MYRTACÉES
glandes. Si l'on observe la fleur à l'état jeune (Fig. 309), on constate que la partie supérieure du périanthe forme un opercule, sorte de couvercle qui se détache au moment de l'épanouissement en laissant une sorte de coupe qui porte sur ses bords les étamines très nombreuses et au centre un pistil à plusieurs loges.
Les Eucalyptus peuvent présenter deux sortes de feuilles : chez VEucalyptus globiilus par exemple, les feuilles des jeunes plantules provenant de graines (Fig. 310), celles des branches gourmandes et des rejets sont opposées, glauques et sans pétiole, tandis que chez les sujets adultes, les feuilles deviennent alternes, pétiolées, en forme de faux (Fig. 311] . L'Eucalyptus possède un enracinement puissant, une croissance très rapide. On cite en Australie des sujets atteignant 150 mètres de hauteur. La transpiration intense de
Coupe d'un bouton floral d'Eucalyptus : cal, calice ; cor, corolle; et, étamines ; st, stj'le ; os, of, ovules.
Fig. 309.
Tige feuillée d'un jeune Eucalyptus globuhis.
Fig. 310.
Branche feuillée d'un Eucalyptus globulus âgé.
Fig. 311.
ces arbres assèche le sol, ce qui permet de les utiliser pour l'assainissement des régions humides insalubres. On a appelé non sans raison l'Eucalyptus « l'arbre de la colonisation )> . Le bois a la fibre tourmentée ; il est très dur, tenace et difficile à travailler ; il peut être utilisé comme bois de construction et de
MYRTACEES
chauffage ; dans certaines espèces, où il est plus homogène, il convient à l'ébénisterie. L'écorce se détache souvent en lanières qui donnent au tronc un aspect peu ornemental. Toutes les parties de l'arbre, les feuilles surtout, fournissent une essence riche en Eucalyptol qui a des effets analogues à ceux de l'essence de térébenthine. Elles sont fort employées dans le traitement des maladies des voies respiratoires. Ingérées en masse, ces feuilles etlécorce sont astringentes, toniques et fébrifuges par le tanin qu'elles renferment ; on les emploie aussi en lotions et en injections comme antiputrides. Ces plantes, très florifères, contribuent à l'entretien des ruches ;par contre, on leur a fait le reproche d'abriter d'innombrables moineaux pillards de récoltes. De nombreuses espèces ont été introduites en Algérie ; nous n'en mentionnerons que quelques-unes :
L'Eucalyptus commun (Eucalyptus globuhis Labill.) (Fig. 312) ou Gommier bleu, en anglais Bliie gain est une des plus répandues et des plus anciennement introduites. C'est un grand arbre irrégulier à croissance très rapide, mais assez sensible au froid et à bois de qualité inférieure ; on distille ses feuilles.
h' Eucalyptus rostrata Schlecht.
que l'on tend à lui substituer dans les plantations et que l'on désigne souvent sous le nom anglais de Red gum, c'est-à-dire Gommier rouge, est de moindre taille et présente une croissance moins rapide, mais il est aussi moins exigeant sous le rapport du sol, résiste mieux au froid. Son bois coloré est plus apprécié que celui de l'Eucalyptus globuhis et peut être employé pour l'ébénisterie.
Citons encore : I'Eucalyptus a feuilles d'Osier (E. viminalis Lab.) (en anglais Manna gum) dont le bois est médiocre, mais qui présente l'avantage de bien résister au froid ; l'Eucalyptus citriodora Hook. (Lemonscended gum) dont les feuilles à odeur de citronnelle contiennent une huile volatile facile à distiller ; V Eucalyptus polyanthema Schauer, c'est-à-dire à fleurs
Eucalyptus globulus.
Fig. 312.
ICO GRANATÉES - TAMARISCINÉES
nombreuses {Red box Iree), dont le feuillage rappelle celui du Peuplier ; V Eucalyptus cormila Lab. (Yate treé) ; V Eucalyptus amygdalina Lab. ou à feuilles d'Amandier, dit aussi Eucalyptus Menthe poivrée, qui diffère beaucoup des précédents par ses petites feuilles ; l'Eucalyptus corynocalyx F. v. MùU., c'est-à-dire à calice en massue {Sugar gum)^ dont l'écorce est blanche sur le tronc, rouge sur les rameaux ; enï\nV Eucalyptus rudis Endl. qui produit avec VE. rostrata un hybride répandu dans la colonie sous le nom d'EucALYPTUS d'Algérie [E. Algeriensis Trab.). L'opercule du bouton floral présente une forme en bec moins amincie que chez l'^^. rostrata^ mais moins conique que chez VE. rudis.
