‹ Flore forestière du globeChapitre 71 sur 142 · FLORE KORESTIKRK GKNÉRAI.K DU tiLOBK · texte numérisé non relu

FLORE KORESTIKRK GKNÉRAI.K DU tiLOBK

Petite héritière.

Heritiera minor (Roxb.).

Essence toujours verte, de taille moyenne, remarquable par un tronc disposé en arc-boutant.

On la trouve aux Indes anglaises, sur les collines de Sunderbam, dans le delta de rirrawaldy, sur les côtes de Tenasserim et d'Arakan.

Son bois est d'un rouge sombre au coeur, à gi^ain serré, tenace, élastique, d'une longue durée. C'est parmi les bois de l'Inde un des plus durs. C'est aussi un des plus précieux. Les forêts de Sunderbam, qui le renferment, constituent une richesse pour le pays.

On emploie ce bois pour la construction des bateaux à Calcutta, pour les poutres, les planches de toutes sortes, les poteaux, les mâts, la carrosserie, la menuiserie et pour tous les ouvrages qui exigent une essence à la fois dure et élastique.

Héritière à grandes feuilles.

Heritiera macrophylla (Wall.).

Bel arbre de l'Inde et de la Gochinchine.

Les feuilles oblongues et ondulées, d'un vert foncé en dessus, d'un blanc argenté en dessous, peuvent atteindre o'^,oo à o"\6o de longueur sur o"\20 à o™,25 de largeur.

Le bois a les mêmes qualités que celui de l'héritière littorale.

C'est une admirable plante ornementa le|de serre chaude.

Commersonie des Indes.

Commersonia echinata (Forst.).

Aux Indes néerlandaises : Hioray. A ïaïti : Mau.

Arbre de taille médiocre, portant des branches horizontales, qui constituent une cime étalée.

L'écorce est brunâtre.

Les feuilles sont distiques, ovales-lancéolées, aiguës au sommet, inéquilatérales à la base.

Cette essence est originaire d'Aniboine et de Taïti. On la trouve sur les sols pierreux et légers de la Nouvelle-Calédonie.

Le bois est grisâtre, mou, peu dense, utilisé comme combustible.

Les fibres textiles de l'écorce sont employées pour la fabrication des cordages.

Commersonie d'Australie.

Commersonia F raser i (J. Gay.).

Essence buissonnante, à feuillage ornemental.

Elle habite les bords des rivières et des criques au Queensland, et dans la Nouvelle-Galles du Sud. Elle est rare à Victoria.

Le bois est de médiocre qualité: mais l'écorce fournit des fibres textiles, aptes à la confection des cordages.

AXGIOSPER.VES OD lELILLLS. 38j

Mahot rouge à petites feuilles.

Dombeya punctata (Cav.).

Le iiiahot rouge à petites feuilles est un petit arbre originaire de La Réunion.

Les feuilles sont épaisses, rigides, dentées, couvertes de petits poils soyeux sur la face inférieure.

Le bois est blanc, parfois rouge, très léger, mais assez dur, se fendant facilement.

Le liber donne des fibres textiles utilisées pour la fabrication des cordefe et des toiles grossières.

Tous les Dombeya sont des plantes ornementales de serre chaude, remarv^uables par leurs jolies fleurs, disposées en ombelles globuleuses.

Parmi les autres Dombeya de La Réunion, citons :

Le bois de senteur, Dombeya populnea (Cav.), bois dur, solide, à fibres droites, bon pour la menuiserie.

Le bois de Mahot, Dombeya angulata (Cav.), bois blanchâtre, spongieux, très iéger, utilisé pour les flotteurs.

Le Mahot à feuilles rondes, Dombeya umbeUata (Cav.), dont le liber possède des fibres textiles.

Kleinhovie tachetée.

Kleinhovia hospita L.

En Annam : Cây-trâ. Aux Indes néerianda^'ses : Pelleth. A Java : Timoko. Au Soudan : Tankolo. A La Réunion : Mahot-fleur.

Petit arbre de 6«^ à 8"^ de hauteur, à feuilles ovales, aiguës au sommet, subcordées à la base.

Il habite le delta du Mékong, la Cochinchine, la région orientale de Java, la Nouvelle-Guinée, la côte orientale d'Afrique, la Réunion.

Le bois blanchâtre est parsemé de taches brunes (bois tacheta). On l'utihse pour la fabrication des cannes, des manches d'outils.

L'écorce fibreuse fournit de bons liens.

Babaï.

Maxwellia lepidota (H. Bn.).

En Nouvelle-Calédonie : Babaï.

Arbre de taille moyenne, qui croit sur les sols ferrugineux de la Nouvelle- Calédonie.

L'écorce est blanchâtre, lisse, mince, rougoâtrc intéricutcmont.

Les feuilles sont alternes, suborbiculaires, glabres, d'un vert pâle en dessus fauves ou cui\Tées en dessous et couvertes de squames qui simulent de très fines ponctuations.

Le bois est jaunâtre, flexible, lourd, d'une densité de 0,941, d'un travail facile.

On l'emploie pour la fabrication des manches et pour les travaux de tom\

L'aubier est d'un javuie plus pâle que le bois parfait.

Le liber fournit des fibres textiles utilisées pour la fabrication des cordaees.

C'est une plante à propriétés émollientes.

Ptérosperme à feuilles variées.

Pterospermum diversifolium (Bl.),

En Annamite : Long-mang. En Moï : So-neu-long. En Kmer : Doin-om-bengthngé. A Malacca : Chimpaha-Murah. A Java : Walang.

Arbre de So"^ à 35"^ de hauteur sur o™,4o à o™,6o de diamètre.

Ses feuilles sont peltées, ovales-lancéolées ou découpées en 3 à 5 lobes aigus.

Il habite l'Inde péninsulaire, la Malaisie, les lies Philippines, le sud de l' Indo- Chine.

L'écorce a 6^^"^ à 8"^°^ d'épaisseur et remplace l'arek, pour les Mois, dans la mastication du bétel.

L'aubier est de teinte plus claire que le bois parfait. Le tissu de cet aubier est assez mou et attaqué par les xylophages.

Le bois parfait est légèrement odorant, jaune orange, rougeâtre vers le cœur, dur, solide, flexible, durable.

C'est un beau bois de menuiserie. Il est excellent pour les constructions; car il se fendille peu, se travaille bien, résiste longtemps aux intempéries et même aux attaques des tarets. On l'emploie aussi pour le charronnage et la fabrication des rames.

L'écorce des racines est utilisée pour enivrer le poisson afin de le prendre facilement. Ce poisson peut alors être consommé sans autre danger que de simples démangeaisons à la peau.

Pterospermum grewisefolium (Pierre).

En Annamite : Long-man. En Cambodgien : Propeal-pros.

Arbre moyen, atteignant 25"^ de hauteur sur o"^,6o de diamètre, avec un tronc de 14°^ à 16^" sous branches, à écorce très mince.

Les feuilles sont oblongues-lancéolées, très aiguës, arrondies ou subcordées à la base, à limbe très inéquilatéral pourvu de i à 3 dents de chaque côté vers la partie supérieure.

On trouve cette essence en Cochinchine, dans le nord des provinces de Tayninh et de Saigon.

L'aubier est à peine distinct du bois parfait, qui est d'un rouge pâle, à fibres longues et élastiques, d'une densité assez élevée.

Le bois, très estimé, convient à toutes les constructions, et résiste bien à l'humidité; il est apprécié pour l'ébénisterie, et susceptible d'un très beau poli, avec des dessins variés.

Pterospermum suberifolium (Willd.).

En Annam : Long-man. Au Bengal : Moochukoonda. A Java : Wadang. Au Soudan : Hariekoekoen.

Petit arbre à tronc très tourmenté ne dépassant pas o"\io à o"\20 de diamètre, et à écorce mince.

Les feuilles sont alternes, asymétriques, munies de 3 à 7 nervures.

On trouve cette espèce au bord des cours d'eau, en Cochinchine, à Java, à Ceylan, aux Indes,

Le bois est rougeâtre, d'une densité de 0,700, à fibres longues, d'une conservation difTicile, On l'utilise pour les caisses d'emballage et les planches communes; à Phu-Quoc, on s'en sert comme flotteur.

ANGIOSPEKMES OU FElflLMS. 38;

Pterospermum saïgonense (Pierre).

Arbre de 25°^ à 3o"* de hauteur, sur o"^,35 à o"*,5o de diamètre, avec un troDc de i^^ environ sous branches, à, écorce mince.

Il habite les forêts situées entre Tayninh et le Dongnai. Le bois est rouge, d'une densité de o,945. L'aubier est presque nul.

Pterospermum Pierrei (Hance).

En Annamite : Giâi/.

Arbre de 20"^ de hauteur environ, qui habite la Cochinchine et TAnnam. Le bois est rouge brun, lourd, à fibres grossières. On l'emploie pour les constructions.

Pterospermum lancsefolium (Roxb,).

Arbre forestier de première grandeur, à tronc droit de 6'^ à 7'^^ sous branches.

Les feuilles sont ovales-lancéolées, glabres, d'un vert pâle sur la face supérieure, d'un blanc argenté sur la face inférieure.

On trouve cette essence principalement dans la région de Pondichéry.

Le bois, rougeâtre et à texture fine, est très beau. On l'utilise pour la marqueterie, le tour et l'ébénisterie.

Pterospermum javanicum (Roxb.).

Arbre de moyenne taille, qui habite les montagnes de Java, et principalement le Pangeranggo.

Il donne un bois brun, d'une densité de 0,900, à fibres épaisses, d'une qualité excellente, très employé pour les constructions.

Pterospermum acerifolium (Willd.).

En Annamite : Long-mang.

Arbre forestier de la Cochinchine, dont le bois très léger sert de flotteur à filets, et dont les tissus possèdent des propriétés émoïlientes.

Pterospermum Blumeanum (Korth.).

En Malaisie : Bajor. Au Soudan : Bajoer.

Arbre originaire de Java et de Sumatra, dont le bois est très recherché pour les constructions et la menuiserie.

Tarriétie de la Cochinchine.

Tarrietia cochinchinensis (Pierre).

En Annamite : Huinh. En Kmer : Bei-son-loc.

Arbre de la Basse-Cochinchine et du Cambodge.

Il peut atteindre 3o°i à 4o"^ de hauteur sur o°^,6o à i"\20 de diamètre, avec un tronc de 20°^ à 3o'^^ sous branches.

L'aubier est d'un gris rougeâtre.

Le bois parfait est rouge ou rosé, relativement léger, d'une grande durée, d'un travail facile.

Les fibres très longues ont un large canal rempli de tanin et d'une matière résineuse.

Les rayons médullaires sont serrés; ils ont un diamètre qui ne dépasse pas un quart de millimètre.

La densité de ce bois est égale à o,6io environ.

On l'utilise pour les charpentes, le charronnage, la menuiserie, les barques de mer.

C'est un des arbres les plus beaux et les plus utiles de la CocJiinchine.

Tarriétie de Java.

Tarrietia javanica (Bl.).

En Annam : Huinh. En Kmer : Bei-son-loc. Aux Indes néerlandaises : Ki-Manoek.

Arbre ne dépassant guère, en général, i6^ de hauteur sur o™,45 de diamètre, à tronc droit et élancé, recouvert d'une écorce brunâtre et mince.

n habite Java, la Cochinchine, les montagnes de Phu-Quoc, où il peut atteindre 10°^ à i8°i de hauteur sur i'^^ de diamètre.

Le bois est rouge, à grain fin, à fibres longues, droites et peu serrées. Il est tendre, léger, d'une densité de 0,6 lo, facile à travailler, mais d'une conservation difficile. Quand il est vçrni, on l'apprécie en ébénisterie.

En Annam. on l'utilise pour les charpentes et le charronnage.

A Phu-Quoc, on en fait des barques et des mortiers à décortiquer le riz.

Aux Indes néerlandaises, c'est un bois blanchâtre à texture grossière, facilement attaqué par les termites.

Tarrietia actinodendron (F. Muell.).

Arbre de 20'" environ de hauteur sur o"^,6o de diamètre, qui entre, au Quecnsland, dans la composition des taillis de la côte.

Le bois est solide et à grain serré. On l'emploie pour les charpentes des toitures et la fabrication des douves de tonneaux.

Tarrietia argyrodendron (Ben th.).

Au Queensland : Iron-wood.

Très bel arbre atteignant 25"^ de hauteur et muni d'un très riche feuillage.

Il abonde au Queensland dans les taillis bordant les rivières.

Le bois est cxtraordinairement dur et dense; de là sa dénomination de bois de fer.

Tarrietia simplicijolia (Mast.).

A Malacca : Traling.

Arbre forestier de la presqu'île de Malacca, dont le bois rouge pâle, plus foncé vers le cœur, très dur, sert à la fabrication des roues de chariots.

Bentînoé.

Melochia odorata (Forst.),

Aux Indes néerlandaises : Bintinoe.

Arbre de taille moyenne, à croissance rapide, dont les fleurs ont une odeur très agréable.

Le bois est bon pour la charpente.

Les fibres du liber servent à fabriquer des cordages.

Cette essence, par l'ombre que donne son feuillage, est précieuse pour les plantations des avenues, des parcs, des promenades publiques.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. SSq

Arbre -bouteille d'Australie.

Brachychiton Delabachi (D.).

Arbre australien voisin des Sterculia.

Il est tout à fait remarquable par un tronc renflé en son milieu en forme d'immense sphère.

C'est pour cette particularité qu'on le désigne sous le nom d'arbre- bouteille,

Ptérygote à feuilles en cœur.

Pterygoîa cordifolia (A. Chev.).

Arbre observé par M, Auguste Chevalier à Zaranon (Côte d'Ivoire),

Il atteint So"^ à 35™ de hauteur, avec 20™ sous branches, sur o™,5o de diamètre,

L'écorce est d'un gris cendré, rugueuse, mais non fendillée.

Les feuilles longuement pétiolées ont un limbe coriace, cordé à la base, ovaleallongé, à bords entiers, long de o^'^jiô à 0^,20 sur o™,io à o™,i6 de largeur, muni de 7 nervures partant de la base, glabre sauf au niveau des nervures.

Les fruits sont des follicules roussâtres, suborbiculaires, de o°i,io à o™,i2 de diamètre, renfermant de nombreuses graines aplaties, ailées, disposées siu- deux rangs.

Ces graines, elliptiques-aplaties, longues de 0^,02 environ sur 0^^,01 de largeur, ont un albumen amylacé, qui entoure les cotylédons foliacés et blanchâtres.

Le bois est léger, blanc aussitôt après l'abatage, mais devenant bientôt d'un gris clair.

Samba.

Triplochiton scleroxylon (K. Schum.),

Noms vernac : Samba, Hofa, Patabua, Wa-iva, Kofa.

Un des plus gros arbres et des plus intéressants des forêts de la Côte d'Ivoire.

Il t-st assez commun à partir de 70 kiloaiètres de la côte, au Nord de la grande ^orêt.

On le trouve du Libéria au Cameroun,

Il atteint 40"^ de hauteur sur 2™ de diamètre, avec d'énormes contreforts à la base.

Le tronc sous branches peut mesurer 35™ de longueur, et certains exemplaires fournissent 5o"^' de bois d'œuvre (Aug, Chevalier),

Les rameaux sont étalés,

L'écorce est extérieurement blanchâtre, se détachant par plaques irrégulières; elle est intérieurement rouge, mucilagineuse.

Les feuilles sont caduques, alternes, pétiolées, à limbe palmatilobé (3 à 7 lobes), cordiforme à la base, glabre, long de o'",i2 à o"\i5 sur o'^,oi5 à o™,02 de largeur, à lobes demi-elliptiques et brièvement acuminés, d'un vert foncé luisant en dessus, d'un vert pâle en dessous, munis de 5 à 7 nervures palmées saillantes inférieurement.

Le pétiole cylindrique est long de o™,o5 à o"i,07.

Les fleurs sont hermaphrodites et disposées en petites panicules. insérées sur les rameaux déjà privés de lexirs feuilles.

Sgo FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Le calice est gamosépale, long de 0*^,007 à o™,oo8, à 5 lobes verts extérieurement, bruns intérieurement, couverts de poils.

La corolle est rotacée, à 6 pétales libres, obovales, à onglet court, à bords ciliés, longs et larges de o"\oio à o'",oi3, d'un blanc jaunâtre à l'extérieur avec tache pourpre à la base, de même couleur à l'intérieur avec de petites taches rouges sur l'onglet.

Les étamines sont au nombre de 3o, par groupes de deux.

Les filets ont o™,oo2 de longueur; les anthères ovales à 2 loges ont o™,ooi.

Les grains de pollen sont jaunes.

En dedans des étamines se trouvent 5 écailles pétaloïdes, blanches, scarieuses, ovales, longues de o'^jOoS, appliquées sur le pistil.

L'ovaire ovoïde a o'",oo3 de longueur et est formé de 5 carpelles libres.

Les styles courts, filiformes, verdâtres, pubescents à la base, glabres au sommet, ont o^ijOoiS de longueur.

Les stigmates sont soudés en un seul.

Chaque carpelle renferme 6 à 8 ovules.

Le bois est blanc, très léger, élastique, jaunâtre au centre, assez dur, d'une densité de o,3oo à l'état sec, facile à travailler, analogue au peuplier.

L'aubier est mou et de teinte plus claire.

Ce bois est très beau, se travaille bien et pourrait servir à la menuiserie et à l'ébénisterie. Il serait excellent aussi pour la fabrication de la pâte à papier.

Les indigènes l'emploient pour la construction des pirogues.

FAMILLE DES DILLENIACEES.

Caractères de la famille. — La famille des Dilléniacées renferme 16 genres, comprenant 180 espèces, presque toutes tropicales, La moitié est australienne, notamment celles du genre Hibbertia, constitué par des arbrisseaux adaptés aux climats secs et dont le port et le rôle sont analogues à ceux des bruyères en Europe.

En général, les Dilléniacées sont des arbres ou des arbustes souvent grimpants et quelquefois volubiles.

Les feuilles sont isolées, rarement opposées, simples et dépourvues de stipules.

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites le plus souvent, pentamères, avec deux verticilles alternes constituant l'androcée.

Les étamines le plus souvent nombreuses ont leurs filets soudés en 5 faisceaux.

Les anthères sont introrses, rarement extrorses, à 4 sacs s'ouvrant le plus fréquemment par deux fentes longitudinales.

Le pistil est formé de carpelles généralement fermés et libres.

Le fruit, muni d'un calice persistant, est composé de follicules, rarement d'akènes; parfois c'est une grosse baie (Dillenia).

La graine arillée comprend un albumen charnu et un embryon droit.

Quelques espèces de cette famille sont très riches en tanin.

Dillénie dorée.

Dillenia aurea (S. M,).

En Annam : So-clo. En Kmer : Dim-peloi. Aux Indes néerlandaises : Sempoer. A Malacca : Simpoh.

ANGIOSPEBMES OU FECILLUS. Sgi

Arbre de S^^^ à i5"^ de hauteur, à tronc court, épais, noueux, recouvert d'une écorce blanche ù l'extérieur, rouge à Tintérieur, se détachant par plaques polygonales.

Il est originaire de Java. On le trouve en Birmanie, en Cochinchine, au Cambodge.

Les feuilles sont oblongues, crénelées ou dentées en scie.

Le bois est gris ou brun rougeatre, dur, noueux, diflîcile à travailler.

On s'en sert beaucoup pour la fabrication des poteaux.

Au Cambodge, on l'emploie pour les mortiers, les auges, les moulins à riz.

Dillénie de Blanchard.

Dillenia Blanchardi (Pierre).

En Annamite : So-nho.

Arbre de lo"^^ à i5'" de hauteur sur o"\2o à o'",3o de diamètre, habitant les coteaux boisés, de loo™ à i5o"^ d'altitude, en Cochinchine et à l'île de Poulo- Condor.

Les feuilles sont stipulées, oblongues-elliptiques, aiguës à la base, terminées par une pointe, coriaces, ponctuées sur les deux faces.

Le bois est rougeatre, peu utilisé en raison de ses dimensions restreinte*.

Dillénie élevée.

Dillenia elata (Pierre).

En Annamite : So-bà-nui. En Kmer : Pelou-pnom.

Arbre de 25°^ à 3o"^ de hauteur sur o'^\4o à o™,6o de diamètre environ, à tronc grisâtre, recouvert d'une écorce rougeatre.

On le trouve dans les montagnes de Cochinchine et du Cambodge.

Les feuilles sont oblongues, rétrécies à la base, obovées au sonamet, d'un vert brillant sur la face supérieure, légèrement velues sur la face inférieure.

Le bois est d'un brun rougeatre, d'une densité moyenne, susceptible d'un beau poli, de qualité très estimée. On l'emploie pour les colonnes de support, pour la fabrication des planches diverses, des madriers, des jonques.

Dillenia Hookeri (Pierre).

En Annamite : So-nho, So-bac,' So-trâng.

Arbre de lo"^ à i5^ de hauteur, à tronc réduit.

Il est originaire de Cochincliine. On le trouve aussi dans les régions de Saïgon, de Baria, du Cambodge.

Les feuilles sont longuement pétiolées, oblongues-lancéolées, dentées en scie, tomenteuses en dessous.

Le bois est rougeatre, peu employé parce qu'il est noueux et tortueux. On l'utilise cependant pour les poteaux et les manches d'outils.

Dillenia ovata (Wall.).

En Annamite : So-trai. En Kmer : Pelou.

Arbre de 20"^ à 25"^ de hauteur, à écorce rougeatre, épaisse d'un centimètre environ.

Il habite la Basse-Cochinchine, le Cambodge, Malacca, le Siam, Borjiéo.

Les feuilles sont ovales-oblongues, acuminées, obliques à la base, ondulées sur les bords.

Le bois est rougeûtre, susceptible d'un beau poli, apte à tous les ouvrages. On l'emploie pour la fabrication des colonnes, des planches et des madriers. Il mérite d'être utilisé pour l'ébénisterie.

Dillenia pentagyna (Roxb,).

En Annamite : So-ba. En Kmer : Dom-choeu-zué. En Moï : Mc-roi. En Tamoul : Rmvadam.

Bel arbre de 2.5"^ à 3o°i de hauteur sur o°^,5o à o™,6o de diamètre, à écorce grisâtre qui se détache par plaque?.

Il est originaire de l'Inde péninsulaire. On le trouve sur les sols siliceux de la Birmanie, de Bornéo, de Malacca, de la Cochinchine et du Cambodge.

Les feuilles, de dimensions énormes, sont alternes, oblongues, cunéiformes et aiguës à la base, pabescentes en dessous. On s'en sert pour la couverture des habitations.

Le bois est gris brun, dense, fibreux, se travaillant difficilement, mais se conservant bien. On l'emploie pour les charpentes, les constructions navales, la menuiserie. Son charbon est excellent.

Cette essence constitue un arbre d'ornement magnifique, d'une croissance très rapide.

Ses graines ont l'avantage de se conserver longtemps.

