d'un duvet pâle au sommet.

Cupuie enchâssant le tiers ou la moitié du gland.

Aire géographique. — Essence originaire du Sud de l'Ontario, et répandue dans tous les États-Unis de la Nouvelle-Angleterre,

Bois. Produits. — Bois très lourd, à grain serré, durable même en contact avec le sol, d'une couleur brunâtre, avec aubier mince plus clair; utilisable, quand la taille de l'arbre le permet, pour de nombreux usages : fabrication des traverses, des barrières, etc.

Excellent combustible.

Chêne de Moru (Quercus dilatata, Lindl.).

Caractères. — Arbre presque toujours vert, de taille élevée (30°^ à 35"^ de hauteur sur 2^ à 3"^ de diamètre), à tronc droit.

Aire géographique, climat, station. — Essence habitant l'intérieur de la région de l'Himalaya, et s'étendant vers l'Ouest, du Népaul à l'Afganistan. Elle forme une ceinture de forêts au-dessus des chênes de Ban et au-dessous des chênes de Karshu, à des altitudes de 2000™ à 3ooo°^.

Bois. Produits. — Bois brunâtre, teinté de rouge, très dur, assez durable, un peu difficile à travailler, se courbant et se fendant à la dessiccation, employé aux constructions et à la fabrication des instruments agricoles, des traîneaux, des tonneaux, fournissant un bon chauffage et une écorce à tan appréciée.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. liQ

Chêne de Ban (Ouercus incana, Roxb.).

Caractères. — Arbre toujours vert, d'assez grande taille, pouvant atteindre 25'" à 3o'^ de hauteur sur 2"^ de diamètre.

Aire géographique. — Essence de l'Himalaya, s'étendant du Népaul à rindus, à des altitudes de 1200"' à 2500^", se rencontrant encore dans les collines de Shan en Birmanie.

Elle forme une ceinture de forêts au-dessous du chêne de Moru, se mélangeant avec lui à la limite supérieure de son aire.

Bois. Produits. — Bois rouge, très dur, sujet à se fendiller et à se courber à la dessiccation, mais offrant une belle section radiale.

En raison des défauts qu'il présente à la dessiccation, il est peu employé dans les constructions et l'on s'eu sert principalement pour le chauffage.

Chêne gris (Quercus Delavayi, Fraiich.).

Grand chêne du Yunnan, à rameaux gris et velus, à jeunes feuilles couvertes de poils fauves sur les deux faces, à feuilles adultes tomenteuses seulement en dessous, à pétiole de 2'"' à 2'''", 5 de longueur légèrement pubescent, à limbe arrondi à la base et atténué au sommet, épais, coriace, long de S*^"" à 10"^'" portant des dents sur la moitié ou le tiers inférieur.

Le gland est sessile, avec une cupule de 4"^^^^ à 5"^*^ de hauteur, légèrement velue.

Ce gland est légèrement pubescent, long de 5°^"^ à 6°^°^ et dépassant à peine la cupule.

Chêne de Tchen-Kéou {Quercus Fargesii, Franc!!.).

Arbre du Su-Tchuen, qu'on trouve près de Tchen-Kéou-pin, vers i4oo™ d'altitude.

L'écorce est glabre; les feuilles ont un pétiole long de 3*^™, un limbe de 12'''" à i^y™, épais, papyracé, rond à la base, aigu à l'extrémité, à dents rigides, glabre sur la face inférieure,

La cupule velue a 'ymm à S'^^ de longueur.

Le gland est ovoïde-globuléux, d'un diamètre d'environ i"^™.

C'est sur le tronc de cet arbre en décomposition que les Chinois cultivent le champignon Hiang-Kun.

Chêne du Su-tchuen (Quercus sutchuenensis, Francli.).

Petit arbre du Su-tchven, qu'on trouve aux environs de Tchen-Kéou-tin, et qui se rapproche du Quercus lanuginosa (Don); mais les feuilles sont à peine dentées et presque glabres sur la face inférieure.

Chêne du Yunnan {Quercus yunnanensir^ Franch.).

Très bel arbre du Yunnan, qui entre dans la composition des forêts de Talong, près Tapin-tze et de Mon-gni-chan.

Les feuilles sont subsessiles, obovales, longues de 18"" à 25*^" sinuées-dentées, glabres sur la face supérieure, tomenteuses grisâtres sur la face inférieure, avec des nervures secondaires très rapprochées, spécialement vers le milieu du limbe.

FLORE FOKfcSTIERE GENERALE DU GLOBE.

Chênes du Japon.

Parmi d'autres chênes qu'il serait intéressant d'expérimenter, citons :

Quercus dentata (Thun), à feuilles caduques, habitant le Japon.

Ouercus glauca, à feuilles persistantes, originaire du Japon subtropical,

Quercus gil^a, chêne du Japon, à essayer dans le Sud de l'Europe, en raison des qualités d'élasticité de son bois.

Quercus glandulifera, essence du Japon et de l'Asie orientale, à feuilles caduques, remarquable par sa faculté de pouvoir réussir dans les terrains secs et rocheux.

Quercus serrata (Thun), arbre du Japon.

Quercus mongolica (Fisch.) du Japon et de l'Asie orientale.

Diverses espèces ornementales de chênes.

Parmi les diverses espèces de chênes pouvant servir à l'ornementation des parcs, citons les suivants :

Quercus imbricaria (chêne à lattes), à feuilles se colorant en rouge violet à l'automne, ayant une bonne végétation dans les régions du centre de la France, notamment en terrains frais et même humides où il peut atteindre 20°^ de hauteur.

Quercus egilops (chêne de Vélani), originaire d'Orient et présentant une belle végétation.