Les espèces australiennes ne se naturalisent pas en Algérie ; les hybrides au contraire sont, d'après le D"" Trabut, susceptibles de s'y perpétuer sans l'intervention de l'homme ; il en résulte qu'il pourra se former dans l'Afrique du Nord une flore d'Eucalyptus très différente de celle du pays d'origine.
fa famille des GRANATÉES est très voisine de celle des MjTtacées ; elle ne comprend en Algérie qu'une espèce d'ailleurs introduite, le Grenadier commun (Punica Granatum L.). Cet arbuste originaire de l'Orient est cultivé soit pour la beauté de ses fleurs, soit pour son fruit, la grenade La tige rameuse porte des feuilles opposées, atténuées en pétioles, glabres etluisantes. Les fleurs sont grandes, sessiles, d'un rouge écarlale ; le fruit gros globuleux, contient un grand nombre de graines à tégument rouge translucide renfermant une pulpe acidulée comestible, — Les fleurs (en infusion de 15à30gr. par litre d'eau) et l'écorce du fruit (en décoction de 30 à 60 gr. par litre d'eau) sont employés contre la diarrhée, la dysenterie et les maux de gorge. L'écorce de la racine est un bon vermifuge.
Le genre Tamaris (Tamarix) est en Algérie le seul représentant ligneux de la famille des TAMARISCINÉES. Les Tamaris, souvent désignés à tort sous le nom deTamarin^, sont des arbres ou arbrisseaux toujours verts à feuilles très petites en
1. Le mot Tamarin sert à désigner en pharmacie la pulpe du fruit du Tamarinier {Tamai-indas indicus), avhre des régions tropicales.
CHASSULACÉES
forme d'écaillés à tleurs pclites, en grappes simples, à graines surmontées d'une aigrette.
Le TAMARIS D'AFRIQUE (Tamarix africana Poirel) (Fig. 313) est une plante très commune dans la colonie, et qui forme parfois des peuplements forestiers ; les feuilles sont
Tamarix africana.
Fig. 313.
Tamarix gallica.
Fi.iî 3U.
transparentes sur les bords ; les fleurs naissent souvent sur de gros rameaux et forment des épis courts et épais,
LE TAMARIS DE FRANCE {Tamarix gallica L.) (Fig. 314) qui est aussi une espèce très répandue et que l'on rencontre surtout au bord du lit des ruisseaux en ditTère par ses feuilles entièrement opaques, ses tleurs plus petites, ses grappes grêles, portées sur des rameaux grêles.
Les trois autres espèces se rencontrent : le T. ruhella Batt. dans la région de Batna, le T. Boveana de Bunge à Arzew, Misserghin, etc., le T. Bounopaa J Gay, dans les lieux salés de l'intérieur.
Parmi les CRASSUL A.GÉES, une seule espèce spontanée possède une tige robuste sous-ligneuse : le Sediim midticeps Coss. et Dur., plante très feuillue à feuilles linéaires toutes couvertes de papilles cristallines formant d'épaisses rosettes au sommet des rameaux, et produisant des tiges florifères sinueuses portant des grappes de fleurs jaunes. On troUve cette espèce en montagne entre Bougie et CoUo. Le Scmpcrvi-
FLOI'.E FOnESlltr.E
CACTÉES — GROSSULARIEES
rcns arborenm Desf. est une Crassulacée introduite et souvent cultivée comme plante d'ornement.
G'e^t à la famille des CACTÉES qu'appartient le Nopal, bien connu sous le nom de Figuier DE Barbarie [Opuntia Ficiis-indica Haw.) (Fig. 315), espèce d'origine américaine depuis longtemps introduite par les Espagnols et actuelle ment subspontanée en bien des endroits ; sa tige est composée de raquettes, articles charnus très épais, comprimés, hérissés de faisceaux de soiespiquantes ; lesfleursjaunessont grandes (5-6 cm), insérées et sessiles sur le rebord des articles supérieurs ; les fruits, gros comme un œuf, forment une part importante de la nourriture des Arabes.
Les Kabyles en cultivent une race inerme comme fourrage.
Les GROSSULARIEES, représentées en Algérie par le genre Ribcs, sont de petits abrisseaux à feuilles alternes pal-
Opuntia Ficus-indica.
Fiff. 315.
Ribes Uva-crispa.
Fiff. 31(5.
Ribes petrseum.
Fig. 317.
matilobées (c'est-à-dire découpées en forme de main) à fleurs régulières hermaphrodites, parfois unisexuées, verdàtres ou