Dillenia speciosa (Thunb.).

En Cochincliine : So-Xo. Aux Indes anglaises : Chalta, Uva. Aux Indes néerlandaises : Sompohr-Ayer.

Grand arbre de 20°^ à So^^ de hauteur, sur o™,4o à o'",oo de diamètre, dont le port ressemble à celui d'un châtaignier à grandes feuilles.

Il est originaire du Malabar, et on le rencontre dans tout l'archipel indien.

Les feuilles sont persistantes, alternes, ovaies-aiguës, dentées en scie.

Le bois est gris rougeâtre, dur, lourd, compact, se travaille bien etseconservo longtemps, en terre notamment.

On l'emploie pour les charpentes, les constructions navales, les roues de moulins, les poteaux.

Plongé quelque temps dans l'eau courante, il prend une dureté remarquable.

L'écorce est excellente pour le tannage.

Le calice épaissi de ses fleurs contient un suc utilisé pour les boissons et les ragoûts acides.

Dillenia eximia (Mig.).

Aux Indes néerlandaises : Ranggang.

Arbre de grandeur moyenne, habitant les Indes néerlandaises.

Son bois est dur, compact, d'un travail facile, apte aux constructions.

Curatelle d'Amérique.

Curatella americana L.

Au Brésil : Cajueiro hraço. A Cuba : Bacahuay. En Guyane : Parica. Au Venezuela : Chaparro Colorado.

Petit arbre tortueux, qui habite le nord du Brésil, la Guyane, le Venezuela, Cuba.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. Sgî

Ses feuilles sont persistantes, alternes, ovales-oblongues, subdenticulées, très rudes au toucher parce qu'elles contiennent beaucoup de poils imprégnés de silice; elles sont utilisées ù ce titre pour le polissage.

Le bois est brun rougeâtre, lourd, dense, apte aux ouvrages de tour.

L'écorce est employée industriellement pour le tannage.

En serre tempérée, cette essence pourrait être cultivée comme plante d'ornement, d'autant plus ({u'elle se multiplie facilemcu!. par bouturage.

Hibbertie brillante.

Hibbertia lucens (A. Brong. et (Gris.).

Le genre Hibbertia, caractérisé par ses fleurs irrégulières (toutes les étamines élant situées d'un même côté du pistil), habite surtout l'Australie. Adapté aux climats secs, portant des feuilles linéaires repliées sur leurs bords avec des stomates localisées à l'intérieur de ces sortes de gouttières, il constitue des buissons toujours verts analogues à ceux formés par nos bruyères.

L'espèce qui nous occupe, Hibbertia lucens, est un arbuste de 5^^ environ de hauteur sur o"i,io à o"\i5 de diamètre, à cime arrondie, dense, qu'on trouve sur les sols ferrugineux de la Nouvelle-Calédonie.

Son écorcc est mince, fibreuse, se découpant en bandelettes.

Ses feuilles sont alternes, subsessiles, très rapprochées, allongées et étroites, un peu échancrées au sommet, coriaces, luisantes en dessus, rugueuses et argentées en dessous.

Le bois est uniformément rougeâtre avec des reflets grisâtres, très dur, cassant, dépourvu d'aubier.

Une espèce voisine, Hibbertia scabra{A. Br.), se distingue par ses fruits capsulaires plus larges et rudes au toucher.

Trisème coriace.

Trisema coriacea (Hooc. F.).

Arbuste atteignant 5^^^ de hauteur sur 0^^,20 de diamètre au maximum, qui croît aussi sur les sols ferrugineux de la Nouvelle-Calédonie.

L'écorce est blanchâtre, fendillée transversalement.

Les feuilles sont alternes, ovales, coriaces, d'un vert pâle en dessus, d'un vert noirâtre en dessous.

Le bois est gris foncé, à grain fin, très dur, précieux pour les ouvrages de tabletterie.

Candollée.

Candollea cuneiformis L,

Arbuste d'Australie pouvant être cultivé comme plante d'ornement.

Les fleurs sont composées d'un calice à 5 sépales persistants, d'une corolle à 5 pétales, d'étamines nombreuses groupées en 5 faisceaux, à filets soudés, alternes avec les pétales.

Le fruit est constitué par 5 follicules, contenant des graines à albumen charnu et à embryon droit très réduit.

FAMILLE DES CAMELLIACÉES ou TERNSTRÉMIACÉES.

Caractères de la famille, — Cette famille est composée de 82 genres comprenant 600 espèces, toutes arborescentes.

On les trouve dans les régions intertropicales des deux mondes, spécialement en Asie orientale et méridionale; elles sont plus nombreuses dans l'Amérique du Sud que dans l'Amérique du Nord, et rares en Afrique,

Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles alternes, non stipulées, simples, parfois digitées, coriaces, luisantes, presque toujours persistantes.

Les fleurs sont régulières, le plus souvent hermaphrodites.

Le calice et la corolle sont pentamères, rarement tétramères.

L'androcée comprend deux verticilles alternes de 5 étamines libres- qui peuvent se dédoubler, se multiplier, ou avorter. Les anthères ont 4 sace polliniques.

Calice, corolle et androcée sont parfois concrescents.

Le pistil est formé de 3 à 20 carpelles clos et concrescents en un ovaire pluriloculaire.

Le fruit est une capsule septicide ou loculicide, une baie, une drupe ou un akène.

La graine contient un embryon droit, entouré ou non d'un albumen.

Thé de Chine.

Thea sinensis L.

Petit arbuste originaire de îa région montagneuse séparant les plaines de l'Inde de celles de la Chine; il est répandu depuis fort longtemps dans toute la Chine et le Japon, aux Indes, à Java, au Brésil, arxiz Etats-L^nis, dans le Caucase,

Les feuilles sont simples, un peu coriaces.

Les fleurs sont blanches, formées de 5 pépales, de 5 pétales libres, d'un grand nombre d'étamines insérées sur le réceptasle et soudées par la base de leurs fdets, de 3 carpelles soudés entre eux et renfermant plusieurs ovules anatropes.

Le fruit est une capsule dont chaque loge ne contient qu'une grosse graine ronde dépourvue d'albumen.

Les feuilles, cueillies au printemps, ssonc torréfiées sur une plaque chauffée par un four. Si la dessiccation est rapide, on obtient le thé ç>ert; si la dessiccation est lente, les feuilles ont eu le temps de commencer à fermenter et l'on a le thé noir.

Les feuilles du thé sont souvent falsifiées. Au microscope, la section des feuille>; permet de les identifier par la présence des sclérites, grandes cellules ramifiées à parois épaisses et lignifiées, qui se distinguent facilement au milieu du parenchyme.

Camellia du Japon.

Camellia japonica L.

En Chine : Ho-Kai. Au Japon : Îcé-Tsubaki.

Le camellia est un arbuste atteignant 10"^ à 12"^ de hauteur sur o°i,3o de diamètre; il est spontané au Japon et en Chine; on le cultive en serre en Euroj^e pour ses jolies fleurs blanches ou roses.

Les feuilles persistantes sont luisantes, coriaces, ovales-acuminées, dentéesaiguës, d'un vert foncé en dessus, d'un vert pâle en dessous.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. jga

Les fleurs, dépourvues d'odeur, oui: des colorations très variées, passant du rouge au blanc.

Il y a des quantités de variétés produites par la culture et par le croisement de cette espèce avec Camellia reticulata et CamelUa sasanqua.

On les multiplie par la grelîc, le bouturage, le marcottage.

Les camellias, en Europe, demandent un demi-ombrage et de la terre de bruyère ou à son défaut un terreau de feuilles mortes et de gazons décomposés. Dans leur pays d'origine, ils affectionnent les sables argileux situés aux expositions chaudes et abritées.

Le bois est jaune rosé à la périphérie, brunâtre vers le centre, dur, résistant, homogène, à grain fin et serré. Il est apte à la menuiserie, au tour, à l'ébénisterie. Son charbon sert à polir les laques.

Les bourgeons donnent une infusion analogue à celle du thé.

Les graines contiennent une huile qui peut être alimentaire, mais qui est plutôt lililisée pour l'éclairage.

Introduit en Europe en lySg par le père Camelli, il est tenu en serre tempérée; dans l'ouest de la France, il peut être cultivé en pleine terre.

Camellia-thé.

Camellia sasanqua (Thunb.).

En Chine : Tcha-Yeou. Au Japon : Sazanka.

Arbuste ne dépassant guère 4"^ à 5"^ de hauteur, spontané au Japon, notamment dans les forêts de l'île de Kiou-Siou.

Il se distingue par la petitesse de ses feuilles et de ses fleurs, ces dernières rouges ou blanches tachetées de rouge, parfumées, utilisées pom' aromatiser le thé.

Le bois sert à la fabrication des peignes et aux travaux de tour.

Les graines donnent une huile jaune employée pour l'alimentation et l'éclairage. Elle est connue sous la dénomination d'huile de thé. Le résidu de sa fabrication ou tourteau {Tcha-tsai-ping en chinois) est utilisé pour tuer le poisson, qui peut être consommé sans inconvénient; car l'action toxique du tourteau est due à un glucoside voisin de la saponine et sans action sur l'homme.

Caryocar du Brésil.

Caryocar hrasiliensis (St.Hil.).

A.U Brésil : Pequia-hravo.

Arbre de très grande taille, à tronc tortueux, mesurant G'^^ à 8"^ de longueur sur o™,6o de diamètre.

On le trouve au Brésil, spécialement dans le nord et l'ouest de l'Etat de Saint- Paul, et dans la région de Serra-do-Mar,

Les feuilles sont grandes et ovales.

Les fleurs très abondantes sont roses.

Le fruit est ovale, charnu, divisé en 6 loges; il a des propriétés purgatives.

Le bois est d'un jaune luisant clair, tendre, à fibres très fines et droites, d'une densité moyenne de o,8io.

On l'emploie pour les constructions navales, les travaux de tour et de menuiserie, la fabrication des avirons et des pieux très résistants en milieu Jiumide. Les traverses qu'il donne sont de première qualité,

L'écorce produit u?ie teinture noire.

SgO FLonR FonESïiÈRt: générale du globe.

Caryocar à beurre.

Caryocar hulyrosum (Wild.).

Arbre magnifique qu'on trouve dans les forêts de la Guyane,

Les feuilles sont composées de 5 folioles glabres, entières, ovales-lancéolées, acuminées.

Le bois est plus dur, plus dense, moins flexible dans les sols secs et rocheux que dans les sols argileux et humides. Il est très apte aux constructions navales.

Le fruit (Pekea-nut des colons anglais) contient, dans les anfractuosités externes de son noyau, une substance molle qui a les mêmes propriétés et les mêmes usages que le beurre.

Les amandes l'enferment une huile épaisse, employée à Caycnne pour les usages culinaires.

Caryocar glabre.

Caryocar glabrum (Pers.).

En Guyane : Soiiari.

Grand arbre des forêts de la Guyane, à feuilles opposées-digitées, formées de 3 folioles oblongues, longuement acuminées, dentées, épaisses, glabres sur les deux faces, nervées en dessus.

Le bois est dur, compact, moyennement lourd, d'une densité de 0,820, à fibres flexueuses et entre-croisées. Il donne de bonnes courbes pour les constructions navales, du bardeau, des madriers, des jantes.

L'écorce fournit u?ie teinture brune.

Le fruit, de la grosseur d'un œuf, contient une pulpe grasse, verdâtre, bulyreuse, connue sous la désignation de beurre de noix de Saunri, ou Suwarrcy.

La graine a un embryon charnu, d'im goût agréable et riche en huile.

Caryocar tomenteux.

Caryocar tomentosum (Wild.).

En Guyane : Pekea, Peki.

Grand arbre d'un épais diamètre, habitant la Guyane.

Les feuilles sont digitées, à 5 folioles acuminées, entières, lisses en dessu?, tomenteuses et blanchâtres en dessous.

Cette essence affectionne les terrains peu élevés formés de gravier et d'argile ferrugineuse.

Le bois est roussâti'c, dur, compact, résistant, d'une longue durée. On l'emploie pour le charronnage, la fabrication des parquets, les arbres de rnovdins, etc.

C'est surtout le bois des racines qui est recherché pour les constructions navales; il peut avoir o"\5o et ]>lus d'équarrissage.

En Europe, il sert pour l'ébénisterie; on le connaît sous le nom de Tatajuha.

Le fruit à enveloppe tuberculeuse {noix de Leurre, Butternut) fournit u?ie sorle de beurre.

La graine a un embryon épais et charnu, qui est comestible et donne ime huile alimentaire.

Temstrémie du Japon.

Ternstrœmia japonica (Thunb.).

En Annamite : Giang-nui. En Japonais : Mokkokou.

Arbre toujours vert, de io"i environ de hauteur sur o'^\4c' de diamètre, pouvant atteindre 10*" à 20"^ dans les éboulis ou les remblais d'argile.

ANGIOSPEUMKS OC FKUILLIS. Zf)J

Il est originaire du Japon, et habile notaniinent les régions jnontagneuses des îles de Kiousiou et de Nippon.

Les feuilles persistantes s^out coriaces, iancéolées-oblongucs, dentelées au sommet, dépourvues de nervures saillantes; elles oui parfois une coloration rougeâtre.

Le bois d'un rouge clair est très dur, assez dense, à grain fin, serré et homogène, analogue au bois du cormier. On l'emploie pour la fabrication des peignes et les ouvrages d'ébénisterie.

L'écorce et les racines sont antidysentériqites, les graines oléagineuses.

C'est une essence recherchée au Japon pour rornemeut des parcs et jardins. En France, c'est une plante de serre froide.

Ternstrœmia penanglana (Choisy).

En Annamite : Huinh-nùong. En Kmer : Dôm-phlong.

Petit arbre de lo'^^ à 12"^ de hauteur, spontané en Indo-Chine, et particulièrement dans les forêts de Dongnai, de Phu-Quoc, de Baria

Les feuilles sont coriaces, ovales ou oblongucs-lancéolées, aiguës à la base, obtuses au sommet, épaisses.

Le bois est rouge pâle ou grisâtre, à fibres assez longues, utiUsé pour les bordages des barques, la fabrication des planchettes employées dans les habitations....

Actinidie à feuilles dentées.

Actinidia arguta (Fr. et Sav.).

Au Japon : Shira-Kuchi.

Les actinidies sont des arbrisseaux grimpants, toujours verts, originaires du Japon et de la Chine.

L'actinidie à feuilles dentées a de longs rameaux volubiles, des feuilles luisantes, de jolies fleurs blanches disposées en petits corymbes à l'aisselle des feuilles.

Le fruit est une baie charnue.

Cette esscîice est cultivée en Europe comme plante d'ornement, bien que sensible aux gelées printanières. On la multiplie par semis, boutures ou marcottes, en teiTain sablonneux et perméable.

Une espèce voisine, Actinidia kolomikta, du nord de la Chine, a des feuilles teintées en rouge ; mais elle est à peine volubile et moins ornementale par ses fleurs.

Eurye du Japon.

Eurya japonica (Thunb.).

En Annamite : Neiii. En Japonais : Isakaki.

Petit arbre très rameux de 12°^ à 15°* de hauteur sur o*",20 de diamètre.

Il habite au Japon les sols sablonneux des îles de Kiousiou, Nippon, Yeso, et a été introduit en France comme plante ornementale de serre tempérée.

Les feuilles sont alternes, linéaires, glabres, vertes sur les deux faces, parfois jaunâtres en dessous.

Le bois est rouge brun, flexible, assez lourd, à grain fm. On l'utilise pour les travaux de tour, la fabrication des brancards, des jantes de roues. Ses cendres servent en teinture comme mordant.

SgS FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Gordonie élevée.

Gordonia excelsa (Blume).

A Java : Poespa. A Malacca : Sama Jawa. Au Soudan : Kimanjal.

Bel arbre forestier à feuilles persistantes qu'on trouve principalement, à l'état spontané, dans les parties montagneuses élevées de Java et de Malacca.

Le bois est rouge pâle ou brun roux, dur, à fibres longues, de qualité très estimée, apte à tous les travaux : construction des habitations et des barques, menuiserie.... La partie interne de l'écorce, broyée et macérée dans l'eau, fournit une solution astringente dans laquelle on fait tremper les filets de pêche pour assurer leur conservation,

Gordonia lasianthus L,

En Amérique du Nord : Lohlollij-Baij.

Arbre de i5°^ de hauteur environ, originaire de l'Amérique du Nord, très décoratif, remarquable par sa forme pyramidale et son beau feuillage persistant.

Les feuilles sont oblongues-lancéolées, aiguës, dentées, glabres, coriaces, luisantes, d'un beau vert.

Le bois est de teinte rosée, mou, très léger, à reflets soyeux; on l'utilise pour les ouvrages de tabletterie.

L'écorce sert au tannage.

Cette essence affectionne les sols bas, humides et même marécageux de la Floride et de la Caroline,

Autres espèces de Gordonie.

Gordonia « Nani Ayer )).

Grand ai'bre d'Amboine, à bois brun moiré, excellent pour l'ébénisterie,

Gordonia « Koeloetoem Bajah ».

Arbre de Sumatra, à bois rouge violacé, remarquable pour les constructions et l'ébénisterie,

Gordonia « Lemhoe »,

Arbre de Java, à bois rouge pâle, de même qualité que le précédent, mais plus sujet aux attaques des termites.

Gordonia « Poetih » et Gordonia « Seroe ». Arbres de Banlca, donnant de bons bois de construction.

Gordonia « Tamaroe ».

Arbre de Sumatra, fournissant d'excellent bois de charpente.

Gordonia « Vap cat » ou « Chanhiong ».

Bel arbre d'Annam et de Cochinchine, très estimé, et dont le bois rouge violet, dur, à fibres droites et serrées, est considéré comme incorruptible et très employé pour tous les travaux hydrauliques et autres, ainsi que pour l'ébénisterie.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 899

Anneslée.

Anneslea fragrans (Wall.).

En Annamilc : Luang-xùong. En Kmer : So-phik.

Petit arbre de lo'" à 12"^ sur o'^jiS à o'^.^o de diamètre, spontané dans les torêts de la Cochinchine et du Martaban.

Les feuilles sont persistantes, alternes, simples, lancéolées, entières, subcoriaces.

Le bois est gris brun ou rouge pâle, à grain fin, dur et serré.

On l'emploie pour la fabrication des petits meubles solides, des fauteuils et autres sièges.

Archytée.

Archytea Wahlii (Choisy).

En Annam : Chùng-nôm.

A Malacca : Ruriang.

Petit arbre de 10"^ à iS"^^ de hauteur sur o°i,3o à o'",4o de diamètre, originaire de la Malaisie et du littoral de la Basse-Cochinchine, rare à Phu-Quoc. Il affectionne les collines sablonneuses du rivage de la mer.

Son port est très gracieux. Ses feuilles sont persistantes, alternes, presque sessiles, oblongues ou linéaires-obovées, cunéiformes et subcordées à la base, acuminées et obtuses au sommet.

Le bois est d'un rouge pâle à la périphérie, plus foncé vers le centre, dur, à texture fine, se gerçant peu à la dessiccation, durable à l'air, mais d'une durée encore plus remarquable à l'intérieur des habitations. On l'utihse pour les colonnes, les meubles, les madriers.

Hoférie du Japon.

Hoferia japonica (Berth. et Hook.).

Au Japon : Sakaki.

Petit arbre de 12"^ de hauteur environ sur o'",3o de diamètre, qui habite le Japon et noiamment les forêts de Kiousiou.

Le bois est dur, à grain serré, apte aux travaux de tour.

Les graines sont utilisées en médecine contre la dyssenterie.

On l'a introduit en Europe vers 1861 comme essence ornementale de serre tempérée; il a les mêmes exigences que l'oranger.

Schisae à feuilles crénelées.

Schima crenata (Korth.).

En Annam : Sâng-sôc. En Kmer : Rmâ. A Sumatra : Madang-boengkar.

Essence forestière à écorce épaisse, pouvant atteindre 3o"^ de hauteur avec i5™ sous branches, sur o^^,5o de diamètre.

On la trouve en Malaisie, à Bornéo, à Sumatra, en Indo-Chine, aussi bien en plaine qu'en montagne, souvent dans les terrains baignés par les eaux saumâtres.

Les feuilles sont persistantes, alternes, ovales, crénelées ou presque entières, épaisses, coriaces.

Le bois est rouge brun, dur, résistant. C'est dans l'eau qu'il se conserve le mieux. On l'emploie pour les constructions navales, les habitations, la fabrication des planches et des madriers.

L'écorce contient un suc caustique.

yjOO Fl.Onii: FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Schime à feuilles entières.

Schima Wallichii (Choisy).

Au Beno-ale : Bim-Makh. En Indoustan : Makurjal. En Malaisie : Kamatroe Au Soudan : Poespa ou Sapi.

Arbre de taille moyenne, spontané au Népaul et dans les hautes montagnes de l'ouest de Java, à Sumatra, en Birmanie, dans l'Inde.

Les feuilles sont ovales, acurainées, entières.

Le bois est résistant et durable, tendre, léger, d'une densité de 0,687. Il est <i'excellente qualité. Aux îles de la Sonde on l'emploie beaucoup pour les construcùons.

Adinandre glabre.

Adinandra glabra (Miq,).

A Sumatra : Ranoe.

Petit arbre de la région des Lampongs, à bois brun roussâtre, se travaillant facilement et utilisé pour les constructions.

Adinandra integerrinia (T. Anders.).

Petit arbre de Cocbinchine, donnant un bois rouge, utilisé pour la fabricalion «des jantes et des manches d'outils.

Amandier de Cuba

Laplacea curttjana (A. Ricli.).

A Cuba : Almendro.

Petit arbre élégant, de lo'^ environ de hauteur sur o"\5o de diamètre, crois- ■sant à Cuba sur tous les sols.

Son bois dur et résistant est employé en menuiserie.

Pyrénarie.

Pyrenaria Jonquierana (Pierre).

Petit arbre de Cocbinchine, ne dépassant guère S"" de hauteur sur o^^iiS de diamètre, et fournissant un bois rougeâtre, dur, utilisé pour la fabrication des jantes et des chevilles.

Stuartie monadolplie.

Stuartla monadelpha (Sieb. et Zucc).

Arbre du Japon à feuilles caduques, ne dépassant guère 12"^ de hauteur, mais atteignant un fort diamètre.

Son bois est utilisé pour les montants d'échelles, les manches et nombre d'emplois analogues.

FAMILLE DES IIYPÉRICINÉES.

Caractères de la famille. — Les hypéricinées ont 9 genres comprenant 200 espèces environ, dont 200 appartenant au genre Millepertuis {Hypericum).

ANGIOSPERMES OU FEIJJLLUS. 4oi

Ce sont des herbes, des arbrisseaux, et quelquefois des arbres; toutes les espèces arborescentes sont intertropicales.

Les feuilles sont opposées ou verticiUées, entières, penninerves, dépourvues de stipules.

Les fleurs sont régulières et hermaphrodites.