Quercus falcata (chêne à feuilles en faux), espèce américaine qui donne à l'automne les feuilles les plus rouges et peut atteindre plus de 16^ de hauteiu* dans les sols frais et fertiles.

Quercus nigra (chêne noir d'Amérique), petit arbre de 10^ de hauteur au maximum, se contentant de sols argilo-caillouteux, et dont la variété atropurpurea fournit de grandes feuilles pourpres produisant un aussi joli effet que celles du hêtre pourpre.

Quercus cuneata, de l'Amérique du Nord, remarquable par ses belles feuilles.

Quercus lyrata (chêne à feuilles en lyre),' qui se distingue par la beauté de son feuiUage, mais est peu rustique sous le climat de Paris.

Quercus r)iacranthera, à feuilles très larges, d'un beau vert foncé.

Quercus pannonica, dont les grandes feuilles, très découpées, sont d'un vert brillant en dessus, d'un vert argenté en dessous.

Quercus austriaca sempervirens (chêne de Turner), chêne vert, vigoureux et rustique, à grandes feuilles persistantes, aussi larges que celles des chênes rouvre et pédoncule; il peut se cultiver, dans les parcs, en touffe ou en tige.

GENRE PASANIA [Pasania).

Le genre Pasania, qui comprend une centaine d'espèces, est très voisin du genre chêne.

On le trouve dans les régions Indo-Malaises et dans les forêts voisines de l'Océan Pacifique.

Une espèce de la Chine occidentale est à citer particulièrement : c'est le Pasania

variolosa.

Pasania variolosa ( Franch.).

Grand arbre du Yunnan, qu'on trouve vers 2500°^ d'altitude dans les forêts de Ma-cul-chan, de Kichan, de Hee-chanmen.

Les feuilles sont persistantes, à pétiole long de i'^'",5 à 2'^'", à limbe ovale-Ian-

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. l3l

céolé, acuminé, atténué à la base, entier, épais, luisant et un peu visqueux sur la face supérieure, glauque sur la face inférieure.

Les cupules, dans le jeune âge, sont couvertes de tubercules arrondis, représentant les soinuiels des écailles et s'oblitérant par la suite.

l'dsania glabra.

Originaire des régions subtropicales du Japon, fournissant un bois très dur, élastique, excellent pour la fabrication des manches d'outils, considéré comme supérieur aux frênes d'Europe, apte à être expérimenté dans le Sud-Est de la France.

Pasania densijlora.

Originaire des cô les de la Californie; acclimatation intéressante.

GENRE HÊTRE (F«gns).

Caractères du genre hêtre (Fagus). — Feuilles isolées, simples, pourvues de stipules libres et caduques, à limbe penninerve denté.

Fleurs mâles au nombre de 6 à i6 sur un chaton globuleux pendant à l'extrémité d'un fin pédoncule allongé.

Chaque fleur mâle est composée d'un calice à 5 divisions inégales et comprend lo à 20 étamines à fdets allongés et un ovaire rudimentaire.

Fleurs femelles par deux, dans un involucre à 4 lobes, hérissé de pointes molles et poilues.

Chaque fleur femelle est constituée par un calice de 4 à 9 sépales plumeux et par un ovaire à 3 loges biovulées (3 carpelles) surmontées de 3 stigmates allongés. Les six ovules sont anatropes pendants et mimis de deux téguments.

Chacune de ces fleurs femelles ne donne, par suite d'avortement, qu'une seule graine ou faine, rarement deux.

Ces faînes sont trigones, à péricarpe mince, sec et brun; elles sont contenues dans l'involucre ligneux, épineux et à 4 valves.

Cotylédons irrégulièrement plissés, féculents et huileux, épigés au moment de la germination.

Bois lourd, dur, homogène, formé de tissu fibreux à parois épaisses, associé à du parenchyme en lignes courtes et concentriques, et à des vaisseaux plus fins et plus espacés au bord externe de chaque couche annuelle.

Rayons médullaires inégaux, minces, hauts, donnant de belles maillures.

Genre constitué par des arbres habitant l'Europe moyenne, les régions de l'Est des Etats-Unis, le Chili, et la Terre de Feu; la principale espèce est le liêtre commun [Fagus sylvatica, Lin.).

Hêtre conamun (Fagus sylvatica., Lin.),

Caractères. — Un des arbres forestiers les plus importants en raison de l'étendue des surfaces qu'il occupe.

Essence pouvant atteindre 35°^ à 4o*^ de hauteur sur i'" à 2"^ de diamètre; cime ovale ou conique; tronc ordinairement droit et cylindrique.

Ecorce d'abord grise verdâtre, puis grise cendrée, mais restant lisse et mince.

Feuilles caduques, pétiolées, ovales, courtement acuminées, dentées, ciliées sur les bords, glabres, d'un vert brillant sur les deux faces, alternes.

Bourgeons allongés, pointus, distiques, recouverts de nombreuses écailles imbriquées.

Stipules latérales caduques.

Fleurs monoïques.

Fleurs mâles réunies en chatons globuleux, pendants à l'extrémité d'un long et grêle pédoncule; chaque fleur mâle a un périgone campanule à 5 divisions et lo à 20 étamines.

Fleurs femelles disposées par deux, dans un involucre quadrilobé, hérissé de pointes molles et duveteuses; chaque fleur femelle est formée d'un périgone adhérent à limbe divisé en 4 à 9 filets plumeux, et d'un ovaire triloculaire (3 carpelles), à 2 ovules dans chaque loge, avec 3 stigmates allongés (un stigmate audessus de chaque loge).

Fruit constitué par i ou 2 faines trigones, dans un involucre péricarpoïde, ligneux, épineux, à 4 valves.

