‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 53 sur 135 · FLOUE FORESTIÈRE · texte numérisé non relu

FLOUE FORESTIÈRE

Ceratonia Siliqua.

Fig. 288.

146 MLMOSEES

nement à causes des jolies fleurs roses qui le couvrent complètement au printemps et de son beau feuillage.

MIMOSÉES. — Cette famille n'est représentée dans le Tell et sur les Hauts Plateaux que par des plantes introduites du genre Acacia; ce sont des arbres ou des arbustes originaires surtout de l'Australie et des régions plus méridionales de l'Afrique; une espèce, VAcacia tortilis Hayne, est même spontanée dans l'extrême Sud de l'Algérie et de la Tunisie.

Les feuilles sontcomposées et deux fois divisées (bipennées) ou réduites à leur pétiole qui est alors aplati et simule une feuille simple, entière ; c'est ce que l'on appelle un phyllode. Il est à remarquer que les feuilles des jeunes rejets sont souvent très différentes de celles des sujets adultes.

Les fleurs petites, régulières, avec un nombre d etamines indéfini, sont généralement disposées en capitules jaunes ou jaunes blanchâtres, bien connus sous le nom de « Mimosa ». Toutefois l'une des espèces fréquemment cultivées en Algérie, ÏAcacia lophanta WiUd . , est caractérisée par des etamines à longs filets verdàtres,etuneautre,rAcacza/on(///b//aWilld., présente des fleursjaunes disposées en épis. On remarquera facilement sur ces deux Acacias que les pièces du périanthe sont soudées entre elles, bien que les Mimosées appartiennent aux Dialypétales.

Le fruit est unegousse.

Les Acacias produisent de la gomme ; l'un d'eux, l'A. arabica Willd., fournit la gomme arabique ; leur culture est recommandée en vue de la production des extraits tannants.

Les feuilles, les fruits, l'écorce et le bois sont astringents par le tanin qu'ils renferment.

La plupart des Acacias cultivés en Algérie y présentent un ti-onc incliné qui les rend difficilement utilisables pour l'ornement desjardins et surtout des avenues.

Parmi les nombreuses espèces introduites dans la colonie, nous mentionnerons :

1° Acacias àphyllodes :

L'Acacia a longues feuilles (Acacia /on^ i/o //a Willd.), dont les phyllodes à plusieurs nervures saillantes ont 12 à 15 centimètres de longueur sur 8 à 10 millimètres de largeur et portent

MIMOSEES

à leur aisselle 1 ou 2 épis allongés, h' Acacia trineruisHort . n'est qu'une variété du précédent à phyllodes plus réduits (11 à 12 centimètres sur 8 à 9 millimètres) et plus coriaces. L'Acacia à longues feuilles se reproduit facilement en Algérie.

U Acacia ciiltriformis Cunn. est une espèce ornementale, facilement reconnaissable à ses courts phyllodes glauques.

h" Acacia pycnanthaBenih. ou Acacia petiolaris hehm., c'està-dire Acacia A longs pétioles, est recommandé comme plante tannifère ; le D"" Trabut indique les sujets à tronc rouge comme étant particulièrement riches en tanin.

h'Acacia melanoxylon R. Br. ou Acacia a bois noir se rencontre assez fréquemment aux environs d'Alger, mais V Acacia cj/anop/ît/ //a Lind. ou Acacia A feuilles BLEUATRES est encore pi us répandu. U Acacia leiophylla Benth. n'est qu'une variété du précédent à feuilles étroites, son écorce est très riche en tanin.

h' Acacia relinoides Schlecht. ou Acacia floribiinda Hort.

Acacia retinoides.

Fig. 289.

Acacia dealbata.

Fis. 290.

(Fig. 289) est cultivé pour ses fleurs qui font l'objet d'un commerce important dans le Midi de la France.

2° Acacias à feuilles composées :

L'Acacia élégant (A. lophanta Willd.), dont les fleurs à longues étamines ressemblent à des houppes, est le mieux naturalisé ; il se multiplie quelquefois au point de former des fourrés. (Ex. : forêt de l'Oasis près Djidjelli.)

L'Acacia terrible {Acacia horvida Willd.), ou Acacia ebur-

ROSACEES

nea Willd., facilement reconnaissable à ses grandes épines d'un blanc ivoire, est souvent employé pour faire des haies.

U Acacia Farnesiana Willd., connu sous le nom de Cassie, présente des épines plus fines et produit des fleurs très odorantes ; la gousse est cylindrique, très volumineuse ; cette espèce est très cultivée pour la parfumerie.