Le calice a le plus souvent 5 sépales plus ou moins soudés à la base, la corolle 4 pétales.

Les étamines sont généralement en nombre indéfini brièvement soudées par la base des filets en 3 ou 5 faisceaux; les anthères sont introrses, à 4 sacs s'ouvrant longitudinale men t.

Il y a 3 ou 5 styles, correspondant ù 3 ou 5 carpelles, et un ovaire formé de 3 ou 5 loges polyspermes. ou bien un ovaire uniloculairc. La placentation est axile ou pariétale. La graine est dépourvue d'albumen.

Les tissus de la tige et de la racine renferment des canaux sécréteurs oléifères, et la feuille contient des poches sécrétrices,

Cratoxyle élevé.

Cr-atoxylon formosum (Bth. et H. F.).

En Annamite : Nganh-do. En Kmer : Longieng.

Bel arbre forestier pouvant atteindre 20°^ de hauteur avec 12°^ sous branches, sur o'^,3o de diamètre.

Il habite toute l' Indo-Chine, Maîacca, Java, Sumatra, Bornéo, les Philippines.

Le tronc élancé est épineux et raboteux. Il est recouvert d'une écorce brune ou rougeâtre, épaisse de o™,ooi à o"^,oo2, qui porte une cuticule formée de plaques minces et irrégulières.

Les feuilles, comme d'ailleurs les rameaux, sont opposées, entières, irrégulières, parsemées de points pellucides.

Le bois, presque dépourvu d'aubier, est rougeâtre ou blanc rosé, assez lourd, d'une densité de 0,960, à fibres très longues et flexibles, très résistant.

On l'emploie pour les poteaux des cases, les mâts, les avirons, la menuiserie, l'ébénisterie.

Les fleurs fournissent une jolie teinture rouge.

Cratoxylon polyanthum (Korth.),

En Annam : Nganh-nganh. A Malacca : Summam-phat.

Petit arbre de 8°^ à 10™ de hauteur sur o™,i5 à o'^,'20 de diamètre, qu'on trouve dans la Basse-Cochinchine, au Cambodge, en Indo-Chine, en Chine, à Bornéo.

Le tronc rougeâtre, peu élevé, est très épineux, L'écorce rougeâtre, mince, de o°^,ooi à o™,oo2 d'épaisseur, se détache par plaques.

Les rameaux sont opposés et ascendants.

Les feuilles, de forme variable, sont généralement ovales-lancéolées, aiguës aux deux extrémités.

Le bois d'un rouge très pâle, lourd, à grain fin, parsemé de nœuds, peut être utilisé pour le placage.

Cratoxylon neriifoUum (Kurz,).

Arbre de i5™ à 20™ de hauteur avec 4™ à 5"^ sous branches, sur o™,i5 à o°*,20 de diamètre.

Il habite le Cambodge (près de Stung-treng), la Birmanie, de Chittagong jusqu'à Tenasserim.

Ses feuilles sont opposées, oblongues-lancéolées, cordées à la base, coriaces, brillantes en dessus, pâles en dessous.

L'écorce, d'un brun rougeâtre, pailletée, peut être utilisée en teinture.

Le bois rouge brun, assez dur, parsemé de nœuds, est employé pour les placages, les charrues, les manches d'outils, la construction des cases.

Cratoxylon prunifoliuin (Dyer.).

En Annamite : N gan-ngan. En Kmer : Longieng.

Petit arbre de 8"^ à, lo"^ de hauteur, habitant toute la Basse-Cochinchine, où ses sols de prédilection sont les sols sablonneux.

Le tronc, rougeâtre et épineux, est recouvert d'une écorce qui se détache par plaques irrégulières.

Les rameaux, opposés d'abord deux à deux, mais dont un seul se dévelojDpe, sont munis d'un tomentum rougeâtre ou grisâtre.

Les feuilles jeunes sont oblongues ou linéaires-obiongues, brunes sur la face supérieure, ferrugineuses ou cendrées sur la face inférieure.

L'aubier est blanchâtre et assez mince.

Le bois parfait, blanc jaunâtre ou légèrement rosé, à grain serré, très noueux, est de qualité excellente pour le placage.

On l'emploie aussi beaucoup pour les piliers de cases, les palissades, les pilotis.

Cratoxylon Hornschuchii (Blume).

Au Soudan : Hermang.

Arbre des Indes néerlandaises, qu'on trouve aussi au Soudan. Les feuilles sont opposées, oblongues-lancéolées.

Le bois dur, à grain fin et égal, de longue durée, doit être immergé, puis séché lentement pour éviter les fentes.

On l'emploie pour les constructions.

Son charbon est excellent.

A Java, ce bois est considéré comme astringent et diurétique,

Cratoxylon arborescens (Bl.).

A Malacca : Grongon.

Arbre de Malacca, fournissant un bois rouge sombre à grain grossier, tendre, ne se fendant pas à la dessiccation, utilisé pour les poutres légères.

Cratoxylon microphyllum (Miq.).

Arbre des Indes néerlandaises, donnant un bon bois de charpente.

Vismie de la Guyane.

Vismia guianensis (Pierre).

En Guyane : Arbre à la fièi>re ou bois sanglant. Au Venezuela : Lacre.

Arbre de 7™ à 8^^ de hauteur, spontané au Venezuela et en Guyane où il est abondant.

La tige est quadrangulaire.

Les feuilles sont persistantes, opposées, ovales-lancéolées, acuminées, dilatées à la base, glabres en dessus, roussâtres en dessous, criblées de points diaphanes, qui sont des glandes sécrétrices.

Le bois est rouge pâle avec de fines veines plus claires, assez léger, d'une den-

ANGIOSPERMES OU FEUILLIS. 4o3

silé de o,65o, à texture fibreuse, à grain fin, très apte aux lra^■aux d'ébénisterie. Incisé, cet arbre laisse écouler un suc résineux, jaune rougeàtre, qui est la gomme-gutte d'Amérique; desséchée, cette résine constitue un purgatif.

Vismie de Cayenne.

Visinia cayennensis (Pers.).

En Guyane : Bois Baptiste. A la Trinité : Bloodsvood,

Arbre de la Guyane et de la Trinité, ressemblant au précédent, par sa taille, par ses feuilles opposées et entières, parsemées de glandes à huile essentielle, et par le suc résineux qui est contenu dans ses tissus.

Vismie onotillo.

Vismia jerruginea (H. B.).

Au Venezuela : Onotillo.

Arbre du Venezuela, donnant un bois jaune rougeàtre, assez compact, susceptible d'un beau poli,

Rougo de Madagascar ou Guttier du Oabon.

Haronga madagascariensis (Choisy).

Petit arbre habitant Madagascai\ la Réunion, le Gabon, les régions du Zambèze.

Les feuilles sont persistantes, opposées, ovales-oblongues, aiguës au sommet, arrondies à la base, tomenteuses dans le jeune âge.

Le bois est de bonne qualité.

L'écorce, peu épaisse et fendillée, laisse exsuder une résine analogue au sangdragon, et qui est un fébrifuge.

C'est en Europe une plante de serre chaude.

Millepertuis lancéolé.

Hypericmn lanceolatutn (Lanik.).

Petit arbrisseau tortueux qui habite la Réunion.

Ses feuilles sont opposées, lancéolées, entières, penninerves, ponctuées, ses fleurs jaunes.

Le bois est blanchâtre, assez dur, d'une densité de 0,680, à grain uni et serré.

Le suc gommo-résineux sécrété par les tissus de cette plante est utilisé en médecine contre la syphilis et contre la goutte, sous la dénomination de Baume de fleurs jaunes.

FAMILLE DES CLUSIACÉES ou GLTTIFÈRES.

Caractères de la famille. — La famille des Clusiacées ou Guttifères a 24 genres comprenant 280 espèces environ, toutes tropicales, habitant généralement l'Amérique et l'Asie.

Ce sont des arbres ou des arbustes à feuilles le plus souvent opposées, simples, entières, dépourvues de stipules, à nervures pennées; les rameaux sont fréquemment tétragones et articvdés.

4o4 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Les tissus de ces plantes contiennent des canaux sécréteurs renfermant un latex résineux ou gommeux, qui s'écoule par simple incision de l'écorcc.

Les fleurs sont régulières, pentamères ou tétramères.

Il y a généralement 2 verticilles d'étamines simples ou divisées ; les anthères ont 4 sacs polliniques s'ouvrant longitudinalement.

Le pistil est formé de carpelles concrescents en un ovaire pluriloculaire. Les stigmates sont le plus fréquemment sessiles.

Le fruit est une baie, une drupe, ou une capsule septicide.

La graine, munie généralement d'un arille, est dépourvue d'albumen.

Les clusiacées fournissent souvent des baies comestibles et des bois de bonne qualité.

Cette famille est voisine de celle des terstrémiacées, dont elle se différencie par les feuilles opposées et la présence de canaux sécréteurs dans les tissus; elle se rapproche aussi des l.ypéricinées par la corolle à 5 pétales, les divers faisceaux d'étamines, l'ovaire à plusieurs loges multiovulées; mais elle en diffère principalement par ses fleurs dioïqucs ou polygames, et par son fruit le plus souvent charnu.

Calaba commun.

Calopkylliim calaha (Jacq.).

Aux Antilles : Calaha. A Cuba : Ocuje ou Arhol del aceita de Maria. A la Jamaïque : Santa Maria. A la Trinité : Palo Maria. A la Réunion : Tacamahaca rouge. Au Venezuela : Maria.

Arbre de taille élevée, à cime ample et diffuse, à écorce brune épaisse, à tronc très résineux.

îl est originaire des Antilles. On le trouve aussi à la Martinique, où on le plante en lisière de forêt, au Malabar, sur la côte de Coromandel, au sud de la Réunion, au Venezuela, en Cochinchine (où il atteint des dimensions moindres, mais demeure très beau).

Les feuilles sont opposées, ovales, lisses, douces au toucher, coriaces.

Les fruits comestibles sont rouges, de la grosseur d'une cerise, allongés, ressemblant à ceux du cornouiller mâle, contenant un sarcocarpe mince et un noyau ligneux qui renferme une amande jaune rougeâtre.

Le bois est gris rougeâtre, à gros grain, assez flexible et résistant, d'une densité moyenne de 0,670. Son élasticité comparée à celle du chêne est de 0,9^7, sa résistance à la rupture de 1,278. Il est de bonne qualité et considéré comme incorruptible.

On l'emploie pour les charpentes, les mâtures, les bordages de navires; les planches de cette essence se tourmentent si elle n'a pas été débitée lien sèche. Au Venezuela on s'en sert pour l'ébénisterie.

Les incisions du tronc et des branches fournissent un suc résineux solide, brun verdâtre, renommé comme vulnéraire : c'est le baume vert des Antilles.

De l'amande du noyau, on retire une huile jaune, d'une densité de 0,965, utilisée pour V éclairage.

Calaba à fruits ronds,

Calophyllum inophyllura L.

En Annam : Mu-U. A Bornéo : Tjemplong. Au Cambodge : Kiing. A Ceylan : Bomba- Gass. En Cochincliine : Monou. Aux Hawaï : Kamani. A Java : Njamploeng. A Madagascar : Fourha. En Malaisie : Kapoeratja. En Nouvelle-Calédonie : Pitt. A la Réunion : Tacahamaca hlanc. A Sumatra : Penaga. A Taïti : Ati,

AXGIOSPEnMES OU FELILLUS. 4o5

Grand et magnifique arbre toujours vert, atteignant ordinairement so"^^ de hauteur sur o™,6o à i™ de diamètre, à cime irrégulière et très fournie.

Il est originaire de rarchipcl indien. On le trouve à Sumatra, aux Philippines, aux Moluques, dans les Indes orientales, à Madagascar, à la Réunion, en Océanie. Aux îles Marquises il est gigantesque et y constitue d'épaisses forêts. Aux Indes anglaises, on le voit sur la côte Ouest (rarement au-dessus d-cs montagnes des Ghats), sur la côte d'Orissa, en Birmanie, aux îles Andamans,

En Cochinchine, il abonde dans les plaines et au bord des fleuves. A Saïgon, il est cultivé comme essence d'ornement.

Ses terrains de prédilection sont ceux des côtes et des dépressions.

Le tronc est légèrement tortueux, recouvert d'une écorce brune, épaisse, rugueuse, fendillée en damier.

Les jeunes rameaux sont tétragones.

Les feuilles sont grandes, opposées, entières, obovales, coriaces, lisses, luisautes, à nervure médiane saillante.

Les fleurs blanches sont en grappes opposées en croix; leur odeur est celle du tilleul.

Le fruit est une petite drupe ovoïde, de o'"'\o4 de diamètre, lisse, jaune à maturité, renfermant une pulpe mince dont la saveur est celle de la pomme; au sein de cette pulpe est un noyau qui contient une amande à 2 cotylédons jaunâtres et charnus.

L'aubier est peu épais, de teinte pâle surtout chez les jeunes sujets.

Le bois (Kiboenaga des Indes néerlandaises) est rosé (rouge chez les arbres âgés), dur, à grain serré, très résistant, très élastique, à fibres contournées et ondulées, durable, peu attaquable par les insectes, susceptible d'un beau poli.

On l'emploie pour la menuisei'ie, l'ébénisterie, le placage (il est tacheté comme l'acajou), le charronnage, les charpentes, la construction des navires, les timons, les mâts. Mais il a l'inconvénient de se travailler difficilement.

L'écorce a des propriétés diurétiques.

Elle peut serN-ir pour la fabrication de la pâte à papier.

De l'amande du fruit on retire de l'huile {huile de Tainanou de TOcéanie).

Des incisions faites sur l'écorce du tronc découle une résine d'un vert jaunâtre : c'est le Baume vert de VInde, ou Baume Marie des Antilles, dont on se sert pour le traitement des ulcères et pour la cicatrisation des blessures.

Calophyllum jrwntanum (Vieillard).

Bel arbre pouvant atteindre i5'" à 20"^ de hauteur sous branches sur o™,8o de diamètre, spontané en Nouvelle-Calédonie, où il aiTectionne les sols ferrugineux.

L'écorce est noirâtre, rugueuse, crevassée.

Les feuilles sont elliptiques-lancéolées, entières, obtuses, à nervures fines et serrées.

Le bois rougeâtre, dur, d'une densité de o,go4, à fibres réunies en gros faisceaux ondulés, est résistant et de longue durée, mais difficile à travailler.

On l'emploie pour la charpente, le charronnage, les petites mâtures.

En ébcnisterie et en menuiserie fine, il présente un aspect soyeux et une jolie teinte jaunâtre avec des veines rouges,

Calophyllum tomentosum (Wight,).

Grand arbre toujours vert, à tronc très droit; on le trouve à Ceylan, sur les côtes Ouest des Indes anglaises, en général au-dessous des Ghats, et pas plus au Nord que Goa, au Sud jusqu'à Travancore.

\o6 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBB.

Le bois est rouge brun, ondulé et strié d'apparence, très élastique.

Pour éviter les fentes radiales, qui se produisent à la dessiccation, on le fait souvent séjourner dans la boue humide des rivières, aussitôt après l'abatage.

Il est assez durable. Ses traverses se conservent bien pendant environ 5 ans, ses mâts pendant lo ans.

On l'emploie comme bois de construction pour les habitations, les navires, les wagons; il est utilisé pour la fabrication des meubles, pour les poteaux.

Les graines fournissent une huile d'éclairage.

Calophyllum hrasiliense (Camb.),

Au Brésil : Guanandi.

Arbre à houppier épais, portant de nombreuses branches et feuilles; le tronc mesure 6"^ à 8"^ de longueur sur oi",6o à o™,8o de diamètre.

Il habite le Brésil, surtout les vallées du fleuve Parahyba.

L'écorce est cendrée, épaisse, ridée.

Le bois parfait est rougeâtre, dur, à fibres fines et droites, d'une densité moyenne de 0,720,

L'aubier est de teinte plus claire.

On utilise ce bois pour les constructions navales et tous les travaux extérieurs. C'est la variété Guanandi amarello, qui donne la meilleure qualité. Vient ensuite la variété Guanandi cedro, puis la variété Guanandi piolho, cette dernière employée de préférence pour les ouvrages intérieurs.

Cette essence produit le baume Landini, usité contre les ulcères et les anciennes blessures.

Calophyllum Thorelli (Pierre).

En Annamite : Công-?nûu. En Kmer : Doin-choeu-phaong-K'ting.

Bel arbre très ornemental atteignant Se'" de hauteur, avec un tronc droit de i5'^ à, 20^" sous branches, sur o°^,4o de diamètre, dès l'âge de 60 ans.

On le trouve dans les forêts de Cochinchine et d' Indo-Chine, principalement dans les massifs boisés montagneux de Baria.

L'écorce est épaisse de o"\oi à o"\o2.

Les feuilles ont un pétiole pubescent de o°^,02 à. 0*^,04 de longueur.

Elles sont oblongues, aiguës ou subaiguës aux deux extrémités, d'un vert brillant en dessus, pâles en dessous. Le limbe mesure 6*^^"' à i5^"' de longueur stir o"^,025 à o^\o6 de largeur.

L'inflorescence est composée de 10 à 20 grappes disposées au sommet des rameaux, et dont chacime porte 3 à 9 fleurs, longuement pédicellées, recouvertes de duvet, comme les jeunes rameaux.

La fleur a 2 sépales extérieurs de moitié plus courts que les sépales intérieurs el les pétales; ces 2 sépales extérieurs ont 0^,006 à o'^^,oo7 de longueur, alors que les autres mesurent 0^^,009 à o"\oii.

Les pétales, de o°^,oio de longueur environ sur o™,oo2 à o'",oo/i de largeur, sont oblongs ou linéaires-oblongs.

Le bois rougeâtre a les mêmes qualités que celui des Calophyllum en général.

Calophyllum i-etusum (Wall.).

En Cochinchine : Cong-giay.

Arbuste de 2"^ de hauteur environ, croissant sur les alluvions de la Basse-

Cochinchine et du Cambodge, commun aussi dans le Sud de la péninsule malaise.

Il est extrêmement utile pour consolider les terrains sujets aux inondations.

Les fleurs ont un très court pétiole. Elles sont oblongues, très polymorphes.

ANGIOSPERMES OU FKt'ILLUS. 407

L'inflorescence est disposée en grappes de 0^*^02 à o'^.oa de longueur, portant 7 à 8 fleurs.

La fleur hermaphrodite possède 28 étamines, et souvent plus, à fdets grêles el anthères ovales, un ovaire glabre de o"\oo4 de longueur, un stigmate concave.

Le fruit est une drupe ronde, blanche, spongieuse extérieurement, à endocarpe dur et mince, à tégument épais.

Calophyllum spectabile (Wild.).

En Annan\ : Cong-tau-lau ou Cong-tmng. En Malaisie : Soelatrie.

Arbre habitant l' Indo-Chine et l'archipel malais, occupant tous les sols, aussi bien les terrains inondés du delta que les stations de montagne.

On le trouve également à la Réunion, à Maurice, à Singapore.

L'écorce est blanche ou grise à l'extérieur, rouge à l'intérieur, très fibreuse.

Les feuilles sont grandes, elliptiques-lancéolées, courtement acuminées, coriaces.

L'aubier est blanchâtre, le bois parfait rougeàtre; on l'emploie pour les constructions; mais il est moins apprécié que celui des autres Calopinjllum; cet inconvénient est compensé par la plus grande rapidité de sa croissance.

Les fruits donnent de l'huile.

Calophyllum dryobalanoïdes (Pierre).

En Annamite : Cong-nui.

Arbre superbe, de 20'^ à 3o'" de hauteur avec un tronc droit de 18°^ à 20'" sous branches, sur o°^,45 environ de diamètre à la base, vers l'âge de 60 ans.

On le trouve dans les massifs boisés montagneux de Dinh, près Baria.

L'écorce rouge, rugueuse, épaisse de r°' environ, sert à fabriquer des seaux, des hottes.

Les feuilles à long pétiole sont ovales ou oblongues-lancéolées, terminées par une pointe élargie et obtuse.

Le bois est rougeàtre, entouré d'un aubier plus pâle.

Cette essence est une des plus belles des forêts de V Indo- Chine.

Calophyllum saïgonense (Pierre).

En Annamite : Cong-tia. En Kmer : Pohon.

Arbre de i5™ à 20™ de hauteur, avec un tronc de 8°^ à 12"^ sous branches, siu" o°^,25 à o'^,3o de diamètre.

C'est une essence très répandue en Basse -Cochinchine jusque vers S^oo"^ d'altitude.

Elle affectionne les sols sablonneux et pierreux.

Les feuilles sont elliptiques-oblongues, terminées par une pointe obtuse.

L'écorce est épaisse de 6^,011 environ.

Le bois parfait est rougeàtre, l'aubier de teinte plus pâle.

Ce bois, de densité peu élevée, est cependant excellent pour tous les usages, résistant aux intempéries, très employé pour les constructions, spécialement pour celles de la marine. Il est parfait comme mâture. Il con^-ient moins pour la fabrication des meubles.

On doit l'utiliser pour le reboisement des sols siliceux et caillouteux.

Calophyllum pidcherrimum (Wall.).

En Annamite : Cay-công, ou Vày-oc.

Arbre de iS'" à 20^" de hauteur, à tronc droit de lo"^ à 12™ sous branches, sur o'^jSo à o'^\40 de diamètre.

Il habite les provinces occidentales du Cambodge et de l'île de Phu-Quoc.

Les jeunes rameaux sont tétragones, grêles et glabres.

Les feuilles, de dimensions réduites, portées sur un pétiole de o'^\,oo6 environ de longueur, ont un limbe ovale-oblong, de o"\o55 à o"\o85 de longueur sur o"^,020 à o^,o35 de largeur, atténué aux deux extrémités, aigu à la base, coriace.

Les fleurs sont petites, disposées en grappes.

Les sépales intérieurs sont plus longs que les sépales externes. Il y a 4© à 5o étamines. L'ovaire et le style ont o'^jOoS à o°^,oo4 de hauteur.

Le fruit est ovale, un peu atténué au sommet, à mésocarpe charnu, à endocarpe formé de cellules ligneuses.

Le bois est utilisé pour les charpentes légères.

Calophyllum canum (Hook.).

A Malacca : Moontangoo.

Arbre des forêts de Malacca, donnant un bois blanc brunâtre, rayé et tacheté de brun, tendre, de texture grossière, mais ne se fendillant pas à la dessiccation, utilisé surtout pour les mâtures des bateaux.

Calophyllum lanigerum (Miq,).

Essence appelée au Soudan Bintangoor-batoe, et dont le bois est très employé pour les mâtures.

Calophyllum Teysmanni (Zoll.).

Arbre des montagnes de Java (nom malais : Soelatri), fournissant un bois tacheté qu'on emploie pour la fabrication des meubles,

Cirolier ou Ciroyer commun.

Rheedia laterifolia L.

A la Trinité : Muscadier saui^age. Chez les colons anglais : Wildnatmey.

Arbre imprégné de substances résineuses, à tronc droit assez élevé et ramifié horizontalement.