Cotylédons plissés, féculents, huileux, épigés.

Arbre à couvert très épais, chez lequel la production foliacée est considérable; c'est, par suite, une espèce essentiellement améliorante pour le sol.

n demande un abri dans son jeune âge; car il redoute alors les insolations trop vives, aussi bien que les gelées printanières, en raison de la précocité de ses feuilles et de ses fleurs. C'est par excellence une essence d'ombre.

Ses bourgeons proventifs sont rares et ont généralement peu de vitalité.

Les bourgeons qui apparaissent le plus souvent sur la section, entre l'écorce et le bois, sont des bourgeons adventifs.

En revanche, le hêtre est peu exposé à se couvrir de branches gourmandes. " En montagne, dans le midi de la France, il repousse assez bien de souche, et ses rejets sont d'autant plus abondants que la lumière est plus vive. Dans ces conditions, il y a en efïet plus de bourgeons adventifs et même proventifs.

Enracinement d'abord pivotant dans les premières années, puis devenant traçant, peu profond dans les sols superficiels, mais très étendu en surface.

En général les racines fournissent peu de drageons, sauf parfois dans les terrains calcaires peu profonds.

Fructification vers 60 à 80 ans en massifs, vers 4o à do ans chez les arbres isolés.

Faînées complètes seulement tous les 5 à 6 ans, pour les hêtres placés dans les conditions les plus favorables.

La faîne se conserve difficilement ; il faut donc la semer dès l'automne, à moins de la conserver en silos.

Aire géographique, climat, station. — Aire s'étendant, du Sud au Nord : de la Sicile jusqu'au delà de Christiania en Norvège; et, de l'Est à l'Ouest : de la Caspienne au littoral de l'Océan Atlantique.

Essence s'élevant en montagne jusqu'à i^oo"^ dans les Vosges, 1600°^ dans le Jura, i65o°^ dans les Alpes, 1800°^ dans les Pyrénées.

On trouve le hêtre partout en France, sauf dans les plaines et sur les coteaux brûlants des départements du Midi, où la pluie ne tombe que dans une proportion insuffisante:

C'est seulement dans les régions du Nord, vers les côtes de la Baltique, qu'il devient l'arbre des plaines.

Les expositions du Nord et du Nord-Ouest lui conviennent particulièrement.

C'est une essence des climats tempérés, mais qui exige une atmosphère assez humide.

Sols. — Le hêtre affectionne les sols meubles et frais, quelle que soit leur composition minéralogique; il végète aussi bien sur les terrains siliceux des Vosges et granitiques du Morvan que sur les calcaires du Jura. Cependant ses préférences

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semblent être pour les sols calcaires filtrants, même pierreux. Il refuse les sols compacts et marécageux.

Il exige une grande quantité de principes minéraux.

Races. — Parmi les variétés intéressantes, il faut signaler les suivantes :

Purpurea, hêtre à feuilles pourpres, remarquable par son beau feuillage d'un rouge noir, et dont les semis donnent environ 3o pour loo de sujets pourpres,

Laciniata, hêtre à feuilles laciniées, très profondément et gracieusement découpées.

Crispa, hêtre à feuilles crépues, dont le limbe est ondulé.

Pendula, hêtre pleureur, à raineaux retombants, d'un effet très ornemental.

Tortuosa, hêtre tortillard, à rameaux à la fois retombants et tortueux,

Foliis argenteis (^ariegatis, à feuilles panachées de blanc.

Castaneifolia, à feuilles de châtaignier.

Quercifolia, à feuilles de chêne.

Rotundifolia, à feuilles rondes.

Zlatia, à superbes feuilles d'un jaune d'or.

Bois. — Bois d'une teinte blanchâtre au moment^ de la coupe, devenant ensuite rougeâtre clair (tout à fait rouge au centre sur certains exemplaires âgés et de qualité inférieure), assez homogène, lourd, d'une densité moyenne de o,75o, à vaisseaux égaux, exposé à la vermoulure, résistant mal aux intempéries, manquant de souplesse; aubier non distinct.

Rayons médullaires inégaux, les uns fins et nombreux, les autres gros et espacés; ils fournissent de jolies maillures.

Accroissements annuels irréguliers. Les premiers, jusqu'à l'âge de 5 à 6 ans, sont peu épais; puis ils augmentent vers 4o à 45 ans, moment où l'arbre atteint son maximum d'allongement; à loo ans le hêtre, en général, ne croît plus en hauteur.

Produits. — Le bois, se travaillant facilement et s'injectant bien par les antiseptiques, est employé à de nombreux usages : meubles de cuisine, brosses, chaises, étaux de boucherie et de charcuterie, sabots, boîtes diverses et caisses , cuillers et fourchettes, bois de soufflet, objets de boissellerie, arceaux de selle» jougs, formes de cordonniers, pelles, merrains, rames, sciages divers.

Il fournit de bonne pâte à papier.

Il donne des charpentes passables et se conserve assez bien dans l'eau et comme étais de mines.

Il s'injecte très complètement et ses traverses de chemins de fer sont alors de longue durée; cependant les hêtres au cœur rouge font exception à cette règle et s'injectent mal.

Le chauffage du hêtre est de bonne qualité. Il brûle avec une flamme vive et dégage beaucoup de chaleur rayonnante, en restant longtemps incandescent.

Le charbon est un des meilleurs qui existent.

C'est une essence avantageuse à distiller pour la production de l'alcooLde bois et de l'acide pyroligneux.

La faîne contient environ i6 pour loo en poids d'huile grasse non siccative, comestible quand elle est exprimée à froid, et toujours apte h servir à l'éclairage et à la fabrication des savons verts.

La faîne est aussi utilisée pour l'alimentation des porcs.