V Acacia deciirrens Willd,, V Acacia mollissima Willd. et l'Acacia dealbata Lam. (Fig. 290), non épineux, se ressemblent; les deux derniers en particulier sont confondus ; leur teneur en tanin serait cependant très différente ; ces trois espèces sont cultivées pour leur feuillage et leur floraison.

ROSACÉES. — La famille des Rosacées est représentée en Algérie par un certain nombre de genres qui peuvent être répartis en plusieurs tribus.

Ovaire libre.

Tribu.

Genres.

Un seul carpelle.

Carpelles nombreux.

Ovaire soudé au calice.

)Amygdalées) Amygdalus.

\ (Fig. 291). \ J^erasus.

' ' ; Prunus.

/ Carpelles en tête sur, j^ •■ )

l un réceptacle con-^^^»*""'^" f Rubus.

) ^ vexe S (F'g- 292). )

Carpelles au fond; „ , :

d'un réceptacle ^-- Rosa.

concave ; ^^'S -^^^- ;

f Cralœgus.

Cotoneaster.

V Amelanchier Pomacées } Pirus.

(Fig. 294). ] Malus.

Sorbus.

Cj'donia.

Eriobolrya.

Coupe d'une fleur d'Amygdalée (Merisier) : c, ovaire ; /, calice.

Fig. 291.

Coupe d'une fleur de Fragariée (Fraisier):

r, réceptacle ; c,

carpelles.

Fig. 292.

ROSACEES

Coupe d'une fleur de Rosée (Rosier) : /', réceptacle concave ; /, calice ; c, carpelles.

Fi g. 293.

Coupe d'une fleur de Pomacée (Poirier) :

/, ovaire ; o, ovule ; e, st^'Ie.

Fig. 294.

Tribu des Amygdalées. — L'AMANDIER COMMUN

{Amygdahis commiinis L.) (Fig. 295), très cultivé en Algérie, y paraît réellement spontané sur divers points, notamment, d'après Battandier, dans le Zaccar de Miliana, dans la forêt des Ouled- Dahn, près de Guelma, à Tadjenent, dans les Bibans, à Saïda, etc. ; c'est un arbre de 8 à 12 mètres à rameaux glabres d'un vert clair.

Les fleurs elliptiques, à stipules caduques, sont dentées, glabres et luisantes en dessus ; les fleurs blanches ou rosées naissent avant les feuilles sur des pédoncules presque nuls; le fruit, bien connu, a un aspect vert velouté et renferme un noyau sillonné de fentes étroites qui contient 1 ou 2 amandes douces ou amères.

L'Amandier commun a produit par la culture un grand nombre de variétés. Les amandes douces sont comestibles. Le bois de cet arbre est remarquablement dur et lourd ; il est susceptible d'acquérir un très beau poli ; il est employé en marqueterie et forme aussi un très bon combustible.

LeCERISIER S AU V AGE (Ce/asusayz'um Mœnch)(Fig. 296) ou Merisier se rencontre en Algérie, principalement dans les forêts de la région montagneuse.

Ses feuilles ovales, dentées, présentent au sommet du pétiole

Amygdalus communia.

Fig. 295.

ROSACÉES

deux glandes rougeàtres ; ses fleurs blanches sont disposées en petits groupes de 2 à 6 sortant de bourgeons à écailles non foliacées (c'est-à-dire n'ayant pas l'apparence et la consistance d'une feuille).

Le bois du Merisier est rouge brunâtre clair, veiné et susceptible d'un beau poli ; il est recherché pour la fabrication des meubles et des chaises.

Le genre Prunier (Prunus) est représenté en Algérie par trois espèces dont la plus commune, très répandue dans les broussailles du Tell, est le PRUNIER SAUVAGE (Prunus

Cerasus avium. Fis-. 216.

Prunus insititi FJg. 297.

insililia L ) (Fig. 297), arbuste de 2 à 5 mètres, un peu épineux à branches étalées à fleurs blanches assez grandes naissant sur des pédoncules poilus; le Prunellier (Prunus spinosa L.), très rare dans la colonie (Béni Ismaïl, près Drâ-el-Mizan), en diffère par ses rameaux très épineux, par son écorce d'un brun noir et lustré qui lui fait donner souvent le nom d'Epine noire et enfin par ses fleurs petites naissant sur des pédoncules glabres ou presque ; ses fruits, connus sous le nom de prunelles, servent à la préparation de liqueurs alcooliques.