Il est originaire des Antilles, et particulièrement abondant à la Martinique.

Les feuilles sont opposées, ovales, obtuses au sommet, arrondies à la base, entières, glabres, vertes et luisantes en dessus, jaunâtres en dessous.

Le fruit {Wild mammee de la Jamaïque) est une baie ovoïde jaunâtre, à péricarpe lisse et mince; cette baie contient deux ou trois grosses graines charnues entourées d'une pulpe sucrée et succulente, qu'on utilise en conserves et pour la fabrication de boissons.

Le bois rougeâtre est employé pour la menuiserie commune, les traverses, les planches....

Des nœuds des rameaux découle une sorte de résine cireuse, d'odeur agréable, employée pour la fabrication des torches d'éclairage.

Cirolier du Brésil.

Rheedia brasiliensis (Mrt.).

En Argentine et au Brésil : PaJcary.

Arbre de lo'" environ de hauteur sur o'",5o de diamètre, qui croît au Brésil et en Argentine, notamment dans les régions de Misiones. L'écorce est d'un gris foncé, lisse, d'épaisseur moyenne.

ANCIOSPEnSIES OU FEUILLUS. 409

Le bois est jaune rougeàtre, compact, assez cassant, dur, lourd, exposé à se fendiller à la dessiccation, d'une durée limitée.

Il est utilisé pour la fabrication des manches d'outils et spécialement pour les travaux de tour.

Rheedia madruno (PI. et Tr,).

Essence de la Nouvelle-Grenade, dont les feuilles nourrissent le Bombyx madruno, espèce séricigène de grande valeur,

Rheedia ednlis (PI. et ïr.).

Essence de Panama, dont les fruits sont comestibles.

Rheedia virens (Pi, et Tr.).

Essence de la Guyane, dont les fruits sont comestibles.

Parcouri.

Platonia insignis (Mart,),

Au Brésil et en Argentine : Bacury. Eu Guyane française : Bacury grande. En Guyane anglaise : Pakooru. Au Paraguay : Bacury-guazu.

Grand et bel arbre qu'on trouve dans les forêts humides des Guyanes, dans les forêts vierges du Brésil (régions de Para, Ceara, Maragnon), dans le Nord du Paraguay, en Argentine,

Les feuilles sont opposées, oblongues, aiguës aux deux extrémités, penninerves, épaisses, coriaces.

Les fleurs roses ont de grandes dimensions.

Cette essence fournit au commerce le bois Parcouri. C'est un bois brun jaunâtre, à grain fin, compact, moyennement lourd, à fibres régulières assez serrées, se travaillant facilement et se conservant longtemps; il est intermédiaire entre les bois légers et les bois durs.

En Guyane, on l'emploie pour les constructions, les parquets, les planches.

Pour l'ébénisterie, il est susceptible d'un poli brillant.

L'écorce battue fournit une filasse utilisée pour le calfatage des lun^ires.

Le fruit est comestible et connu sous le nom de Bacury.

Ochrocarpe de Siam.

Ochrocarpus siameTtse (T. Anders.).

En Annamite : Cay-may. En Kmer : Soupie. En Moi : Djoupie. En Siamois : Serapie.

Arbre de i5*^ à 20"^ de hauteur enAiron, et parfois plus, en massif forestier.

Il est spontané en Cochinchine dans les forêts de Dongnai,' et aussi dans les forêts du Cambodge occidental. On le cultive dans toutes les régions de l' Indo- Chine,

Le tronc est grisâtre et recouvert de nodosités.

Les feuilles, parfois verticilices, sont subaiguës et arrondies à la base, oblongueslancéolées, terminées par une pointe obtuse : elles sont très odorantes.

Le bois est d'une extraordinaire dureté. Sa durée est considérable.

C'est une essence à croissance lente, mais qui, par ses qualités, mérite d'être préconisée pour la reconstitution des forêts de la Cochinchine.

Ochrocarpus Chapelieri (PI. et Triana.).

Arbre cle Madagascar, très branchu, à feuilles opposées, ovales-oblongues, obtuses, entières, coriaces, glabres, luisantes.

Les fruits sont charnus, jaunâtres, oblongs; ils contiennent 4 graines avec un suc verdâtre et visqueux.

Par incisions du Irouc, on obtient la résine connue sous le nom de Vazouane.

Bois de fer.

Mesua ferrea L.

En Annam : Vàp. Au Cambodge : Calarid, En Hindoustan : Nagchumpa. A Java : Nagasari. A Malacca : Panaga-Boonga.

Très bel arbre forestier à tronc droit, de 20'" à 00"^ de hauteur sur o'^jyo de diamètre, à cime pyramidale, dense et touffue.

L'écorce est très mince.

Les feuilles, purpurines dans le jeune âge, deviennent d'un vert brillant sur la face supérieure, et, en dessous glauques ou cendrées et recouvertes d'une poussière cireuse.

Ces feuilles ont im pétiole de o"^,oo6 à o™,oi2 de longueur et un limbe de 0^^,095 à o™,i4 de longueur sur o™,02 à o°^,o4 de largeur, linéaire-oblong ou oblonglancéoié, longuement acuminé, épais, coriace.

La fleur a des sépales accrescents et persistants, orbiculaires, concaves, ciliés, légèrement pubescents; les 2 sépales de la série externe mesurent 0^^,022 de longueur et largeur, les 2 sépales de la série interne o"^,024 à o"\o25 de longueur et largeur; les 4 pétales, qui sont persistants, ont o"^,o35 de long sur o'",020 à o°^,025 de largeur.

Les étamines sont libres, longues de o'^îOoS, à filets filiformes, partagées en 5 à 7 séries.

L'ovaire est glabre, biloculaire, surmonté d'un style bilobé.

Le fruit a un péricarpe ligneux, qui s'ouvre en 2 à 4 valves au sommet.

Cette essence est spontanée dans les forêts de la Basse-Cochinchine, où elle abonde, croissant le plus souvent en grands massifs et dans les endroits élevés. On la trouve aussi en Cocliinehine, dans la région de Bien-hoa, au Cambodge, dans l'Inde péninsulaire, à Ceylan, à Malacca, en Malaisie, dans l'Himalaya oriental. Aux Indes anglaises, elle constitue les forêts toujours vertes d'Assam, de Kasia, de Chittagong, des Ghats de l'Ouest. Elle est plus commune au Malabar, qu'à Kanara On la trouve aussi à Tenasserim, dans la Birmanie supérieure, dans les Andamans. En Birmanie, on la plante autour des monastères boudhistes et des citernes; elle y atteint vme grande taille, de même qu'en Assam, au Nord de Kanara et à Malabar, tandis que ses dimensions sont bien jplus réduites dans les Andamans.

Le bois est d'un beau rouge sombre, plus clair à la périphérie qu'au centre, avec de belles veines violettes.

Il est extrêmement dur et lourd, d'une densité de 1,001, compact, raide, à fibres longues et serrées, difficile à travailler et à scier, mais suceptible d'un beau poli.

Si l'on ne le fait pas sécher à l'ombre avec toutes les précautions nécessaires, il est exposé à se fendiller.

L'aubier grisâtre et peu épais est presque aussi dur que le bois.

Ce bois dure très longtemps à l'air. Il est presque incorruptible dans l'eau. Il n'est pas attaqué par les insectes et n'a pas de défauts intérieurs.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 1^1 l

On l'emploie pour les constructions des maisons et des bateaux, les travaux hydrauliques, les traverses, l'ébénisterie, le tour, les crosses de fusils, le charronnage, les mortiers, les pilons, les rouleaux. On s'abstient de le débiter en longues ])lanches, qui parfois ont l'inconvénient de se courber.

L'état annaïuilo et l'état cambodgien se réservent cette essence, débitée en billes de 5^^ à lo"^ de longueur sur 20™ à 25"" d'équarissage (bois de Xaghas),

Au point de vue chimique, on trouve, dans ce bois, ime huile volatile blanche lui donnant son odeur d'anis, une résine aromatique, une matière colorante brune, une substance amère cristallisable, de l'amidon, quelques sels.

Les feuilles sont utilisées en décoction contre la toux, et les fleurs sèches en ])arfumerie sous le nom de Xaghesur.

Les fruits sont analogues aux châtaignes; ils fournissent une huile employée cojitre les rhumatismes : l'amande est comestible.

Kayée de Bien-hoa.

Kayea eugenisefolia (Pierre).

En Annam et en Cochinchine : Tram-hoang.

Essence de la Basse-Cochinchine, habitant particulièrement les forêts des provinces de Bien-hoa et de Tayninli.

Cet arbre atteint 1.5°^ à 20"^ de hauteur sur o'^^So à o™,45 de diamètre à la base.

L'écor-ce est assez mince.

Les caractères botaniques sont les suivants :

Feuilles oblongues-lancéolées, subaiguës à la base, coriaces, glabres.

Fleurs terminales au nombre de 3 à 7, sur de courtes grappes composées de cyraes.

Inflorescence longue de o™,02 à o°^,o4.

4 sépales imbriqués, orbiculaires, concaves, épais et nervés.

Pétales obovés, membraneux, dentelés.

Etamines presque libres, disposées en cinq rangées.

Ovaire supère, formé de 4 carpelles dont deux seulement se développent.

Cet ovaire est uniloculaire, sillonné; il contient 4 ovules.

Le style est fendu au sommet en 4 petits lobes aigus.

L'arbre fournit un bois rougeàtre, dur, mais facile à travailler. On l'emploie aux mêmes usages que le bois de fer.

Kayea ferruginea (Pierre).

Arbre de 8^^^ à 12"^ de hauteur, qu'on trouve dans les forêts de Tayninh, en Cochinchine.

Le bois est rougeàtre et lourd. On l'emploie pour former des piliers et pour confectionner des manches d'outils.

Kayea macrocarpa (Pierre).

Essence de petites dimensions (6"^ à 8™ de hauteur) qui croît en Cochinchine, Le bois est estimé pour la fabrication des chevilles et des manches,

Kayea stylosa (Thw.).

En Cyngalais : Soovatida-Gass.

Essence dont les fleurs sont très odorantes, et dont le bois est utilisé à Ceylan pour les constructions.

.jI2 FLORE FORESTIERE GENERALE DU Gf.OBE.

Oaxcinie à gomme-gutte,

Garcinia morella (Desr.), variété pedicellata. ou Garcinia Hanburyi (Hooke).

Arbre de lo'" à 12"^ de liauteur, fournissant la gomme-gutte.

Il est originaire du Cambodge et habite aussi la Cochinchine et le Siam. Son ccorce est d'un brun rou2:eâ!re.

Ses feuilles sont opposées, entières, ovales-lancéolées, terniinées par une pointe allongée, lisses sur les deux faces. Ses fleurs sent dicïques, à /■ sépales et 4 pétales, à étamines nombreuses, à ovaires de 4 Î02es uniovulées,

La gomme-gutte exsude, par incision, de la partie moyenne de i'écorce, sous la forme d'un suc visqueux, jaune, qui se solidifie par dessiccation.

L'arbre est recherché dans les forêts, et traité par une incision spirale qui occupe la moitié de la circonférence du tronc.

Sous la section, on dispose un entre-nœud de bambou, destiné à recevoir le liquide s'écoulant de la plaie.

On ne pratique qu'une incision par année.

La gomme-gutte est un purgatif drastique et aussi im anthelmintique.

Elle entre dans la composition de plusieurs vernis et couleurs.

On la moule en gâteaux ou en bâtons; ces derniers sont les plus estimés.

Garcinia morella (Desr.), variété sessilis.

En Cyngalais : Gokotoo.

Arbre de même taille que la variété précédente, originaire d' Indo-Chine, et qu'on trouve en grande quantité à Ceylan.

Il est également dioïque.

Les feuilles sont opposées, entières, elliptiques-lancéolées, terminées par une pointe obtuse, lisses sur les deux faces, d'une consistance analogue à celle des feuilles de laurier.

De I'écorce exsude une bonne gomme-gutte, recueillie à Ceylan, mais peu répandue dans le commerce.

Le bois est blanchâtre ou jaime clair, à grain fin et serré, tendre, très élastique, mais se conservant peu de temps à l'humidité.

On l'emploie pour la boissellerie et l'ébénisterie.

Garcinia ferrea (PieiTc).

En Annam : Roi niàt. En Kmer : Prùs pnom.

Arbre de 25^^ à 35"^ de hauteur, dont le tronc noirâtre est droit jusque vers 7™ à 10™ de hauteur.

On le trouve dans l'île de PJiu-Quoc, el dans les montagnes de Dinh^ près Baria, et de Cam-chaij, près Kampul.

L'écorce est épaisse de o"\oo5 à o"\oo8, rugueuse, noirâtre et feuilletée extérieurement, rougeâlre en dedans; elle sécrète un suc blanc, qui noircit à la luiuière.

Les rameaux sont tétragones, opposés, courts, espacés.

Les feuilles sont elliptiques-oblongues, courtement acuminées et obtuses au sommet, minces, brillantes à la face supérieure, parcheminées.

Le bois est rouge brun, dense, assez lourd, à fibres très longues, très flexible.

Il se conserve bien. On l'emploie en charpente, en madriers, et pour la fabrication des avirons, des brancards, ainsi que pour l'ébénisterie.

ANGIOSPKRMES OU FKIILLUS. 4 I ! j

Garcinia Planchonl (Pierre).

Arbre qui atteint lô'" à 9.6^ de hauteur sur o"^,4o à o°^,ù»o de diaiiièlrc. Il habite les régions du fleuve Dougaï, en Asie, et de ses affluents, L'éeorce esl assez épaisse, et contient une gomme-gutte jaunâtre. Les jeunes rameaux sont très gros, à peine tétragones. Le bois est rougeâtre, et contient des fibres longues et flexibles. L'éeorce est utilisée en teinture.

Garcinie à mangoustan.

Garcinia mangostana L.

En Annani : Mâng-cut. En Knier : Mûng-Knut. En Malais : Mangies.

Arbre de 20*" à 25"^ de hauteur sur o'^\25 à o°\3o de diamètre, originaire des Moluques, cultivé pour son fruit dans l'Inde, la Basse-Cochinchine et beaucoup de pays chauds, notamment en Malaisie et dans les îles de l'Océanie.

Les feuilles sont opposées, entières, ovales, luisantes, coriaces.

Les rameaux sont opposés et quadrangulaires : ils recouvrent presque le tronc et donnent à l'ensemble de l'arbre une forme p^Tamidale, en raison de la longueur plus grande des branches inférieures.

L'éeorce est jaunâtre à l'intérieur, noirâtre à Textérieur, Par incisions, il en découle un suc jaunâtre purgatif.

Le fruit, appelé nuingoustan, de la grosseur d'une orange, contient une pulpe interne d'une saveur exquise et très appréciée. Le péricarpe est d'un brun rouge, épais, amer, astringent. Intérieurement se trouvent des divisions cloisonnées comme dans l'orange; ces cloisons renferment chacune une graine, de la dimension d'une amande recouverte d'une pulpe blanche sucrée, qui constitue la partie comestible. Ce fruit est rafraîchissant et fébrifuge.

La croissance de cette essence est très lente.

Le bois est brun, à fibres longues et flexibles, assez estimé en ébénisterie et pour la fabrication des avirons.

Les feuilles et Técorce sont employées en peinture pour fixer les couleurs.

Les sols préférés par cet arbre sont ceux qui, arrosés à marée haute par une eau à peine saumâtre, sont situés ù l'embouchure des fleuves. Il affectionne les terrains bas, à humus profond, à sous-sol tourbeux. A Java, on le trouve cependant dans des terrains assez élevés et argileux, mais gorgés d"oxyde de fer.

Garcinia Benthami (Pierre).

En Annam : Roi. En Kmer : Dôm-choeu-prùs.

Arbre de 20™ à 25"^ de hauteur sur o",45 à o°i,5o de diamètre, ayant un tronc droit. L'aspect général représente une pyramide de verdure.

Les feuilles sont oblongues-lancéolées, courtement acuminées ou obtuses au sommet, arrondies à la base, le plus souvent subaiguës, épaisses, coriaces.

L'éeorce est noirâtre, rugueuse, gorgée d'un suc blanc, caractéristique, qui noircit à la lumière.

Les branches sont opposées, tétragones, très allongées; elles portent des ramifications secondaires assez courtes.

L'aubier est d'un rouge pâle, dur, épais de o"^,025 à o^,o3o. peu distinct du bois parfait.

Ce bois parfait est d'un rouge brun foncé, très dense, à fibres très longues et flexibles. Il est de qualité très estimée. Il est à remarquer que les Garcinia à suc blanc possèdent un bois rouge brun ou jaune, qui est supérieur â celui des autres espèces.

Îl4 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Garcinia Olivieri (Pierre).

En Annam : Bùà-rûng ou Bùà-nùi. En Kmer : Tromèng.

Arbre forestier atteignant 20^^ à So^^ de hauteur sur o'",oo à 0^^,60 de diamètre.

Il habite particuHèrement la Basse-Cochinchine, le Cambodge, le Laos méridional, les îles de Condor et de Phu-Quoc.

L'écorce est rugueuse, noirâtre à l'extérieur, épaisse de 4""" à 5"^"^, gorgée d'un suc jaunâtre; elle se détache par plaques.

Les feuilles sont munies d'un long pétiole, oblongues, aiguës à la base, acuminées, subaiguës au sommet.

Les rameaux secondaires, sont allongés, arrondis, à divisicns dichotomes courtes, noueuses et noirâtres.

Le fruit est recherché par les Annamites qui le conservent découpé par tranches dans du sel.

L'écorce peut être utilisée en teinture.

Le bois est rougeâtre, assez léger et flexible, mais sans grande durée.

Garcinia collina (Vieill.),

En Nouvelle-Calédonie : Mou ou Faux houp.

Arbre de haute futaie, à cime arrondie, dont le tronc peut atteindre un diamètre de o'",6o.

On le trouve en Nouvelle-Calédonie.

L'écorce est mince, assez rugueuse, d'un rouge brun. Elle contient un suc gommeux jaunâtre.

Les feuilles sont opposées, ovales-lancéolées, aiguës aux deux extrémités, luisantes sur la face supérieure. Quand elles sont jeunes, elles ont une teinte rougeâtre. Leurs nervures font saillie sur les deux faces.

Le fruit, de la grosseur d'une petite prune, est charnu et comestible.

Le bois est blanc, tendre, léger, dépourvu d'aubier. Il se travaille facilemeni, mais il est d'une conservation difficile. Sa densité est de 0,789. On l'utilise pour les caisses d'emballage et les planches. Ce bois devient uniformément jaunâtre quand il est verni.

Garcinia cornea L,

En Malaisie : Malukka. A la Martinique : Mangoustan corné. Au Soudan : Tjavoeng. En Tamoul : Kourka-pouli.

Arbre de dimensions variables, spontané dans l'archipel indien, notamment dans l'île d'Amboine, où il atteint de grandes dimensions. En Cochinchine, il ne dépasse guère 6"^ à lo"" de hauteur.

De l'écorce découle, par incisions, un suc jaunâtre.

Les graines sont entourées d'une pulpe comestible.

Les bois est blanc; mais il brunit à la lumière et prend la couleur du miel. 11 est strié longitudinalement, lourd, de consistance cornée, d'un travail difficile.

On l'utilise beaucoup pour la fabrication des manches et des chevilles.

Garcinia dulcis (Kurz.).

A Java : Monda. Au Soudan : Moendoe.

Grand arbre, habitant surtout les îles de la Sonde, Java, Timor, et régions voisines.

Les feuilles sont oblongucs-lancéolées, terminées par une pointe courte et

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 4t5

obtuse, brillantes en dessus, pâles en dessous, parcheminées, légèrement coriaces.

Les fruits sont comestibles.

Le bois est de bonne qualité et possède un grain fin; ce qui le fait utiliser pour la fabrication des meubles; mais il est exposé à se gercer et se travaille difficilement.

Garcinia Harmandu (Pierre).

En Annam : Bùa-tnôi. En Kmer : Kram-rémia ou Rémii;

Petit arbre qui ne dépasse pas 6"^ à lo"^ de hauteur.

Il croit spontanément en Cochinchine et au Cambodge, dans les lieux arides et sablonneux.

Les feuilles sont oblongues ou brièvement lancéolées; elles sont terminées par une pointe dure.

Le bois est jaunâtre, assez dur, flexible, utilisé pour de menus ouvrages.

La pulpe entourant les graines est sucrée et comestible.

Bois de sagouer.

Garcinia picrorhiza (Miq.).

Aux Indes néerlandaises : Obea, Sagehroe, Toeni.

Arbre de taille moyenne, qu'on rencontre dans les forêts d'Amboine, des îles Moluques, et surtout de Céram.

Les feuilles sont linéaires-oblongues ou elliptiques-oblongues, lancéolées, obtuses au sommet, aiguës ou obtuses à la base, légèrement décurrentes sur le pétiole, coriaces.

L'aubier est blanc, le Ijois jaunâtre, le cœur noirâtre veiné de blanc.

Ce bois est très lourd et très dur. On l'utilise pour les travaux de tour et les meubles.

Les racines renferment une résine qui contient une gomme avec de l'acide tannique. On fabrique avec le suc retiré de ces racines une boisson analogue au vin de palmier,

L'écorce fournit une gomme d'un jaune ambré très pâle.

Garcinia Viïlersiana (Pierre).

En Annam : Vàng nhùa. En Kmer : Dôm prohùt. En Moï : Rouf.

Arbre de 12™ à id*^^ de hauteur, spontané dans l' Indo-Chine méridionale.

Les feuilles sont oblongues, aiguës au sommet, très coriaces, brillantes sur la face supérieure, pâles sur la face inférieure.

L'écorce, rugueuse et noirâtre à l'extérieur, est d'un jaune verdâtre à l'intérieur. Elle contient en abondance un suc jaunâtre. La teinture verte qu'elle fournit est ime des meilleures du sud de l'Asie. Les étoffes qu'on veut teindre sont d'abord trempées dans luie décoction de poudre d'écorce; on les passe ensuite dans un bain d'arak de riz très alcoolisé, puis dans un bain d'indigo; en sortant de ce dernier liquide, elles ont pris une superbe couleur verte.

Le bois est blanc jaunâtre, avec cœur un peu foncé; il est flexible et très fibreux; il faut des précautions pour le conserver longtemps.

Cette essence mérite d'être cultivée en grand, en raison de la remarquable tein' ture verte donnée par son écorce.

Garcinia Andersoni (Hook.).

En Kmer : Prohût phnôm. En Malais : Koondon belookar. Arbre de 8°^ à 12°^ de hauteur, qu'on trouve dans la péninsule malaise, en Basse-Cochinchine, au Cambodge.

4l6 FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

L'écorce, gorgée d'un suc jaunâtre, est employée pour la teinture en jaune et en vert.

Le bois est jaunâtre, foncé au cœur, de courte durée.

Garcinia hinucao (Choisy).