Emploi cultural. — Essence excellente pour la création des futaies, spécialement en mélange avec le chêne rouvre.

Ce mélange des deux essences, l'une de lumière (le chêne), Vautre d'ombre (le hêtre), donne les résultats les meilleurs, notamment ceux-ci :

l34 FLORE FOUESTIÈRE GÉNÉKALE DU GLOBE.

Plus grand nombre de tiges obtenues à l'hectare, en raison de la différence des

enracinements.

Détritus abondants fournis par un feuillage considérable, et maintien de la fraîcheur sur le sol.

Protection du fût des chênes contre la production des branches gourmandes. Satisfaction des exigences variées de la consommation, en raison de la différence

d'emplois des deux essences associées.

Cependant le couvert épais du hêtre, et sa faculté de vivre longtemps à l'ombre en font une essence envahissante ; le sylviculteur doit maintenir dans de justes limites cette tendance du hêtre, en protégeant les essences plus précieuses.

Ennemis du hêtre. — Le hêtre a peu d'ennemis dangereux.

Parmi les coléoptères, nous trouvons :

Dorcheste du hêtre, petit charançon sauteur, qui ronge les bourgeons ou les feuilles, et dépose dans leur parenchyme sa larve produisant des taches blanches, dues aux galeries ouvertes entre deux couches d'épiderme.

Les hostriches divers, qui peuvent produire la vermoulure.

Parmi les lépidoptères :

L'orgye pudibonde, chenille qui, à la fin de l'été, peut détruire les feuilles, sans qu'il en résulte un dommage important en raison de la saison avancée.

Le carpocapsa grossara, dont la larve rend la faîne véreuse.

Parmi les hémiptères :

Le kermès du hêtre, insecte revêtu dun duvet blanchâtre et produisant des sortes de pustules sur l'écorce.

Deux diptères, la cécydomie du hêtre, et la cécydomie annulipède, peuvent occasionner, en pondant sur les feuilles, des excroissances habitées par leurs larves.

Comme champignons, nous pouvons voir le phytophthora omnivora, destructeur des cotylédons et, des jeunes feuilles, Verysiphe guttata qui produit des taches blanches, et le sphserella fagi des taches brunes sur les feuilles, le ncctria ditissima causant des chancres sur l'écorce.

Les plaques blanches de l'écorce du hêtre sont ducs à divers lichens, notamment au graphys scripta et au rerrucaria hiformis.

Hêtre à grandes feuilles.

Fagas grandifolia {Warh.), Fagus ferruginea (Ait.),

Fagus americqna (Sweet.).

Caractères. — Grand arbre atteignant 20"^ à 3o"'' de hauteur, sur o'",oo à i"',5o de diamètre, à branches nombreuses constituant une large cime arrondie, oblonguc ou ovale.

Feuilles plus grandes que celles du hêtre conunun, cl prenant à Tautomne une teinte d'un jaune foncé.

Enracinement d'abord pivotant, puis s'étendant sur une vaste superficie près de la surface du sol.

Faînes de i^"' à i*^"\5 de longueur, trigones, pyramidales, d'une saveur douce, comestibles.

Aire géographique. — Élats-L'nis, spécialement les Etats de la Nouvelle- Angleterre.

Sols. — De préférence sols rocailleux et frais, même humides.

Bois. Produits. — Bois dur, solide, flexible, à grain très serré, d'un brun clair ou foncé, peu durable à l'extérieur, à moins qu'il ne soit injecté aux antiseptiques.

ANGIOSPERMES OU FEUILMS. I )">

Oïl l'utilise en menuiserie commune, notamment pour la fabrication des chaises des manches d'outils.

C'est un combustible estimé.

Parmi les hêtres exotiques, citons fagus japonica, qu'on trouve au Japon, et dans l'Asie orientale.

GENRE NOTHOFAGUS.

Le genre notho fagus est très voisin du genre fagus.

Toutes ses espèces appartiennent à l'hémisphère Sud (Nouvelle-Zélande, Australie, Terre de Feu, Chili, Argentine méridionale).

Hêtre antarctique {Nothofagus antarctica, Frst.V ("Nom local : A'^tVre. )

Arbre à feuilles caduques, atteignant en moyenne i5"^ à 20™ de hauteur, sur o™,5o à i'^^ de diamètre, à écorce d'un gris rougeâtre, assez ridée et crevassée.

Bois blanc, compact, assez élastique, tendre, léger, d'une durée suffisante, très employé pour les travaux de charpente et de menuiserie.

On le trouve dans l'Argentine méridionale et à la Terre de Feu. Dans cette dernière contrée on découvre des variétés sublobata, palustris, subalpina, propres à la flore fuégienne.

Hêtre Rauli [Nothofagus procera, Poepp et Endl. ). ( Nom local : Rauli.)

Arbre à feuilles caduques, pouvant atteindre 20^^^ à 20"^ de hauteur sur 0*^,70 de diamètre, à écorce d'un gris rougeâtre, ridée et crevassée.

Bois rose blanchâtre, à grain fin, compact, élastique, solide, assez tendre et léger, d'une notable durée, excellent pour tous travaux de construction et de menuiserie. On le rencontre dans l'Argentine méridionale et le Chili.

Hêtre oblique {Nothofagus obliqua^ Mirb.). (Nom local : Roble.)

Arbre pouvant atteindre 20'" à 25^^^ de hauteur sur o'^,do à i™ de diamètre, à écorce d'un gris rougeâtre, crevassée.

Bois blanc rosé, compact, élastique, tendre, léger, d'une bonne durée, trèsemployé pour tous travaux de charpente et de menuiserie.

On le trouve dans le Sud de l'Argentine et les provinces méridionales du Chili.