Le Prunus prosirola Labill., que l'on trouve dans la haute montagne, est un petit arbrisseau à fleurs roses, ce qui le distingue nettement des espèces précédentes ; les feuilles arrondies, finement dentées, sont couvertes en dessous d'un tomentum blanchâtre.

ROSACEES

A la tribu des Prunées, appartiennent diverses espèces cultivées dans les jardins : le Prunier commun {Priuias domestica L.), le Prunus divaricata Led., le Pécher commun (Pers/ca vulgaris Mill.) à fleurs rose vif, solitaires bu par deux, presque sessiles, à fruit velouté, et I'Abricotier commun (Armeniaca vulgaris Lam.) à fleurs blanches ou rosées et à fruit également velouté, mais à noyau lisse et non creusé, comme dans ce dernier, de profondes anfractuosités.

Tribu des Fragsirriées. — Cette tribu, qui comprend comme espèce herbacée le Fraisier, très cultivé dans les jardins, n'est représentée en Algérie que par deux plantes ligneuses appartenant au genre Ronce (Rubus).

La RONCE DISGOLORE (Rubus discolor Weihe) (Fig. 298) est extrêmement commune en Algérie ; les tiges, très longues, présentent de forts aiguillons et portent des feuilles pourvues de 3 ou 5 folioles ; les fruits sont noirs, constitués par de nombreuses petites drupes comestibles disposées sur un réceptacle convexe.

La Ronce de Numidie [Rubus numi-

dicus Focke) possède des tiges plus grêles, portant des aiguillons faibles et des feuilles généralement trifoliolées; les fruits •sont rouges. C'est une plante des grandes forêts du Tell oriental : Akfadou (près Azazga), etc.

Tribu des Rosées. — La tribu des Rosées ne renferme qu'un seul genre, le genre Rosier {Rosa), avec neuf espèces. Les Rosiers sont des plantes ligneuses souvent sarmenteuses à tige armée d'aiguillons, à feuilles composées imparipennées, à fleurs grandes, à réceptacle creux formant à maturité une enveloppe charnue rouge ou noirâtre autour des akènes. Sur les bords de la cupule formée par le réceptacle, s'insèrent le périanthe, formé de 5 sépales et de 5 pétales, ainsi que de nombreuses étamines.

L'espèce la plus commune que l'on rencontre dans les broussailles et les haies du Tell est le ROSIER TOUJOURS

Kubus discolor.

Fis-. 298.

ROSACEES

VERT (Rosa sempervirens L.) (Fig. 299). C'est une plante sarmenteuse à liges grêles, à feuilles glabres vertes et brillantes sur les deux faces persistantes en biver, à fleurs blancbes en cor3'mbes.

Les Rosa canina L. et Rosa Pouzini Tratt. sont assez com-

Rosa sempervirens.

Fiiï. 299.

Bosa stylosa.

Fia-- 300.

muns en montagne ; les autres espèces sont plus rares : Rosa stylosa Desv. (Zaccar, Dira près Aumale) (Fig. 300), Rosa montana Cbaix (Djurdjura, Tababor), Rosa sicula Tratt. (Djurdjura, Aurès, Efjebel Dréat), Rosa micvanlha Sni. (Djebel Tcssala prèsSidi-bel-Abbès.Tiaret, etc.), Rosaagreslis Savi (Djurdjura, région de Médéa). Le Rosa moschala L. se rencontre aux environs d'Alger, notamment à la Bouzaréa, mais cette espèce n'est probablement que subspontanée ; elle doit provenir d'anciennes cultures des Maures.

Tribu des Pomacées. — Cette tribu comprend plusieurs genres :

Les Aubépines (Cratœgus) sont des arbrisseaux épineux à écorce d'abord lisse, d'un gris argenté, puis écailleuse et gerçurée ; les feuilles sont souples, profondément échancrées en lobes; les fleurs sont disposées en corymbes ; le fruit charnu, rouge ou jaune, est couronné par les dents du calice.

L'espèce la plus commune est l'AUBÉPINE MONOGYNE [Cratcegiis monogyna Jacq.) (Fig. 301). C'est un arbrisseau, parfois un petit arbre, très rameux, qui vient dans tous les sols

ROSACÉES

même très secs. On le rencontre en grande abondance dans les broussailles du Tell ; on le confond souvent avec l'AUBÉPINE ÉPI- NEUSE (Cralœgiis oxyacanlha Jacq.), très voisine, qui est beaucoup plus rare et se distingue de la précédente par ses feuilles à nervures convergentes, plus luisantes, d'un vert plus foncé, et par ses fruits à plusieurs noyaux.

