‹ Flore forestière illustrée, comprenant toutes les expèces ligneuses de l'Algérie et les espèces ligneuses les plus répandues en Tunisie, au Maroc et dans le midi de la France; pour la détermination facile, sans l'emploi de mots techniques, de touutes les espèces décritesChapitre 56 sur 135 · CHAPITRE XI LES GAMOPÉTALES · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI LES GAMOPÉTALES

§ I. — Gamopétales à ovaire infère.

La famille des CAPRIFOLIACEES comprend 3 genres en Algérie, formés, sauf une exception, de plantes ligneuses ; la tige peut être volubile. Les feuilles sont opposés ; les fleurs présentent un pistil (ovaire à 3-5 loges) et 5 étamines, le calice et la corolle ont d'ordinaire 5 divisions. Le fruit est une baie.

Dans le genre Sureau (i'amèucas), la moelle de la tige est très développée, la feuille est composée.

Le Sureau noir (Sambiiciis nigra L.) (Fig. 320), assez

Ssmbucus nigra.

Fi£î. 320.

Viburnum Tinus.

Fiff. 321.

commun au voisinage des habitations, n'est probablement pas indigène. Ses feuilles sont composées de 5 à 7 folioles pointues.

166 CAPRIFOLIACEES

dentées en scie. Les fleurs aromatiques, réunies en une ombelle à 5 raj'^ons, sont blanches ; le fruit est noir.

C'est une espèce qui rejette vigoureusement.

La moelle est utilisée clans les laboratoires et dans les ateliers d'horlogerie.

Toute la plante possède des propriétés purgatives ; on emploie surtout l'écorce des jeunes rameaux, quelquefois les feuilles ou l'huile de la graine. Les baies servent à teindre les peaux et le fil en violet.

Le Sureau Y èble (Sambiiciis Ebiiliis L.) est une plante herbacée, fétide, pouvant atteindre 2 mètres de hauteur, que nous citerons pour mémoire. L'ombelle est à 3 raj^ons ; cette plante est assez commune dans les lieux frais du Tell, surtout en montagne.

Les Viornes {Vihnrniim) sont des arbrisseaux à feuilles simples dont l'inflorescence, également en forme d'ombelle, présente 7 raj'ons principaux.

La VIORNE TIN {Vibiinmm rimis L.) (Fig. 321), souvent appelée Laurier Tin, a des feuilles persistantes entières, poilues aux aisselles des nervures en dessous. Les fleurs sont blanches, sans odeur ; le fruit, d'un bleu métallique, a des propriétés purgatives.

Celte espèce est très commune dans les forêts de Chêneliège et dans les lieux frais du Tell. Au contraire, la Viorne FLEXiBLK (Vibiwniim Lanlana L.) est localisée sur la crête du Tababor ; la Viorne Obier (VibiirmimOpuhisL.) a été signalée autrefois également au Tababor.

Les Chèvrefeuilles {Lonicerà) sont des arbrisseaux ou des lianes à feuilles entières. La fleur est à deux lèvres, présentant l'une un seul lobe, l'autre 4 divisions.

Le Chèvrefeuille en arbre {Lonicerà arborea Bois.), des montagnes de l'Aurès, et le Chèvrefeuille de Kabylie {Lonicerà kabylica Rehder) des sommets du Djurdjura, sont deux arbrisseaux, très voisins, à tiges non volubiles, tandis que les espèces suivantes ont l'aspect de lianes.

Le CHÈVREFEUILLE DES BALÉARES (Lonicerà implexa L.) (Fig 322), de beaucoup le plus répandu en Algérie, et le CHÈVREFEUILLE D'ÈTRURIE (Lonicerà etrusca Santi) (Fig. 323), assez commun en montagne dans les dépar-

RUBIACEES

Lonicera implexa.

Fiiï. 322.

Lonicera etrusca.

Fis. 323.

lements d'Alger et de Constantine, portent des baies rouges. Les fruits du Chèvrefeuille blanchâtre (Lonicera biflora Desf.), plante de l'Oranie, sont d'un noir bleuâtre.

Les RUBIACEES sont des plantes à feuilles simples, opposées ou verticillées, généralement entières et munies de stipules. Le calice et la corolle sont d'ordinaire à 4 divisions, le fruit à 2 loges. Les espèces citées produisent une baie, mais beaucoup de Rubiacées donnent un fruit sec.