Hêtre Coihxie {Nothofagus Dombeyi, Mirb.). (Nom local: Coihue.)

Arbre atteignant en moyenne 20'^ à 25°^ de hauteur svir o™,75 à i"^ de diamètre, à écorce rougeâtre, assez ridée et crevassée.

Bois blanc, compact, assez élastique, tendre, léger, d'une bonne durée, excellent pour tous travaux de charpente et de menuiserie.

Il habite le Chili méridional et la Patagonie.

Hêtre bétuloïde {Nothofagus betuioïdes, Mirb.). (Nom local : Koigue.)

Arbre à feuilles toujours vertes, ayant i5™ environ de hauteur sur o™,5o de diamètre, à écorce peu épaisse, d'un gris foncé, peu crevassée.

Bois blanchâtre, compact, élastique, tendre, léger, dune bonne durée, excellent pour tous travaux.

Essence spéciale aux forêts de la Terre de Feu.

l36 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Hêtre piunilio {Nothofagus pumilio, Poepp et Endl.). (Nom local : Koyan.)

Arbre ne dépassant pas, en général, 8™ de hauteur sur o™,3o de diamètre, à écorce mince, grisâtre, peu crevassée.

Bois blanc, compact, non élastique, tendre, léger, d'une durée moyenne, de qualité ordinaire, employé comme chauffage ou pour les travaux rustiques.

Essence habitant le Chili méridional et la Patagonie.

Hêtres néo-zélandais et tasmaniens.

Dans le genre Nothofagus, les espèces qui habitent la Nouvelle-Zélande et la Tasmanie sont bien différentes de celles qui appartiennent aux régions méridionales de l'Amérique du Sud et de la Terre de Feu. On peut, parmi elles, citer les suivantes :

N. Cunninghami, Gunnii, Menziesii, Solanderi, Fusca, Cliffortroïdes.

GENRE CHATAIGNIER [Ca^tanea).

Caractères du genre châtaignier {Castanea). — Feuilles isolées, simples, dentées.

Fleurs mâles en chatons cylindriques interrompus et dressés, chaque fleur est constituée par un calice de 5 à 6 divisions et par une douzaine d'étamines.

Fleurs femelles par trois, dans un involucre commun; chaque fleur est constituée par un calice de 5 à 8 dents et par un ovaire à 6 ou 8 loges biovulées, surmontées d'un style à 6 ou 8 stigmates.

Fruit formé de l'involucre ligneux et épineux, s'ouvrant en 4 valves et contenant I à 3 graines ou châtaignes.

Cotylédons adhérents entre eux, féculents, hypogés à .l'instant de la germination.

Bois formé de tissu fibreux à parois minces, entremêlé de parenchyme disposé eu petites lignes courtes et concentriques, et de vaisseaux inégaux, les plus gros au bord interne de chaque accroissement, les plus fins dessinant des bandes ] blanchâtres, rayonnantes et flexueuses.

Bois dépourvu de maillures; ce qui le différencie du genre chêne.

Aubier mince, mais très distinct.

Châtaignier commun {Castanea vulgaris, La m.)

I. Caractères. — Le châtaignier est un grand arbre pouvant atteindre 3o" de hauteur environ sur 4™ de diamètre.

Les feuilles sont alternes, simples, longues de 20'^"' en moyenne, lancéolées, acuminées, dentées, accompagnées de petites stipules fugaces.

Les fleurs mâles sont disposées en petits glomérules munis d'une bractée et constituant de longs chatons cylindriques, interrompus, dressés. Chaque flein? est formée d'un périgone campanule, à 5 ou 6 divsions, entourant 10 à 12 étamines.

Les fleurs femelles sont réunies par trois dans un seul involucre composé de bractées soudées. On les trouve à la base des chatons mâles supérieurs. Chaque fleur femelle est constituée par un périgone adhérent, de 5 à 8 dents, comprenant 6 à 8 étamines généralement stériles et un ovaire infère de 6 à 8 loges biovulées, surmonté d'un style court ayant 6 à 8 stigmates.

L'involucre fructifère péricarpoïde, de consistance presque ligneuse, s'ou^'Te en 4 valves revêtues d'épines; il contient un à trois fruits arrondis ou tronqués,

ANGIOSPERMES OU FEUILLtS. iSy

à péricarpe mince, sec et brun, marqué d'une large cicatrice à la place du hile : ce sont les châtaignes.

Graines à cotylédons adhérents entre eux, hypogés à la germination.

Elevé en massif, le châtaignier possède un tronc très droit et une ramification réduite; il fructifie alors vers l'âge de 4o à 60 ans.

A l'état isolé, cette essence acquiert peu de hauteur et fournit une cime étalée; dans ce cas sa fructification se produit vers l'âge de i5 à 20 ans.

Sa croissance est rapide jusqu'à l'âge de 5o ans, sa longévité remarquable; son couvert est assez épais, en raison des grandes dimensions des feuilles et de leur direction horizontale.

Les bourgeons proventifs du châtaignier sont très nombreux; par suite ils donnent beaucoup de rejets, et forment de remarquables cépées.

L'enracinement est constitué d'abord par un pifot, puis par de fortes racines latérales.

IL Aire géographique, climat, station. — Le châtaignier est un arbre des climats tempérés et un peu chauds de l'Europe, de l'Asie et de l'Amérique.

On le trouve dans l'Europe méridionale, depuis les régions du Caucase jusqu'au Portugal. Il ne dépasse guère le 52^ degré de latitude.

Il prospère surtout sur les coteaux granitiques du Plateau central, du Limousin, de la Corse.

Il pousse bien dans toutes les régions de France, sauf dans celles du Nord. Les expositions Est et Nord-Est sont celles qu'il affectionne particulièrement.