Grand arbre des Philippines, dont le bois est employé pour les constructions. Le péricarpe du fruit est mou, charnu, aigre-doux; il sert d'alinient et tient lieu de (vinaigre.

Garcinia Delpyana (Pierre).

En Annam : Bûa. En Kmer : Trà meng.

Arbre de i5"^ environ de hauteur, habitant la Cocliinchine et l'île de Phu- Quoc.

Le bois est analogue à celui de Garcinia Oliçieri.

L'écorce renferme un suc jaime, et sert pour la teinture en jaune rougeâlre,

La pulpe qui entoure les graines possède un goût agréable,

Garcinia papilla (Wight.).

Au Cambodge : Heela.

Essence dont le bois, de couleur orangée, élastique, d'un travail facile, est utilisé pour les menus ouvrages.

Garcinia fusca (Pierre).

En Annam : Bùa Lueur.

Petit arbre de S'" à S^'^ de hauteur, habitant la Cochinchine et le Cambodge. Le bois rougeatre possède des fibres très contournées. La pulpe du fruit est comestible.

Garcinia javanica (Bl.),

Aux Indes néerlandaises : Mangies Oetan.

Essence des Indes néerlandaises, fournissant un bois dur et compact, utilisé pour les constructions à Java.

Garcinia Lanessani (Pierre).

En Kmer : Dôm ong col.

Arbre de 8^ à. lo"^ de hauteur, habitant la Cochinchine et le Cambodge.

L'écorce contient un suc jaunâtre.

Le bois est d'un rouge pâle, à fibres très longues.

Mangoustan du Malabar.

Garcinia malabarica (Lamk.).

Grand arbre du Malabar, atteignant 25'" de hauteur sur i"',6o de diamètre. Le bois est blanc et très dur.

Les fruits sont comestibles.

Garcinia nigro-lineata (Planch,).

A Malacca : Kandeys.

Essence de Malacca, qui fournit un bois rouge pâle très dur, d"un poli naturel, mais susceptible de se gercer beaucoup.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. .\iy

Garcinia oxyphylla (Miq.).

En Malais : Mangies oetan.

Essence des Indes néerlandaises, donnant un bon bois utilisé pour les poteaux, et des fruits comestibles.

Garcinia pedunculata (Roxb.).

Au Bengale : Tikoor.

Arbre de 20"^ de hauteur environ, habitant le Bengale oriental, et fournissant un fruit énorme, à péricarpe épais et comestible. Le bois a une couleur jaunâtre.

Garcinia travancorica (Bedd.).

Bel arbre des forêts du sud de Travancore et Tinnelly, où il habite les régions situées entre goo™ et 1200^ d'altitude.

Il fournit une grande quantité de gomme-gutte d'un jaune brillant.

Le bois parfait est d'un rouge foncé avec des veines plus claires; il est d'une texture serrée et très dur; mais il se travaille facilement et prend un beau poli; sa splendide coloration et ses qualités méritent de le faire rechercher pour l'ébénisterie.

Garcinia venulosa (Ghoisy).

Aux Philippines : Taclang-Anac.

Arbre des forêts des Philippines, fournissant un bois dur excellent.

Garcinia polyantha (Oliv.).

Nom vernac : Maunié Kini.

Arbre de l'Afrique tropicale, atteignant 20"^ à 3o^ de hauteur sur o"^,4o à o"^,6o de diamètre.

Les feuilles sont opposées, longues de oi",io à o™,i5, larges de 0^1^02 à o^\o5, à pétiole long de 0^,012 à o°^,o20 et coudé à la base. Elles sont oblongueselliptiques, cunéiformes à leur base, brièvement acuminées au sommet, à nervure médiane saillante en dessus et en dessous.

La fleur a des sépales extérieurs qui persistent à la base des fruits .

Les pédicelles des fruits ont o'^,oio à 0^^,0/45 de longueur. Ceux-ci sont globuleux, mesurent o™,020 à o™,025 de diamètre et contiennent une ou deux grosses graines ovoïdes vertes, longues de o"i,oi8 à o™,022 sur o"^,oi2 à o°^,oi5 de diamètre,

L'écorce de l'arbre est grise et finement rugueuse; elle contient une résine jaune.

Le bois est d'un rouge brun; il est demi-dur, d'une densité de 0,888.

En Afrique tropicale française, on trouve cette essence principalement à Aboisso et dans l' Indénié.

Abricotier de Saint-Domingue ou des Antilles.

Mammea americana L.

Bel arbre à cime pyramidale, large, touffue.

Il atteint 10™ à i5°^ de hauteur, et il est très ramifié vers la partie supérieure du tronc.

Originaire de l'Amérique centrale, il est très apprécié aux Antilles, pour son jruit, dont la partie externe du péricarpe est comestible,

4l8 FLORB FORESTIERE GENERALE DU GLOBE.

Les feuilles, persistantes, sont opposées, de grande taille, obtuses-allongées, entières, rigides, coriaces, lisses, luisantes, penninerves. Leur décoction est utilisée contre les fièvres.

Les fleurs blanches, d'une odeur délicieuse, sont employées pour aromatiser.

Elles servent à composer une liqueur appelée Crème des Antilles. Distillées dans l'eau, elles fournissent VEau des Créoles.

Le fruit, qui fait cultiver cet arbre au Brésil, à la Guyane, à la Nouvelle- Grenade, à Cuba, à la Martinique et dans toutes les Antilles, est V Abricot des Antilles. C'est une baie charnue, recouverte d'une enveloppe grise crevassée; sous le péricarpe, on trouve une seconde écorce à laquelle adhère une pulpe ferme, aromatique, sucrée, de couleur jaune, rouge ou blanche, suivant les variétés.. C'est la partie comestible. A Cuba, cette pulpe est rouge, et on l'appelle : Marne Y rojo.

Du tronc exsude une gomme-résine (Mamei).

Le bois est blanc, rosé ou rouge pâle, gommeux, lourd, assez dur, à grain homogène, à fibres droites. Sa densité est à peu près celle du chêne; mais il est un peu moins résistant. On l'utilise pour mcrrains, bardeaux, planches, bois de constructions.

La croissance de cette essence est rapide, mais elle ne fructifie que vers l'âge de 7 à 8 ans.

Ses sols préférés sont les terrains frais.

Abricotier d'Afrique

Mammea af ricana (Don).

{Ochrocarpus africanus. Oliv.)

Nom vernac : Kelipe, Oboto.

Grand arbre à feuilles très aiguës, d'un \'ert foncé, qui habite les forêts de montagnes à Sierra-Leone, et qu'on trouve dans l'Afrique occidentale française, notamment dans les forêts de la Côte d'Ivoire et du Gabon.

Il atteint 20°^ à ^5^ de hauteur, sur o™,6o à i^'^,20 de diamètre. On voit à sa base des accotements qui s'élèvent jusque vers l'^^jSO du sol.

Les rameaux sont étalés.

L'écorce est grise, lisse, couverte d'écaillés blanches; à l'intérieur elle est d'un rouge brun; elle laisse exsuder une résine jaunâtre.

Le fruit, d'une forme plus aiguë que celui de V Abricotier des Antilles^ possède une saveur exquise; deux fois gros comme ime orange, il contient une pulpe jaunâtre qui entoure trois gros noyaux.

L'aubier est d'un rose pâle, le bois d'un rouge sang. Celui-ci est d'une densité de 0,700 à 0,820; il est trop lourd et trop dur pour l'ébénisterie; mais on l'emploie utilement pour la menuiserie, pour le matériel roulant des cheaiins de fer et pour les traverses ; il est souvent vendu comme acajoa.

Les graines servent à fabriquer de la graisse végétale, recherchée par les indigènes.

Discostigme vermoulk

Discostigma corymbosa (Pancli, et Sebert),

En Nouvelle-Calédonie : ]'ermouï.

Arbre de taille moyenne, qui habite les forêts de la Nouvelle-Calédonie. Les feuilles sont opposées, ovales-oblongues, coriaces, à nervures parallèles, nombreuses, fines et saillantes sur les deux faces.

ANGIOSI'KKMliS OU FEtlLI.LS- Sï[)

Le bois est d'un blanc jaunâtre, tendre, d'un grain assez gros. Il se travaille bien; mais il est cassant el sensible aux intempéries. Il faut Vécorcer aussitôt après abatage; sinon il est sujet à la pourrilure. On l'utilise pour la grosse menuiserie.

Discostigma mer gueuse (PI. et Tr.).

En Annam : Sôn-Ve.

Joli arbre d'ornement, à tronc droit et peu élevé, qu'on trouve au Cambodge, dans l'île de Phu-Quoc, en Basse-Cochinchine, à Malacca.

Il atteint un diamètre de g™,25 à o"^,3o.

L'écorce est grise. On en tire une sorte de gomme -gutte d'un brun rougeâtre après dessiccation, et utilisée en teinture.

Les feuilles sont ovales-oblongues, un peu acuminées, coriaces.

lie fruit est comestible.

Le bois, d'une couleur jaune rougeâtre, est flexible et léger.

Discostigma vitiensis (Gris.),

En Nouvelle-Calédonie : Bambaï.

Petite essence de la Nouvelle-Calédonie.

Les rameaux sont tétragones.

L'écorce grisâtre se détache en minces couches foliacées.

Les feuilles sont opposées, ovales-lancéolées, longues de o'^^,o6 environ sur o™,o3 de largeur, blanches sur la face supérieure, à nervures pennées peu visibles.

Le bois est verdâtre à la périphérie, rougeâtre vers le centre, lourd, d'une den» site de i,oi8, utilisé en menuiserie.

Les sols préférés de cette essence sont les sols ferrugineux.

Discostigma fabrilis (Wiq.).

A Sumatra : Sibaroewas.

Essence des Indes néerlandaises, qui fournit un bois rougeâtre, foncé, assez, lourd, dur, dense, à fibres fines, souple, très élastique, durant fort longtemps s'il est bien séché.

On l'emploie pour la fabrication des rames, des traverses, des planches, et pour, les constructions civiles.

Clusier rose.

Clusia rosea L.

Aux Antilles : Figuier maudit. A la Trinité, à Cuba, au Venezuela ; Copeij^ A Panama : Cape grande.

Arbre superbe, dont les fleurs rappellent celles du Magnolia grandiflora.

On le trouve aux Antilles et dans l'Amérique centrale; il est originaire des forêtshumides et chaudes du Venezuela, de Panama, des Antilles.

Il atteint lo™ de hauteur, et est souvent épiphyte sur des arbres encore plus gros.

L'écorce est lisse.

Les feuilles sont ovales-obtuses, légèrement échancrées.

Le bois est rouge, assez lourd.

Le tronc fournit, par incision, un suc gommo-résineux qui est purgatif.

A Cuba, l'essence affectionne les stations élevées et de préférence les sols légers : elle se reproduit facilement par graines (qu'il faut semer aussitôt après la dissémination), par boutures et par rejets de souche.

C'est une belle espèce, à cultiver en serre chaude en Europe, Il en est de même de deux autres espèces analogues Clusia alha de la Jamaïque et Clusia flaç'a de Cuba.

Clusia insignis (Mart.).

En Guyane anglaise : Balsam tree.

Essence forestière du nord du Brésil et de la Guyane, dont les grandes fleurs roses ressemblent à celles des magnolias.

Du tronc on retire, par incisions, une gomme jaune.

Le fruit est rouge et de la grosseur d'une orange.

Le bois est utilisé dans les constructions sous le nom de Bois de Parcouri.

Cette espèce affectionne particulièrement les sols sablonneux et perméables,

Clusia pedicellata (Forst.).

En Nouvelle-Calédonie : Mou.

Essence ne donnant qu'un bois médiocre, mais fournissant par incision de l'écorce, une gomme-résine jaunâtre.

On la trouve en Nouvelle-Calédonie.

Clusia pseudo-china (Pœpp. et Endl.).

Arbre tropical dont l'écorce est employée contre les fièvres, et sert à falsifier le quinquina.

Clusia i'enosa (Jacq.).

Arbre des Antilles, appelé Palétuvier de montagne, et dont l'écorce a des propriétés fébrifuges.

Montrouzier houp.

Montrouziera spherœfolia (Panch.).

En Nouvelle-Calédonie : Houp,

Grand arbre atteignant 3o°^ à 35°^ de hauteur sur o"'^,8o de diamètre dans les sols fertiles et humides, mais se réduisant à un buisson dans les sols arides et secs.

Il habite, en Nouvelle-Calédonie, de préférence les terrains ferrugineux.

L'écorce est mince, fibreuse, légèrement fendillée, rougeâtre extérieurement, jaune à, l'intérieur.

Les feuilles sont opposées, oblongues, épaisses, à nervures nombreuses, fines et parallèles.

L'aubier épais est d'une texture jaune veinée de rouge.

Le bois parfait est jaune rougeâtre, à veines apparentes rouges, droites, serrées, à texture fine et à grain fin, dur, assez lourd, d'une densité de 0,889. II se travaille bien et se conserve longtemps.

Les charpentes de l'église Saint-Louis ont été faites avec ce bois.

Montrouziera rohusta (Vieill.).

Petit arbre à tronc court, habitant les régions tropicales de l'Amérique.

Sa hauteur totale ne dépasse guère 10°^ sur o™,3o de diamètre,

La cime est diffuse, les branches horizontales ou un peu inclinées vers le sol.

L'essence affectionne les terrains ferrugineux.

ANGIOSPEHMES OU FEUILLUS. 4a(

Palétuvier jaune de la Guadeloupe.

Moronobea coccinea (Aubl.).

Au Brésil : Oanani. A la Guyane : Manl. A la Jamaïque : Hog gum trce, A Saint-Domingue : Dois cochon.

Bel arbre à fleurs rouges très odorantes, à feuilles opposées, entières, coriaces, penninerves.

Il est spontané dans les régions basses, marécageuses et maritimes de l'Amérique tropicale, des Antilles au Pérou et au Brésil central.

On le trouve aussi dans l'Afrique tropicale occidentale, où il a été probablement introduit.

Le bois est dur, flexible, d'une fente facile, à cassure longue et fibreuse.

Sa densité est de 0,888, son élasticité de 1,421, sa résistance à la rupture de 1 ,462.

On l'emploie pour la fabrication des tonneaux et pour les constructions.

Cette essence contient un latex résineux jaune, devenant noirâtre à la dessiccation : c'est la résine Mani, utilisée pour faire des torches, pour fixer le fer des flèches et pour goudronner les barques.

Arbre à suif.

Allamblackia paiviflora (A. Chev.).

Noms vernac : Watobé, Bissaboko, Alabenun.

Arbre de l'Afrique tropicale française, atteignant 3o°^ à 35"^ de hauteur sur o°^,5o à o°\6o de diamètre. A son sommet se trouve un bouquet serré de rameaux feuilles.

L'écorce est d'un gris rougeâtre, longitudinaleraent striée.

L'essence est dioïque.

Les feuilles sont opposées, entières, coriaces, lancéolées, très allongées, longuement acuminées, aiguës au sommet, arrondies ou atténuées à la base, mesurant 0^^,24 à o°^,28 de longueur sur o™,o5 à o™,o6 de largeur. La nervure médiane est proéminente aiguë en dessous, les nervures latérales nombreuses, parallèles entre elles, invisibles sur la face supérieure d'un vert sombre, peu proéminentes en dessous.

Les fleurs sont en grappe simple, pauciflore, terminale, sessile, de o"\o6 à o'",o8 de longueur. Elles ont une couleur blanc verdâtre, avec teintes roses au moment de la floraison.

Les sépales sont coriaces, orbiculaires, verdâtres, de o'^,oo8 à o™,oi5 de diamètre.

Les pétales sont orbiculaires, coriaces, d'un blanc rose ou jaunâtre, mesurant en moyenne o'",oi8 de longueur sur o'",oi5 de largeur.

Caractères des fleurs femelles: Fausses phalanges staminales verdâtres de o°^,oo2 à o°^,oo3 de hauteur, entourant la base de l'ovaire; ovaire verdâtre de o'^jCio à o™,oi2 de hauteur sur 0^^,007 à 0,008 de largeur à la base, ayant la forme d'un tronc de cône, avec 5 sillons longitudinaux correspondant aux 5 loges; ovules campylotropes; style nul; stigmate brun, pelté, épais.

Caractères des fleurs mâles : 5 fausses phalanges staminales, alternes avec les 5 pétales, d'un jaune verdâtre, hautes et larges de o'",oo3, portées sur 5 phalanges cunéiformes-spatulées, alternes avec les pétales, d'un blanc jaunâtre, mesurant o'^^,oi5 à o°^,oi7 de longueur sur o'",oi2 environ de largeur; anthères

'jès petites, jaunâtres, à filet très court, insérées en grand nombre à la face intern?. de la partie élargie de la ijhalange; un rudiment central de l'ovaire, d'un jaune verdai:.:'.

Le fruit cylindi'iquc e''t très gros, d'une longueur de o™,4o sur o™,i2 de diamètre; il est indéhiscent, à paiwlô épaisses et chair jaunâtre, à 5 loges.

On trouve 6 à 12 graines par loge; eiîto sont ovoïdes-allongées, à parois d'un brun roux, avec une arille blanche au sommet; elles mesurent o™,o3 à o™,o4 de longueur sur o™,oi5 à o'^jOiS de largeur.

Le bois est d'un jaune pâle rosé, demi-dur, d'une densité de 0^^,675 à 0,700.

Des graines, on retire une matière alimentaire, qui est le suif végétal,

Pentadesme d'Afrique.

Pentadesma leucantha (A. Chev.).

Noms vernac : Piché, Aboko, Allahbanunu.

Arbre de l'Afrique tropicale française, qui atteint 20"^ à 3o°i de hauteur sur ()™,3o à o°^6o de diamètre.

Les feuilles sont coriaces, allongées-oblongues, atténuées et aiguës aux deux extrémités, mesurant o™,i8 à o™,22 de longueur sur o™,o5 à 0^,07 de largeur, à nervure médiane saillante des deux côtés, à nervures secondaires nombreuses, iïnes et parallèles.

Les fleurs sont grandes, au nombre de deux à trois à l'extrémité des rameaux, d'un vert jaunâtre, inodores, de o™,o6 à 0^^,07 de longueur.

Les sépales extérieurs sont concaves, longs de o'°,o4 à 0^,06, persistants, de ïnême couleur que les pétales.

Les pétales (5 ou 6) sont ovales, longs de o"^,o5 environ, arrondis au sommet. Les fruits charnus sont très gros, indéhiscents, sphéro-ovoïdes, pointus au sommet; ils contiennent, à l'intérieur d'un péricarpe gris, une pulpe gris jaunâtre avec 5 à 10 graines ovoïdes, rugueuses, longues de o'",o5 sur o™,o3 de largeur, grisâtres, dépourvues d'albvcmen, renfermant une graisse comestible.

L'écorce, grisâtre et écailleuse, laisse exsuder une résine jaunâtre.

Le bois, d'abord blanc rougeâtre à l'état frais, devient ensuite brun; il est très dur, d'une densité de 0,800; mis à l'abri des tarets, il est apte à de nombreux cjnplois.

Symphonie du Gabon.

Symphonia globulifera (L.) variété gabonensis (Pierre, Vesque).

Nom vernac : Arquané, Ossol.

Arbre de l'Afrique tropicale française, mesurant o"\35 à o"^4o de hauteur sur o'",75 à o™,8o de diamètre.

Les feuilles sont lancéolées, coriaces, acuminées, obtuses, cunéiformes à la base; elles mesurent o™,o8 à o"\i2 de longueur sur o"\02 à o"^,o3 de largeur.

L'inflorescence est en ombelle terminale de 6 à 12 fleurs.

Le calice a 5 lobes courts et arrondis, d'un vert noirâtre.

Les pétales sont arrondis, roses dans le bouton à l'extérieur, d'un pourpre noirâtre sur la partie recouverte par le pétale voisin dans la préfloraison.

Il y a 20 étamines roses, en 5 phalanges de l\.

L'écorce est d'un gris cendré, s'enlève par plaquettes, et laisse exsuder une résine, jaune d'abord, puis rouge.

Le bois d'un jaune brun, d'une densité de o,520, est assez dur et rappelle le chêne. Il est très précieux pour l'ébénisterie et la menuiserie.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. ^l'i

FAMILLE DES DIPTÉROCARPÉES.

Les Diptérocarpées sont des arbres généralement de grande taille, parfois des arbustes grimpants, qu'on trouve dans toutes les régions tropicales de l'Asie, notamment en Cocliinchinc, au Cambodge, et dans l'arcliipel indien. Le Lophim seul habite l'Airique. On n'en voit aucun en Amérique. La famille renferme 3oo espèces environ.

Les feuilles sont isolées, simples, entières, alternes, penninerves, munies de petites stipules caduques, qui laissent après leur chute une cicatrice annulaire r^ur le rameau.

Les fleurs sont hermaphrodites et régulières, disposées en grappes axillaires.

Chaque fleur est constituée par 5 sépales, 5 pétales, un grand nombre d'étaraines, et 3 carpelles soudés.

Le calice est persistant et accrescent autour du fruit.

Le fruit est le plus souvent un akène, rarement une capsule septicide.

On trouve des canaux sécréteurs localisés autour de la moelle et dans le bois secondaire, régions qui n'en contiennent pas chez les Ciusiacées et les Hypéricinées.

La graine renferme un gi'os embr\'on à cotylédons épais et sans albumen.

La dureté de leur bois, utilisé pour les constructions, et l'abondance de leurs sucs résineux, rendent précieux les arbres de cette famille.

Les huiles et les oléo-résines qu'ils fournissent servent comme enduits, les résines aromatiques comme vernis.

Le Dryohalanops donne un camphre estimé.

De quelques espèces on retire une oléo-résine appelée Baume de Gurgun, qu'on utilise comme succédané du Copahu.

Les Valeria et les Vatica produisent un fruit qui contient un suif végétal.

Les huiles des Diptérocarpées (huiles de bois) sont obtenues de la manière suivante : on perce des trous dans le tronc de la tige au printemps, et l'huile s'écoule par ces trous, pendant six mois environ. Certains arbres donnent jusqu'à 200 litres d'huile par année; la quantité moyenne est de 80 litres. Après la période d'écoulement, on cautérise la plaie par le feu.

L'huile de bois contient une résine et une huile essentielle hydrocarbonée, légèrement jaunâtre, qu'on obtient par distillation.

On se sert de l'huile de bois pour la conservation des barques et des objets exposés aux intempéries. En peinture elle s'emi^loie dans les mêmes conditions que l'huile de lin.

Anisoptère élevé.

Anisoptera glabra (Kurz,).

En Annam : Vên-vên. En Kmer : Phdiêc So.

Arbre superbe, dont le tronc droit et élevé peut atteindre 20'^^ et plus sous branches, sur im diamètre de i"^,5o. On le trouve à l'état disséminé dans toutes les forêts de Cochinchine, et aussi en Birmanie. C'est une des plus belles essences qu'on puisse voir.

Les feuilles, munies d'un court pétiole, sont oblongues, arrondies à la base, acuminées ou obtuses au sommet.

