‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 45 sur 135 · CLASSIFICATION DES PLANTES A FLEURS OU PHANÉROGAMES · texte numérisé non relu

CLASSIFICATION DES PLANTES A FLEURS OU PHANÉROGAMES

L'embranchement des Phanérogames se divise en deux sousembranchements.

l'^ hes Angiospermes, plantes dont les fleurs présentent des ovules enfermés dans un ovaire. La plantule comprend un ou

1. Le sous-bois est.^il est vrai, dangereux au point de vue des incendies, mais la forêt renaît d'ordinaire de ses cendres; elle disparaît sans retour des régions desséchées.

GYMNOSPERMES

deux cotylédons. C'est à ce groupe qu'appartient le Merisier dont la fleur nous a servi de type.

2° Les Gymnospermes, plantes à fleurs dont les ovules ne sont pas entourés d'une enveloppe fermée, mais simplement portés par des écailles. Le nombre des cotylédons est variable. (Exemple : les Pins.)

GYMNOSPERMES. — Les Gymnospermes comprennent trois familles : 1° les Gnétacées, représentées en Algérie par le genre Ephedra sur lequel nous reviendrons ; 2° les

Coupe longitudinale dans le bois Coupe longitudinale dans le bois de

du Pin faite suivant l'axe de la tige : cl, cloisons séparant les trachéides ; ar, ponctuations vues de face.

Fig. 127.

Pin faite perpendiculairement aux rayons médullaires : cl, cloisons séparant les trachéides; rni, rayons médullaires ; ar, ponctuations vues en coupe.

Fig. 128.

Cycadées, localisées sous les tropiques ; 3° les Conifères, très importantes au point de vue forestier (Pins, Cèdres, Sapins, Genévriers, etc.). Leur organisation diffère sensiblement de celle des plantes déjà étudiées ; prenons le Pin comme exemple.

Le bois ne présente pas de vaisseaux proprement dits ; il est formé de cellules allongées, intermédiaires entre les fibres et les vaisseaux, que Ton nomme trachéides. La membrane des trachéides est couverte de ponctuations (Fig. 127 et 128).

Lesraj'ons médullaires sont peu développés.

Les feuilles sont en forme d aiguilles et souvent désignées sous ce nom.

ANGIOSPERMES

La plante tout entière est riche en matière résineuse contenue dans des canaux résinifères.

Les fleurs sontunisexuées, c'est-à-dire qu'il existe des fleurs mâles et des fleurs femelles séparées

Les premières se présentent sous forme d'une petite masse allongée composée d'un axe et d'écaillés. Chaque écaille porte à sa face inférieure deux sacs gonflés de pollen et constitue par suite une étamine (Fig. 129).

Les deuxièmes sont groupées sur un même rameau pour former un cône (Fig. 130). Chaque fleur femelle est située à

Etamine du Pin : p, pollen.

Fig. 129.

Inflorescence femelle de Pin.

Fig. 130.

Carpelle de Pin : n, Ecaille du

o, ovules ; p, té- Pin portant

gument del'ovu- les 2 grai-

le n. nés.

Fig. 131.

l'aisselle d'une bractée ; elle se compose d'un carpelle en forme d'écaillé qui porte 2 ovules (Fig. 131).

Quand les ovules se transforment en graines, les écailles qui les portent deviennent épaisses et dures ; le cône de Pin prend dès lors l'aspect bien connu. A maturité, les écailles s'écartent sous l'action du soleil et les graines, prolongées en ailes (Fig. 132), s'échappent de l'inflorescence.

ANGIOSPERMES. — Les Angiospermes se divisent en deux classes : les Monocotylédones ou plantes dont l'embryon ne présente qu'un cotylédon et les Dicotylédones dont l'embryon a deux cotylédons.

Monocotylédones. — Ce caractère de l'embryon, qui pourra paraître peu commode à observer, correspond à d'autres différences beaucoup plus faciles à apprécier : les feuilles des Monocotylédones, souvent étroites et allongées (Ex. : le Blé), sont en général à nervures parallèles, tandis que la nervation des feuilles des Dicotylédones est ramifiée.

60 ANGIOSPERMES

Les sépales, pétales, étamines et carpelles, c'est-à-dire les diverses parties de la fleur, sont dans presque tous les cas au nombre de trois (ou multiples de trois) chez les Monocotylédones et de quatre ou cinq (ou d'un multiple ou sous-multiple de ces chiffres) chez les Dicotylédones.

Les sépales et les pétales sont fréquemment de même couleur chez les Monocotylédones.

La tige de celles-ci (Palmier) ne présente pas d'accroissements annuels semblables à ceux des Dicotylédones (Chêne) ou des Gymnospermes (Pin) ; on n'y remarque qu'une écorce entourant une sorte de moelle générale parcourue elle-même par de nombreux faisceaux ; ces derniers renferment à la fois les vaisseaux du bois et les tubes criblés du liber.