Les grandes gelées sont très nuisibles aux châtaigniers; celles de 1 879-1830 a détruit ou lésé presque tous ces arbres situés au Nord de la Loire.

III. Sols. — Le châtaignier est considéré comme étant essentiellement calci-

En fait, il redoute généralement les terrains calcaires.

Cependant, la véritable cause de ce fait ne réside pas dans le calcium lui-même) car on trouve cet arbre sur certains calcaires plus ou moins modifiés; il croît sur la dolomie ou sur les terres contenant du calcaire à l'état de rognons; en laboratoire, nous l'avons cultivé en solution saturée de carbonate de chaux.

En pratique sylvicole, les terres siliceuses, sablonneuses même, granitiques ou schisteuses, meubles et profondes, sont celles qui lui conviennent le mieux.

Il se plaît dans les sols qui sont frais, sans être trop humides.

IV. Propriétés du bois. — Le bois, blanc chez les jeunes sujets, fauve chez les arbres d'un certain âge, est dur et tenace, léger, facile à travailler, flexible, fissile, résistant à l'humidité.

Il est formé de tissu fibreux associé aux vaisseaux et entremêlé de parenchyme ligneux disposé en petites lignes courtes, concentriques, \àsibles seulement au microscope.

Les vaisseaux sont inégaux; les plus gros sont situés au bord interne de chaque accroissement. Les accroissements annuels sont bien distincts; l'aubier blanc, très tranché, est toujours mince et ne comprend que deux à auatre couches annuelles.

La densité du bois parfait varie de o,55o à 0,7/^0.

Le bois ne contient pas de rayons médullaires comme celui du chêne, et par suite est dépourvu de maillures.

Ce fait que le bois du châtaignier n'est pas maillé le difîérencie nettement de celui du chêne,

V. Produits. — a. Produits ligneux. — Le bois du châtaignier est apprécié pour la charpente. Il donne de bon merrain. Traité en taillis, il iournit des pièces

lo8 FLORE FORKSTIKRE GENERALE DU GLOBE.

de première qualité pour la fabrication des cercles, des lattes, des échalas; et cela se conçoit, puisque l'aubier est d'une faible épaisseur.

Le chaulTage est de bonne qualité, mais inférieur à celui du chêne.

Le charbon, léger, est médiocre pour les usages de cuisine, parce qu'il s'éteint vite à l'air; au contraire, il est recherché pour les forges et les hauts fourneaux.

b. Tcniin. — L'écorco contient une assez grande quantité de tanin; mais la couleur communiquée au cuir est peu appréciée; au contraire le bois lui-même fournit les extraits tanniques les plus recherchés; aussi cette essence est-elle actuellement exploitée à outrance.

100"^^ de bois de châtaignier donnent en moyenne aS''* d'extrait brut à 20° Banmé.

Cet extrait est utilisé pour colorer les soies en noir.

Le bois de châtaignier, après avoir fourni l'extrait tannique, peut être utilisé pour divers usages.

On en fabrique des briquettes pour le chauffage des chaudières. On peut encore le transformer en cellulose.

c. Alcool. — Les copeaux de bois de châtaignier, après extraction du tanin, peuvent être employés à la fabrication de V alcool méthylique, on esprit de bois, par distillation. Cet esprit de bois, distillé avec du chlorure de chaux, fournit du chloroforme. Il sert aussi pour alcooliser les vins artificiels.

L'esprit de bois brut, moins cher que l'alcool ordinaire, est utilisé pour l'éclairage et pour la fabrication des vernis.

d. Fruits. — La châtaigne améliorée par la culture constitue en France une importante production du sol, spécialement dans h Plateau central et la Corse. A 60 ans environ, un châtaignier fournit en moyenne 20''^ à 00"'^ de fruits.

e. Fourrage. — Les feuilles vertes et les ramilles tendres des châtaigniers sont une précieuse ressource pour le bétail, en cas de disette de fourrage.

VL Races. — Parmi les variétés les plus intéressantes du châtaignier la première place appartient à la variété macrocarpa ou variété de Lusignan, qui fournit les très gros fruits appelés marrons de Lyon.

Les variétés foliis alho marginatis ou foliis aureo 'marginatis ont des feuilles marginées de blanc ou de jaune; ce sont des panachures constantes, très décoratives.

On produit beaucoup de variétés ornementales à feuilles panachées ou découpées, que l'on multiplie par la greffe.

VII. Emploi sylvicole. — En pratique forestière, le châtaignier forme les taillis simples qui donnent les plus beaux revenus.

C'est l'essence de choix pour les sols siliceux, granitiques, silico-argileux perméables, dans les régions de plaines ou de montagnes peu élevées de la France centrale.

On peut boiser de suite par semis en forêt.

Le semis en forêt est exposé aux ravages des mulots et des sangliers. Il est donc préférable dans ce cas de semer au printemps, après stratification des châtaignes pendant l'hiver.

Pour le semis, on choisit les petits fruits des arbres sauvages, producteurs de bois.

On sème en paquets, espacés généralement d'un mètre en tous sens, à raison de deux châtaignes par trou, ces châtaignes recouvertes de 4'' ^ 5' de terre.

Deux hectolitres et demi de fruits suffisent pour le boisement d'un hectare.

Pendant les premières années du semis, on peut effectuer, entre les lignes des jeunes plants, des cvdtures sarclées (au grand avantage des châtaigniers).

ANGIOSPERMES OU FEtlLLLi. l3t)

Finalemcul on ne laisse qu'un arbre par poquet, cl Ton éclaircit de manière que les plauls se Lrouvenl à 2'^ les uns des autres.