Le bois est d'un blanc jaunâtre, finement maillé, à grain homogène, à fibres longues et droites. Il est assez tendre, léger, facile à travailler. A l'abri des intem-

/,'24 l FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

péries, il se conserve longtemps. En terre, il est aussi de longue durée. Sa densité est de 0,662.

Le tronc fournit d'excellentes pièces de charpente pour la marine. On l'emploie également pour les constructions et pour la menuiserie. Il sert à édifier les cases de luxe et à fabriquer des barques.

A Saigon, on voit des pièces de cette essence qui ont jusqu'à 12"^ à i5°* de longueur.

Les tissus contiennent un peu de résine.

Anisoptera cochinchinensis (Pierre).

En Annam : Vên-vêti. En Kmer : Phdiêc.

Très grand arbre de 40"* de hauteur, avec un tronc droit sur 20"^^ à 25'^.

Il habite l'Annam et la Cochinchine; il y est très répandu dans les forêts.

L'écorce est grisâtre, épaisse, fendillée.

L'aubier est blanchâtre.

Le bois, à fibres longues et droites, à pores assez larges, possède les mêmes qualités que celui d' Anisoptera glahra; mais il est un peu plus jaunâtre, et plus dense.

Ses tissus sont gorgés d'une oléo-résine blanche et très odorante.

Il se conserve assez bien dans la terre et résiste longtemps aux insectes.

Il est léger, d'un travail facile. On l'emploie pour les constructions, la carrosserie légère, les bordages des bateaux.

Anisoptera costata (Korth.).

En Annam : Vên-vênxanh.

/Vrbre analogue k V Anisoptera glahra, mais dont le bois est d'un jaune rosé, et dont la densité est de 0,672.

On le trouve dans les forêts d'Annam, sur les sols élevés, à l'état disséminé.

Anisoptera lanceolata (Benth. et Hook.).

Arbre forestier commun dans le Binh-Thuan, Les tissus contiennent beaucoup de résine. Le bois offre peu de résistance aux intempéries.

Diptérocarpe élevé.

Dipterocarpus tuberculatus (Roxb.).

En Annam : Dau.

En Kmer : Dôm choeu Klong.

Très grand arbre dont le tronc droit et élevé peut atteindre iS"^ de hauteur sous branches.

On le trouve en massifs, dans de nombreuses forêts de Cochinchine et du Cambodge, ainsi que dans la Birmanie, spécialement dans la Birmanie occidentale. Il croît, dans cette dernière contrée, jusqu'à 25oo pieds anglais d'altitude, principalement de la région de Myitkyina au Nord, jusqu'à celle de Mergui au Sud.

Les feuilles, très amples, sont alternes, ovales, acuminées à la base, obtuses au sommet, coriaces, luisantes, ondulées sur les bords. Elles servent à couvrir les cases.

En forêt, elles constituent la nourriture de nombreux animaux : cerfs, singes, ours....

ANGIOSPERMES OU FBVILLVS. 4^5

L'écorce est épaisse, grisâtre, avec de larges sillons longitudinaux.

L'aubier est peu épais, rougeâtre ou brunâtre.

Le bois parfait est rouge brun, d'une odeur aromatique en raison de sa résine, à texture fine, à fibres légèrement ondulées.

Il est dur, mais d'un travail facile, et joli après avoir été verni. A l'état vert, il est exposé à se fendiller. Il est assez durable, particulièrement à couvert. Dans l'eau il se conserve bien.

On l'emploie pour les constructions, après avoir eu soin de l'enduire d'huile de bois; sans cette précaution il est"susceptible d'être attaqué par les fourmis.

A. l'intérieur des habitations, il se conserve bien. On l'utilise pour la menuiserie, les affûts de canons, les bateaux, les rames, les châssis, les essieux, les jougs, les timons, les planchers.

Ce bois traité par des antiseptiques donnerait d'excellentes traverses de cheipins de fer.

L'oléo-résine blanchâtre retirée de ses tissus est très estimée comme huile de bois.

Diptérocarpe à baume de Gurjan.

Dipterocarpus turbinatus (Gaertn,).

Aux Indes : Gurjum oil tree. En Birmanie : Aeng. A Malacca : Kooying Doodoo.

Arbre de taille élevée, toujours vert, qui habite l'Inde, la Birmanie, Malacca.

On le trouve notamment dans les forêts de Cachar, de Chittagong, d'Andamans.

En bon sol, il atteint parfois une hauteur de 200 pieds anglais sur un diamètre de 12 pieds.

Le bois est jaune pâle, puis rouge brun, assez dur, à texture grossière, se fendant à la dessiccation, peu durable à l'air, ne pouvant être utilisé que pour les travaux intérieurs, pour les grandes pièces destinées aux conduites d'eau, pour la fabrication des planches d'emballage.

Sa plus grande valeur réside dans Vhuile de bois, dont ses tissus sont gorgés, et qui est précieuse pour les enduits des navires. Cette essence fournit une grande partie du Baume de Gurjan.

Dipterocarpus alatus (Roxb.).

En Annam : Cây dzau nûoc. En Kmer : Dom choeu teal tom. En Birmanie j Aing-Kamgienzée. Au Cambodge : Châhrr tùk. Au Bengale : Telia Gurjum.

Très grand arbre forestier, atteignant 3o"^ à 4o°^ <ie hauteur sur i"i de diamètre.

On le voit en Cochinchine, au Cambodge, dans le Siam, le Bengale, à Tenasserim et aux îles Andamans. On le trouve sur tous les sols, même les plus pauvres.

Les feuilles sont ovales, ondulées, acuminées, avec une pointe aiguë.

L'écorce grisâtre se détache par plaques arrondies.

L'aubier est blanchâtre, épais, mou, dépourvu de valeur.

Le bois parfait est d'un rouge pâle, assez tendre, à pores ouverts et remplis de résine, à fibres fines et droites. Il est d'un travail facile, mais ne se conserve pas longtemps; les xylophages et les fourmis blanches ne tardent pas à l'attaquer j il sert à faire des madriers et des planches, qu'il faut avoir soin d'enduire d'huile de bois phéniquée, pour le préserver.

Ce bois rend les mêmes services que le sapin en Europe.

L'huile brune, qu'on retire des tissus de celle essence, est utilisée pour les mastics communs; elle est contenue dans des vaisseaux laticifères.

On recommande Fabatage d'octobre à décembre; car c'est dans cette période que le bois possède la plus grande densité; ce sont les sujets habitant les pentes ou les plateaux élevés qui sont les plus denses.

Dipterocarpus insularis (Hance).

En Annam : Dzao càt. En Kmer : Dôm choeu neang deng crohom.

Grand arbre forestier de 25"^ à 3o"^ de hauteur sur o"\4o à o°^,5o de diamètre.

Il est originaire de la Basse-Cochinchine, du Cambodge, de l'île de Phu-Quoc.

Les feuilles sont ovales ou elliptiques, arrondies, obtuses ou subcordées à la base, courtement acuminées au sommet, coriaces.

L'aubier assez épais est blanchâtre et de mauvaise qualité.

Le bois est rouge brun, à grain serré, à fibres longues et droites, analogue à celui de Dipterocarpus tuherculatus. Sa densité est de 0,784. On l'ulilise pour toutes les constructions, pour la fabrication des barques, etc.

De l'écorce incisée découle une oléo-résine de même nature que celle de Dipterocarpus alatus; avec cette oléo-résine et les plaques détachées de l'écorce on fabrique des torches, utilisées pour l'éclairage.

Dipterocarpus trinervis (Bl,).

A Sumatra : Plalavlenga., Au Soudan : Palahlar.

Arbre énorme, qui contient beaucoup de résine.

Il est originaire des Indes néerlandaises. On le trouve dans la région montagneuse de la province de Bantam, à Java, dans les forêts de Sumatra, aux îles Philippines, au Soudan.

Les feuilles sont ovales, un peu aiguës, arrondies à la base, crénelées, à nervure médiane couverte en dessous de petits poils étoiles.

Le bois est d'un brun clair, à grain fin, compact, souple, résistant, mais sujet aux gerçures et à la pourriture, si on ne l'a pas fait sécher sufTisamment et dans de bonnes conditions.

A Sumatra, on l'emploie pour les constructions.

Les tissus de cette essence contiennent un suc résineux qu'on applique à Java sur les plaies, et qu'il y aurait lieu pour les médecins d'expérimenter avec toutes les précautions nécessaires.

Cette résine, unie aux feuilles sèches du bananier, sert à fabriquer des torches pour l'éclairage.

Dipterocarpus retusus (Bl.).

Avix Indes néerlandaises : Phalavler%ga.

Grand arbre qui habite Sumatra et la partie occidentale de Java. Les femlles sont ovales-aiguës.

Le bois et tous les tissus contiennent une oléo-résine, utilisée comme celle des espèces précédentes.

Dipterocarpus artocarpifolius (Piei're).

En Annam : Dzao cat.

En. Kmer : Dôm choeu teal neang dang pnaoc. Arbre de 3o™ à /jo™ de hauteur sur o'",8o à i"^ de diamètre. On le trouve en Cochinchine et en Annam,

Les feuilles sont ovales ou elliptiques, acuminées, arrondies ou subcordées à la base, terminées par une pointe courte et obtuse.

AMWOSPEBMES OU FEUILLUS. 4'*7

Le bois est analogue à celui de Dlpterocarpus insularis. On l'utilise pour les constructions civiles et les bateaux de mer.

L'oléo-résine des tissus est employée comme celle des autres espèces.

Dlpterocarpus crinitus (Dyer,).

A Malacca : Kwang booloo.

Essence qui fournit un bois ronge pale, terne, à grain moyen, dur, ne se fendant pas à la dessiccation, utilisable pour les travaux intérieurs.

Dlpterocarpus Duperreanus (Pierre).

En Annam : Cay, ou dzao hoiim van. En Kmer : Dôm choeu dpang.

Arbre de 20'" à 3o"^ de hauteur sur o'^\Gû à 0^,80 de diamètre.

Le bois est d'un rouge pale, se travaille facilement, donne des planches et des jnadriers. On l'emploie pour des travaux d'intérieur.

Les jeunes feuilles, les fleurs, les fruits, sont recheichés comme aliments par !es singes et les rongeurs.

Dlpterocarpus Dyeri (Pierre).

Eu Annam : Dzao xam nau. En Kmer : Dôm choeu ràt soûl. Avec le Dlpterocarpus alatus, c'est un des plus grandes arbres de la Cochinchine} il peut atteindre 4o'" de hauteur sur i'^,2o de diamètre.

Le bois, d'un rouge brun, assez léger, est employé à l'intérieiu\ A Bienhoa, où il est très abondant, son oléo-résine est utilisée.

Dlpterocarpus Intrlcatus (Dyer.).

En Amiam : Dzan trai. En Kmer : Dôin choeu tràch. Arbre atteignant 80°^ de hauteur sur o"^^,6o de diamètre.

Son bois est employé en Indo-Chine pour les constructions, à l'abri des intempéries,

L'oléo-résine est l'objet d'une exploitation.

Dlpterocarpus Jourdalnli (Pierre).

En Annam : Dzao con rai nùoc. En Kmer : Dôm choeu teal dung.

Essence de Cochinchine, atteignant ^o™ de hauteur sur o'",8o de diamètre.

Le bois est d'un rouge pâle, très lourd, recherché à Saïgon comme excellent pour les constructions, sauf pour les charpentes en raison de son poids trop confcidérable.

L'aubier gris blanchâtre est de mauvaise qualité.

L'oléo-résine est utilisée.

Dlpterocarpus lœvls (Hamilt.).

En Annam : Cay dâu ràï. Au Bengale : Shweta gurjum. En Birmanie : Aengdan. Au Cambodge : Chor tue.

Grand arbre qui habite l'Inde, le Bengale oriental, la Birmanie occidentale, la Cochinchine, le Cambodge.

Les feuilles sont ovales ou ovales-oblongues, acuminées à la base.

L'écorce est grisâtre et écailleuse.

Le bois est analogue à celui de Dlpterocarpus alatus.

Cette essence fournît l'huile blanche la plus estimée.

Dipterocarpus obtusifoUus (Miq.).

En Annam : Dzau ta beng, Dzao long. En Kmer : Dôm choeu thbeng.

Arbre de So"^ environ de hauteur sur 0^^,40 à o"^,7o de diamè're.

Il abonde au Cambodge et en Cochinchine, dans la province de Tay-ninh, et à Saigon.

Le bois, d'un gris rougeâtre, est, avec celui de Dipterocarpus tubereulatus, un des meilleurs du genre.

Il renferme peu d'oléo-résine.

Dipterocarpus punctatus (Pierre).

En Annam : Dzao do.

Arbre de Cochincliine, qui atteint 20"^ h 3o"^ de hauteur.

Le bois d'un rouge brun est estimé pour toutes les constructions.

Il contient une faible quantité d'oléo-résine.

Dipterocarpus Thorelii (Lann.).

A Phu-Quoc : Dzao nùôc.

Arbre de 20^ à aS"* de hauteur sur o"^,6o à o™,8o de diamètre, commun à Phu-Quoc.

On l'emploie pour les ouvrages abrités.

Ses tissus fournissent une grande quantité d'huile très estimée.

Camphrier de Bornéo.

Dryobalanops aromatica (G. B.), ,.,

En Annam : Tchàng lào. A Sumatra : lono. A Bornéo : Capur.

Le camphrier de Bornéo est un des arbres les plus beaux et les plus élevés de la péninsule malaise. Le tronc est droit, cylindrique, dilaté à la base; il atteint 3o°^ à 4o™ de hauteur sous branches; la cime est large et touffue.

On trouve cette essence principalement dans les Indes néerlandaises, la côte nord-ouest de Sumatra, la partie nord de Bornéo, l'île anglaise de Labuan.

Les feuilles sont alternes, ovales, elliptiques, entières, penninerves, luisantes, coriaces.

La cime porte de magnifiques fleurs blanches, d'une odeur exquise, disposées en grappes ramifiées, terminales ou axillaires. Le fruit a l'apparence d'une sorte de gland entouré par les sépales, ■ L'écorce est rude, crevassée, lustrée.

Le bois est très dur. Sa densité est de o,83i.

Dans les fissvires longitudinales du tronc, on voit vme substance blanche, concrète, cristalline, aromatique, qui est le camphre de Bornéo. Il est à l'état liquide dans les tissus des jeunes sujets.

Pour récolter le camphre de Bornéo, on abat les arbres adultes, on fend le bois, et l'on y trouve le camphre sous forme de paillettes.

Ce camphre de Bornéo est un peu plus dur et plus dense que le camphre ordinaire; il est moins volatile; son odeur se rapproche de celle du patchouly; il possède des propriétés toniques.

Les incisions faites dans les jeunes tiges fournissent une huile de camphre, jaunâtre et balsamique, analogue aux huiles de bois ordinaires.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 429

Hopée odorante.

Hopea odorata (Roxb.).

En Annam : Sao den.

Arbre forestier superbe, toujours vert, dojit le tronc droit et élancé atteint id°i à 18°^ sous branches, sur o'",7o à o"\8o de diamètre.

Il habite les forêts humides de Tenasserim, des Andamans, la partie orientale du Bengale. On le trouve à l'état disséminé dans les massifs forestiers de Cochinchine, dans les régions montagneuses de la Basse-Cochinchine et du Cambodge, dans les îles du Sud, notamment à Phu-Quoc.

L'écorce, couverte de taches blanches, grises et verdâtres ressemble à -celle du bouleau.

Les feuilles sont ovales-oblongues, obtuses ou obtuses-acuminées à l'extrémité, le plus souvent obtuses à la base, glabres sur les deux faces,

L'écorce est d'un brun foncé, rugueuse, sillonnée d'anfractuosités profondes et obliques.

Le bois est d'un jaune brun après la coupe, puis d'un jaune citron après la dessiccation; il est homogène, à beau grain uni et serré, ù fibres longues et droitesj il est assez dense, sans être lourd; sa densité est de 0,8 1 8; il se travaille facilement.

Il possède toutes les propriétés du chêne, et sa durée égale presque celle du teck; il résiste merveilleusement aux insectes, aux termites, et se conserve parfaitement dans l'eau, pendant un minimum de dix ans.

C'est une des meilleures essences forestières de Cochinchine pour les charpentes, les colonnes, les pilotis et les travaux hydrauliques, les constructions navales.

Les nœuds sont très rares dans les tissus : d'où la facilité de son débit pour la menuiserie, le charronnage, le tour, les piliers de pagodes, les crosses de fusils.

Il est également excellent pour les traverses, et très employé pour cet usage aux Andamans.

Dans les constructions, il peut donner des pièces de 10"^ à i5"i de longueur sur o™,4o à o°^,45 d'équarrissage.

La partie interne de l'écorce fournit des cordages grossiers.

La résine abonde dans les tissus de cet arbre, et est très recherchée.

Hopea parviflora (Bedd,).

Arbre des Indes anglaises, toujours vert, de taille élevée, avec un tronc très droit, pouvant fournir des poutres longues de 00 pieds anglais.

On le trouve dans la partie sud de Kanara, sur la côte de Malabar, jusque vers Tinnevelly, dans les forêts humides qui couvrent le pied de la chaîne des Ghats.

Le bois est brun, à grain serré, dur. Il se conserve longtemps. Il est de quaHté excellente et très apprécié dans son pays d'origine. Il mérite d'être plus connu.

On l'eiuploie pour les constructions des maisons, des temples, des ponts, des barques.

A Madras, on en fait d'excellentes traverses. Il faut le recommander vivement pour le pavage en bois.

Hopea dealbata (Hance).

Excellente essence de 35"^ environ de hauteur sur o™,5o à o™,8o de diamètre.

On la trouve en Cochinchine, seulement sur les montagnes du Kuang-Repoeu et de Cam-chay.

Le bois est brun jaunâtre, très dur, très dense, susceptible d'un beau poli; mais il ne faut le travailler qu'après l'avoir fait complètement sécher à l'ombre.

43o FLORE FORESTIÈRE GÉNÉRALE DU GLOBE.

Il peut rendre de grands services; les barques construites avec ce bois durent

plus de 3o années.

Hopea ferrea (Hance).

En Anna m : Sang da.

Arbre de 20'" à SS""^^ de hauteur sur o°^,4o à i™ de diamètre, qui habite les régions de Nuin-Dinh, Tay-ninh, Cam-Chay, Phu-Quoc.

Le bois brun, à grain dense, se fendille si l'on n'attend pas, pour le débit, deux ou trois ans après la coupe.

C'est une excellente essence, dune durée considérable, cjue l'on emploie en planches, en madriers, et pour la construction des barques.

La résine est odorante, mais peu abondante.

Hopea Pierrei (I lance).

En Annam : Kiên-Kiên.

Arbre de Cochinchine, atteignant 20"^ à oo^ de hauteur sur o™,3o à o*'^,8o de diamètre.

Le tronc est porté sur un groupe de racines aériennes longues de 4"^ à 5"\

On n'emploie le bois c{u'après 2 à 3 ans de coupe et de séjour dans l'eau.

Ce bois n'est pas attaqué par les tarets.

On abat cette essence à la saison des pluies. On la débite en madriers. Elle est employée en menuiserie.

La partie interne de l'écorce sert à la fabrication des cordes et du papier.

Hopea Recopei (Pierre).

En Annam : So-chai.

Arbre de Cochincliine, atteignant 3o™ à 35"^ de hauteur sur o"\6o à o™,8o de diamètre.

Le bois est d'un brun clair, analogue à celui de Hopea odorata.

Il faut exploiter cette essence avant l'âge de 70 ans; sinon la tige devient creuse.

Les tissus fournissent beaucoup de résine.

Hopea mengarawan (Miq.).

Aux Indes néerlandaises : Mengarawan.

Arbre de taille assez élevée, et d'un diamètre pouvant atteindre i"\

Il abonde dans les régions basses de Sumatra, de Palembang, et de Bangka.

Le bois est rougeâtre, à grain fin et serré, à fibres longues, lourd, compact, d'une densité de 0,877. Il se travaille facilement et se conserve bien. 11 fournit d'excellentes charpentes.

Du tronc découle, par incisions, une résine blanche très estimée.

L'écorce contient beaucoup de tanin.

Hopea maranti (Miq.).

Grand arbre, qui habite Sumatra, Bornéo, Bangka, où il est désigné sous le nom de Maranti.

Le bois est léger, poreux, d'une densité de o,5i5. On s'en sert comme flotteur des autres bois.

Lophire pyramidal.

Lnphira alata (Banks.).

Arbre superbe, très élevé, à forme pyramidale. Le tronc est droit et élancé, le port très gracieux.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 4jI

Cette essence habite ia côte occidentale d'Afrique. On la trouve dans les forêts de la Casamance, du Gabon, de Sierra-Leone et d'Oware.

Les feuilles sont alternes, simples, entières, allongées, à nervures pennées, nombreuses, parallèles.

Les fleurs blanchâtres sont disposées en grappes composées, au sommet des rameaux ou à l'aisselle des feuilles.

Le bois est apte à tous les usages, charpentes, constructions..,.

Du tronc exsude un suc résineux, balsamique, analogue aux huiles de bois.

I^es graines sont oléagineuses.

Les feuilles et les fleurs soni très ornementales; l'esi>èce doit être recommandée aux horticulteurs comme planfc de serre chaude.

Lophyre à grandes feuilles.

Lophira procera (Chev.).

Noms vernac : Nokiié, Esnré.

Arbre de l'Afrique occidentale française, qui mesure 20"^ à So"^ de hauteur sur o'",5o à o™,6o de diamètre.

L'écorce, lisse et grise, se détache par petites plaquettes.

Les feuilles sont très grandes, presque sessiles, oblongues, cunéiformes à la base.

Les fleurs sont disposées en panicules de o"^,o8 à 0^^,10 de longueur.

Deux des 5 lobes du calice atteignent une très grande dimension au moment de la matvuation du fruit.

Ce fruit verdâtre est ovoïde et a o'^,o3 environ de longueur sur o'",oo8 de diamètre médian; le sommet est atténué en pointe bifide. Il renferme une seule graine. Il n'y a pas d'albumen mais deux gros cotylédons verdâtres, huileux, à saveur amère. Les ailes du fruit, qui sont les lobes du calice, deviennent jaunâtres à maturité.

Le bois est rouge brun, très dur, d'une densité de 1,110, inattaquable par les insectes. Il constitue des charpentes imputrescibles.

Pentacme du Siam.

Pentacme siamensis (Kurz.).

En Annam : Cây-cà-chàc. En Kmer : Dôm choeu, Rang pnhôm. Au Siam : Rang.

Arbre forestier, dont la hauteur atteint 20^ à '|0'" sur o°^,4o à 0*^,80 de diamètre, avec un tronc souvent tortueux.

On le trouve, en massifs étendus, en Birmanie et jusqu'en Basse-Cochinchine.

Les feuilles sont cordées ou tronquées à la base, ovales, d'un vert pâle.

