‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 4 sur 135 · CHAPITRE PREiMIER GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREiMIER GÉNÉRALITÉS

LE RÉGNE VÉGÉTAL. — Les objets qui composent l'univers se présentent à nos regards sous deux aspects bien distincts :

1° Les corps bruts ou minéraux, masses inertes qui forment le règne minéral ;

2° Les corps vivants, parmi lesquels on distingue les végétaux, compris dans \e règne végétal, et les animaux, qui constituent le règne animal.

Ces deux derniers règnes paraissent au premier abord bien différents : les animaux sont doués de sensibilité ; ils exécutent des mouvements volontaires ; ils se nourrissent d'une façon spéciale ; ils ne renferment pas cette matière verte appelée chlorophylle qui colore beaucoup de plantes. Mais si, au lieu de comparer les arbres qui constituent la forêt avec les animaux que nous avons coutume d'y observer, nous mettons en parallèle des êtres d'organisation de plus en plus simple, la différence devient moins frappante : déjà les éponges et les autres animaux fixés ont une sensibilité très dégradée et un aspect qui se rapproche de celui des plantes, et si nous passons à l'examen de ces organismes infiniment petits que l'on désigne dans le langage courant sous le nom de microbes, la distinction devient très délicate. Une étude complète permet de constater que les caractères que nous avons signalés, si saillants au premier abord, ne permettent pas d'établir une limite entre les deux règnes vivants et a amené les naturalistes à baser la distinction entre l'animal et le végétal sur l'absence

LA CELLULE VEGETALE

OU la présence de la cellulose, matière organique de composition analogue à celle de l'amidon ^.

L'étude des plantes constitue une science qui s'appelle la Botanique. Celle des animaux est du domaine de la Zoologie. Ajoutons dès maintenant que les plantes vertes, grâce à la chaleur et à la lumière que leur procure le soleil, ont la propriété de croître aux dépens des matières brutes contenues dans l'air et dans le sol ; l'homme et les animaux les utilisent ensuite pour leur alimentation ; elles sont donc le lien nécessaire entre le règne minéral et le règne animal.

Cette constatation nous dispensera d'insister sur les avantages que l'on peut tirer de l'étude de la Botanique.

Il suffira également de rappeler l'utilité générale de la forêt et l'importance des produits que l'homme en extrait pour établir l'intérêt tout spécial que présente l'étude des plantes qui la composent ; cette étude constitue une science appliquée qui est la Botanique forestière.

L'observation des êtres vivants à l'aide d'instruments grossissants, contribue encore à montrer que les liens qui existent entre les animaux et les végétaux sont des plus étroits, car leur structure intime est la même : les uns et les autres sont formés de cellules.

LA CELLULE. — LES TISSUS. — En étudiant au microscope une partie très jeune d'un végétal, on constate d'ordinaire la présence d'innombrables cloisons séparant de très petits compartiments (Fig, 1) ; cette structure est dite cloisonnée ou cellulaire"^.

Chaque compartiment est plein d'une sorte de liquide épais et rempli de granules : c'est la matière vivante ou protoplasma (p, Fig. 1). Sa composition se rapproche de celle des matières albuminoïdes dont le blanc d'oeuf est un exemple bien connu.

Le protoplasma a la propriété de respirer, de se nourrir et de se mouvoir comme l'être vivant tout entier.

Dans sa masse, on distingue un petit corps plus dense et de structure compliquée appelé noyau (n, Fig. 1).

1. Le coton et la moelle de sureau ancienne sont formés de cellulose presque pure.

2. Chez certains végétaux inférieurs, il n'existe pas de cloisonnement ; on dit alors que la structure est continue.

LES TISSUS VEGETAUX

Les cloisons (m, fig. 1) sont formées de cellulose, matière que nous avons déjà citée.

Exemple de cellules végétales (jei;ne tige d'Ail coupée en travers^ : m, membrane ; V, protoplasma; n, noj'au.

Fig. 1.

Chaque petit compartiment, constitué par un noyau du protoplasma et sa cloison propre, s'appelle une cellule.

En devenant plus âgée (Fig. 2 à 5), la cellule grandit • ; à son

Etats successifs de l'évolution d'une cellule : A, jeune cellule remplie de protoplasma sans vacuoles ; B, cellule plus âgée où sont apparues des vacuoles remplies de suc cellulaire ; C, cellule encore plus âgée, le protoplasma et le noj-au sont refoulés contre la paroi, les vacuoles se sont fusionnées en une seule au centre de la cellule ; D, cellule morte.

Fig. 2 à 5,

1. Les cellules se multiplient par l'apparition d'une nouvelle cloison partageant en deux la cavité delà vésicule primitive. Cette division est précédée de celle du noyau qui comprend une suite de phases que nous ne pouvons décrire ici.

LES TISSUS VEGETAUX

intérieur un nouveau liquide apparaît, c'est \e suc cellulaire ; peu à peu le protoplasnia est refoulé contre la paroi qui subit

elle-même fréquemment des modifications et s'imprègne de matières nouvelles. Souvent la cavité des cellules ne renferme plus que de l'air; telles sont les cellules qui constituent la moelle de sureau et que l'on peut observer avec une forte loupe.

Une cellule qui ne contient plus de protoplasraa est une cellule morte.

Cet ensemble cloisonné que nous " avons décrit forme un tissu. Si le tissu compiend des cellules à parois minces dont les dimensions sont sensiblement les mêmes en tous sens, il est appe\é parenchyme (F\g. 6). Les vides qui se produisent entre les cellules sont dits méats.

Coupe transversale clans parenchj'me.

Fig. 6.

Fibres coupées Fibres coupées

transversalement. longitudinalement.

jji, membrane épaissie ; en, petits canaux communiquant avec l'intérieur i

Fig. 7. des fibres. Fig. 8.

Souvent les cellules s'allongent et s'effilent aux extrémités, leur paroi s'épaissit en rétrécissant la cavité et s'imprègne d'une matière spéciale, la lignine, qui augmente leur dureté ; ces cellules modifiées sont les ^ères (Fig. 7 et 8) ; assemblées en

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