Les Putoria sont des sous-arbrisseaux rameux, fétides, à tiges couchées, à feuilles opposées et coriaces. La corolle, de couleur pourpre, a la forme dun entonnoir prolongé à la base par un

Putoria calabrica.

Fig 32-t.

Rubia peregrina.

Fiy. 325.

COMPOSEES

long tube. L'espèce la plus répandue est le Putoria de Calabre (Piiloria calabrica Persoon) (Fig. 324), qui habite surtout les stations rocheuses. Le Putoria a feuilles courtes (Putoria hrevifolia Coss.),dont les tiges sont veloutées, se rencontre surtout à Santa-Cruz (près d'Oran) ; on peut y rattacher le Putoria microphylla Poniel, plante en petites touffes, à feuilles d'un 1/2 centimètre au plus, de Kalaa,à l'est de Mascara, et le Putoria tenella Pomel, à très petite corolle (5 à 6 mm.), du Garrouban et des Béni Snous, près de la frontière marocaine.

La GARANCE VOYAGEUSE {Rnbia peregrina L.) (Fig. 825) est une plante grimpante au moyen de ses aiguillons, fréquente dans les haies et broussailles du Tell et de la région montagneuse.

Dans la famille des COMPOSÉES (ou Synanthérées), les fleurs sont réunies en capitules, c'esl-à dire que le sommet de l'axe de l'inilorescence est aplati et étalé en un réceptacle qui porte des Heurs petites et souvent nombreuses, serrées les unes contre les autres ; leurs ^.^tf\A'f

pédoncules sont tellement réduits que l'ensemble des Heurs et des bractées qui les entoure est souvent pris pour une seule \^^^^4

Capitule de Marguerite : coupe en long, montrant le réceptacle r qui porte au centre des fleurs en tube et sur le pourtour des fleurs en languette c.

Fig. 326.

Capitule de Pissenlit : i, involuçre; /î, fleurs.

iM'g. 327.

ilcur et l'axe de l'inflorescence pour un pédoncule. La Marguerite (Fig. 326), le Pissenlit (Fig. 327). sont des exemples bien connus de plantes à fleurs groupées en capitule.

Chacune de ces petites fleurs (Fig. 328 et 329) comprend : un calice dont les dents sont souvent représentées par une aigrette poilue qui, par la suite, couronne le fruit ; une corolle qui a tantôt la forme d'un tube à 4 ou 5 dénis (Fig. 329), tan-

COMPOSEES

tôt celle d'une languette (Fig 328). Les étamines, en même nombre que les dents de la corolle, sont fixés sur celle-ci par leur filet. Les anthères allongées et soudées entre elles forment

Fleur de Pissenlit: cal, calice Fleur en tu- Fleur femelle en languette du

formé par une aigrette de be du mipoils ; cor, corolle en languet- lieu d'un te; et, étamines; f, filets des capitule étamines ; st, style ; slig, de Marstigmates ; ov, ovaire. guérite.

Fig. 328. Fig. 329.

pourtour d'un capitule de Marguerite : st, stigmate.

Fig. 330.

un tube dans lequel passe le style, qui est généralement divisé en deux, vers l'extrémité. Le fruit est un akène.

Les fleurs peuvent être à pistil et à étamines (hermaphrodites) ou seulement à pistil (Fig. 330) (iinisexuées) ; celles qui se trouvent sur le pourtour du capitule sont souvent stériles.

Chaque capitule est entouré d'un ou plusieurs rangs de bractées libres ou réunies entre elles, toutes de même forme ou de formes différentes suivant le rang qu'elles occupent. Les fleurs sont souvent séparées les unes des autres par des poils ou des écailles.

Les Heurs réunies sur un même capitule peuvent être toutes en forme de tube (tubuleuses) ou toutes en languette (ligulées), ou partie en tube et partie en languette ; d'où 3 tribus :

Fleurs toutes en tubes, dites fleurons Stj'le renflé sous les stigmates

Tribu des Cardiiacées- E.xemple : Chardon.

COMPOSEES

Fleurs toutes en languettes dites demi-fleia-ons

Eleurs du pourtour en languette, celles du centre en tube Style non renflé sous les stigmates

(Les fleurs en languette peuvent avorter).

Tribu des Chicoracées- Exemple : Chicorée.

Tribu des Corijmhiféres.

Exemple : ^larguerite.

