ÉCHANTILLON D'ATTRIBUTION PROBLÉMATIQUE
PI. L, fig. 20.
1886. Zeiller, Bull. Soc. Geol. Fr., XIV, p. 461, pl. XXV, fig. 5.
Fragments d’axes légèrement flexueux, larges d'environ 3%%,5, portant deux séries longitudinales rapprochées de petits corps ovoides de 2%%,5 à 3 millimètres de longueur sur 1"%,5 à 2 millimètres de largeur, tantôt contigus, tantôt distants de o"*,5 à 1 millimètre sur une même série, lantôt alternant d'une série à l’autre, tantôt situés à peu près à la même hauteur.
Ainsi qu'on peut le voir sur les figures 20 et 20 a de la Planche L, les corps ovoides qui viennent d'être mentionnés sont limités sur leur pourtour externe par une sorte de bourrelet saillant, et à chacun d'eux correspond, sur l'axe auquel ils sont fixés, une dépression elliptique plus ou moins profonde, mais bien délimitée sur toute sa périphérie, de telle sorte qu'il ne semble guère admissible qu'on ait affaire là à des organes foliaires. Il me parait probable en ellet que, s'il s'agissait de feuilles charnues, plus ou moins analogues à celles des Pagiophyllum où des Brachyphyllum, elles seraient moins nettement délimitées à leur base et n'offriraient pas une apparence aussi marquée d'indépendance par rapport à l'axe qui les porte; en outre, il ne semble pas douteux que ces COrps soient disposés en deux séries longitudinales seulement, rapprochées l'une de l'autre sur une même face de l'axe qui leur sert de support, et non en plusieurs séries régulièrement réparties tout autour de cet axe comme le seraient des organes foliaires. Je ne crois donc pas, ainsi que Je l'ai dit plus haut, qu'on puisse songer à voir là des débris de rameaux de Conifères.
FLORE DU TOXRIN, 29
IMPRIMERIE NATIONALE
Provenance.
Description de l'échantillon.
Remarques paléontologiques.
Provenance.
Je croirais plutôt à des organes reproducteurs plus ou moins rapidement caducs, vraisemblablement à de petites graines, attachées de part et d'autre d'un axe muni de légères encoches latérales, et s'enchässant en partie dans ces encoches, de manière à offrir une disposition comparable à celle des graines de Cycas le long de l'axe du carpophylle; peut-être même s'agirait-il ici de véritables carpophylles de Cycadées dont le limbe terminal stérile n’au-
rait pas été conservé; mais ce n’est là qu'une interprétation conjecturale, que
je mets en avant sous toutes réserves.
Je dois rappeler cependant que, comme je l'avais dit en 1886 , ces organes problématiques ne laissent pas de ressembler quelque peu à certaine empreinte des couches de Raymahal dans l'Inde), présentant des axes portant de même deux séries de petits corps ayant l'apparence de graines, ou d'encoches leur correspondant, et que Feistmantel est également disposé à regarder comme des inflorescences ou fructifications de Cycadées.
J'avais également comparé jadis ces organes à certaines fructifications de Pälsjô ligurées par M. Nathorst ©), avec lesquelles ils m'avaient semblé offrir quelque analogie; mais 1l ressort des détails donnés ultérieurement par l’auteur dans l'édition allemande de son travail) qu'il s'agit là d'épis portant plusieurs séries longitudinales de graines , el susceptibles d’être rapprochées des Taxinées, et plus particulièrement des Podocarpées. Les analogies que J'avais eru saisir étaient donc purement apparentes, et le rapprochement auquel j'avais songé ne saurait être maintenu.
L'échantillon que j'ai décrit et que représente la figure 20 de la Planche L avait été rapporté par M. Jourdy de la baie de Hongaÿ; il provient, d’après les indications données par M. Sarran, de l'ile du Sommet Buisson.
Des empreintes d'apparence analogue se sont trouvées en outre sur une plaque de schiste provenant des mines de Hatou, du mur de la Grande couche : mais elles sont trop incomplètes et trop imparfaitement conservées pour qu'on puisse affirmer leur identité avec les fragments d’axes en question.
