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Figure théorique montrant le parcours de la sève brute et de la sève élabo-
carbonique.]
Fig. 126.
NUTRITION ET ROLE DE LA LUMIERE
en le combinant aux éléments de l'eau pour former des substances nutritives telles que les sucres.
Ce phénomène spécial, qui est l'inverse de la respiration, constitue V assimilation chlorophyllienne (Fig. 126).
Dès lors la sève brute, que nous avons suivie jusque dans les feuilles, se trouve enrichie et transformée en sève élaborée ou nourricière (Fig. 126), qui gagne les diverses parties de l'arbre pour y distribuer les matériaux nécessaires à l'accroissement.
La sève élaborée circule entre le bois et l'écorce dans les canaux du liber ; l'enlèvement de ce dernier provoque la mort de l'arbre par privation de nourriture.
Sur son trajet, la sève nourricière abandonne les matériaux destinés à la formation de nouvelles couches de bois, de liber et d'écorce, c'est-à dire à l'accroissement en diamètre. Elle alimente les bourgeons et provoque ainsi l'accroissement en longueur 1.
Le développement de la plante est influencé par l'électricité atmosphérique, et l'on admet que cette dernière active la circulation des liquides dans les tissus végétaux. On a de longue date remarqué l'action bienfaisante d'une pluie d'orage sur les récoltes.
En semant des Epinards autour d'une perche formant paratonnerre, et dite géomagnélifère, on a constaté une accélération de la végétation et une augmentation de rendement.
Les arbres soutirent également l'électricité atmosphérique à leur profit ; par contre, Grandeau a démontré que les arbres soustraient à l'influence électrique les plantes qu'ils dominent. Cet isolement, analogue à celui résultant d'une cage métallique, s'étendrait même au delà du périmètre directement surmonté par la cime de l'arbre.
Les substances qui ne sont pas consommées immédiatement pour la croissance de la plante constituent des réserves qui peuvent ensuite rentrer dans la circulation pourêtre à leur tour utilisées.
1. Les principaux éléments qui constituent les plantes supérieures et qui, par suite, sont utilisaliles pour leur alimentation sont : le carbone, l'hydrogène, l'oxj'gène, l'azote, le soufre, le phosphore, le chlore, le silicium, le potassium, le calcium, le magnésium, le fer.
56 NUTRITION ET ROLE DE LA LUMIÈRE
L'activité de la végétation varie avec les saisons : les plantes qui sont dégarnies de leurs feuilles en hiver paraissent même à cette époque dépourvues de vie ; celle-ci n'est toutefois que ralentie ; la plante sommeille, attendant que le-soleil du printemps lui rende son activité et la couvre de fleurs.
C'est, en effet, le soleil qui est la source de toute énergie sur la terre ; il nous donne la chaleur et la lumière que l'on peut confondre en un seul terme, la radiation.
Non seulement une certaine température est nécessaire pour que les arhres fleurissent et fructifient, mais l'expérience a démontré depuis longtemps qu'une lumière abondante favorise la fructification ; aussi a-t-on soin, pour obtenir des jeunes semis sous une vieille futaie, d'ouvrir dans le massif des trouées qui donnent un éclairement suffisant et délivrent les porte-graines de la concurrence de leurs voisins ; ils peuvent ainsi réaliser l'effort nécessaire à une grande fécondité.
Lorsque les semis se sont produits sous la futaie, on se garde bien d'enlever aussitôt tous les vieux arbres ; une lumière trop intense nuirait aux jeunes brins, surtout s'ils sont délicats.
Par la suite cependant ils exigent une radiation intense et le couvert constitué par les vieux arbres doit disparaître ; mais si les jeunes arbres sont trop serrés, leur sommet seul sera fortement éclairé ; là seulement les feuilles pourront se développer ; les tiges s'allongeront rapidement, mais resteront grêles ; pour abréger les phases d'une lutte que nous avons déjà esquissée et dont le peuplement tout entier aurait à souffrir, Ihomme intervient et pratique des éclaircies, opérations qui consistent à enlever une partie des tiges.
La lumière et la transpiration (dont l'intensité est en partie sous la dépendance de l'action de la lumière) sont particulièrement nécessaires à la formation du tissu de soutien qui donne au bois sa consistance.
Toutefois un excès de lumière présente des inconvénients ; il ne nuit pas seulement aux jeunes brins délicats, il s'oppose aussi à l'allongement des tiges ; les arbres isolés sont courts, trapus, empâtés au pied et munis de grosses branches dès la base, tandis que les mêmes espèces en massif possèdent un fût très allongé et dénudé ; mais si l'un de ces arbres se trouve