Cette grande famille qui comprend près de 10.000 espèces, c'est-à-dire 1/10 environ des plantes Phanérogames connues, a peu de représentants parmi les végétaux ligneux de l'Algérie ; nous n'avons à citer que des sous-arbrisseaux sans grande importance forestière.

Tribu des Carduacées. — Cette tribu comprend la plupart des plantes vulgairement connues sous le nom de Chardons. Leur tige peut acquérir une hauteur assez considérable et une certaine consistance, mais ils ne présentent aucun intérêt foi-estier. Seules, quelques espèces peuvent mériter le nom de sous-arbrisseaux : citons les Atraclijlis serraliiloides

Sicber et echinala Pomel des Hauts Plateaux et VAtractylis phœolepis Poniel, signalé à Djelfa et à Taguin, localité au sud de Chellala, et le Car- DONCELLE DE PoMEL {Canhiiicelliis Pomelianus Batt.), espèce rare du Djebel Antar (près Mèchéria) et de Beguirat.

Parmi les plantes non épineuses, mentionnons la Stéhéline douteuse (Sl.i'helina duhia L.; (Fig. 331). sousarbrisseau touffu atteignant 0 m. 50, à feuilles étroites, peu découpées, cotonneuses en dessous, que l'on rencontre dans les broussailles ou en sous-bois. Les rameaux de la Stéhéline sont dressés; chacun d'eux porte un ou deux capitules à involucre long et étroit. Les tleurs sont roses; les achaines sont munis d'aigrettes atteignant 5 fois leur longueur.

Le genre Centaurée (Cenlaurca), représenté par de nombreuses espèces, comprend surtout des plantes herbacées. Cependant la Centaurée A PETITES fleurs (Centaiirea parvifloia Desf.) assez répandue dans la région Alger-Médéa-Bouira, près de Mascara, etc., est sous-ligneuse à la base, et la Centaurée

Stsehelina dubia.

Mg 331.

COMPOSEES

Sonchus tenerrimus.

Fie. 332.

TOUJOURS VERTE [Ceiitaiirea semperuirens L.), grande plante de la Chifia et de Mouzaïa, présente des liges de consistance ferme.

Tribu des Chicoracées. — Les Scolymes, plus connus sous le nom de Chardons à fleurs jauneS; appartiennent à cette tribu, qui ne renferme pas de plantes ligneuses importantes. Le Calananche cespilosa Desf., plante sans tige, à fleurs jaunes, présente une souche épaisse et des feuilles en rosette ; c'est une espèce des Hauts Plateaux.

Le Laiteron délicat 'Sonchus lenerrimiis L ) (Fig. 332), plante quelque peu ligneuse sarmenteuse, est répandue dans les haies sur les murs et les rochers ; le Laiteron ÉPINEUX (Zollikoferia spinosa Bois.) estune espèce sous-ligneuse

de 10 à 30 centimètres de hauteur, rameuse, habitant les Hauts Plateaux. Une espèce voisine de l'Oranie, le Laiteron arho- RESCE^ST (Zollikoferia arborescens Batt.), forme des buissons atteignant 1 mètre de hauteur dans la région de Nemours et au sud d'Aïn Sefra.

Tribu des Gorymbifères. — Le Genre Inule est représenté par deux espèces :

L'INULE VISQUEUSE {Inula viscosa Ait.) (Fig. 333) est une plante odorante, gluante, ligneuse à la base, pouvant dépasser 1 mètre de hauteur. Les feuilles, à dents séparées par des échancrures arrondies, sont sessiles ou même embrassent la tige par leur base. Les capitules (de 1 à 2 cm) sont jaunes et réunis en une grappe lâche. Cette plante, très commune, occupe quelquefois des champs entiers.

L'INULE FAUX-CRITHMUM(//îa/acn7/2/noK/fs L.), plante de 0,50 à 1 mètre, a des feuilles charnues, entières tridentées. On la rencontre fréquemment dans la région d'Oran, au bord de la mer, elle est rare dans les autres régions littorales,

L'AsTÉROLiDE MARITIME (Astcrisciis mcirifimiis Mœnch) du

COMPOSEES

Inula viscosa.

Fig. 333.

Asteriscus maritimus.

Fi". 334.

genre Astérolide (Fig. 334) est une plante à souche ligneuse, à gros capitules jaunes entourés de feuilles, commune au bord de la mer.