Ij'écorce est noirâtre à l'extérieur, rouge à l'intérieur, se fendillant suivant la longueur du tronc.

Le bois est rougeàtre, brunâtre, ou jaunâtre, d'apparence cornée; c'est le plus lourd parmi les espèces de la famille. Sa densité dépasse même celle de Hopea ferrea. Il se conserve très longtemps et il est à peu près incorruptible dans Veau. Mais il est exposé à se gercer, si on ne l'emploie pas sec. Ses fibres étant un peu ondulées, il ne constitue pas un bon bois de fente. On l'estime beaucoup pour les constructions et les barques de mer. On le débite utilement en planches et madriers.

Du tronc s'écoule par incisions une oléo-résine rougeàtre et odorante.

Shorée robuste.

Shorea robusta (Gaertn.).

Dans l'Inde anglaise : Saul iree. En Hindoustan : Sùl. En Telenga : Giigilam.

Arbre très élevé, à tronc droit. Il croît en massifs.

Après le Teck, c'est le bois le plus précieux des forêts indiennes.

Il est originaire de l'Inde septentrionale, où on le trouve dans les jungles entre Gomsur et Cuttak. Il est commun dans l'Himalaya jusque vers 1000°^ d'altitude. Dans l'Inde anglaise, il habite deux régions distinctes : le pied de l'Himalaya jusqu'à 1000"^ où il forme une ceinture de forêts, et le centre de l'Inde. Son aire totale est très étendue. Dans les gorges du Népaul, il atteint des dimensions considérables.

Les sols graveleux et perméables à l'eau lui conviennent tout particulièrement.

Les feuilles sont ovales-elliptiques, cordées à la base, brièvement acuminées ou obtuses au sommet, glabres.

L'aubier est blanchâtre et peu épais.

Le bois parfait est d'un brun clair teinté de rose, mais devient brun foncé à l'air.

n est élastique, très dur, particulièrement au centre, à grain fin, presque sans rival pour la facilité avec laquelle il se travaille, et pour sa durée. Mais il faut avoir soin de le bien faire sécher; sinon il est enclin à se fendre et à se courber.

II est excellent pour tous trm'aux de construction et de charpente.

La menuiserie l'apprécie. On l'emploie beaucoup pour la fabrication des traverses et la construction des barques, pour les instruments agricoles, les charrettes, les rames, les mâts, les wagons. On en tire des pièces de grandes dimensions, mesurant 20^ à 3o™ de longueur sur i"\5o de diamètre franc d'aubier. A Calcutta, on le vend jusqu'à iSo'*" le mètre cube.

Par incision de l'écorce, on retire de cet arbre une résine aromatique analogue au Dammar noir, mais plus consistante et d'un brun jaunâtre; elle est récoltée à l'état solide, et est plus friable et plus dure que le Dammar blanc. On l'appelle le Dammar de VInde. Cette résine est parfois brûlée comme encens dans les pagodes indiennes.

Les feuilles de cette essence sont précieuses comme aliment préféré d'un insecte séricigène : le Tussah {Attacus mijlitta), qui fournit la soie Tussah,

Shorea Thorelli (Pierre).

En Anna m : S en.

Très grand et bel arbre forestier, dont le tronc atteint 20'" à 3o™ sous branches, sur i"* de diamètre et au-dessus. On le trouve en forêt à l'état disséminé.

Il habite le Cambodge, la Basse-Cochinchine, principalement les montagnes de Pusath et du Camchay, ainsi que les forêts voisines des rivières de Saigon et du Dongnai.

Les feuilles sont ovales-oblongues, ou elliptiques, ou linéaires-sublancéolées, acuminées ou obtuses, brunes et brillantes sur la face supérieure, bronzées et pâles sur la face inférieure.

L'écorce du tronc est rougeâtre.

Le bois est rouge brun, dur, à grain serré, d'un travail facile; on l'emploie pour tous genres de constructions; mais, exposé à l'air et aux intempéries, il a l'inconvénient de s'altérer rapidement,

L'oléo-résine qu'on en retire est utilisée, avec les huiles de bois, pour les enduits.

ANGIOSPERMES OU FKUILLUS. 433

Shovea hijpochra (Ilanco).

En Annam : Vin i>in trang.

Bel arbre forestier, d'une hauteur de So»^ à ,^0'», avec un Jronc de 20"^ à 3.)'" sous branches, sur i^^ environ de diamètre.

Il est originaire de Cochinchine, où on le rencontre en mélange avec d'autres essences et parfois à l'état disséminé, principalement sur le flanc des montagnes.

Les feuilles, munies d'un long pétiole, sont elliptiques ou oblongues, subcordées à la base, arrondies ou obtuses au sommet, épaisses, glabres, luisantes sur leur face supérieure. Les fleurs ont l'odeur du miel.

L'écorce est très fibreuse.

Le bois est blanchâtre, rarement jaune citron, d'une teinte plus foncée vers le centre, très estimé pour tous les travaux exigeant une forte résistance; il se conserve bien.

On en fait des mortiers, des planches. Il sert à la construction des jonques de mer, La résine, jayne et ambrée, est employée comme enduit. Les cotylédons contiennent une matière grasse utilisable. C'est une essence très décorative, qui mérite d'être propagée dans nos colonies.

Shorea obtusa (Wall.).

En Annam : Ca-Chac. En Kmer : Dôm choeu phchoc.

Arbre de iS™ à 20^ de hauteur sur o"i,5o de diamètre, qui habite toute l'Indo- Chme et surtout le Cambodge. On le trouve sur les sols pierreux de montagne en mélange avec le Dipterocarpus tuherculatus.

Les feuilles sont elHptiques-oblongues, acuminées ou obovées, généralement émarginées, le plus souvent arrondies à la base, pubescentes sur la face inférieure.

L'écorce est rougeâtre et très rugueuse.

Le bois est rouge brun, assez estimé pour les colonnes des habitations, les planches, les madriers. Etant à l'abri, il est d'une longue durée; à l'air et aux intempéries, il est bien moins résistant; il est exposé aux attaques des fourmis blanches et a l'inconvénient de se fendiller au soleil.

On retire des tissus de cet arbre une abondante résine blanche, exportée en Cliine. En Annam, au Cambodge, en Basse-Cochinchine, on l'utilise pour la confection de torches d' éclaira se.

En Annam : Chai.

Shorea vidgaris (Pierre),

Arbre de 35°^ à 4o"i de hauteur sur oni,DO à 1^,20 de diamètre, avec un tronc droit très élevé.

On le trouve en Basse-Cochinchine, notamment sur la montagne de Dinh.

Les feuilles sont oblongues, arrondies ou obtuses aux deux extrémités, brus- ({uement acuminées ou mucronées.

Le bois gris rougeâtre est analogue à celui de Shorea Thorelli : mais l'aubier est pius épais et doit être éliminé de tout emploi.

Le bois parfait est utilisé pour les constructions couvertes, la fabrication des planches et des madriers.

L'oléo-résine, dont on peut retirer annuellement {^d^'s à 6o''S par arbre, constitue un excellent enduit pour les jonques de mer et sert à les calfater.

Shorea accuminata (Dyer.), A Malacca : Seriah Bhatoo.

Arbre de la presqu'île de Malacca, dont le bois est rouge terne, ou blanc

434 FLOUK FORESTIERE GÉNÉBALE DU GLOBE.

rougeâtre, avec des taches rouges; sa texture est grossière; mais il a l'avantage de ne pas se fendre à la dessiccation,

Shorea bracteolata (Dyer.).

A Malacca : Marantie Chingal.

Arbre de la presqu'île de Malacca, dont le bois est blanc jaunâtre avec des stries foncées; il est tendre, mais ne se fend pas à la dessiccation; on en fait des planches.

Shorea combocliana (Pierre).

En Kmer : Dôm choeu phcliec crohôm.

Arbre du Cambodge et de Cochinchine, dont la hauteur atteint 3o'^^ environ.

L'aubier blanc jaunâtre a une épaisseur de o"\o5 à o''",07.

Le bois, analogue à celui de Shorea hypochra, est très estimé.

C'est une essence qui mériterait d'être propagée,

La résine, d'une couleur ambrée, et très odorante, est exportée.

Shorea cochmchinensis (Pierre).

En Annam : Xen. En Kmer : Dôm propel ma san.

Arbre de 35"^-^ environ de hauteur, qui est originaire de l' Indo-Chine.

L'aubier est jaunâtre.

Le bois, d'un jaune brunâtre, est estimé poin les constructions et la menuiserie.

Il se conserve bien quand il est à l'abri. Il sert à la fabrication des avirons et des planches. Mais il a l'inconvénient d'être exposé aux attaques des tarets.

La variété Saigonensis, à aubier rougeâtre, possède un bois moins estimé.

Shorea Harmandii (Pierre).

En Annam : Xen do.

Arbre de Cochinchine, mesurant 20°^ à 20'^^ de hauteur et donnant un bois jaune rougeâtre, analogue à celui de Shorea cochinchinensis. La résine est excellenle pour les enduits.

Shorea Henryana (Pierre).

En Annam : Xen hoqua.

Arbre de Cochinchine, de taille élevée, atteignant 3o°^ à ^o"^ de hauteur, dont ■3.0^ à 3o™ sous branches.

L'écorce est rouge, rugueuse et bosselée, mais dépourvue de crevasses. L'aubier blanc jaunâtre a une épaisseur de o™,o5 à o™,o6. Le bois jaune brun est de qualité très estimée. La résine est excellente pour les enduits.

Shorea leprolusa (Miq.).

A Malacca : Marantie Kerrap.

Arbre de Malacca, dont le bois rouge terne est tendre et de texture grossière, sujet à se gercer par la dessiccation. On en fait des planches pour travaux intérieurs.

Shorea selanica (Bl,).

Aux Indes néerlandaises : Bapa. En Sondanais : Kihoedjan. Arbre de 35"^ environ de hauteur, originaire d'Amboine et de l'archipel des Moluques.

A>GIOSPEnMES OU FEUILLUS. 435

Le bois est jaunâtre, dur, compacL; mais il se lourinente à ia dessiccation. On en fait des planches.

Shorea stellata (Dyer.).

Arbre de oo'" à o^^^^ de hauteur, sur o"^,6o à o™,8o de diamètre.

II habite les forêts de Cochincliinc.

Le bois jaune brun est analogue à celui du Pentacme, mais de qualité inférieure.

Shorea tumbugaia (Roxb.).

Grand arbre qu'on trouve dans les forêts de montagnes de l'Himalaya. Il fournit des pièces de bois de grande valeur.

Sa résine aromatique est employée dans la parfumerie et la fabrication des vernis indigènes.

Vatérie de l'Inde ou Dammar blauc.

Vateria indica (L.).

En Cyngalais : Hal-gass. En Tamoul : Houdricum. En Telenga : Dupadalelledamaru.

Grand arbre toujours vert, originaire du Malabar et du Mysore, et qu'on trouve notamment dans la région des Ghats de l'Ouest, de Kamara jusqu'à Travancore.

Les feuilles sont oblongues, entières, acuminées, lisses, coriaces, charnues.

Les jeunes branches et les rameaux sont couverts de petits poils fins et étoiles.

Le bois gris ou gris clair est assez dur, mais facile ù travailler; il a une belle apparence quand il est bien raboté; il est d'excellente qualité et apte aux constructions; il se conserve bien. On en fait des pirogues, des plafonds, des boîtes à café, des caisses d'emballage.

L'écorce amère et astringente est utilisée à Ceylan dans la distillation, pour modérer la fermentation des sucres.

Le fruit, bouilli dans l'eau, donne une substance hutyreuse contenant 2 pour loo d'oléine, et une matière colorante que l'on extrait par l'alcool.

Cette essence fournit le Dammar blanc ou résine Piney du Malabar; cette résine, d'abord jaune clair ou vert clair, puis de teinte plus foncée, s'écoule des entailles pratiquées dans l'écorce. C'est le Copal de l'Inde, utilisé parfois on Europe. Les médecins l'ordonnent à l'intérieur contre la gonorrhée. On s'en sert aussi comme encens dans les pagodes.

Vatice drageonnante .

Vatica astrotricha (Hance).

En Annam : Lan tan giam. En Kmer : Tra lac.

Arbre forestier, dont le tronc élancé et très droit peut atteindre 20"^ à 25"^ de hauteur sur o'^^So à o'^^/jo de diamètre.

On le trouve sur tous les sols, dans la Basse-Cochinchine, groupé en forêt.

A Phu-Quoc, en plaine, il n'atteint que 8°i à 10°^ de hauteur sur o™,2o à o"*,3o de diamètre.

Sa croissance est lente.

C'est une essence drageonnante.

Les feuilles, munies d'un assez long pétiole, sont elliptiques-oblongues, obtuses et atténuées aux deux extrémités.

L'écorce est d'un jaune rougeâtre.

L'aubier est blanc, épais, de mauvaise qualité.

Le bois est jaune brun, rougeâtre ou verdâtre, veiné de noir, lourd, très dur, compact, à fibres serrées, longues et droites. On le considère comme incorrup' tible, ou tout au moins comme doué d'une extrême résistance aux intempéries. Mais il a l'inconvénient de se fendiller fréquemment. On le travaille facilement et on peut lui donner un beau poli.

On l'emploie pour la charpente et la menuiserie. On en fait des meubles qui sont très jolis après vernissage. Il sert également pour la construction des palissades et pour les pilotis. Ses prix de vente sont très élevés.

L'oléo-résine, que donne cette essence, est de couleur rougeâtre et a une odeur d'encens; on l'utilise comme enduit.

Vatica philastreana (Pierre).

En Annam : Lan-tan-nùôc.

Arbre de 20™ à 3o™ de hauteur sur o°^,5o à o™,6o de diamètre, à tronc rectiligne, à écorce jaunâtre.

Il habite le bord des rivières de Saigon et du Son-Bé, les provinces de Tay-ninh et de Bien-hoa.

Les feuilles, munies d'un pétiole tordu, sont ovales-oblongues, lancéolées et obtuses, élargies à la base, coriaces, pubescentes et glauques sur la face inférieure, luisantes sur la face supérieure.

Le bois est jaune brun, léger; il contient souvent de grandes lacunes i^emplies de résine. On utilise ce bois pour les travaux d'intérieur.

Les graines renferment une substance grasse, butyreuse, qui sert à fabriquer des bougies.

Vatica Dyeri (Pierre).

En Annam : Lan-tan-nui. En Kmer : Xa-ma.

Arbre forestier assez commun à 3oo"^ d'altitude dans les régions de Nuih- Dinh et de Ghua-Chang, et dans les régions voisines.

Le bois possède les mêmes qualités que celui de Vatica astrotricha.

Vatica eximia (Miq.). A Sumatra : Koejoeng.

Arbre de Sumatra, qui donne un bon bois employé pour les charpentes et les constructions, et une résine utilisée comme enduit.

Vatica sublacunosa (Miq.).

A Bangka : Koloekoep.

Arbre de la région de Bangka, dont les propriétés sont analogues à celles de Vatica eximia.

FAMILLE DES ELPHORBIACÉES.

La famille des Euphorbiacées, qui comprend environ 35oo espèces, est remarquable par les variations considérables des fleurs.

Les feuilles sont ordinairement alternes et simples. ^

Les fleurs sont diclines; en d'autres termes, elles sont de doux sortes, les unes mâles, les autres femelles, tantôt monoïques, tantôt dioïques; le type 5 prédomine dans le calice et la corolle.

Quand elle existe, la corolle est dialypétale; mais, en général, les fleurs régulières sont dépourvues de pétales; ce sont des dialypétales dont certains genres

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 43^

ont perdu leur corolle par avortement; le calice manque fréquemment. Les étaniines, insérées en nombre variable sur le réceptacle, sont tantôt libres, tantôt soudées entre elles; parfois Pandrocée est réduit à une seule étamine.

On trouve ordinairement trois carpelles soudes par les ovaires, qui possèdent chacun un ou deux ovules.

Le fruit est à déhiscence brusque; c'est généralement une capsule.

La graine contient un albumen oléagineux et porte souvent un arille.

La famille renferme des herbes, des arbustes ou des arbres, dont les tissus possèdent généralement des vaisseaux laticifères.

Les Euphorbiacées fournissent, entre autres jîroduits, du caoutchouc, du tapioca, de l'huile grasse et purgative, du beurre.

Caoutchouquier du Para.

Hevea hrasiliensls L.

Arbre du Brésil, qui atteint 25"^ à So"^ de hauteur sur ii^,5o à 2™ de diamètre On le trouve, à l'état disséminé, dans les forêts humides du bassin de l'Amazone, dans les Guyanes, le Venezuela, la Colombie, l'Equateur, le Pérou oriental, la Bolivie.

Il abonde surtout dans les états de Para et d'Amazonas, ainsi que dans le territoire de l'Acre, du fleuve Purus au fleuve Jurua. On le trouve aussi dans les états de Matto-Grosso, de Goyaz, de Maranhao et de Piauhy.

Les feuilles sont composése de trois folioles ; elles sont alternes.

Les fleurs sont petites et diclines. Le calice est gamosépale. Les antères sont extrorses.

Le fruit est constitué par une capsule à trois loges, dont chacune contient une grosse graine oblongue et tigrée.

Ce fruit s'ouvre avec bruit sous l'action du soleil et les graines sont projetées au loin; ces dernières renferment une huile analogue à l'huile de ricin.

De VHevea brasiliensis, et des espèces voisines, Hevea discolor, Hevea guyanensis, Hevea andaniensis, Hevea lutea, on extrait, par incisions du tronc, le caoutchouc.

Au Brésil, l'extraction du caoutchouc est la plus importante des industries forestières. Les principales essences qui fournissent le précieux latex sont appelées Seringueiras. Elles donnent le caoutchouc dit Seringa.

Les heveas spontanés peuvent être exploités à partir de l'âge de six ans; mais l'exploitation n'est avantageuse qu'après dix ans. Ceux qui sont cultivés produisent dès l'âge de cinq ans.

La cueillette a lieu au moment de la baisse des eaux, de mai à septembre. On obtient le latex dans des godets en fer blanc, disposés sous les incisions pratiquées avx corps de l'arbre. On le fait coaguler de suite au-dessus d'un fourneau où on l'expose à la fumée des fruits de VUrucuri, palmier qui abonde dans les régions de l'Amazone.

Après coagulation, le caoutchouc est aplati sous forme de lames superposées appelées Bolachas (biscuits), dont chacune pèse 2^^ à 4**^.

Un arbre peut donner en moyenne, par jour, Scos"' de caoutchouc. Un homme exploite normalement 60 heveas par jour, et recueille ainsi So^'s.

Le caoutchouc fin provient d'un latex pur et frais.

Le demi- fin est préparé avec du latex déjà fermenté et mal fumé.

Le caoutchouc grossier est composé de divers latex mélangés et impurs.

Le sernamby est formé par les déchets de la coagulation.

Le caoutchouc le plus réputé du Brésil est celui de la vallée du fleuve Madeira, affluent de l'Amazone.

Depuis une trentaine d'années on a essayé la culture des heveas à Ceylan, dans la Birmanie anglaise, dans la presqu'île de Malacca, et dans l'Afrique tropicale. Mais la quantité et la qualité du caoutchouc récolté diminuent à mesure qu'on s'éloigne de la station primitive des espèces. Il faut, pour la production maxima du latex, des régions tropicales très humides ou exposées à des inondations régulières, telles que celles du Bas-Amazone.

Caoutchouquier de Ceara ou Maniçoba.

Manihot Glaziovii (V. T.).

Arbre élégant, de 8"^ à i5"^ de hauteur, qui habite les régions chaudes et sèches du Brésil oriental.

Il fournit le caoutchouc de Ceara, de qualité presque aussi estimée que le caoutchouc de Para. Mais l'essence est hien moins productive en ce qui concerne la quantité.

On cultive le Maniçoba depuis 1897 dans les Etats d'Alagôas, de Bahia, de Minas- Geraes, de Sâo-Paulo. Dans ce dernier Etat, des primes sont attribuées à cette culture.

Les Etats qui produisent en plus grande quantité ce caoutchouc provenant des arbres spontanés sont ceux de Ceara, de Piauhy, de Bahia.

Manihot à tapioca.

Manihot utilissima L.

Arbuste de l'Amérique du Sud, dont les racines adventives tuberculeuses contiennent un amidon servant à fabriquer le tapioca.

Ces racines sont râpées; puis la pulpe est traitée par un courant d'eau; l'amidon est extrait et se dépose. On le fait ensuite passer sur une plaque métallique chauffée; les substances vénéneuses volatiles, qui accompagnent cet amidon, sont éliminées par la chaleur et il reste sur la plaque chaude le tapioca pur.

Caoutchouquier de Bolivie.

Siphonia elastica L.

Le Siphonia elastica est la principale essence forestière de Bolivie, qui produit du caoutchouc. Ce dernier est de qualité excellente et passe pour du Para, qui provient de VHevea hrasiliensis et des espèces voisines du même genre.

Les procédés d'extraction du caoutchouc sont les mêmes que pour VHevea hrasiliensis.

Ricin.

Ricinus communis L.

Le ricin, originaire d'Afrique, est égalenxent cultivé dans l'Inde.

Son beau feuillage et sa végétation rapide le font recommander comme plante ornementale.

II est annuel dans nos régions ; mais dans les pays chauds il devient un arbuste vivace.

Ses fruits ne mûrissent que dans ces dernières contrées, en général.

Ses graines fournissent une huile purgative très employée en médecine, à la dose de lo^ à 5oS dans du café, du thé ou du bouillon.

On dit que son feuillage chasse les moustiques.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 43()

Croton révulsif.

Croton tiglium L.

Arbuste originaire des régions tropicales de l'Asie et de l'Océanie.

II donne des graines qui contiennent une huile puissamment révulsive.

Croton à laquo.

Croton lacciferiun L.

Arbuste des mêmes régions que le Croton tigliiun.

Il fourzîit une gomme laque, qui coule des jevmcs rameaux à la suite de la piqûre d'un insecte appelé Coccus laccas.

Le « crotOJi eleuteria ;• donne Técorce de cascarillc.

Médicinier,

Jatropha curcas L.

Arbuste de l'Amérique tropicale et de l'Afrique occidentale. Ses graines, appelées pignons d'Inde, contiennent une huile analogue à celle du croton: mais elle n'est utilisable que pour la fabrication des savons. Les médiciniers sont souvent employés comme tuteurs des vanilles.

Jatropha Hieronijmi (01:.).

En Argentine {province de Jujuy) : Pinon.

Arbrisseau de l'Argentine, ne dépassant guère 3"^ environ de hauteur sur 0^^,20 de diamètre.

L'écorce est verte, mince, lisse.

Le bois est blanc et très spongieux. On peut l'utiliser à la place du liège ou pour la fabrication de la pâte à papier.

Pvlancenillier.

Hippomane mancenilla L.

Arbuste de l'Amérique, dont le latex constitue un poison extrêmement dajigereux, employé par les indigènes pour empoisonner leurs flèches.

Sabliar.

Hura arepitans L.