L'AUBÉPINE LACINIÉE {Cralœgus laciniata Ucria), à feuilles velues sur les deux faces, est une espèce de haute montagne ; I'Aubépine du RoussiLLON [Craticgns riiscinonensis Gr. et Bl.) (Fig. 302) est fort peu répandue (Djebel Dréat).

L'AZEROLIER (CraLTgusAzarolus L.) (Fig. 303) est assez commun dans le Tell méridional ; cette espèce se présente

Crataegus monogyna.

Fig. 301.

Crataegus rascinonensis.

Fig. 302.

Crataegus Azarolus.

Fig. 303.

fréquemment à l'état d'arbuste, mais peut parfois atteindre les dimensions d'un arbre d'une dizaine de mètres de hauteur sur 1 à 2 de circonférence ; ses fruits, semblables à une pomme minuscule, sont comestibles.

Le bois des Aubépines est lourd, dur, compact, sans souplesse ; il peut recevoir un beau poli et convient aux ouvrages

ROSACÉES

de tour ; mais il est extrêmement sujet à travailler et à se gercer. C'est un très bon combustible qui produit du charbon de première qualité.

Le genre Cotonéaster (Cotoneaster) comprend des arbustes non épineux à feuilles entières cotonneuses au moins en dessous que l'on trouve sur les montagnes de l'est de l'Algérie.

Le Cotonéaster de Desfontaines {Cotoneaster Fontanesi Spach) et le Cotonéaster a feuilles rondes (Cotoneaster mimmnlaria F'isch. et Mey.) constituent deux espèces extrêmement voisines, la première (Djurjura, Aurès) n'étant peutêtre même qu'une variété de la seconde (Babors, Garrouban, au sud de Tlemcen, etc.). On a quelquefois fait une espèce spéciale sous le nom de Cotoneaster tomentoia Lind. d'une variété du Cotonéaster de Desfontaines, existant dans le Sud, dont les feuilles sont cotonneuses sur les deux faces.

Les deux genres précédents forment une première section de Pomacées caractérisée par l'existence autour des graines d'un noyaux osseux dur. Dans les genres qu'il nous reste à examiner, les graines ou pépins sont enfermées dans des cavités dont la paroi est mince et a une consistance cartilagineuse.

L'Amélanchier commun {Amelanchier viilgaris Mœnch) (Fig. 304) se rencontre sur les hautes montagnes de l'Algérie (Djurdjura, Dréat, Aurès). C'est un arbrisseau à feuilles elliptiques glabres en dessus, tomenteuses en dessous, finement dentées, à fleurs blanches disposées en corvmbe, à fruit glo-

Amelanchier vulgaris.

Fis. 304.

Pirua longipes.

Fiff. 305.

ROSACEES 155

buleux noir bleuâtre de la grosseur d'un gros pois. Les fruits sont comestibles.

Le genre Poirier (Pirus) n'est représenté en Algérie que par une seule espèce spontanée, le POIRIER LONGIPÈDE (Piras longipes Coss.) (Fig. 305) des forêts de l'Aurès ; c'est un arbre élevé, peu épineux, à feuilles longuement pétiolées, dentées, ovoïdes ou presque rondes à fleurs assez grandes en corymbes. Les fruits sont très petits, de la grosseur d'une cerise, portés par un pédoncule trois fois plus long qu'eux, particularité qui a valu à l'espèce le qualificatif de longipède. Le Poirier de Syrie (Pirus syriaca Bois.), quia les pédoncules plus courts, existe dans les forêts de Tunisie, mais n'a pas été signalé en Algérie.

Le Poirier commun (Piriis commiinis L.), planté dans les jardins, se trouve à l'état subspontané dans le voisinage des cultures.

Le Pommier commun. (Mahis comnuinis Poir.) est, comme le précédent, une espèce introduite.

Le genre Sorbier comprend deux sections : la section des Sorbiers proprement dits caractérisée par des feuilles composées, et la section des Alisiers qui possèdent des feuilles simples dentées ou lobées.

Le Sorbier domestique (Sorbiis domesticah.) est un grand arbre à bourgeons gros, visqueux, glabres, à feuilles imparipennées composées de folioles dentées , à fleurs blanches en corymbes, donnant à maturité des fruits gros comme une petite noix. Cette essence est très rare en Algérie. On la rencontre dans le massif du Babor en petits buissons et aux environs d'Alger, à Bouzaréa, mais sa présence dans cette dernière station est peut-être due à l'intervention de l'homme.