Dans le Genre Phagnalon, mot qui signifie plante cotonneuse, le capitule est entouré d'écaillés nombreuses, membraneuses et transparentes, autrement dit scarieuses, au sommet. Ce sont des plantes simplement ligneuses à la base et ne dépassant guère 40 centimètres de hauteur. Le Phagnalon des ROCHERS (Phaf) nalon saxatilc Cass.) (Fig. 335) et le Phagnalon RUPESTRE (Phagnalon rupcstre D. C.) sont communs dans les broussailles et sur les rochers ; le Phagnalon sordide

Phagnalon saxatile.

Fig. 335.

Santolina Chamascyparisaus.

Fig. 336.

COMPOSEES

[Phagiialon sordidiim D. G.) ne se rencontre que çà et là sur les rochers.

Le genre Immortelle caractérisé par ses capitules brillants, à écailles scarieuses, comprend une plante sous-ligneuse : I'Im- MOKTELLE DE Despostaines {Helichrgsuin FoiitaiiesiCauih.), qui atteint 60 centimètres de hauteur. On peut rattacher à cette espèce très commune en Algérie plusieurs types voisins et fort peu tranchés.

Les Santolines sont des sous-arbrisseaux dont les rameaux à fleurs, dressés et réunis en touffe, portent chacun à leur sommet un capitule de fleurs jaunes. La Santoline PETrr Cyprès (Sanlolina Cliamœyparissiis L.)(Fig. 336), ou Santoline d'Afrique, est usitée comme insecticide. C'est une plante des Hauts Plateaux, vulgairement appelée Camomille de Mahon.

La Santoline blanch.\tke ou à feuilles de Romarin {Santolina rosmarinifolia L.) se rencontre surtout en Kabylie, dans TAurès, et sur l'Atlas Saharien.

Les espèces du genre Camomille ' que nous avons à citer présentent des capitules jaunes entourés de ligules blanches.

Anthémis maritima.

Fig. 337.

Artemisia arborescens.

Fig. 338.

La Camo.mille maritime (Anthémis maritima L.) (Fig. 337) est une plante ligneuse à la base, odorante, de la région littorale à l'est de Bougie. La Camomille pédonculée (Anthémis

1. L'espèce la plus usitée en pharmacie est la Camomille romaine (Anthémis iiobilis L.) ; elle existe dans la région d'Oran.

COMPOSEES

pediinciilata Desf.), quelquefois également sous ligneuse, est commune en montagne (surtout région de Blida-Médéa-Miliana et Oranie).

Dans le genre Plagie, remarquable par ses capitules sans ligules, il faut mentionner le Plagie raide (Plagiiis virgatiis D. C). plante sous-ligneuse commune dans les forêts de Chêne-liège.

Parmi les espèces du genre Armoise citons d'abord : L'AR- MOISE EN ARBRE (Arlemisia arborescens L.) (Fig. 338) plante commune au bord de la mer; sa tige peut acquérir un diamètre assez considérable. Elle a, mais à un moindre degré, les mêmes propriétés toniques, fébrifuges, etc., que l'Absinthe (Arlemisia Absinlhinm L.), espèce non ligneuse que l'on rencontre en montagne en France et en Algérie (Djurdjura, Babors),

L'ARMOISE HERBE BLANCHE {Arlemisia Iierba alha

Artemisia campestris.

Fig. 339.

Senecio Cineraria.

Fig. 340.

Asso.), très répandue sur les Hauts Plateaux, connue sous le nom de Chili par les indigènes, appelée souvent Thym par les colons, présente une odeur caractéristique (Seme/i con/ra); elle est emplo3'ée comme vermifuge.

L'Armoise de l'Atlas (Arlemisia allanlica Coss.) [est une plante du sud, ligneuse à la base ; I'Armoise des champs (Arlemisia campeslris L.) (Fig. 339), assez commune sur les Hauts Plateaux, est à peine ligneuse.

ÉRICAQÉES

Rappelons que l'Estragon, cultivé dans les jardins, est une Armoise (Artemisia draciinciiliis L.).

Le genre Séneçon comprend de nombreuses espèces herbacées ; le Séneçon a feuilles de Lin (Senecio linifoliiis D. C.) qui habite les carrières de Santa-Cruz près Oran et le Séneçon Cinéraire {Senecio Cineraria D. C.) (Fig.340) qui croît sur les falaises maritimes de Cherchell, Ténès, etc., sont ligneux à la base.