Si l'on procède non plus par semis mais par plantation, on prend en pépinière des sujets de 2 ou 3 ans, ayant i'" environ de hauteur. On les plante à 2°^ les uns des autres, en tous sens.

VIII. Emploi en arboriculture fruitière. — En arboriculture fruitière, les châtaigneraies consliluenl une des richesses de notre sol français.

On multiplie le châtaignier par le semis ou par la greffe; par cette dernière méthode, on reproduit toutes les variétés.

Semis. — Pour la production des fruits, on doit rechercher surtout les grosses châtaignes.

On peut semer avant ]'hi\er, clans les terrains élevés, après la dissémination naturelle des graines. Dans les sols bas, on sème habituellement en février ou mars, après avoir stratifié les graines. Le semis est elîectué, généralemenl, d"abord en pépinière. La pépinière est établie sur un terrain siliceux, meuble et frais. Les châtaignes sont disposées la pointe en bas à 4o'^'" de distance, dans des raies séparées les unes des autres par un intervalle de 40*^"'. A l'automne de l'année qui suit celle du semis, on repique les jeunes plants à i™ en tous sens.

On laisse ces plants en pépinière pendant 4 ou 5 ans, en se contentant de les émonder avanl la sève du printemps pour former la tige. Puis, on plante à demeure, en châtaigneraie.

Greffage. — La grelle en flûte, effectuée au mois de mai, est la greffe de choix pour le châtaignier. On emploie encore la greffe en fente.

On peut pratiquer aussi, en août et septembre, la greffe en écusso?i: mais elle a donné jusqu'à présent do moins bons résultats.

IX. Ennemis et maladies. — Le châtaignier est plus sujet t(ue les autres arbres à la roulure produite par les gelées, les grands vents, les mutilations.

a. Insectes. — Parmi les coléoptères ennemis du châtaignier, citons d'abord : le hanneton (melolontha i'ulgaris, Linn.), assez rare d'ailleurs chez cette essence, le grand capricorne (cerambyx héros) et le calgue hémiptère {valgus hemipterus) qui creusent des galeries, le premier dans le bois vivant, le second dans le bois abattu, le charançon des châtaignes {balaainus elephas), qui attaque les châtaignes vers le mois d'août pour y déposer un œuf transformé bientôt en ver blanc, Vattelabe [curculionide [aitelabus curculionioîdes), qui enroule autour de son œuf les jeunes feuilles dont il empêche ainsi le développement.

Parmi les lépidoptères mentionnons :

Le bombyx neustrien [bombyx neustria, L.) appelé vulgairement livrée, dont les chenilles détruisent les feuilles des jeunes bourgeons.

Les phalènes, qui s'attaquent également aux feuilles et aux jeunes bourgeons.

Le cossus gâte-bois (cossus ligniperda), qui pond ses œufs sur les écorces, dans la région inférieure du tronc et dont les larves s'introduisent dans le bois.

La noctuelle des moissons (agrostis segetum), dont la chenille appelée ver gris ronge les racines des jeunes plants.

La carpocapse des châtaignes (carpocapsa splendana) de la Iribu des pyrales, dont la larve est un ver de fruit.

Parmi les aphidiens ou pucerons, nous devons indiquer le calypterus castanea:.

b. Cryptogames. — Parmi les cryptogames ennemis du châtaignier, nous pouvons rencontrer sur les feuilles le septoria castaneœ, qui apparaît sous la forme de petites taches noires.

Le pourridié, qui produit le décollement de l'écorce du pied, en détruisant les

l4o FLORK FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

racines, est causé par un champignon basidiomycète de la famille des agaricinées, Varmillaire de miel [armillaria mellea).

Le polypore soufré (polyporus sulfureus) peut attaquer le bois du châtaignier sur les lésions faites aux branches par des émondages et produire la pourriture rouge. Il faut couper le rameau atteint et recouvrir de coaltar la surface de section.

La maladie des taillis de châtaigniers, appelée Javard, porte sur les cépées coupées trop tard, ou d'une manière défectueuse. Elle est due à une sphœriacée, le diplodina castaneœ^ qui attaque l'écorce des jeunes pousses, sous forme de taches brunes; les souches meurent.

Dans les régions exposées au Javard, il faut soufrer ou sulfater ces souches et les enduire ensuite de goudron.

Mais la maladie redoutable entre toutes pour le châtaignier est la maladie de Vencre, ou du pied noir. Cette maladie a détruit en Europe d'énormes quantités de châtaigniers.

Elle est due à un champignon parasite des racines.

Les feuilles de l'arbre atteint jaunissent et tombent dès le mois d'août; les fruits ne mûrissent pas; les racines deviennent molles, spongieuses, à section noirâtre, et laissent suinter un liquide astringent à odeur empyreumatique. L'arbre ne tarde pas à périr.

Chez les arbres restant longtemps malades, des plaques noires apparaissent souvent sur le tronc et les branches, et donnent une suppuration noiz'e, qui tache le pied de l'arbre; d'où le nom de maladie de Vencre ou du pied noir.

Poiir remédier au fléau, on a cherché à utiliser comme porte-greffe le chêne des marais {Quercus palustris), qui affectionne les mêmes terrains que le châtaignier. On a pratiqué aussi la greffe souterraine du châtaignier sur le chêne pédoncule; mais, en raison de la différence des mises en sève, on n'a pas encore obtenu à ce sujet des résultats définitifs.

D'après les expériences actuelles, on pense que le meilleur porte-greffe serait le châtaignier du Japon (Castanea faponica).

C'est un arbre de taille moyenne, plus rustique que le châtaignier d'Europe, tout à fait à Vépreuve de la maladie de Vencre; mais il est de dimensions inférieures; et il faudra voir s'il peut satisfaire à tous les besoins de l'industrie.