Les Alisiers sont cantonnés sur les montagnes. L'ALISIER BLANC (Sorbus Aria Crantz ou Aria nivea Host) (Fig. 306) est un arbre de taille moyenne à feuilles ovales ou elliptiques doublement dentées ou légèrement lobées, blanches, tomenteuses en dessous ; les fleurs en corymbe sont blanches et les fruits de la grosseur d'une petite cerise verte, puis rouge. Le bois de celle essence est dur, lourd, très homogène ; il convient aux ouvrages de tour ; c'est un très bon combustible. L'Alisier blanc est en Algérie un compagnon du Cèdre.

L'ALISIER TORMINAL {Sorbus torminalis Crantz) ou Ali-

ROSACEES

sier des bois (Fig. 307), diffère du précédent par ses feuilles vertes et glabres sur les deux faces en cœur à la base et profondément échancrées ;son bois ressemble beaucoup à celui de

Sorbus Aria.

Fiff. 306.

Sorbus torminalis.

Fig. 3U7.

l'Alisier blanc et convient aux mêmes usages ; ses fruits blossis sont comestibles et fournissent aussi par la distillation une liqueur alcoolique appréciée. Cet arbre est assez répandu sur les hautes montagnes de la Kabylie, de Tamentout jusqu'au Djurdjura oriental.

L'Alisier a larges feuilles (Sorbus latifolia Pers, ou Aria lalifolia Spach"), signalé au Garrouban, présente des caractères intermédiaires entre les deux précédents, notamment par la forme et les incisions de ses feuilles, par la couleur et la consistance du fruit.

Parmi les espèces introduites, il importe encore de citer le Cognassier commun [Cydonia viilgaris Pers.) et le Néflier du Japon (Eriobolrya japonica Lindl.). Le premier est un petit arbre à feuilles molles entières, cotonneuses en dessous ; les Heurs blanches ou rosées solitaires sur des pédoncules presque nuls produisent un gros fruit en forme de poire, odorante, que Ion utilise pour faire des confitures. Le Néflier du Japon est un bel arbre originaire du Japon et des Indes orientales qui est cultivée en Algérie et dans le midi de l'Europe. On le reconnaît facilement à ses feuilles très grandes, 25 à 30 cm. de longueur, d'un vert brillant en dessus, à ses jeunes pousses couvertes, ainsi que les pédoncules floraux, d'un feutrage roux très épais ;

MYRTACEES

son fruit jaune orange possède une chair juteuse agréable et quatre grosses graines brunâtres.

Les MYRTAGÉES sont des arbustes ou des arbres de grande taille, très florifères, à feuilles odorantes entières, coriaces, persistantes, renfermant à leur intérieur des glandes huileuses. Cette famille, qui est abondamment représentée dans les régions tropicales et subtropicales, ne compte en Algérie qu'une seule espèce spontanée, le MYRTE COMMUN (Myrliis comnmnis L.) (Fig. 308).

Le Myrte, répandu dans toute la région méditerranéenne, est très commun dans les broussailles du Tell oriental jusqu'à Tunis. C'est un arbuste toujours vert, à petites feuilles opposées aromatiques, glabres et luisantes ; ses fleurs blanches solitaires possèdent cinq sépales, cinq pétales, de nombreuses étamines et produisent une

baie ovoïde d'un noir bleuâtre. Les feuilles de cette plante varient beaucoup ; certains pieds ont des feuilles très petites, ne dépassant pas 1 centimètre de longueur; on en a fait parfois une variété spéciale, la variété microphylla.

Le bois du Myrte est lourd, dur, remarquable parla finesse et l'homogénéité de son grain. II est entièrement gris rougeâtre clair ; il se travaille bien et est employé à la fabrication des articles de marqueterie, de tour, etc. Il fournit un bon combustible et un charbon de première qualité. Le fruit du Myrte est estimé et mangé par les Arabes, malgré son goût âpre et résineux. A petite dose, il aromatise agréablement le cognac.

Diverses espèces de Myrtacées ont été introduites en Algérie, en particulier les Eucalyptus ou Gommiers, genre australien qui ne comprend pas moins de L200 espèces. Plantés pour la l""^ fois en Algérie en 1863 au jardin du Hamma, on estimait leur nombre à L500.000 pour l'ensemble de la colonie en 1876.

Ces arbres, en général de grande hauteur, portent des feuilles persistantes entières renfermant de nombreuses

Myrtus communis.

Fiff. 308.

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