Enfin le genre Souci renferme deux espèces un peu ligneuses :1e Souci de Mo^\nD(CalendiilaMonardiB etR.) et le Souci sous-ligneux (Ca/e/i</iz/a sz/^hz//cosa Vahl.), existant le premier entre le Mazagran et le Corso et le second à Oran, Mostaganem, Stora, etc. Une forme grêle (variété marocana) croît dans les steppes de l'Oranie.

§ 2. — Gamopétales à ovaire siipère.

La famille des ÉRICACÉES comprend, en Algérie, des plantes ligneuses, à feuilles simples, persistantes. Les fleurs sont régulières, à 4 ou 5 divisions, avec étamines en nombre double.

Dans le genre Arbousier, les feuilles sont alternes, dentées, de plusieurs centimètres de largeur; les fleurs présentent 5 divisions ; le fruit est une baie rouge. L'ARBOUSIER COMMUN (Arhiitiis Unedo L.) (Fig. 341) est un arbuste ou un arbrisseau touffu, à jeunes pousses rouges, fleurissant tout

Arbutus Unedo.

Fig. 341.

Erica arborea.

Fig. 342.

ERICACEES

l'hiver. Les fleurs, disposées en grappe, sont blanches ; l'aspect du fruit a fait surnommer l'Arbousier « Fraisier en arbre ».

Cette espèce, abondante dans les forêts humides du Tell, rejette facilement de souche; son bois rougeâtre peut acquérir un beau poli, mais est cassant. C'est un bon combustible.

Les feuilles sont employées en Orient pour le tannage des peaux.

Les Bruyères ont des feuilles en aiguilles réunies par 3-6; les fleurs ont 4 divisions; le fruit est une capsule.

La BRUYÈRE EN ARBRE (Erica arborea L.) (Fig. 342), est la plus répandue en Algérie ; elle peut acquérir un gros tronc et atteindre 5 à 6 mètres de hauteur. Elle forme souvent dans les forêts de Chêne-liège un sous-bois impénétrable, qui constitue un grave danger d'incendie pendant la saison sèche. Son bois ressemble à celui de l'Arbousier, mais est plus rouge ; les souches font l'objet d'exploitations importantes. Elles sont transformées dans des scieries voisines de la forêt en ébauchons qui sont exportés pour la fabrication des fourneaux de pipes ; les indigènes en font du charbon pour la forge.

La BRUYÈRE A BALAI (Erica scoparia L.) (Fig. 343).

Erica scoparia.

Fig. 34:5.

Erica niultiflora.

Fiiî. ;344.

mélangée à la précédente sur le littoral conslanlinois, n'atteint pas d'aussi grandes dimensions.

C'est généralement au printemps que fleurissent ces deux espèces; au contraire, la Bruyère a fleurs nombreuses (Erica malliflora L.) (Fig. 344) fleurit en automne. Les Bruyères sont

OLÉACÉES 177

des plantes sociales et envahissantes, caractéristiques des sols siliceux ; toutefois VErica mnltiflora fait exception et se rencontre dans les sols calcaires des collines du Tell.

La famille des OLÉACÉES comprend des arbres et arbustes à feuilles opposées (sauf le Jasmin). La fleur est régulière, et comprend un calice et une corolle à 4 divisions, rarement plus (5-8 Jasmin), deux étamines soudées à la corolle, un ovaire à deux loges. Le calice et la corolle peuvent manquer.

Cette famille peut se diviser pour l'Algérie en trois tribus : Jasminées, Fraxinées et Oléinées ; toutefois nous réunirons le Jasmin aux Oléinées.

Les Fraxinées comprennent le genre Frêne (Fraxiniis), caractérisé par des feuilles composées, caduques et un fruit sec dit samare.

Le FRÊNE OXYPHYLLE (Fraxinas oxijphijlla Bieb.) (Fig. 345) est un grand arbre très commun en Algérie, à fleurs sans corolle ni calice, disposées en grappes lâches, à feuilles grandes comprenant d'ordinaire 5 à 11 folioles dentées.

Ce Frêne est très voisin du Frêne commun (Fraxinas excelsior L.), mais il n'atteint pas d'aussi grandes dimensions ; ses folioles sont souvent ponctuées de noir en dessous, à dents espacées ' et moins nombreuses que chez son congénère (5-11 au lieu de 9-13). Ses bourgeons, moins gros et moins foncés, non veloutés, permettent également de le distinguer du Frêne commun assez souvent planté dans la colonie.

