CHAPITRE XIII USAGE DES TABLEAUX DE LA FLORE. — HERBIERS
On appelle flore d'une région l'ensemble des plantes croissant dans cette région. Par extension, on applique ce terme aux ouvrages qui renferment la description de ces plantes ou tout au moins des tableaux ou clefs permettant de les déterminer, c'est-à-dire de trouver leur nom.
Les tableaux servant à la détermination des plantes peuvent être établis sur des modèles assez différents ; nous prendrons pour type ceux qui sont donnés dans la suite de cet ouvrage.
La détermination d'une espèce doit se faire en principe à l'aide d'échantillons comprenant, outre les rameaux et les feuilles, des fleurs et des fru'ils. Le nombre des plantes ligneuses de l'Algérie n'étant pas considérable, on pourra souvent utiliser cette flore sans être muni d'échantillons aussi complets ; toutefois, il est nécessaire de recommander aux débutants de n'utiliser que de bons échantillons pour leurs premières déterminations, et de laisser tout d'abord de côté les espèces qui présentent des fleurs très petites ou difficiles à étudier. Il est même très utile de s'accoutumer à la lecture des clefs à l'aide de plantes dont on connaît le nom à l'avance.
Supposons qu'il s'agisse de chercher le nom du Merisier que nous avons déjà pris comme exemple. Il faudra d'abord consulter la Clef générale (page 209). Nous y lisons dans la première colonne à gauche les questions suivantes :
-f- Fleurs ayant des claiiiincs avec ou sans pistiL -f- Fleurs aj'ant un pistil mais pas d'élamincs.
Nous avons le choix entre les deux questions ; le Merisier possède des fleurs ayant des étamines ; nous adoptons donc la première question ; en face est une accolade avec deux nouvelles interrogations : nous continuons comme précédemment en remarquant que la fleur du Merisier a deux enveloppes florales de couleur el de consislance difjéreiiles, que sa corolle nesl pas papilionacée, que ses fleurs ne sont pas groupées en
capitules et que ses pétales sont séparés jiisqii à la base; nous lisons alors à droite du tableau section II, page 214.
Nous nous reportons à la page 214 et, suivant dans le nouveau tableau la même marche que dans le premier, nous sommes amenés à lire à droite de la page : Rosacées, page 262, ce qui signifie qu'il s'agit d'une plante de la famille des Rosacées.
Cherchant alors la page 262, nous y appliquons le procédé déjà expliqué, et d'accolade en accolade nous arrivons finalement en face des mots Cerasns Aviiim, dont le nom français est Merisier K Les initiales placées à côté T. F. indiquent que la plante existe en Tunisie et en F'rance. Au-dessous du nom est indiquée la répartition de l'espèce en Algérie.
La piaille esl déterminée.
Remarquons encore à droite du nom latin du Merisier et des renseignements sur sa répartition les indications (p. 149), (fîg. 296), et reportons-nous aux endroits indiqués dans la première partie de la Flore. Nous y trouverons des renseignements sur l'espèce et une figure permettant de compléter l'identification.
Toute autre plante ligneuse du Tell ou des Hauts Plateaux pourra être étudiée de la même façon.
A défaut de Heurs et de fruits, les espèces importantes pourront encore être déterminées à l'aide de la deuxième clef donnée à la page 289 et qui est basée uniquement sur les caractères des organes végétatifs, c'est-à-dire de la tige, des rameaux et des feuilles.
Enfin la troisième clef (page 305) permet la détermination des espèces à feuilles caduques pendant l'hiver.
Lorsqu'on a acquis une certaine habitude, on reconnaît le plus souvent, après un coup d'œil jeté sur la fleur, à quelle famille appartient la plante. Il suffit alors de chercher directement la page où est étudiée cette famille.
Si un doute existe entre deux familles voisines, on se reportera au tableau abrégé' des caractères des familles (page 323).
1. Cerasus Aviuiu signifie Cerisier des Oiseaux, mais le nom latin n'a pas toujours été traduit littéralement lorsqu'il existe une autre dénomination française plus connue ou plus facile à retenir.