C'est une série d'expériences intéressantes à établir. ]

Châtaignier d'Amérique {Castanea americana).

C'est un grand arbre de l'Amérique du Nord, pouvant atteindre 20^ à So*^ de hauteur sur i™ à o,^ de diamètre.

L'écorce est d'une couleur bronzée sur les jeunes arbres; elle est fendillée peu profondément sur les sujets plus âgés.

Les rameaux sont d'un jaune verdâtre ou d'un rouge brun.

Les lenticelles sont nombreuses.

La moelle de l'arbre forme une étoile à cinq pointes.

Les feuilles sont plus grandes que celles de notre châtaignier commun.

Le fruit s'ouvre en 4 valves, et contient généralement 3 châtaignes ovales d'un brun foncé.

Les châtaignes sont petites, mais d'un goût exquis.

La fertilité de cet arbre est remarquable.

C'est une essence extrêmement robuste; à l'état de baliveau de i'",5o à 2^ de hauteur, il réussit dans les sols les plus ingrats.

Il affectionne les terrains dépourvus d'humidité. On le trouve en Amérique sur les collines rocailleuses.

AXGlOïPERMCS OU FKUILLUS. l4l

Il est commun dans les régions de l'Ontario, au sud du Delaware, jusqu'à l'Alabama, On le trouve à l'Ouest jusqu'au Michigan et au Tennessee. Il est répandu aussi dans les régions du Maine, de New-Hampshire, de Connecticut, et surtout dans la vallée do Merrimac.

Le bois d'un rouge brun, avec aubier plus clair composé de trois à quatre couches annuelles seulement, est de bonne qualité; il est léger, tendre, solide, élastique, fissile, résistant à l'humidité; mais il est sujet à se courber et à se fendiller, si on ne le fait pas sécher rapidement.

On l'utilise pour la fabrication de meubles à bon marché, de traverses, de pilotis, de poteaux, de bardeaux.

Les châtaignes sont de qualité supérieure à celles d'Europe. On en récolte dans les forêts des quantités considérables, vendues dans les villes de l'Amérique du Nord.

Châtaignier du Japon {Castanea japonica).

Essence de taille moyenne, généralement plus petite que celle du châtaignier commun; les feuilles sont aussi plus petites. Les fruits sont de grosseur moyenne et de bonne qualité.

Cette essence, qui habite le Japon et la Chine, est plus rustique que le châtaignier d'Europe et supporte facilement de très basses températures. Elle est réfractaire à la maladie de l'encre, et doit à ce titre être essayée comme portegreffe.

Châtaignier chincapin ou Châtaignier nain {Castanea pumila).

Petit arbre de l'Amérique du Nord, d'une hauteur de i\^^ à 12™; il peut être utile pour le boisement des sols sablonneux très secs.

Les fruits épineux s'ouvrent en 2 valves et sont réunis par groupes de 5 à 6 à l'extrémité des rameaux. Chaque ii.volucre ne contient qu'un fruit globuleux de la grosseur d'une noisette, d'un goût parfait; la maturité a lieu en septembre.

Les feuilles sont velues en dessous.

Le châtaignier nain croît entre la rivière de Delaware et celle des Arkansas.

Il fructifie dans tous les terrains.

Le bois est excellent pour la fabrication des poteaux et des clôtures. Il se conserve longtemps en terre.

Il résiste aux grands froids, mais redoute les chaleurs.

GENRE CASTANOPSIS.

Les Castanopsis sont des arbres à ovaire triloculaire généralement, contenant trois graines, à déhiscence irrégulière, à valves qui enveloppent complètement les fruits et sont couvertes d'aiguillons.

Une des espèces les plus importantes du genre est le Maronnier des Indes {Castanopsis hystrix).

C'est un arbre toujours vert, atteignant une taille parfois considérable, et habitant le massif de l'Himalaya. Son bois d'un gris brun est dur, lourd, assez durable. Il est employé pour les objets qui doivent séjourner dans l'eau; car il est d'une résistance remarquable à l'action de l'humidité. On l'utilise aussi pour la construction des maisons, les piliers soutenant les vérandas, les poutres, les planchers, la carrosserie, les instruments agricoles. Son charbon est estimé, mais son chauffage produit trop d'étincelles. Le fruit est comestible.

La Chine occidentale possède quelques Castanopsis qu'il est utile de signaler :

Castanopsis Delavaiji (Franch.).

(4-2 FI,ORE FORUISTIKRE OÉNÉRALK DU GLOBE.

Grand arbre à icuilles ovales, coriaces, à dents espacées, d'un vert paie en dessus, blanchâtres en dessous. La cupule est couverte d'épines placées en cercles et ne contient qu'une seule graine qui est comestible. C'est une essence du Yunnan, qu'on trouve dans les forêts du Col Pi-iou-se et des montagnes de Tapin-tze.

Castanopsis Fargesii (Francli.).

Arbre à feuilles lancéolées-étroites, coriaces, d'un vert pâle sur la face supérieure, tomenteuses rousses sur la face inférieure. Graines légèrement pubescentes, petites et solitaires dans les cupules.

Essence du Su-tchuen, notamment des foiêts de Tchen-Kéou-tin,

Castanopsis orlhacantha (Franch.),

Arbre à feuilles lancéolées, épaisses, coriaces, dentées, glauques en dessus et en dessous, à cupule couverte d'aiguillons droits disposés en cercles rapprochés.

Essence de la Chine occidentale, qu'on trouve aux environs de Mao-kon-tchan.

En Californie on doit mentionner le Castanopsis chrysophylla, qu'il serait utile d'essayer dans les régions subtropicales du Sud de l'Europe,

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