O0. Feistmantel, Fossil Flora of the Gondwana System, V, pt. 2, p. 131, pl. XXXIX, fig. 5. A, G. Nathorst, Bidrag till Sveriges fossila Flora, p. 60, pl. XV, fig. 14-16. ® A. G. Nathorst, Beiträge zur fossilen Flora Schredens, p. 27, pl. XV, fig. 14-16.
Fossiles animaux.
Bien que le présent travail soit essentiellement consacré à l'étude des végétaux fossiles des gites de charbon du Tonkin, il ne m'a pas paru qu'il fût hors de propos d'y faire mention des quelques restes d'animaux fossiles, d'ailleurs fort peu nombreux, qui ont été rencontrés dans les mêmes gisements, et dont la description trouverait difficilement place ailleurs. Ils ne comprennent, pour les gites du Bas-Tonkin, que quatre échantillons, dont lun parait être un moule de coquille d’Ammonitidée, tandis que les trois autres sont des empreintes d'ailes d'Insectes de la famille des Paléoblattariées.
COQUILLE D'AMMONITIDÉE ?
PI. LIL, fig. 4.
Moule charbonneux à contour général elliptique de 20 millimètres sur 15 millimètres, fortement aplati, obtusément caréné sur le bord externe, déprimé au centre en un ombilic assez largement ouvert, occupant environ le tiers du diamètre.
Ce moule est formé d’un corps aplati, enroulé en spirale plane à tours légèrement embrassants, à section transversale ogivale sur le bord externe.
L'échantillon représenté sur la figure 4 de la Planche LIT a été trouvé par M. Sarran dans la galerie d’allongement Ouest de la concession Schædelin (mine de Trang-Bach), dans des schistes très pauvres en empreintes de plantes, formant le toit d’une couche de charbon. Bien qu'enuèrement charbonneux, il n'adhérait pas à la roche ainsi que le font les fossiles végétaux, et a pu être recueilli complètement isolé, comme il arrive souvent pour les coquilles, surtout lorsqu'elles sont à l'état de moules internes.
H semble bien, en effet, qu'on ait affaire ici à un moule d'une coquille enroulée en spirale plane, comme une coquille d'Ammonitidée : le tour externe présente sur son pourtour une carène légèrement arrondie, et sur chacune de ses faces une légère dépression médiane qui va en s'atténuant en s'éloignant de lextrémité libre; ce tour externe coiffe étroitement, sur un quart à un tiers de sa propre largeur, le tour auquel il est contigu, mais sans adhérer
fortement à lui, ainsi que le prouve le détachement d’une portion de ce tour [ | P
Description
de l'échantillon.
Remarques
paléontologiques.
externe à la suite d’une brisure transversale. Tous ces caractères concordent avec seux qu'offrirait un moule interne de coquille d’Ammonitidée et semblent de nature à faire écarter l'idée, qui pourrait venir à l'esprit, d’une fronde de Fougère enroulée en crosse et transformée en charbon {Sprroplteris) : d’une part, il serait peu vraisemblable qu'une crosse de Fougère se füt ainsi détachée de la roche, le cas ne s'étant, à ma connaissance, jamais présenté ; d'autre part, chez les crosses de Fougères, les tours de spire sont beaucoup moins inégaux et le tour externe n'y offre pas la prédominance si accentuée qu'on constate sur cet échantillon comme chez beaucoup d’Ammonitidées; ils n’ont pas non plus une carène dorsale aussi prononcée et ne s'emboitent pas aussi étroitement; enfin la région centrale, qui correspond à la région feuillée de la fronde, présente toujours une épaisseur notable, presque égale et parfois supérieure à celle des tours externes correspondant à la partie nue du rachis, tandis qu'ici lépaisseur décroit d'une façon régulière et continue jusqu'à devenir très faible au centre, de telle facon qu'il existe sur l’une et l'autre face un ombilic très marqué et fortement déprimé.
J'ajoute que le traitement par les réactifs oxydants, puis par l'ammoniaque, d'un fragment détaché de l'extrémité libre de la spire m'a donné quelques petits lambeaux de cuticule avec une ou deux spores, ce qui semble bien prouver que le charbon qui constitue cet échantillon est formé de menus débris végétaux accumulés et ne provient pas simplement de la transformation d'un organe tel qu'un pétiole ou un rachis de Fougère demeuré intact. Il semble donc bien qu'il faille regarder cet échantillon comme représentant le moulage, par une boue végétale, du vide interne d’une coquille. I ne présente malheureusement à la surface aucune trace d’ornementation, aucun indice de cloisons, susceptible de permettre une attribution définitive et précise.