Le Frêne oxyphylle a la ramification peu serrée, le couvert léger. C'est une essence disséminée qui exige un bon sol assez meuble et qui n'existe à l'état de bouquets que dans les terrains fertiles.

Le bois de Frêne se reconnaît à son aspect brillant; il est recherché pour le charronnage, la menuiserie, les constructions navales et l'ébénisterie, en particulier pour la fabrication des chaises.

1. Chez le Frêne commun, chaque nervure des folioles correspond à deux dents et aboutit à leur intervalle ; dans le Frêne oxyphylle, une nervure aboutit à la pointe de chaque dent (Mathieu et Fliche, Flore forestière, 4" édition, p. 245).

OLÉACEES

Les feuilles sont purgatives ; elles servent, en Kabylie surtout, à la nourriture du bétail.

Le FRÊNE DLMORPHE (Fraxinus dimorpha Coss.)

Fraxinus oxyphyUa.

Fifif. 345.

Fraxinus dimorpha.

Fig. 346.

(Fig. 346) est un arbre à fleur sans corolle, à calice petit, persistant avec le fruit; les feuilles des premiers rameaux sont réduites à 2-3 paires de folioles arrondies ; celles de la partie supérieure, beaucoup plus grandes, comprennent 3-5 paires de folioles aiguës.

Ce Frêne est un arbre de montagne à croissance lente ; dans les sols secs, il reste à l'état buissonnant; sa ramification devient très serrée ; les feuilles se développent peu. Ses rameaux durs l'ont fait appeler Frêne épineux. Répandu dans l'Aurès, cet arbre a été aussi signalé au Djebel Mzi (région d'Aïn-Sefra). Un pied unique, qui avait été découvert autrefois près de Toudja (à l'ouest de Bougie), n'a pu être retrouvé.

Chez les Oléinées, les feuilles sont simples (ou trifoliées chez le Jasmin) ; le fruit est charnu (drupe violacée chez rOlivier, noirâtre dans le genre Philaria, baie noire pour le Jasmin).

L'OLIVIER D'EUROPE ou commun (Olca enropœa L.) (Fig. 347) est la seule espèce indigène du genre, ou tout au moins la seule qui puisse être considérée comme telle, car certains auteurs la disent originaire de Syrie, introduite par l'homme en Algérie.

L'Olivier est un arbre, souvent un arbuste ou même un

OLÉACÉES

buisson à rameaux grisâtres, quelquefois durcis, presque épineux.

Les feuilles entières et coriaces sont blanchâtres en dessous, ce qui donne au feuillage son aspect cendré. Les ileurs sont blanches. Les variétés cultivées sont nombreuses.

L Olivier, très répandu en Algérie, rejette vigoureusement de souche.

Le bois est jaune, veiné de brun, très dur et susceptible d'acquérir un beau poli ; il fournit un excellent chauffage et un charbon de première qualité.

Les Philarias n'ont pas le feuillage cendré de l'Olivier, leurs feuilles étant vertes sur les deux faces. Il en existe trois espèces très voisines que l'on considère généralement comme

une essence unique. Cependant le PHILARIA A LARGES FEUILLES (Phillijrea latifolia L.) (Fig. 348) se distingue facilement à ses feuilles (au moins Tes inférieures), un peu en cœur à la base, fortement dentées.

Le PHILARIA INTERMÉDIAIRE (Philhjrea média L.)

Olea europaea.

Fig. 347.

Phillyrea latifolia.

Fig. 348.

Phillyrea média.

Fig. 349.

(Fig. 349) a les feuilles souvent dentées légèrement, tout au moins à la pointe.

APOCYNEES

Ces deux espèces sont communes, tandis que le PHILARIA A FEUILLES ÉTROITES (Phillyrea angustifolia L.) (Fig. 350), à feuilles entières munies d'une étroite bordure transparente, et à peu près sans pétiole, est beaucoup plus rare.

Le JASMIN ARBRISSEAU {Jasmiinim frnlicans L.)

Phillyrea angustifolia.

Fig. 350.

Jasminum fruticans.

Fis. 351.

(Fig. 351) est un arbuste à rameaux verts, anguleux et allongés, à feuilles luisantes, simples ou formées de 3 folioles. Les fleurs jaunes et odorantes sont réunies par 4 au plus à l'extrémité des rameaux. Cet arbrisseau est assez commun dans les broussailles du Tell. Divers Jasmins sont cultivés, en particulier le Jasmin officinal, espèce à fleurs blanches.