Le sablier est un arbuste qui donne un fruit de ia grosseur d'une orange, dont la déhiscence brusque produit une forte détonation.

Urucurana.

Hieronyma alchornoïdes (F, AU.).

Arbre du plus bel aspect, dont on distingue deux variétés : l'urucurana ordinaire, et l'urucurana mirim.

L'urucurana mirim a un tronc atteignant lo"^ à 12°^ de longueur sur i™ de diamètre.

Cette essence habite au Brésil la vallée de Serra do Mar, et le bassin du fleuve Parahyba.

Le bois est d'une couleur jaune claire ou violacée avec des taches jaunes. Les fibres sont droites et grosses.

L'aubier est très épais.

On utilise l'urucurana pour les charpentes, la fabrication des rais de roues, la menuiserie, les poteaux télégraphiques. Il est très résistant dans l'humidité et particulièrement dans l'eau salée. On en fait des traverses de première qualité, qui durent une douzaine d'années.

On retire de ses tissus une teinture violette et une résine utile en médecine,

Aada-assu.

Joahnnesia pr inceps (Well.).

Nom local : Anda-assu.

Arbre très touffu et d'un développement régulier, mais à tronc tortueux et rameux. Ce tronc peut atteindre 4°^ à 6°^ de longueur sur o°i,4o à o°^,6o de diamètre.

On le rencontre dans la plupart des États du Brésil.

Les feuilles sont grandes, en forme de palmes, et sont disposées à l'extrémité des branches.

Le fruit est divisé en deux capsules contenant chacune une amande parfumée.

Cette essence ne possède pas d'aubier distinct.

Le bois a une couleur blanche, avec des taches un peu jaunâtres. Les fibres sont très tortueuses; elles forment un tissu faible et dépourvu de résistance.

La dureté de ce bois est assez grande. Son poids spécifique est en moyenne de 540^. n est de qualité médiocre.

On l'emploie pour la fabrication des allumettes, des caisses, des radeaux, des planchers, des plafonds, et pour tous travaux d'intérieur.

Le fruit est purgatif; il a de plus la singulière propriété d'étourdir les poissons et de les faire remonter à la surface de l'eau.

Aporoselle du Chaco.

Aporosella chacoensis (Mor.).

En Argentine : Ihyra remhey.

Arbre atteignant 12"^ de hauteur sur o°*,4o de diamètre. On le trouve en Argentine, particulièrement dans les régions du Chaco et de Formosa.

L'écorce est moyemiement épaisse, presque lisse, d'un gris plombé. Le bois est blanc rosé, compact, fragile, mou, léger, de faible durée. On ne l'utilise que pour la menue charpente d'intérieur.

Kirupiki.

Sapium hsematospermum (M. Arg.).

En Argentine (Misiones) : Kirupiki. (Corrientes) : Pega-pega. Arbre de 12™ environ de hauteur sur 0^,76 de diamètre, à tronc tortueux et rameux.

ANGIOSPERMES OU FEUILLL'S. 44 1

Il habite l'Argentine, spécialement les provinces de Misiones et Corrientes.

L'écorce, très épaisse, renferme beaucoup de liège parcouru par des sillons nombreux, larges et profonds, de couleur cendrée rougeàtre.

Le bois est blanc, compact, peu élasti({ue mais non cassant, mou, assez léger, peu durable. Il est de qualité ordinaire; mais on peut l'utiliser pour les charpentes et surtout pour la fabrication de la pâte à papier.

Lsitcro.

Sapium biglandulosum (M. Arg.), variété longifoUa.

En Argentine (Santa-Fé) : Lecheron. Au Brésil (Saint-Paul) : Leitero.

Arbre de l'Argentine (province de Santa-Fé), et du Brésil (Etat de Saint-Paul); il atteint lo"^ de hauteur sur 0^^,50 de diamètre, avec un tronc droit et des rameaux peu nombreux.

L'écorce, d'un cendré foncé, est lisse et assez épaisse.

Le bois est blanc, un peu poreux, fragile, sans élasticité, mou, léger, d'une durée très limitée. Sa qualité est très ordinaire; on l'emploie surtout pour la fabrication des caisses et de la pâte à papier; mais il peut être utilisé pour les poutres et pour tous les travaux intérieurs.

Alchoruée iricurana.

Alchornea iricurana (Casar.).

En Argentine (Misiones) : Mora blanca ou Guampita, ou Tapia guazuy.

Arbre de l'Argentine, assez tortueux, mais pouvant s'élever jusqu'à 12™ de hauteur sur 0^,76 de diamètre.

L'écorce est d'un vert plomb, fine, presque lisse.

Le bois est blanc, assez poreux, dépourvu d'élasticité et de résistance, mou, léger, de courte durée.

On l'utilise pour la fabrication des caisses et de la pâte à papier.

Alchornée-liège.

Alchornea glandulosa (Poepp. et Endl.).

En Argentine (Misiones) : Amor seco, ou Tapia guazu.

Arbre de l'Argentine, tortueux, mais pouvant atteindre 8^^^ de hauteur sur o'^^So de diamètre.

L'écorce est de couleur cendrée, lisse, très mince.

Le bois est blanc, très poreux, dépourvu d'élasticité, cassant, très mou, très léger, d'une très faible durée. On l'utilise pour la fabrication de la pâte à papier. Son extrême légèreté permet de le substituer au liège dans bon nombre d'emplois de ce dernier.

Cnidoscole.

Cnidoscolus enicodendron (Grisb.).

En Argentine Ortigon bravo macho (Jujuy); Pinon (Salta). Arbre de 8°^ environ de hauteur sur o°\35 de diamètre. Il habite l'Argentine (Jujuy, Salta).

L'écorce est d'un blanc verdâtre, assez épaisse, lisse, unie.

Le bois est blanc, peu compact, dépourvu d'élasticité, quelque peu fragile, mou, léger. Il peut être parfois substitué au liège.

Cette essence fournit une assez grande quantité de caoutchouc.

Uriam de l'Assam.

Bischofia javanica (Blume).

Arbre de dimensions moyennes, que l'on trouve aux Indes anglaises à partir de Jumma jusqu'à l'Est d'Oudh, dans le Bengale, l'Assam, le Gorakhpur. On le rencontre aussi dans l'Ouest des Ghats jusqu'à Castle Rock au Sud, et dans toute la Birmanie.

Le bois est rouge, rugueux, d'une dureté moyenne. A l'air il est facilement attaqué par les fourmis blanches; dans la terre et dans l'eau, il est presque indestructible. En traverses de chemins de fer, il peut durer une demi-douzaine d'années. On l'utilise également pour la construction des ponts, des navires, des pilotis; il est excellent pour ce dernier emploi, quand il est complètement immergé.

Baccauréé.

Baccaurea Bonnetti (Baille).

Noms vernac : Habi Zacué (Attié); Kuatiéeualé (Agni).

Arbuste commun dans les forêts tropicales de l'Afrique occidentale française.

Il ne dépasse guère i5°^ de hauteur sur o°\20 de diamètre.

L'écorce est blanchâtre et finement écailleuse.

Le bois est blanc, à grain fin, sans valeur.

La décoction d'écorce est utilisée comme abortive pour les indigènes Agnis.

Bridélie .

Bridelia speciosa (Mùll. Arg.).

Nom vernac : Chikiié (Attié), ^5as, Otindia.

Arbre de l'Afrique tropicale, atteignant 25"^ à 3o™ de hauteur sur o^^,4o à c>"^,5o de diamètre, rare en forêt.

L'écorce, d'un gris cendré à l'extérieur, rougeâtre à l'intérieur, est un peu fendillée longitiidinaleinent.

Le bois est blanc grisâtre ou jaunâtre, légèrement marbré de taches d'un gris rougeâtre. Le grain est fin. La densité est de 0,600. On peut l'employer en menuiserie d'intérieur.

Hasskarlie.

Hasskarlia didymostemon (H. Bn.).

Noms vernac : Echirua (Agni); Nguépé (Attié).

Essence de l'Afrique tropicale, atteignant 20™ à 25"^ de hauteur, dont 10"^^ à iS"^ sous branches, sur o™,3o à o"^,4o de diamètre.

Les rameaux sont très étalés; l'écorce est blanche et mince, laissant exsuder un latex aqueux de teinte rouillée.

L'aubier est blanc; le bois parfait rosé et demi-dur pourrait, comme contreplacage, remplacer celui du Tulipier.

Macarange.

Macaranga Heudelotii (H. Bu.).

Noms vernac : Aba (Attié); Ekua (Agni); Eson (Fanti).

Arbre de l'Afrique tropicale, mesurant 20°^ à 3o°^ de hauteur, avec un tronc de

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 44'^

i5™ k 20^ sous branches, sur o'",3o à, o"^,35 de diamètre. Ce tronc, porté sur des racines adventives, est profondément cannelé jusqu'à la moitié de sa hauteur.

L'écorce est grisâtre, linement rugueuse, sans être fendillée.

Le bois est d'un blanc brunâtre, léger, tendre,

Maesobotrye.

Msesohotrya Stapfiana (Beille).

Noms vernac : Sénan (Attié); Assa bogiiié (Agni) ; Emuinquim (Fanti).

Arbre tropical africain de 25"^ environ de hauteur, avec un tronc de 4"^ à iS'" sous branches, sur o'^^j/jo à o"^,5o de diamètre.

L'écorce est d'un gris rougeâtre, finement fibrilleuse.

C'est l'une des rares essences do la Côte d'Ivoire constituant ù elle seule des massifs complets.

Les rameaux sont ascendants et très toulTus.

Les feuilles, très grandes, sont alternes, simples glabres, entières, réunies au sommet des rameaux.

Elles sont munies d'un pétiole cylindrique de o™,o4 à o™,o5 de longueur, formant avec le limbe un angle de 120^. Le limbe est très coriace, oblong, arrondi au sommet, cunéiforme à la base; il mesure o™,25 à o™,3o de longueur sur o'^,o() à o'^jiS de largeur: la nervure médiane est très saillante sur la face inférieure; il en est de même des nervures secondaires, qui sont pennées et parallèles.

Les fleurs mâles, jaunâtres, sont disposées en grappes pendantes de 0^^,05 à g'", 10 de longueur. Chaque fleur mâle est constituée par un périanthe jaune verdâtre à 5 lobes oblongs et réfléchis, et par 5 étamines à filets grêles, à anthères elliptiques.

Le bois de cette essence est blanc jaunâtre, rosé au cœur, tendre, d'une densité de o,65i. Il se travaille facilement, et peut être utilisé en menuiserie.

Oifieldie d'Afrique ou Teck rouge.

Oldfieldia af ricana (Benth, et lïook.).

Noms vernac : Fou (Attié); Etui (Agni). En anglais : African-teak.

Arbre tropical africain, de 35"^ environ de hauteur sur o'^^,6o à o"^,8o de diamètre, constituant en certaines régions des massifs presque purs.

L'écorce, d'un gris rougeâtx'e, se détache par plaquettes.

Les jeimes rameaux sont pubescents ferrugineux.

Les feuilles sont composées de 3 à 7 folioles, et réunies au sommet des rameaux. Leur longueur totale mesure o'^,i2 à o°^,i5.

Les folioles sont ovales-allongées ou oblongues-lancéoîées, atténuées aux deux extrémités, obtuses au sommet, glabres en-dessus, légèrement pubescentesferrugineuses en dessous après leur naissance, puis complètement glabres.

Les fleurs sont dioïques.

Les fleurs mâles sont disposées en cymes dressées, longues de o"\o3 à o™,o5. Il n'y a pas de périanthe. Les étamines, portées par groupes de /) à 6 sur de petits coussinets, sont longues de o"^,ooi à o^^^,oo2; elles ont un filet très grêle et une anthère à deux loges parallèles ovoïdes.

Le fruit est une grosse capsule triloculaire.

Le bois d'un rouge brun est extrêmement dm- et lourd. Sa densité est de 0,96 1. Les Anglais l'assimilent au Teck pour ses qualités. On l'emploie pour la menuiserie et les constructions.

Ricinodendre d'Afrique ou Essessang.

Ricinodendron africanus (MuU, Arg.).

Noms vernac : Poposi (Ebrié); Haipi (Agni); Tsam (Attié); Sosaii (Fanti); Hoho (Abé).

Arbre très commun dans toute la forêt africaine tropicale, particulièrement sur les emplacements de cultures abandonnées.

Il peut s'élever jusqu'à 3o^ à 40"^ de hauteur, avec un tronc de ao'" sous branches, sur 1°^ à i™,oo de diamètre.

L'écorce, d'un gris foncé, se détache par plaques.

Le bois est blanc, à fibres compactes, très léger, tendre; sa densité varie de 0,820 à o,35o; on peut l'utiliser pour la fabrication de la pâte à papier.

Des graines on retire une matière grasse alimentaire,

Uapaca de Benguéla.

Uapaca benguelensis (Mull, Arg.).

Noms vernac : Rikio, Cocomon, Niodobi, Sannaba, Allébié.

Cet arbre tropical, que les colons appellent le chêne d^ Afrique, atteint 35™ de hauteur sur 0^^,75 à i"^ de diamètre. On le rencontre en général sur les sols humides {palétuvier de rivière).

Il est rameux à peu de distance du sol, et son fût est muni de fortes racines aériennes.

L'écorce est presque lisse et finement fendillée, épaisse et d'un rouge brun foncé.

Le bois, d'une densité de 0,760 environ, est rougeâtre clair, bien maillé, dur. Il peut donner en menuiserie d'excellents résultats. Comme il est d'une fente facile on doit l'essayer pour la fabrication des merrains.

Uapaca de Bingerville.

Uapaca bingervillensis (Beille.)

Noms vernac : Rikio (Abé), Kayo (Boudoukou), Na (Attié), Elekhua (Agni).

Arbre tropical africain, atteignant 3o°^ de hauteur sur o°^,4o à o°^,75 de diamètre, à tronc irrégulier et parfois court et penché, se ramifiant souvent à faible hauteur; il est commun en forêt, surtout dans les terrains bas.

L'écorce est grise et fendillée.

Le bois est rougeâtre, dur, à grain fin, avec des fibres ondulées semblables à celles de l'acajou. En menuiserie, il peut remplacer le chêne de nos pays.

Anthostème du Gabon.

Anthostema Aubryanum (Chev.),

Noms vernac : Ossongo, Assongna, Assohin.

Arbre du Gabon, dont le bois peut être utilisé en menuiserie légère. Le fût de cet arbre peut atteindre 20™ de hauteur sur o^^.go de diamètre.

De l'écorce grise et presque lisse exsude un latex caustiijue.

Le bois blanc grisâtre, à grain assez gros, relativement tendre, d'une densité de o./j5o, est facile à travailler.

ANGIOSPERMES OU FEUILLUS. 445

Cicca adjansi,

Cicca discoïdeus (Gliev.).

Nom local à la Côte d'Ivoire: Adjansi.

Arbre de l'Afrifiue occidentale, dont le fût atteint lo''* de hauteur sur o°*,5o de diamètro.

L'écorcc <;rise est uiince et filreiiso. Le Jjois tris jaunâtre, d'une densité de 0,700 environ, est assez dur, d'une l'ente difficile, mais assez facile au sciage et au rabotage.

On peut l'utiliser pour les constructions.

FAMILLE DES HUMIRIÉES.

Arbustes ou petits arbres qui forment 3 genres comprenant en tout 3o espèces habitant l'Amérique du Sud, spécialement le Brésil et la Guyane. Ils sont le plus souvent balsamifères.

Les feuilles sont isolées, alternes, simples, dépourvues de stipules, coriaces, fréquemment bordées de points anguleux.

Les fleurs sont régulières, hermaphrodites, pentamères, groupées en cymes. Le calice n'est pas accrescent, comme dans les Diptérocarpées.

Les étamines sont en deux verticilles de 5; parfois au total, par dédoublement, on en compte 20 à 5o et plus.

Le pistil est constitué par 5 carpelles concrescents et donnant 5 loges, avec dans chaque loge un seul ovule, anatrope et pendant.

Un style unique surmonte l'ovaire.

Le fruit est une drupe.

La graine a un albumen charnu.

Le suc résineux balsamic[ue des tissus de ces végétaux possède des propriétés stimulantes.

Houmiri.

Humiria halsamifera (Aubl.).

En Guyane : Houmiri.

Arbre originaire des forêts de la Guyane, et qui fournit un hois[rouge appelé Houmiri.

Les feuilles sont alternes, sessiles, simples, longues et étroites, un peu dilatées à la base, où elles entourent le rameau.

Le bois rouge est assez léger, et utilisé pour les constructions à couvert.

La densité est de 0,700, la résistance à la rupture de i86'''S.

Les vaisseaux sont gorgés d'une oléo-résine, qui favorise la conservation du bois.

L'écorce, très odorante, est employée en parfumerie.

De cette écorce découle, par incisions, un suc rouge résineux, qui est ténifuge et sert en médecine pour le traitement des affections articulaires.

Humiria floribunda (Mart.).

Au Brésil : Umiry. En Guyane : Tawaronero, Aux Colonies françaises : Cacao grand bois. En Arrouaguesi : Conranira.

Arbre de taille moyenne, qui habite le Brésil et la Guyane, où il atïectionnc les sols sablonneux.

Les feuilles sont obovales, obtuses, à pétiole très court.

Le bois est mou, léger, d'une densité de 0,496 à l'état sec.

On l'emploie pour les constructions intérieures.

L'écorce donne, par incisions, le Baume d'Umiry, liquide d'un jaune pâle, qui possède des propriétés analogues à celles du copahu.

Sacccglotte du Gabon.

Saccoglottis gabonensis (Url:an).

Noms \jT.vac : Ozouga, Amuan.

Arbre tropical africain, de 20'^ à 3o*" de hauteur, avec un tronc de 10"^ à i5'^ sous branches, sur o'^,25 à o'^jôo de diamètre. Commun au Gabon, il a un port analogue à celui de lormj de nos pays. On le trouve au bord des rivières ( t des marécages.

L'écorce, d'un gris rougeâtre, est profondément crevassée, et très épaisse.

Les jeunes branches sont très rameuses et disposées en éventail; elles sont grisâtres, avec des lenticelles blanchâtres.

Les feuilles sont alternes, simples, coriaces, oblongues-elliptiques ou lancéolées, atténuées en pointe, longues de 0^,09 à o™,i4 sur o™,o5 de largeur, avec nervure médiane, saillante des deux côtés. Le pétiole a 0^,002 à o"^,oo4 de longueur.

Les fleurs sont disposées en cymes latérales et terminales corymbiformes.

Chaque fleur, d'un blanc verdàtre, à parfum nauséeux, comprend un calice ù 5 sépales suborbiculaires longs de o'^.ooiD, une corolle à 5 pé'ales étalés en étoile, lancéolés-linéaires, 4 à 6 fois plus longs que les sépales, 10 étamines à filets aplatis et dressés, alternativement longs et courts, à anthères jaunâtres, un ovaire ovoïde de o°^,ooi de diamètre. Cet ovaire est composé de 5 loges uniovulées, dont une seule fertile.

Le fruit ovoïde est indéhiscent, verdàtre à maturité, entouré à sa base par le calice persistant, d'un diamètre médian de o"\o25 environ. Au-dessous de i'exocarpe parenchymateux, se trouve un endocarpe ligneux creusé de petites cavités, qui lui permettent de flotter et d'être ainsi disséminé par les eaux, La pulpe des fruits est comestible, et ces fruits doanent, par fermentation, une boisson appréciée, que les indigènes appellent stoutou.

Le bois, rouge pâle avec cœur plus foncé, est diu- et dense; sa densité est de o'^^gSo. Ce bois, d'au grain fin. est sr.sceptible d'un beau poli. On le considère comme excellent pour les constructions et les charpenies. Ou peut l'utiliser en menuiserie et en ébénisterie.

FAMILLE DES OCHNACEES.

La famille des Ochnacées se compose de 12 genres, comprenant environ i4o espèces, toutes arborescentes, tropicales, et habitant généralement l'Amérique, principalement le Brésil.

Ce sont des arbustes ou des arbres, dont les tissus sont gorgés de suc aqueux.

Les feuilles sont isolées, simples, stipulées, coriaces, luisantes en dessus et en dessous, avec des nervures parallèles et rapprochées.

Les fleurs, ordinairement jaunes, sont le plus fréquemment régulières (rare-

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ment zygomorphes), hermaphrodites, pentamères (exceptionnellement tétramères).

Les étamines sont tantôt en grand nombre par ramification, tantôt disposées en deux verticilles alternes. Les anthères ont quatre sacs, qm s'ouvrent généralement par des pores terminaux.

Le pistil est composé en général de 5, parfois de 3 ou de lo carpelles, toujours concrescents.

Le style se termine en pointe au sommet.

Le fruit est une capsule septicide, ou une drupe à 5 noyaux, ou une série de drupes à un noyau.

Ochne d'Annam.

Ochna WallLchi (Planch.).

En Anna m : Mong-Toc.

Petit arbre de Cochinchine, qui ne dépasse guère lo''^ de hauteur sur o'",20 à o"^,3o de diamètre.

Les feuilles sont caduques, alternes, coriaces.

L'écorce est ainère et peut être utilisée comme tonique et digestif.

Le bois est brun, lourd, apte à l'ébénisterie et à la menuiserie.

Ochna arborea (Burch.).

En Hollandais : Roodhouf. En Anglais : Red Wood.

Essence de Natal et du Cap, dont le bois peut être utilisé pour le charronnage et l'ébénisterie.

Ochna mauritiana (Lamk.).

Arbrisseau de l'île ^laurice, à feuilles ovales, appelé bois de jasmin, qui peut être employé pour la confection des palissades et surtout des haies. Les fleurs jaunes sont très ornementales.

GompMe de Ceylan.

Gomphia angustifolia (Vahl.).

A Ceylan : Rokaara-gass.

Petit arbre de Ceylan et du Malabar.

Les feuilles sont alternes, elliptiques, oblongues, aiguës aux deux extrémités, lisses, coriaces.

Le bois est employé à, Ceylan dans les constructions.

Au Malabar, les feuilles et les racines sont utilisées en décoction comme digestif.

Gomphie de Sumatra.

Gomphia sumutrana (Jack.).

A Malacca : Chinta m,ola.

Petit arbre de Malacca, dont le bois rouge et dur est utilisé dans la construction des barques et la fabrication des poulies et des pompes.

Ouratée à feuilles de châtaignier.

Ouratea castaneifolia (Engl.).

Au Brésil et en Argentine : Farinha seca, ou Palo chumbo. Arbre droit, de lo"" de hauteur environ sur oo\5o de diamètre, habitant le Brésil et l'Argentine.

^écorce est mince, presque lisse, d'un gris jaunâtre.

L'aubier est jaunâtre, le bois parfait rougeâtre, compact, élastique, assez dur, peu lourd, d'une durée médiocre, se détériorant facilement s'il n'est pas injecté. Ce bois est employé pour les charpentes communes et le chauffage.

DIALYPETALES A OVAIRE LIBRE.

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