Il ne laisse pas toutefois d'offrir une certaine ressemblance, tant comme forme générale que comme dimensions, avec certaines coquilles d’Ammoniudées recueillies entre les kilomètres 64 et 74 de la ligne de Phu-Lang- Thuong à Lang-Sôn, et signalées par MM. Douvillé et Diener (1) comme appartenant à un type triasique, probablement au genre Norites; on ne voit toutefois sur ces dernières aucune trace de la dépression médiane que présente l'échantillon dont je viens de parler, et de plus elles paraissent être bicarénées, de sorte qu'il y aurait seulement présomption d’analogie, plutôt que d'identité.
® Douvillé, Ceratites du Tonkin (Bull. Soc. Géol. Fr., 3° sér., XXIV, p. 454). — C. Diener, Note sur deux espèces d'Ammonites triasiques du Tonkin (Ibid., p. 882).
J'ajoute que M. H. Charpentier a recueilli, immédiatement au Nord du périmètre Espoir, c’est-à-dire à assez peu de distance de la concession Schædelin , à l’extrème base du système de grès et argiles versicolores qui recouvre la formation charbonneuse, un échantillon d’argilite Jjaune-rougeàtre portant une empreinte en creux absolument semblable, comme contours, à l'échantillon de la figure 4, PL LITE, mais de dimensions seulement un peu plus faibles, 18 millimètres sur 12 millimètres; 1l n’y a pas à douter qu'on ait affaire 1c1 à l'empreinte d'une coquille, et il est impossible de n'être pas frappé de la ressemblance de l'un et de l’autre échantillon; malheureusement, on ne discerne non plus sur cette empreinte aucun des caractères qui seraient nécessaires pour permettre de la déterminer.
Néanmoins ces échantillons m'ont paru mériter d'être signalés, la présence dans ces formations de fossiles animaux, si rares qu'ils soient, permettant d'espérer qu'on pourra en découvrir quelque jour d’autres mieux conservés et susceptibles de détermination; aussi ai-je cru devoir appeler sur ce point lattention des chercheurs.
Le moule charbonneux de la figure 4, PI. LIT, vient, ainsi que je lai dit, des mines de Dong-Trieu, ancienne concession Schædelin.
L'empreinte rapportée par M. Charpentier provient de la même région, à quelque distance au Nord, sur le bord septentrional du périmètre Espoir, et non de la formation charbonneuse elle-même, mais des dépôts, souvent qua-
hfiés de « permiens » à raison de leur facies, situés immédiatement au-dessus
d'elle.
Insectes ( Paléoblattariées ).
Il s'est trouvé, associées aux empreintes végétales recueillies tant à Kébao qu'à Hongaÿ , trois empreintes d'ailes d'insectes du groupe des Blattes, suffisamment bien conservées pour que j'aie cru devoir en communiquer des photographies, les unes de grandeur naturelle, les autres grossies, à M. le Professeur Samuel H. Scudder, de Cambridge (États-Unis) , léminent paléontologiste si spécialement versé dans la connaissance des Insectes fossiles. Il a bien voulu les étudier et, ayant reconnu en elles trois espèces nouvelles, il a eu l’'amabilité de m'en envoyer des diagnoses détaillées, accompagnées d'une note générale dont je vais reproduire ci-dessous la traduction, non sans faire dès maintenant toutes réserves sur l'opinion qu'il exprime au point de vue de l’âge géologique
el que je discuterai ultérieurement. Je suis heureux d'adresser ici mes remercie-
Provenance.
Description
de lespèce.
ments à M. Scudder, ainsi qu'à M. Thévenin, Assistant à la chaire de paléontologie du Muséum d'histoire naturelle, et à M. Agnus, qui ont eu l'obligeance de se charger de la traduction de ces diagnoses et les ont complétées en y ajoutant, entre parenthèses, les termes de la nomenclature de Redtenbacher, plus
couramment employés en France.