La famille des APOGYNÉES comprend des plantes à feuilles persistantes, entières, coriaces, opposées ou groupées par 3. Les fleurs sont régulières à 5 divisions, 5 étamines et 2 carpelles.

Le NÉRION (Nerinm Oleander L.) (Fig. 352), plus connu sous le nom de LAURIER-ROSE, est un arbuste ou un arbrisseau à feuilles étroites, mates, opposées ou par 3, à Heurs roses groupées au bout des rameaux. Les deux carpelles distincts deviennent des follicules (capsules s'ouvrant sur une ligne longitudinale) contenant des graines velues, munies d'aigrettes.

Le Laurier-rose croît dans les stations humides, surtout le

ASCLEPIADEES

long des cours d'eau, ce qui a fait dire qu'il engendrait la fièvre ; il est vénéneux. Ses feuilles sont employées pour détruire les parasites. Son bois donne un charbon qui peut être utilisé pour la fabrication de la poudre. Les fibres des Nérions sont textiles.

Les Pervenches sont des plantes à tiges grêles, rampantes;

Nerium Oleander.

Fig. ^^,2.

Vinca média.

Fi g. 3r)3.

celles qui portent des fleurs seules se redressent. La Pervenche INTERMÉDIAIRE (Vincd mcdict Link et Hoff.) (Fig. 353), à fleurs généralement d'un bleu très pâle, est commune dans les forêts de Chêne-liège à l'est de Bougie ; la Pervenche a GRANDES fleurs (Vùica majov L.), qui se distingue de la précédente par ses feuilles poilues, ciliées sur les bords et souvent en coeur à la base, se rencontre échappée des cultures.

La famille des ASCLÉPIA-

DÉES se distingue de la précédente par les étamines généralement soudées entre elles et adhérentes au stigmate. Le pollen est réuni dans chaque anthère en 2 (quelquefois 4) masses dites pol-

Gomphocarpus fruticosus.

Fig. 354.

182 CONVOLVULACEES — BORRAGINEES — SOLANEES

Unies qui restent suspendues à 5 glandules disposées sur le pourtour du stigmate, entre les anthères. Les feuilles sont opposées.

Le GoMPHOCARPE FRUTicuLEux {Gomphocai'pus fniticosus R. Br.) (Fig. 354) est une plante ligneuse à la base, et atteignant 2 mètres de hauteur, localisée dans l'est delà colo" nie. Les fleurs sont blanches, les fruits en vésicules couvertes de pointes molles.

Le Periploca Ixvigata Aïton est un arbuste du Sud et du littoral oranais à fleurs purpurines bordées de jaune.

Les plantes de ce genre ont les fibres libériennes très résistantes ; on les utilise dans l'Inde.

Les CONVOLVULACÉES ont des fleurs régulières à corolle en entonnoir, tordue avant l'épanouissement. Les Liserons (Convohnilus) sont des plantes très répandues, généralement volubiles. Mentionnons seulement le Liseron de Biscave (Convohnilus cantahrica L.), à tiges un peu ligneuses à la base, non volubiles et à fleurs roses, répandu dans le Tell.

La famille des BORRAGINEES comprend des plantes à feuilles alternes généralement hérissées de poils ; les fleurs, d'ordinaire régulières, sont à 5 divisions et à 5 étamines. L'ovaire, extérieurement divisé en 4 parties, se transforme en 4 akènes libres ou soudés.

Le genre Grémil {Lithospermiim), à tige couverte de poils longs et raides, renferme en Algérie 2 sous-arbrisseaux à fleurs bleues. Le Lithospernuun rosmarinifoliiim Tenore, dénudé dans le bas, à rameaux souvent tombants, a ses feuilles couvertes à la partie supérieure de petites taches blanches ; cette espèce a été signalée à Bône et à Bougie. Le Lithosperimiin consobrinum Pomel, que l'on rencontre entre Oran et Arzew, a ses tiges dressées, rameuses et les feuilles sans taches blanches. Il est à remarquer que les feuilles de cette dernière espèce ressemblent plus que celles de la précédente aux feuilles de Romarin.

Les SOLANEES ont une fleur régulière ou peu irrégulière à 5 divisions et 5 étamines. Le calice persiste souvent ; l'ovaire est à 2 loges ; les feuilles sont alternes. Les Solanées

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