Les Monocotylédones ne comprennent pas d'essences forestières proprement dites croissant naturellementen Algérie ; les plantes arborescentes de cette classe sont surtout répandues sous les tropiques.

Dicotylédones. — On les divise en trois sous-classes basées sur la disposition des enveloppes florales (calice et corolle).

1° Les Apétales, plantes chez lesquelles les enveloppes de la fleur manquent ou ne sont représentées que par des organes verts comparables à des sépales (Chêne, Mûrier, Fig. 133 et 133 bis.) Le calice et la corolle existent dans les deux autres groupes.

2° Les Dialypétales présentent une corolle formée de pièces distinctes ; chaque pétale peut être arraché séparément sans entraîner les autres. (Merisier, Fig. 137.)

Fleurs apétales : A Chêne, B MùriiM-. Fleurs gamopétales de Chèvrefeuille. Fig. 133 et 133 bis. Fig. 134.

ANGIOSPERMES

3° Les Gamopétales ont au contraire une corolle composée de pétales soudés entre eux ' (Chèvrefeuille, Fig. 134).

Chacun de ces trois groupes peut être subdivisé en deux d'après la façon dont les pétales et les étamines sont insérés sur l'axe delà fleur ; suivant ce mode d'insertion, l'ovaire peut paraître se trouver au-dessus ou au-dessous du point d'attache du surplus de la fleur (Fig. 135 et 136) ; nous nous servirons de ce caractère pour distinguer les Gamopétales à ovaire siipère

Coupe ttiéorique d'une fleur à ovaire supère :

s, sépale ; p, pétale ; e, étamine ; c, carpelle,

Même figure pour une fleura ovaire infère: s' , p\ e'.c', parties dessépales, pétales, étamines et carpelles qui sont soudées entre elles.

Fig. 136.

(c'est-à-dire à ovaire situé au-dessus de la fleur) et les Ganwpétales à ovaire infère (c'est-à-dire à ovaire situé au-dessous de la fleur).

On peut diviser de même les deux autres groupes ; mais nous adopterons une autre division ; nous distinguerons parmi les Dialypétales :

]° Les Thalamiflores : les étamines et la corolle sont insérées sur l'axe et non soudées au calice. L'ovaire est donc supère.

2° Les Calyciflores: les étamines et la corolle sont insérées sur une sorte de collerette ou de cupule formée par la base du calice. Cette collerette peut être adhérente à l'ovaire et celui-ci

1. Cette classification n'a rien d'absolu, et certaines espèces, que les botanistes sont d'accord pour ranger parmi les Dialj'pétales, ont les pétales plus ou moins soudés à la base ; en outre, il existe des Apétales que d'autres caractères ratlacbent aux Diahpétales et que l'on considère comme des Dialj'pétales à corolle avortée.

ANGIOSPERMES

est alors infère (Fig. 138), mais elle peut aussi laisser l'ovaire libre, il est alors supère (Fig. 137).

On classe quelquefois les Gamopétales et les Dialypétales suivant la situation des étaraines qui est hypogyne si ces

Fleur de Merisier (Dialypétale calyciflore à ovaire supère).

Fig. 137.

P'ieur de Poirier (Dialypélale

ealjxiflore à ovaire infère), lire.

Fig. 138.

organes sont insérés sous l'ovaire, périgyne dans le cas contraire K

Les Apétales peuvent se diviser en Amentacées, plantes dont les fleurs mâles sont disposées en chaton et en non- A m enlacées, plantes qui ne présentent pas ce caractère.

Les Amentacées présentent une grande importance au point de vue forestier ; elles constituent, avec les Conifères, l'ensemble des essences sociales à grandes dimensions que nous aurons à décrire dans les chapitres suivants 2.

1. Sur les fleurs à ovaire infère les étamines sont fixées au-dessus de l'ovaire (étamines épigynes). Sur les fleurs à ovaire supère elles sont fixées autour de l'ovaire chez les Cahxiflores (étamines périgynes) et en dessous de l'ovaire chez les Thalaniiflores (étamines hypogynes). Dans la pratique, les étamines épigynes et périg3'nes sont réunies sous le nom de périgynes.

La S5'nonymie est dans l'ensemble la suivante :

Thalaniiflores.

Calyciflores.

Gamopétales à ovaire supère.

Gamopétales à ovaire infère.

Dialypétales hj-pogynes Dialypétales périgynes Gamopétales hypogynes :

Gamopétales périgjmes ;

Chez les Gamopétales, les étamines sont fréquemment insérées sur la corolle : d'où le nom de Corolliflores quelquefois employé.

2. Dans ces chapitres, nous avons indiqué en gros caractères les noms français des espèces spontanées importantes, et en caractères plus petits ceux des espèces spontanées d'intérêt moindre et ceux des espèces introduites.

GNÉTACÉES

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